Toutes les conditions ne sont pas encore réunies pour faciliter les investissements directs étrangers à Madagascar.

Comment peut-on travailler convenablement dans un pays où il y a des problèmes d’eau et d’électricité et où l’approvisionnement en carburants connaît également des perturbations. Cette remarque d’actualité, d’un opérateur économique, résume assez bien la difficulté avec laquelle, les investissements se font à Madagascar.

Régression. Une remarque confortée d’ailleurs par la Banque Mondiale, à travers le Doing Business 2020 qui fait- état d’une régression de Madagascar dans son dernier classement. « Madagascar est classé à la 161e place sur 190 pays. Le score de la facilité de faire des affaires s’est légèrement régressé : de 48.84 dans le rapport 2019 à 47.7 dans le rapport Doing Business 2020 », lit-on notamment dans ce rapport. Ce qui ne veut pas, pour autant, dire que rien n’a été fait pour améliorer les conditions d’investissements à Madagascar. « Une réforme majeure a été enregistrée, à savoir plus d’informations partagées publiquement par les tribunaux de commerce », précise le rapport qui remarque cependant que le délai d’exécution de certaines réformes n’a pas été respecté. « Les autres actions entreprises par le gouvernement sous la direction de l’Economic Development Board of Madagascar(EDBM) depuis janvier 2019 n’avaient pas encore été mises en œuvre à la date limite du 1er mai 2019 pour l’évaluation de Doing Business ».

Efforts à faire. Face à cette petite contreperformance, la Banque Mondiale suggère des efforts à faire de la part des autorités malgaches afin de concrétiser les objectifs de développement. « L’amélioration du climat des affaires est primordiale pour stimuler les investissements du secteur privé et la création d’emplois, a déclaré Marie-Chantal Uwanyiligira, Représentante de la Banque mondiale à Madagascar. Nous encourageons le gouvernement à redoubler d’efforts à l’instar d’autres pays, qui, grâce à une mise en œuvre soutenue de réformes, ont pu améliorer leur classement et bénéficier en conséquence d’une augmentation des investissements privés. », a-t-elle ajouté. Quoiqu’il en soit les réformes se poursuivent et la situation devrait s’améliorer dans l’avenir « Plusieurs programmes de réforme sont en cours de finalisation et nous espérons que cela sera reflété dans les prochains rapports, avance Eneida Fernandes, Spécialiste Principal du développement du secteur privé à la Banque mondiale, à Madagascar. « Le gouvernement de Madagascar travaille notamment sur des améliorations au niveau de l’obtention de crédits (nouvelle loi sur les transactions sécurisées, nouveau bureau de crédit), la résolution de l’insolvabilité ainsi que le paiement des impôts et d’autres améliorations de procédures. ». En tout cas, l’EDBM a récemment actualisé, avec l’aide du groupe de la Banque mondiale, le plan de réformes du climat d’investissement à Madagascar visant à accélérer les processus de réformes de l’environnement des affaires du pays dans les domaines de réglementation couverts par le Doing Business.

Rattraper le retard. L’objectif étant de rattraper le retard et de se mettre au rythme ce certains pays africains où des progrès significatifs sont enregistrés. Les économies de l’Afrique subsaharienne continuent d’améliorer le climat des affaires. La plus grande économie de la région, le Nigeria, obtient une place parmi les meilleures progressions mondiales de l’année aux côtés du Togo. Le score régional moyen de la facilité de faire des affaires est de 51,8 sur une échelle de 0 à 100, soit bien en deçà de la moyenne des économies à revenu élevé de l’OCDE (78,4) et de la moyenne mondiale (63). A noter que des efforts d’amélioration de l’environnement des affaires ont été enregistrés dans le monde. Au cours de l’année écoulée, Doing Business a enregistré un pic d’activités de réformes dans le monde. 115 économies ont mis en œuvre 294 réformes de la réglementation des entreprises dans les 10 domaines évalués par Doing Business. La région Afrique comptabilise 73 réformes, en baisse par rapport au record de 108 réformes établi l’année dernière, et le nombre de pays mettant en œuvre au moins une réforme est passé de 40 à 31 ».

Source : Climat des affaires : Madagascar en régression dans le classement Doing Business 2020.

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