La crise a dopé Facebook. Pourquoi et comment ? Les entreprises du voyage peuvent-elles en tirer partie ? Les réponses de Gilles Maillet, directeur commercial de l’industrie voyage chez Facebook France.

Facebook a récemment passé le cap des 3 milliards d’utilisateurs dans le monde. Le confinement de la moitié de la planète a dopé son audience. « Le volume des messages envoyés a bondi de plus de 50%, explique Gilles Maillet, directeur commercial de l’industrie voyage chez Facebook France. Nous avons dû créer de nouveaux produits pour répondre à l’explosion des appels vidéos. Nous avons par exemple doublé la taille des appels de groupe, de 4 à 8 personnes. En France, 500 000 personnes ont rejoint plus de 1000 groupes de solidarité face au coronavirus. Nous avons créé le rendez-vous quotidien #EnsembleSolidaires pour mettre en avant toutes les initiatives en la matière, comme celles d’Accor, la SNCF, Blablacar, les cartes cadeaux. » Les marques du secteur ont aussi redoublé de lives pendant la période de confinement, afin de garder le contact avec leurs communautés.

Plus de bénéfices au premier trimestre

L’envolée globale des usages fait les affaires du groupe Facebook (Facebook, Instagram, WhatsApp, Messenger). Au premier trimestre 2020, le leader mondial des réseaux sociaux a enregistré un chiffre d’affaires de 17,74 milliards de dollars, en hausse de 18 % en glissement annuel. Mieux : son bénéfice net a doublé, pour atteindre les 4,9 milliards de dollars. Mais le deuxième trimestre s’annonce nettement moins florissant. Avec l’industrie du voyage presque à l’arrêt, les recettes publicitaires enregistrent une « baisse importante , reconnaît Gilles Maillet, sur son périmètre.

Les entreprises du secteur du tourisme, du transport et de la mobilité traversent une crise sans précédent. Comment le réseau social de Mark Zuckerberg répond-il ? « Nous avons décidé d’accorder des délais de paiement, au cas par cas, selon les partenaires, indique Gilles Maillet. Et le groupe a annoncé un don de 100 millions de dollars à 30 000 PME dans le monde. »

Accompagner ? Peut-être pas suffisant

Mais au-delà de l’aspect purement financier, c’est sur le plan de l’accompagnement stratégique aux entreprises que Facebook veut se positionner. « Notre rôle a changé avec la crise, sans priorité média. Pendant cette période de crise, nous avons plus agi comme consultant pour les aider à reprendre le chemin de l’activité. Nous leur avons donné des Insights afin de préparer la reprise. » Parmi les données les plus récentes figure cette tendance rassurante : selon une étude Global Web Index, 27% des Français positionnent le voyage comme l’achat reporté considéré comme prioritaire, devant les vêtements. « La crise n’a pas entaché l’envie des sacro-saintes vacances ».

Même si Facebook défend son rôle actif de « consultant » pour les entreprises, reste que les acteurs du voyage sont forcément déçus par leurs campagnes du premier trimestre 2020 : les leads n’ont in fine rien rapporté -puisque les voyages ont été annulés-, alors que Facebook en a conservé les recettes. « Nous savons que le ROI a pu être dégradé. Le contexte d’annulations, brutal et soudain, nous dépasse. Mais, nous sommes là pour aider les marques à retrouver les consommateurs, en proposant des offres flexibles et en rassurant. L’idée, c’est de perdre le moins possible (de recettes, NDLR) suite aux épisodes d’annulations et de reports. C’est là-dessus qu’il faut travailler, plus que sur des remises immédiates ».

Source : Facebook : son regard sur la crise du Covid-19

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