Compensation carbone : arrêtez de planter des arbres ! Du greenwashing aux actions écologiques et solidaires

Le tourisme compte beaucoup sur la compensation carbone. Bien que nécessaire, celle-ci est parfois inutile voire contre-productive. C’est en tout cas le message de l’ONU Environnement. Pour la pratiquer dans les règles, ATR (Agir pour un tourisme responsable) a intégré l’obligation pour ses labellisés en proposant 3 acteurs solidaires et responsables.

Dans une tribune publiée en juin 2019 et intitulée « les compensations carbone ne nous sauveront pas », l’ONU Environnement pousse un cri d’alarme et condamne les abus en la matière.

Pour les scientifiques, la compensation est nécessaire à condition que les émissions baisses… Or, elles augmentent.

La compensation sert bien souvent à se donner bonne conscience, voire à cacher des comportements d’achat – vente en bourse de crédit carbone, et enrichir certains aux dépens de la crise climatique.

Planter des arbres, une fausse bonne idée ? C’est un peu ce qu’explique le texte.

« Si nous voulons réellement éviter des changements planétaires catastrophiques, expliquent les scientifiques de l’ONU Environnement, nous devons réduire nos émissions de 45% d’ici à 2030.

Or, les arbres plantés aujourd’hui ne peuvent pousser suffisamment vite pour atteindre cet objectif et les projets de compensation carbone ne seront jamais suffisants si des centrales à charbon continuent d’être construites, des voitures d’être achetées, la population de croître… »

D’ailleurs les entreprises les plus énergivores ou celles qui sont le plus montrées du doigts se ruent littéralement sur la plantation d’arbres.

Faudra-t-il déforester pour planter un arbre ?!

Dans un entretien publié par le Parisien cet automne, Air France communiquait largement sur sa volonté dès janvier 2020 de compenser ses émissions sur les vols intérieurs par la plantation d’environ 70 millions d’arbres, via « un investissement de plusieurs millions d’euros».

La société est bientôt suivie d’autres compagnies aériennes (notamment) faisant exploser la plantation de forêts. Pourtant, au-delà du temps qu’il faut à une branche pour devenir un arbre, la solution devient alors absurde : si la plantation d’arbre se révèle plus importante que le nombre d’hectares disponibles, que faudra-t-il faire ?

Ces plantations correspondent-elles toujours aux besoins locaux ?

Compensation carbone : arrêtez de planter des arbres !
Enfin et surtout, comme indiqué plus haut, les scientifiques de l’ONU Environnement alertent : sans réduction des émissions – voire en les augmentant, la compensation reste une simple communication d’intention qui pourrait, si on était taquin, s’apparenter à un forme de greenwashing.

La seule énergie verte, c’est celle qui n’est pas produite. Mais quelles solutions, quand on ne peut pas ne pas en consommer ?

Le texte se conclut sur un point de vue moins tranché : « les compensations, si elles sont examinées et appliquées avec clarté, peuvent aider la transition là où des changements soudains et radicaux pourraient nous faire reculer davantage ».

ATR propose des solutions à ses adhérents

C’est justement la mission que s’est donné, à peu près au même moment, Agir pour un Tourisme Responsable (ATR). L’association à la pointe du tourisme durable indiquait en juin dernier : « A partir de 2020, toutes les entreprises prétendant au label ATR devront compenser 100% de leurs émissions de CO2 à travers des projets de solidarité climatique. Les émissions liées au transport des voyageurs devront être compensées par les entreprises titulaires du label ATR, à hauteur de 50% à partir de 2023, puis à 100% à partir de 2025. »

Concrètement : dès cette année 2020, les compensations carbone des adhérents ATR doivent couvrir le périmètre de leur entreprise (déplacements, charges, dépenses énergétiques…). En 2023, elles devront en plus couvrir 50% des émissions clients et en 2025, 100% de ses émissions (internes et clients).

Tardif, diront certains, mais l’association a le mérite d’imposer des actions – et de les réaliser avant la date fatidique de 2030 annoncée par l’ONU Environnement.

Comment ? « Par une mutualisation s’enthousiasme Aurélien Seux, co-fondateur de Double Sens. On veut porter un discours fort, se réunir, fédérer et partager les bonnes pratiques ».

Pour se faire, ATR a « confronté » les solutions proposées par différents acteurs, et propose à ses adhérents, dès janvier 2020, 3 initiatives concrètes.

3 solutions pour les pros

Les 3 actions qu’ATR a sélectionnées sont réparties en Amérique du Sud, Asie et Afrique, pour correspondre à un maximum de destination. Elles ne permettent pas uniquement d’avoir un impact environnemental mais tient compte de l’économie sociale et solidaire.

Au Pérou, Microsol propose de soutenir la fabrication, l’installation et l’entretien de cuiseurs à bois autonomes. Fermés par une cheminée, ils permettent à la fois de réduire la consommation de bois (impact environnemental) mais aussi d’agir sur la santé des populations en leur évitant d’inhaler les fumées toxiques que dégagent les fours traditionnels (impact social). Enfin, la fabrication de ces fours agit sur l’emploi et l’économie locale.

Au Vietnam, EcoAct propose un programme certifié Gold Standard pour aider les populations à construire et gérer la maintenance de digesteurs de biogaz par le traitement de déchets. Une énergie verte abordable, via l’utilisation de déchets qui resteraient non traités à l’air libre (impact aussi sur la santé) et fournit des emplois.

En Ethiopie, EcoAct toujours soutien une action locale de réhabilitation et préservation de puits d’eau potable.

Le manque d’eau en Ethopie oblige les habitants à faire bouillir l’eau, utilisant du bois de chauffage, ce qui génère à la fois une déforestation et des problèmes de fumées toxiques. La réparation de puits de forage en ruine apporte une eau propre et permet d’économiser le coût du bois. Les opérations sont dirigées par des femmes, leur fournissant des emplois.

Source : Compensation carbone : arrêtez de planter des arbres !

Finnair lance un service de compensation des émissions carbone

Finnair lance un service de compensation des émissions carbone en incitant ses passagers à soutenir des projets éco-responsables. La compagnie aérienne finlandaise, première à être listée dans l’index du « Carbon Disclosure Project »*, lance un tout nouveau service permettant à ses passagers de compenser les émissions de CO2 générées lors de leurs vols à travers une démarche éco-responsable. Finnair propose ainsi à ses passagers de s’impliquer, aux côtés de la compagnie et s’ils le souhaitent, dans un projet écologique au Mozambique visant à réduire la consommation de charbon ou, au choix, soutenir le développement des vols utilisant des biocarburants.

Le concept « Push for Change »

Le service « Push for Change » est destiné à impliquer les voyageurs sur les effets des émissions de CO2, répondre aux problématiques environnementales mais également aux attentes des passagers désireux de s’engager dans une démarche eco-responsable. Pour cela, la compagnie propose à ses passagers – sur la base du volontariat – de régler une « taxe de compensation » lors de l’achat d’un billet, directement via son site internet.

La taxe de compensation s’élève à 1€ pour un vol aller-retour en Finlande, à 2€ pour un vol aller-retour en Europe et à 6€ pour un vol intercontinental. Le calcul de ces redevances est basé sur la moyenne des émissions générées lors d’un vol et sur le coût nécessaire à la réduction d’une tonne d’émission de CO2 dans le cadre du projet soutenu par la compagnie.

Le service « Push for Change » est disponible directement sur le site internet de Finnair permettant aux passagers de la compagnie d’utiliser leurs points Finnair Plus pour régler cette redevance.

Quelles sont les raisons qui ont poussé Finnair à développer ce service ?

Cette taxe, que l’on pourrait aussi appeler « redevance écologique », permet à Finnair de soutenir un projet écologique au Mozambique pour réduire l’exploitation des fourneaux à charbons. L’installation de foyers plus éco-efficients réduirait considérablement la consommation de charbon et de bois et permettrait ainsi d’endiguer la déforestation. Les fonds récoltés seront intégralement reversés en faveur du financement de ce projet par l’intermédiaire de NEFCO, The Nordic Environment Finance Corporation.

Finnair propose également à ses passagers de soutenir l’utilisation de biocarburants

Ceux qui le souhaitent peuvent choisir d’acheter du biocarburant** à 10, 20 ou 65 euros afin de réduire l’empreinte carbone de leurs vols domestiques, européens ou intercontinentaux. Rappelons que l’utilisation de biocarburants réduit les émissions de CO2 de 60 à 80% en fonction de la matière première utilisée.

Topi Manner, CEO de Finnair, déclare :

« Nous souhaitons offrir les meilleures solutions possibles à nos passagers. L’aviation a plusieurs impacts économiques et sociaux positifs, il est important que nous travaillions à la création d’un monde aérien plus responsable. De nombreux produits de première nécessité sont acheminés par fret aérien, les liaisons aériennes contribuent au commerce international et permettent d’entretenir les relations entre les hommes. L’industrie du voyage est une source essentielle de revenus et d’emplois pour de nombreux pays. »

Le petit + des engagements de la compagnie

Finnair compense les émissions de CO2 liées aux déplacements de son personnel par le biais de financements de projets éco-responsables. À terme, le service « Push for Change » permettra le soutien d’un plus grand nombre de projets éco-responsables dans le monde entier.

Page dédiée au service « Push for change » sur le site de la compagnie : http://www.finnair.com/pushforchange

Source : Finnair lance un service de compensation des émissions carbone