Trois conseils pour la gestion optimale d’un CHR

Trois domaines distincts sont facteurs de réussite : le marketing, les hommes et le contrôle des coûts. Il faut donc agir dans ces trois domaines à la fois pour améliorer le résultat de son entreprise.

Pour maintenir leurs résultats malgré la crise économique, les grandes entreprises doivent utiliser tous les moyens à leur disposition pour maintenir leur chiffre d’affaires. Cela ne suffit pas pour maintenir leurs marges sans une action très forte sur les coûts. Tous les coûts doivent être audités, les frais généraux passés au crible, les dépenses non indispensables, différées…

La crise s’est installée et les restaurateurs peinent à équilibrer leur compte d’exploitation. Voici quelques conseils aussi simples et pratiques que possible pour traverser cette période et réfléchir autrement à son produit et à sa gestion. Traditionnellement, on considère que la réussite repose sur le marketing, sur les hommes et sur le contrôle des coûts. Il faut agir dans ces trois domaines à la fois.

  • Animez, créez l’événement !

Dans tous les domaines de la consommation, les clients sont sollicités en permanence. Il s’agit d’attirer constamment leur attention pour les sortir de leur quotidien, leur faire oublier la crise… Le restaurateur qui se limite à changer sa carte tous les trois mois et à participer aux deux ou trois animations institutionnelles chaque année a peu de chance de fidéliser ses clients et d’en attirer de nouveaux. Il doit toujours se passer quelque chose dans votre établissement. Chaque semaine, une animation autour d’un plat, d’un vin et même chaque jour une suggestion, une façon d’accueillir, une promotion… À vous de faire fonctionner votre imagination en fonction de votre concept, de votre région, avec un objectif double : éviter l’effet de monotonie et mettre en avant des produits à forte marge et/ou faire de la vente additionnelle tout en permettant aux clients de faire une bonne affaire.

Le restaurant est le lieu des grands et petits plaisirs : faites en sorte qu’il soit le lieu des petits plaisirs qu’on peut encore s’offrir malgré la crise ou pour l’oublier. Récemment, je faisais le tour des restaurants d’un quartier d’affaires pour constater qu’ils proposaient tous les mêmes desserts. Pourquoi pas un café gourmand, un café surprise, une farandole de desserts légers… ?

Il faut également créer l’événement dans la vie de vos clients, puisque l’on dispose désormais de moyens (mailings, réseaux sociaux) pour mettre en place une véritable relation client… Vous devez établir et maintenir cette relation en permanence. Vos clients doivent être informés de ce qui se passe dans votre restaurant, ils doivent bénéficier de promotions ciblées, leur fidélité doit être vraiment récompensée, leur anniversaire doit se fêter chez vous…

  • Impliquez vos équipes

Aucune réussite durable n’est possible en restauration sans l’implication des équipes. Pratiquer l’open book management, le management à livres comptables ouverts, c’est-à-dire partagez avec vos employés un certain nombre d’informations sur la situation de l’entreprise. Comment espérer faire prendre conscience aux employés des difficultés financières provoquées par la crise sans leur communiquer des informations de base sur la structure des coûts, sur les résultats, sur le seuil de rentabilité ?

Dans la plupart des restaurants américains sont affichés en cuisine les objectifs du restaurant pour la journée, la semaine, le mois, l’année et ceux de chaque employé. Pendant longtemps, cette culture des objectifs a peiné à s’imposer en France mais aujourd’hui, la direction par objectifs est mieux acceptée par les nouvelles générations qui ont besoin de défis, de jeux… pour aussi créer de l’événement dans leur vie professionnelle.

Animez le travail d’équipe en créant des challenges : vendre 10 % de desserts en plus cette semaine, réduire le ratio matière d’un demi-point ce mois-ci… La direction par objectifs n’est pas une théorie, elle est pratiquée avec succès dans de nombreuses entreprises et peut s’appliquer à tous les aspects de la gestion : marketing, coûts…

Pour suivre son seuil de rentabilité, cliquez ici pour accéder au tableau.

Ce document qui peut être affiché en cuisine est une bonne illustration de l’open book management et de la direction par objectif. Une fois que le seuil de rentabilité journalier en nombre de couverts est saisi, il suffit de noter chaque jour le nombre de couverts servis. Il apparaîtra en vert s’il est supérieur au seuil de rentabilité (le suivi du seuil se fait également en cumul depuis le début de l’année). C’est un bon moyen de faire prendre conscience aux employés qu’un restaurant ne gagne pas de l’argent tous les jours mais aussi de se réjouir quand les efforts de tous ont permis d’atteindre les objectifs. Bien sûr, divers systèmes d’incitations peuvent être associés aux objectifs (vous pouvez ainsi par exemple pratiquer la prime de couverts aux objectifs).

  • Traquez les coûts !

Les coûts principaux sont biens connus en restauration : les matières et le personnel.

• Pour les matières, il n’y a pas de secret, il faut calculer le ratio matières chaque mois. Ceux qui ne le font pas encore trouveront tous les outils nécessaires dans le blog. Ceux qui ont déjà cette bonne habitude disposent de l’outil qui leur permet de mesurer leurs progrès, de se fixer de nouveaux objectifs. Un point de ratio gagné peut représenter une part significative du résultat.

• Pour le personnel, le risque est de focaliser sur le coût horaire et les charges et de prêter une moindre attention à la quantité (le nombre d’heures travaillées). Une grande partie des charges de personnel d’un restaurant est prédéterminée par le concept lui-même. Pour réduire les charges de personnel, il faut donc commencer par réfléchir sur le concept : comment la production et le service peuvent-elles utiliser moins de personnel sans nuire à la qualité ? Cette réflexion est souvent associée à l’organisation du travail. Soyons clairs : il suffit d’observer pour constater que l’organisation du travail est plus ou moins efficace selon les restaurants et qu’elle dépend du restaurateur et de ses cadres.

• Les frais généraux sont souvent négligés parce qu’ils ne font pas partie des coûts principaux. Pourtant, les grands groupes n’ont fait aucune exception pour résister à la crise, tous les coûts ont été passés au crible. Vous devez examiner chaque ligne de frais généraux chaque année, vous demander pourquoi elle a évolué dans tel ou tel sens, rencontrer au moins une fois par an votre assureur et tous vos prestataires. Eux aussi sont touchés par la crise et sont prêts à négocier pour ne pas perdre le client que vous êtes. Pour ces coûts aussi, fixez-vous des objectifs de réduction et lorsque le personnel est concerné (produits d’entretien, énergie), impliquez-le en l’informant des objectifs et des résultats.
De nombreux restaurants réalisent un bénéfice qui représente seulement 4 à 5 % de leur chiffre d’affaires. Aucune dérive des coûts n’est possible surtout en période de crise. Le moindre progrès sur les coûts a souvent un effet spectaculaire sur les résultats, mais l’inverse est malheureusement vrai aussi.

Source : Trois conseils pour la gestion optimale d’un CHR

Développement durable, les CHR doivent davantage communiquer sur leurs bonnes pratiques

France

Le distributeur C10 vient de publier les résultats d’une étude IFOP sur les pratiques responsables en CHR et le regard des consommateurs. Seulement 1 Français sur 10 perçoit les efforts réalisés par les professionnels.

Plus d’un tiers des Français fréquente au moins une fois par mois un bar, un café ou un restaurant mais à peine 1 Français sur 10 perçoit le secteur comme ayant une politique de développement durable. Aux yeux des consommateurs, les secteurs les plus engagés sont l’agro-alimentaire (32%), les produits d’entretien de la maison (24%), la cosmétique et de la construction (ex-aequo avec 21%), l’hôtellerie et de la restauration n’arrivent qu’en 4ème position (14%). Alors que 90% des patrons d’établissement déclarent trier les déchets, 88% limiter la consommation en eau et d’électricité, 95% veiller à la traçabilité des produits qu’ils utilisent, 89% à privilégier des fournisseurs locaux… Des efforts qui mériteraient donc d’être mieux connus du grand public. Sachant que près d’un tiers des patrons  ne communique pas sur ses pratiques responsables et 44% pensent, à tort, que les consommateurs n’y sont pas sensibles.  Seulement 19% des restaurants de la restauration rapide et 31% des restaurateurs traditionnels communiquent sur leurs  bonnes pratiques. La marge est encore grande, surtout que 2/3 des Français se disent prêts à fréquenter davantage un établissement aux démarches responsables et que 66% seraient prêts à payer 1 à 3 euros supplémentaire.

Afficher, expliquer, faire savoir

Aujourd’hui, pour choisir un café, un bar ou un restaurant, 67% des consommateurs s’attachent à la qualité des plats et des boissons, 61% au prix et 46% au service de proximité qu’il représente. Même si le développement durable n’est pas le premier critère de sélection, 94% des consommateurs pensent qu’il est important de veiller au bien-être des employés, 93% au tri des déchets et 92% à la traçabilité des produits. Les Français voudraient pouvoir identifier ces bonnes pratiques par un label (54%), un affichage sur la devanture (53%) et un affichage à l’intérieur (27%). Les patrons qui sont engagés dans le développement durable et le font savoir informent leurs clients par un affichage intérieur (54%), par les réseaux sociaux (32%) et sur un site internet (29%)… 91% des Français et 87% des patrons de bar sont favorables à l’arrêt des pailles et autres objets en plastique à usage unique. Mais les retirer ne coulent pas de source au coin du zinc, d’où, par exemple, la PLV Bye Bye les Pailles développée par le distributeur et destinée à favoriser le dialogue entre patrons de CHR et consommateurs en proposant un kit de visibilité à la clientèle. Ce dernier permet d’expliquer aux enfants pourquoi l’établissement dans lequel ils se trouvent a fait le choix d’arrêter les pailles…

Source : Développement durable : les CHR doivent davantage communiquer sur leurs bonnes pratiques