Accor : “Notre industrie traverse un moment difficile, et nous devons prendre des décisions difficiles”

Le groupe hôtelier annonce devoir fermer les deux tiers de ses établissements en raison de la crise du Coronavirus. Des mesures drastiques ont été prises pour anticiper la reprise. Point positif : le groupe enregistre une reprise sur le marché chinois.

Le groupe hôtelier Accor, fortement impacté par la pandémie de coronavirus, annonce qu'”à ce jour, plus de la moitié des hôtels sous enseigne Accor sont fermés, et deux tiers devraient l’être dans les semaines à venir”, dans un communiqué. Plusieurs mesures drastiques ont dues être prises, jugées “indispensable pour atténuer l’impact sur les résultats et la liquidité du groupe“, détaille le communiqué. “Notre industrie traverse un moment difficile, et nous devons prendre des décisions difficiles, mais Accor bénéficie d’un bilan solide, ce qui nous permettra de l’affronter, puis d’en sortir avec force au moment de la reprise. Je suis persuadé que Accor retrouvera bientôt le chemin de la croissance“, a déclaré Sébastien Bazin, président-directeur général de Accor.

Parmi les mesures : l’interdiction de voyager, le gel des embauches, le chômage partiel ou technique pour 75 % des effectifs des sièges dans le monde au deuxième trimestre, générant une réduction minimum de 60 millions d’euros des coûts centraux sur l’année 2020, mais aussi la revue des investissements récurrents prévus pour 2020, aboutissant à une diminution de 60 millions d’euros des dépenses pour l’exercice. Le groupe continue parallèlement de rationaliser tous les autres foyers de coûts (distribution, marketing, informatique…), pour faire face à la réduction anticipée du chiffre d’affaires. Des mesures qui vont s’appliquer également au conseil d’administration du groupe puisque Accor a décidé de retirer sa proposition de paiement du dividende prévu au titre de l’exercice 2019, soit 280 millions d’euros.

Un fonds d’entraide

Accor s’engage avec ses actionnaires (inJiang International, Qatar Investment Authority, Kingdom Holding Company, Harris Associates) a participer aux initiatives mondiales de solidarité pour faire face à la crise. Ainsi, 25 % du dividende prévu (soit 70 millions d’euros) sera attribué au lancement du Fonds All Heartist. Ce fonds assistera notamment les salariés et collaborateurs sous enseignes du groupe dans le monde, en prenant en charge les frais d’hospitalisation liés au Covid-19 des collaborateurs ne bénéficiant pas d’une couverture sociale, au cas par cas, les collaborateurs en grande difficulté financière suite à des mesures de chômage technique, au cas par cas, les partenaires individuels en grande difficulté financière. Enfin, le groupe va accentuer ses initiatives solidaires en soutien des personnels soignants et des organisations caritatives en première ligne face à la crise. Parallèlement, Sébastien Bazin, renonce à 25 % de sa rémunération pendant la durée de la crise, le montant équivalent étant également apporté au Fonds.

S’il est encore trop tôt pour estimer la durée de cette crise, le groupe anticipe d’ores et déjà de fortes répercussions sur ses performances pour 2020, mais demeure très optimiste sur les perspectives de l’industrie hôtelière, a fortiori sur celles du groupe, que ce soit pour ses collaborateurs, ses propriétaires ou ses actionnaires“, relativise le groupe dans son communiqué. Point positif : le groupe enregistre une “reprise progressive des taux d’occupation et de l’activité de restauration” sur le marché hôtelier chinois.

Source : Accor : “Notre industrie traverse un moment difficile, et nous devons prendre des décisions difficiles”

Comment l’érosion de la biodiversité favorise l’émergence de virus et bactéries

Dans la « galerie de la biodiversité » de l’American Museum of Natural History à New York. © Crédit photo : Dano/Flickr, CC BY
Une perte de biodiversité pourrait avoir de grave conséquence sur notre santé en entraînant une augmentation de la transmission des pathogènes, indiquent des chercheurs.

Comment l’érosion de la biodiversité favorise l’émergence de virus et bactéries

Benjamin Roche, Institut de recherche pour le développement (IRD)

La biodiversité connaît aujourd’hui l’une de ses plus importantes altérations : les taux actuels d’extinction des espèces animales sont de 100 à 1 000 fois supérieurs à ceux enregistrés à partir des données fossiles. Ils concernent tous les types d’espèces – oiseaux, reptiles, mammifères. Le rôle primordial des activités humaines dans ce phénomène est de plus en plus étayé, à tel point que certains scientifiques considèrent que nous entrons aujourd’hui dans une nouvelle ère géologique, l’« anthropocène ».

Si cette altération majeure est généralement étudiée sous l’angle de ses impacts écologiques, elle intéresse également le domaine de la santé, en particulier les maladies infectieuses causées par des agents pathogènes (en particulier les virus et les bactéries). Près de 75 % de ces maladies infectieuses émergentes chez l’homme sont en effet partagés avec des espèces animales sauvages, comme les oiseaux pour le virus de la fièvre du Nil occidental ou les rongeurs pour la maladie de Lyme, une zoonose causée par la bactérie Borrelia burgdorferi.

Nombre de ces agents infectieux, dits « zoonotiques », utilisent de multiples espèces pour leur transmission. Or les bouleversements observés au niveau de la diversité biologique peuvent perturber ce cycle naturel de transmission et avoir de multiples conséquences sur la probabilité de leur émergence et/ou de leur niveau de transmission.

 

Biodiversité et « effet de dilution »

La biodiversité fournit de nombreux services aux écosystèmes, en contraignant notamment la transmission de certaines maladies infectieuses. C’est le cas de celles propagées par une espèce « vecteur », qui sont des insectes hématophages comme les moustiques ou les tiques qui se nourrissent du sang des individus.

Dans le cas où ces « repas de sang » se produisent sur un individu infecté – et appartenant à une espèce animale dite « compétente » dans la transmission du pathogène –, le vecteur se trouvera à son tour infecté. Lorsqu’il se nourrira à nouveau, il pourra alors transmettre le pathogène. Ces individus vecteurs pourront de la sorte contaminer des populations humaines, en faisant office de « pont » depuis d’autres espèces animales.

Toutes les espèces ne sont toutefois pas identiquement « compétentes » à transmettre l’agent pathogène : nombre d’entre elles peuvent ainsi être contaminées, mais sans pouvoir transmettre l’agent pathogène. Or ces espèces, appelées « cul de sac », sont d’autant plus présentes que l’écosystème dans lequel elles évoluent est riche d’une grande biodiversité. La présence de nombreuses espèces aura donc pour effet de « diluer » la transmission de l’agent pathogène. C’est ce que l’on appelle « l’effet de dilution ».

Dans un contexte de biodiversité altérée comme aujourd’hui, on a toutes les raisons de penser que ces espèces « cul de sac » disparaîtront les premières, étant généralement moins abondantes et donc plus vulnérables aux extinctions. Une perte de biodiversité pourra donc entraîner une augmentation de la transmission des pathogènes, les espèces vecteurs piquant dès lors majoritairement des animaux plus compétents à transmettre les maladies.

Cet effet de dilution s’observe concrètement, on pense ici au virus de la fièvre du Nil occidental ou à celui de la maladie de Lyme aux États-Unis. Dans ces deux cas, une diminution du nombre de personnes humaines infectées a été observée dans les zones où la biodiversité s’avère la plus dense. Le recours à l’effet de dilution sert également à agir sur certaines maladies affectant les plantes : en Chine, le développement de cultures mêlant différentes types de riz a permis de lutter contre la propagation de la rouille du riz qui ravageaient les variétés les plus économiquement intéressantes.

Un consensus scientifique encore fragile

Il faut ici souligner que cet effet de dilution fait toujours débat au sein de la communauté scientifique. La principale critique réside dans le fait que les espèces qui s’effacent en premier ne sont pas toujours les espèces « cul de sac ».

Prédire quelles espèces disparaissent en premier est particulièrement complexe ; l’effet de dilution ne peut donc être érigé en règle générale. Une récente étude, comparant un grand nombre de données écologiques et épidémiologiques récoltées au cours des dernières décennies, souligne néanmoins qu’un tel effet se rencontre dans plus de 70 % des cas étudiés.

Un autre aspect, encore peu étudié, doit également être pris en compte : à savoir que, plus il y a d’espèces animales, plus il y a d’agents pathogènes. Par conséquent, la plupart des pathogènes devraient moins se transmettre, mais il y en aura également plus. Il a toutefois été montré sur des plantes en Allemagneque le nombre total d’infections (toutes espèces de pathogènes considérées) diminue avec le nombre d’espèces, suggérant que l’effet de dilution créé par la richesse des hôtes compense le nombre de nouveaux pathogènes présents.

Il est particulièrement intéressant de se pencher aujourd’hui sur les effets sanitaires positifs de certaines mesures de protection de la biodiversité. Car si les bienfaits de la biodiversité demeurent souvent saisissables pour les décideurs publics, l’émergence de nouvelles épidémies – on pense aux virus du Chikungunya, Zika ou Ebola – ne manque pas d’interroger.

L’état actuel des connaissances scientifiques nous indique que la disparition de certaines espèces animales peut entraîner une hausse de la transmission de ces maladies et leur diffusion à grande échelle. Alors que les liens apparaissent de plus en plus imbriqués entre biodiversité et santé humaine, la gestion raisonnée de nos ressources s’avère plus que jamais essentielle.

Source : Comment l’érosion de la biodiversité favorise l’émergence de virus et bactéries

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Cette crise, c’est aussi une opportunité. 50 mn chaque jour pour apprendre et anticiper l’avenir -> de chez soi par exemple

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FRANCOIS-TOURISME-CONSULTANTS est un cabinet de conseil et de formation, en tourisme, hôtellerie et restauration, spécialisé sur l’optimisation de la rentabilité durable et responsable.

En cette période de distanciation sociale, ne serait-ce pas un temps que nous devons mettre à profit et apprendre pour demain ? Les solidarités doivent jouer, et l’esprit de communauté doit prévaloir. Afin de rester proche de ses clients, de ses partenaires et du milieu professionnel, et en pensant que nous pourrions valoriser ce temps où les établissements sont fermés et où nous nous retrouvons chez nous, le cabinet FTC souhaite mener une action solidaire au cours de cette période de crise sanitaire et il propose une série de webinaires gratuits pendant toute la durée de la crise du Coronavirus – Covid19.

Chaque jour de la semaine, pendant 50 minutes, par internet, un thème est abordé entre 1 expert et 10 professionnels au maximum. Il s’agit d’apprendre, d’échanger, de partager des connaissances.

Sont concernées les professionnels des hôtels, campings, restaurants, maisons d’hôtes, villages de vacances et résidences de tourisme, offices de tourisme et syndicats d’initiatives, stations de tourisme, domaine des sports et loisirs…

Les thèmes abordés

  • Le développement durable, oui ! mais comment
  • Tourisme responsable et développement territorial
  • Labels et certifications en tourisme durable
  • Événementiel en crise
  • Le webmarketing de crise
  • Écoresponsabilité dans les campings
  • Réduire le gaspillage alimentaire en restauration
  • Événementiel et développement durable

Les consultants mobilisés

  • Guillaume BÉREAU, Consultant en Tourisme Durable – Qualité – Environnement & Biodiversité
  • Hervé BIGNON, Consultant, conférencier, formateur et expert en hôtellerie de plein air
  • David BOUCHE, Consultant, formateur et expert en hôtellerie, CRM et Web-marketing
  • Philippe FRANÇOIS, consultant en hôtellerie-tourisme depuis 40 ans – spécialiste depuis 20 ans des démarches environnementales et de développement durable dans l’hôtellerie et le tourisme
  • Julie HERAUD, Consultante en Sport, Loisirs, Montagne et Tourisme responsable
  • Etienne KEMPF, spécialiste restaurations durables
  • Gilles MUHLACH-CHEN, Consultant en Tourisme & Stratégies territoriales

Un site web dédié

Renseignements et inscriptions gratuites :

Coronavirus : les hôtels s’engagent pour gérer la crise sanitaire

Durement impactés par la crise du coronavirus, les hôtels se tiennent prêts à s'engager pour lutter contre l'épidémie. (Photo d'illustration/Pixabay).

France. Les hôtels se tiennent prêts à ouvrir leurs portes pour accueillir le personnel soignant ou même se convertir en sites médicalisés.

Elles sont de plus en plus nombreuses, les entreprises du tourisme, à faire preuve de solidarité par rapport à la terrible crise sanitaire du coronavirus. Parmi elles, les hôteliers sont en première ligne. “Avant même les propos du Président de la République (lundi) hier soir, la mise à disposition des hôtels pour les personnels soignants était une volonté exprimée par de nombreux hôteliers, prêts à rouvrir en 24 heures leur établissement, fermés pour certains, faisait savoir l’Umih mardi dernier dans un communiqué diffusé mardi. Aux personnels soignants, nous pouvons leur assurer l’hébergement, la restauration en chambre, le lavage du linge et les services numériques, comme le WIFI gratuit.” “Le travail de recensement des hôtels a commencé dans nos départements, nous devons aller vite et pour cela nous souhaitons travailler en lien avec les Préfets”, ajoute le syndicat patronal des hôteliers et des restaurateurs.

Certains sites événementiels se tiennent prêts

Ainsi à Cannes, où la totalité des hôtels 5 étoiles ont fermé et où un nombre croissant d’établissements d’autres catégories gardent portes closes, les hôtels se tiennent prêts. « Beaucoup, notamment les 2-3 étoiles, ont dit qu’ils étaient volontaires pour loger des personnels soignants. Nous serons solidaires », affirme Christine Welter, la présidente du syndicat des hôteliers de la ville. « Nous nous sommes rapprochés de la mairie et de l’hôpital Simone-Veil et pour l’instant il n’y a pas de besoin ». Fermé dès mardi soir, l’hôtel Martinez, un des trois établissements de luxe les plus connus sur le célèbre Boulevard de la Croisette où se bousculent chaque année les stars du festival de Cannes, a aussi fait connaître sa disponibilité pour rendre service aux soignants. Dans l’Hexagone, les lieux événementiels se sont aussi mobilisés. Ainsi plus d’une trentaine de sites, dont le Centre Expo Congrès de Mandelieu-la-Napoule, le Palais des Victoires et le Palais des Festivals et des Congrès de Cannes, répartis sur l’ensemble du territoire français, se sont engagés à ouvrir leurs espaces pour les besoins des autorités compétentes, indique un communiqué.

Des hôtels qui se transforment en structure médicalisée

Des initiatives similaires sont prises à l’étranger. Un premier hôtel a été transformé jeudi en structure médicalisée, afin de traiter les cas les moins graves de coronavirus, ne requérant pas d’hospitalisation, ont constaté des journalistes de l’AFP. Cela « permettra d’alléger la pression » dans les hôpitaux et d’y « libérer des chambres » , a fait valoir la région de Madrid dans un communiqué. Un autre hôtel quatre étoiles de la ville, le Marriot Auditorium, doit également être médicalisé à partir de vendredi. Au total, l’association hôtelière de la capitale espagnole a annoncé avoir mis « à disposition 9.000 lits dans plus de 40 hôtels pour assister des patients atteints de coronavirus ». « La principale fonction de ces hôtels sera d’accueillir des patients qui présentent des symptômes et doivent être suivis médicalement mais sans nécessité d’être hospitalisés, tant au début de la maladie que dans sa phase finale », ont précisé la région et l’association hôtelière dans leurs communiqués. Fin février, le groupe Accor, très présent en Chine, avait lui aussi annoncé avoir mis certains de ses établissements à la disposition des autorités chinoises pour lutter contre l’épidémie.

Source : Coronavirus : les hôtels s’engagent pour gérer la crise sanitaire

Rencontre avec Agnès Weil, directrice développement durable du Club Med

Agnès Weil, directrice développement durable du Club Med

On a tous en tête une image du Club Med dont les villages vacances, parodiés dans les Bronzés, ont définitivement marqué l’imaginaire de millions de Français. Toutefois, au-delà de cette célèbre comédie de la fin des années 1970, on sait moins que le Club Med a été créé après-guerre, dès 1950, avec pour idée de base d’abolir, le temps des vacances, les barrières de l’argent (forfait tout compris), des classes sociales et des religions. Puis le temps a passé, le Club a grandi, grossi, évolué, connu des crises et des périodes de doute. Depuis 2015, il appartient au conglomérat chinois FOSUN Tourisme (FTG). Un nouveau virage pour une nouvelle façon d’appréhender les vacances ? Rencontre avec Agnès Weil, directrice développement durable du Club.

VA/ Comment devient-on directrice développement durable du Club Med ?

J’ai fait des études d’économies et statistique à à l’INSEAD avant de faire du conseil. Dès mon premier poste, au sein de VVF, j’étais en lien avec le tourisme social. Je suis restée sept ans, une expérience passionnante d’autant que VVF fonctionnait avec un collège composé de clients, salariés et communautés d’accueil. L’idée était bien sûr de travailler sur le social, mais en lien avec l’aménagement du territoire, l’équité sociale, dans le souci permanent de l’accès aux vacances pour tous. A fin de l’année 1999, j’ai rejoint le Club Med, pour mettre en place le département qualité. Et naturellement, j’ai eu envie d’aller plus loin et proposé la mise en place d’un poste dédié au développement durable, que j’occupe depuis 2004.

VA/ Le Club Med, c’est un concept très différent de VVF…

Ils ont évolué différemment mais étaient à l’origine tous deux des organismes associatifs pionniers du tourisme , convaincus de l’importance du lien social, avec  une relation particulière entre clients et employés, et également entre les clients; mais aussi  sensibles tous deux à la contribution au territoire d’implantation.. Par ailleurs le Club Med est souvent réduit à ses villages, mais il y a tout le reste que j’ai moi-même expérimenté enfant via des voyages au Maroc avec le club. Nous proposons de nombreux séjours mais aussi  des circuits de découverte, des offres qui font parties de notre ADN et sont beaucoup moins connues du grand public alors qu’elles existent depuis la naissance du Club. Le Club Med a, par exemple, organisé un circuit baptisé « les Chemins de la Paix » en Israël, Jordanie, Egypte et Liban , en 1974, bien avant tout le monde, ou des épopées extraordinaires telles la Transsaharienne ou la Transmexicaine. En ce qui concerne nos villages, certes, on n’y pénètre pas comme on veut, car y entrer c’est consommer (tout est en accès libre, « tout compris ») mais cela ne nous nous empêche pas d’avoir de nombreux contacts avec l’extérieur, que ce soit via nos contrats locaux ou par les achats que nous pouvons faire. On nous reproche parfois d’être dans des bulles, coupés de l’extérieur, mais c’est loin d’être aussi caricatural, et  dans certains cas cela peut également protéger l’extérieur de l’intérieur et d’une trop forte pression touristique.

VA/ Concernant les achats locaux, pouvez-vous nous en dire plus ?

Tout à fait. Contrairement à ce qui lui a été souvent reproché, le Club a toujours cherché à acheter local. Depuis 2008, nous avons signé un partenariat avec l’ONG Agrisud afin que l’association intervienne autour de nos villages pour structurer et professionnaliser l’offre des petits producteurs de proximité et rendre ainsi possible l’achat de produits locaux là où c’était compliqué pour des raisons de filière, d’organisation. Par exemple, au Sénégal, Agrisud, en s’appuyant sur des associations locales comme Green Farmer, forme des maraîchères du voisinage à l’agroécologie et aux techniques de gestion et les accompagne pour qu’elles puissent vendre au Club Med des oignons , des tomates, ou d’autres produits. Nous avons des accords dans 6 pays déjà (Maroc, Brésil, Sénégal, Chine, Ile Maurice et Indonésie), soit plus d’un quart des destinations où nous sommes présents.

VA/ Le développement durable, c’est important pour le Club Med ?

Comment pourrait-il en être autrement ! Nous tenons à  montrer que le Club Med est aussi responsable, mais également que le durable peut être désirable, qu’il peut être « Club Med ». Or pour cela, pour pouvoir être solide vis-à-vis de nos clients, de nos salariés, mais aussi pour des raisons pratiques d’organisation, nous avons jugé que la certification était le moyen le plus approprié, qu’elle permettait de donner et d’attester de bases solides . Nous avons donc décidé de faire le choix des labels, et ce, à toutes les étapes de nos activités, que ce soit pour la construction des villages vacances, leur opération, mais aussi pour nos circuits découvertes.

VA/ Vous avez ainsi expérimenté plusieurs labels (Green Globe, l’Ecolabel européen, Earthcheck…). Quels sont ceux qui ont finalement été retenus ?

Dès 2008, nous avons testé l’Ecolabel européen dans l’un de nos villages, ainsi que EarthCheck, et Green Globe dans d’autres . Après plusieurs essais, nous avons jugé que Green Globe, label reconnu par le GSTC (Global Sustainable Tourism Council), était plus adapté à nos villages. L’écolabel européen se fondait moins bien avec nos critères et notre façon de fonctionner, et Earthcheck (branche dissidente de Green Globe) nous  demandait de tout remettre à plat à partir et de repartir à chaque fois d’une feuille blanche, ce qui était beaucoup trop lourd et théorique pour nos équipes. A l’inverse, Green Globe nous a paru très performant, pragmatique, opérationnel, en plus d’être international . En outre, nous avons pu créer notre propre système de déploiement du label, avec une boite à outils et des chargés de mission, souvent en VIE, dont les postes se sont pérennisés sur le terrain en « coordinateurs développement durable » doublés de coordinateur Green Globe dans chaque village.

VA/ Comment réussir à fédérer et former vos équipes à ces labels quand on sait qu’il y a beaucoup de turn-over au sein des GO et des GE ?

Nous nous sommes bien sûr posés la question car il est vrai que chez nous, les équipes tournent souvent, ce qui est aussi une bonne chose dans le sens où nous offrons des expériences à vivre à nombre de jeunes, parfois pour une seule saison, parfois pour des carrières à travers le monde. Mais pour palier à ces rotations de personnels, nous demandons systématiquement en début de saison à nos coordinateurs développement durable de former les nouveaux GO et GE qui intègrent les villages. Ce n’est pas toujours simple et il peut y avoir des « trous dans la raquette », mais les nouvelles générations sont aussi de plus en plus conscientes de ces enjeux durables qui, pour beaucoup, leur semblent être évidents. En outre, nous avons des boites à outils, des check list, repris par les équipes. Enfin, nous organisons des Campus et des Universités des talents où nous rassemblons nos salariés et où nous intervenons régulièrement sur le développement durable.

VA/ La certification est donc une voie que vous poursuivez ?

Tout à fait, aujourd’hui, 87% de notre parc (70 villages) est certifié et nous visons 100% pour la fin de 2021. En outre, nos circuits découvertes sont certifiés ATR (Agir pour le Tourisme Responsable). Quant à la construction de nos villages, nous travaillons avec BREEAM, mais là aussi nous avons testé plusieurs certifications. Par exemple, notre village de Valmorel est certifié HQE. L’enjeu est de taille, car nous sommes opérateur et nous devons convaincre les propriétaires de s’engager dans cette voie, avec des certifications solides. Cela a pris un peu de temps car il ne fallait pas effrayer les investisseurs mais à présent, l’ensemble de nos chantiers en cours sont ou seront certifiés. En Chine, par exemple, nous utilisons souvent  Green Building Design label, une certification nationale. Notre objectif est de poursuivre ainsi au rythme de trois à cinq chantiers par an.

VA/ Cette volonté de continuer à bâtir et à poursuivre les mises en chantier est-elle compatible avec le développement durable ?

Le développement peut être durable s’il est maîtrisé, raisonné. Un certain  niveau de développement  est nécessaire à la viabilité économique de l’entreprise, qui elle même permet l’emploi, la contribution socio- économique aux territoires ; et la poursuite d’une activité que l’on juge porteuse de sens, de lien social, vecteur de détente et d’entente. Et le développement n’est pas en soi néfaste, dès lors qu’il est mené de façon responsable ; n’oublions pas que développer de nouveau resorts permet aussi de  répartir la pression touristique , qui est de toutes façons en expansion.

VA/ Toutefois certains chantiers en cours interrogent, à l’image du Club Med en construction à la Rosière, en Savoie, un immense chantier au cœur d’un petit village perché à 1850 mètre… Un retour sur ce projet et sa gestion environnementale ?

Sur la Rosière, il y a eu beaucoup de confusions car il y a plusieurs investissements immobiliers en cours actuellement et en ce qui concerne le Club Med, il n’y a eu aucun défrichage puisque nous sommes situés sur l’ancien altiport. Le solde est même positif puisque nous avons revégétalisé une partie de la zone bétonnée préexistante en amont. Sur le terrain, les débats se sont apaisés après plusieurs réunions avec les locaux. Nous avons par exemple choisi de baisser la hauteur  de nos étages suite à la concertation avec les riverains. Le chantier sera bien sûr certifié BREAM et le village sera labellisé Green Globe. Car la question est aussi celle du tourisme et de son acceptation. Peut-on ou veut-on se couper de la manne et de l’apport du tourisme ? Or si on accepte que le tourisme est bon pour l’économie locale, on peut aussi se dire que le fait de construire de façon compacte évite l’emprise au sol qu’aurait l’équivalent immobilier en chalets par exemple, les déperditions d’énergie,.. En outre, une fois dans nos villages, on ne prend plus sa voiture. Cela permet de dynamiser l’activité économique de la station sans toutefois l’envahir, puisque nos clients restent aussi beaucoup sur le Village.

VA/ Cela reste toutefois un sacré changement pour une petite station, de nouveaux besoins en eau, en énergie…

Sur l’énergie, nous avons fait un travail de fond en particulier sur la Gestion Technique des Bâtiments (GTB). Par exemple, par un système de capteurs et de pilotage, nous arrivons à faire baisser nos consommations de crête de 6 MW à 2 MW, soit à diviser par trois nos kilowatts/heure de pics. Ce lissage n’est possible que parce que nous sommes concentrés dans un même resort et pas répartis en logements individuels, justement. Cela nous permet d’utiliser efficacement l’énergie avec des équipements performants.

VA/ Il reste que passer ses vacances en montagne n’est pas donné à tout le monde, on est un peu loin du tourisme social là non ?

Evidemment cela a un coût, il s’agit de vacances haut de gamme. Mais le rapport qualité-prix du Club à la montagne est assez imbattable car quoi qu’il en soit, les vacances au ski représentent un certain budget. Or, au Club Med, tout est inclus (cours ESF, forfait de remontées mécaniques, location, repas, etc.). C’est donc un concept qui marche très bien. Après, nous avons des clients qui partent moins souvent et viennent chez nous tous les deux ans. Partir moins mais mieux, cela peut s’entendre aussi, surtout à l’aune des débats en cours sur l’avion. Enfin, toujours sur le volet social, nous réalisons de nombreuses actions à travers notre fondation, des goûters planétaires, des colos séjours, des portes ouvertes, des moments récréatifs pour les enfants défavorisés vulnérables. Par exemple, nous travaillons avec une association de Chambéry, « Ma chance moi aussi », qui permet à des enfants de milieux défavorisés d’avoir accès aux mêmes moments extrascolaires que leurs camarades, une forme d’égalité des chances pour des jeunes de 3 à 18 ans. Nous sommes aussi partenaire d’associations qui viennent en aide aux enfants malades, comme Petits Princes, Make-a-wish. Notre Fondation existe depuis 40 ans ; elle a pour priorités l’accès à l’éducation et la récréation pour tous ainsi que la protection de la biodiversité , dont la promotion de l’agroécologie.

VA/ Et en ce qui concerne les contrats salariés, comment cela se passe-t-il  ?

Nous avons plusieurs types de contrats, certains de nos salariés locaux (GE) sont logés dans le Village le temps d’une saison, d’autres rentrent chez eux le soir. Mais tous nos contrats restent bien entendu  inscrits dans le cadre des réglementations locales. Pour les GO, nous mettons en avant l’expérience de vie, le développement personnel que peut apporter une saison au Club Med. C’est une véritable école des métiers et école de la vie. On rencontre des personnes venues du monde entier, des équipes avec jusqu’à plus de 20 nationalités différentes qui travaillent ensemble. D’une façon générale, on sent un véritable attachement de nos GE et GO, nos études internes le montrent, il y a un niveau d’engagement bien au-delà de la plupart des entreprises. Certes, Le salaire n’est peut-être pas l’élément de motivation principal mais le Club apporte beaucoup plus.

VA/ Il y a aussi et forcément la question du gaspillage alimentaire souvent dénoncé. Des progrès ?

De fait, le Club Med a l’habitude des buffets puisqu’il en propose depuis plus de 60 ans, et il sait donc bien les gérer, même si le choix et la présentation festive donnent un sentiment de profusion. Depuis de nombreuses années, nous avons renforcé les mesures en ce sens, que ce soit au niveau de nos équipes, de l’organisation des restaurants, du recyclage.. Quand c’est possible, nous faisons du tri et donnons à des associations, mais il y a aussi tout un travail d’anticipation sur la forme des assiettes, les quantités, on finit par cuisiner uniquement  ce qui va être mangé. En outre, grâce à la prise de conscience de plus en plus générale, ce n’est plus un sujet tabou et on peut à présent en parler avec nos clients sans les culpabiliser. Car on sent une véritable accélération de la sensibilité pour le développement durable auprès de nos clientèles, que ce soit pour le gaspillage alimentaire donc, mais aussi le plastique, l’origine des aliments..  Il s’agit là d’un vrai sujet, que l’on avait anticipé dès 2007/2008.

VA/ Une dernière question, le fait de faire partie dorénavant d’un groupe chinois vous laisse-t-il la même marge de manœuvre qu’auparavant sur vos actions environnementales, sociales voire salariales ?

Notre actionnaire est conscient des enjeux du développement durable et accompagne positivement nos démarches en ce sens.  On constate par exemple que  pour la rédaction du rapport annuel du Fosun Tourism Group, de plus en plus d’éléments relatifs à l’engagement et aux réalisations du Club Med en termes de RSE nous sont demandés, et c’est une bonne chose…

Source : Rencontre avec Agnès Weil, directrice développement durable du Club Med

Plus d’informations sur Green Globe à Madagascar en cliquant ICI

ADN Tourisme : la nouvelle fédération des institutionnels du tourisme français

ADN Tourisme représente au niveau national près de 1300 adhérents représentant 800 millions d’euros de budget et 12 000 salariés - DR

ADN Tourisme est la nouvelle fédération des institutionnels du tourisme français qui regroupe Offices de Tourisme de France, Tourisme & Territoires et Destination Régions.

Offices de Tourisme de France, Tourisme & Territoires et Destination Régions, les trois fédérations historiques des organismes institutionnels du tourisme, ont fusionné en une structure unique : ADN Tourisme.

Réunis en Assemblée générale extraordinaire à Paris le 11 mars 2020, les adhérents des trois fédérations ont acté leur dissolution et la création d’une nouvelle structure qui regroupe l’ensemble des acteurs institutionnels du tourisme métropolitains et ultramarins des trois échelons territoriaux : offices de tourisme, comités départementaux et régionaux de tourisme.

Cette nouvelle entité représente au niveau national près de 1300 adhérents représentant 800 millions d’euros de budget et 12 000 salariés.


“Cette nouvelle fédération a pour objectif de proposer à ses adhérents une offre de services innovante et une expertise de qualité, tout en tenant compte des compétences partagées et des activités propres à chaque échelon territorial, dans le respect du code du tourisme.

Représentative au niveau national, elle a également pour ambition de porter un discours partagé et d’affirmer le rôle essentiel des organismes de tourisme. Enfin, elle va développer des partenariats forts avec l’Etat et ses opérateurs, ainsi qu’avec les acteurs privés dans la perspective de s’inscrire dans un tourisme de qualité, innovant et respectueux des territoires.” indique un communiqué de presse.


Le bureau de la nouvelle fédération est composé de :

Président : Christian MOURISARD, Président de l’Office de Tourisme d’Arles
Président délégué : Stéphane VILLAIN, Président de Charentes Tourisme
Présidente déléguée : Marie-Reine FISCHER, Présidente de l’Agence régionale du tourisme Grand Est
Trésorière : Pascale LAMBERT, Directrice de Côte-d’Or Tourisme
Trésorier Adjoint : Philippe VERGER, Directeur de l’Office du tourisme du Grand Reims
Secrétaire : Philippe BERTO, Directeur délégué du Comité régional du tourisme Occitanie

Collège « organismes régionaux »
Co-animateur : François de CANSON, Président du Comité régional du tourisme Provence-Alpes-Côte d’Azur
Co-animatrice : Audrey LEGARDEUR, Directrice du Comité régional du tourisme Bretagne
Suppléant : Loïc NIEPCERON, Président du Comité régional du tourisme Bourgogne-Franche-Comté
Suppléant : Marc RICHET, Directeur du Comité régional du tourisme Centre-Val de Loire
Collège « organismes départementaux » Co-animateur : Hervé BOUYRIE, Président du Comité départemental du tourisme des Landes
Co-animatrice : Isabelle BREMOND, Directrice de Bouches du Rhône Tourisme
Suppléant : Pierre SIMON, Président du Comité départemental du tourisme du Doubs
Suppléant : Ludovic AZUAR, Directeur de l’Agence Tourisme & Territoires du Cher
Collège « organismes communaux et intercommunaux »
Co-animateur : Jean GODET, Président de l’Office de tourisme de Chartres
Co-animateur : Christophe BERGAMINI, Directeur de l’Office de tourisme de Kaysersberg
Suppléante : Béatrice GUILLAUME, Vice-présidente de l’office de tourisme Normandie-Ca-bourg-Pays d’Auge
Suppléante : Sabine L’HERMET, Directrice de l’office de tourisme de Dunkerque Dunes de Flandre

Source : ADN Tourisme : la nouvelle fédération des institutionnels du tourisme français

En Russie, une réglementation drastique face à Airbnb

© DR 80 % de l'offre de locations saisonnières devraient disparaître à Saint-Pétersbourg avec la nouvelle loi russe qui restreint l'activité des plateformes comme Airbnb

Saint-Pétersbourg (RUSSIE) L’offre de locations saisonnières à Saint-Pétersbourg (Russie) pourrait chuter de 80 % suite aux mesures rigoureuses prises par le parlement russe contre l’activité des plateformes de locations type Airbnb. L’objectif est clair : protéger la petite hôtellerie.

Face à la concurrence déloyale générée par les plateformes de location comme Airbnb, les autorités russes n’ont pas tergiversé. Le couperet est tombé en octobre dernier dans l’enceinte de la chambre basse du parlement, la Douma : les députés ont édicté des mesures de contrainte assez uniques. S’il s’agit de protéger des nuisances les habitants de résidences d’habitation transformées en locations saisonnières, ce sont surtout des règles protectionnistes au bénéfice des hôteliers, en particulier à Moscou et Saint-Pétersbourg.

Depuis le 1er octobre dernier, les propriétaires qui seraient tentés par la poursuite de ce type d’activité devront, pour un coût certain, modifier le statut juridique et fiscal de leurs locations. Ils ont l’obligation d’installer dans le logement loué un système anti-incendie identique à celui des hôtels. Seuls les logements en rez-de-chaussée disposant d’une entrée indépendante et ceux au dernier étage pourront obtenir l’autorisation d’être loués sur Airbnb. En cas de non-respect de l’une des conditions de la loi, une interdiction de louer sera prononcée. Le coût des mises aux normes devrait mettre fin à 40 % de l’offre d’appartements à louer à Moscou et 80 % à Saint-Pétersbourg. Une bonne nouvelle pour les hôteliers russes mais aussi pour les personnes âgées qui, depuis toujours, hantent les halls de gares avec des pancartes pour louer une modeste chambre et améliorer leurs faibles pensions. Airbnb les avaient rendues invisibles.

Source : En Russie, une réglementation drastique face à Airbnb

Tourisme : les États-Unis demandent à leurs ressortissants d’éviter tout voyage à l’étranger

ETATS-UNIS

Les États-Unis ont publié mercredi soir un avertissement aux voyageurs sans précédent, exhortant leurs ressortissants à éviter tout voyage à l’étranger en raison du nouveau coronavirus. Le pays a également fermé ses frontières aux étrangers venant d’Europe pour trente jours.

Source : Tourisme : les États-Unis demandent à leurs ressortissants d’éviter tout voyage à l’étranger

Coronavirus : Logis Hôtels supprime sa commission sur les réservations directes en soutien aux hôteliers-restaurateurs indépendants

Face à la propagation de l’épidémie de coronavirus (Covid-19) et les conséquences sanitaires et économiques qu’elle engendre, Logis Hôtels met en œuvre une mesure de soutien aux hôteliers-restaurateurs indépendants membres de la chaîne en supprimant la commission sur les séjours réservés directement par les clients sur l’application mobile, logishotels.com et à la centrale de réservation téléphonique.

“La suppression des commissions sur les séjours directs de mars et avril est une mesure concrète avec un effet positif immédiat sur les trésoreries de nos adhérents, dans les huit pays européens où Logis Hôtels est présent. En période de développement comme en période de crise, Logis Hôtels soutient l’hôtellerie-restauration indépendante et familiale. Nous encourageons l’ensemble des autres acteurs commerciaux comme les chaînes, distributeurs, OTA, CRT, CDT, etc. à faire preuve de la même solidarité avec les TPE et PME”, déclare Karim Soleilhavoup, directeur général du groupe Logis Hôtel.

Logis Hôtels appelle le Gouvernement et les banques à mettre en place rapidement deux mesures supplémentaires :

– le dégrèvement total de la taxe de contribution à l’audiovisuel public, payable normalement en avril ;

– un report sans pénalités ni intérêts des échéances des prêts bancaires contractés pour la rénovation ou l’acquisition d’établissements indépendants.

Pour Fabrice Galland, président de la Fédération internationale des Logis : “Sans ces mesures, nous assisterons à une condamnation progressive mais certaine de nombreuses entreprises du secteur. Plus qu’essentielle, l’intervention du Gouvernement est désormais une question de survie.”

Source : Coronavirus : Logis Hôtels supprime sa commission sur les réservations directes en soutien aux hôteliers-restaurateurs indépendants

Changeons notre tourisme

Changeons notre tourisme – Roland Héguy – Préface de Laurent Fabius. Editions Cherche-Midi, Janvier 2020

« Changeons notre tourisme » ou chronique de l’évolution d’un secteur, l’hôtellerie-restauration, qui a été particulièrement bousculé dans ses habitudes ces trente dernières années. Entre les sites de réservation en ligne type Booking (OTA), l’ubérisation, l’apparition d’Airbnb, la chute d’estime du métier, Roland Héguy, ancien restaurateur et hôtelier indépendant à Biarritz, nous livre un témoignage d’autant plus juste et incarné qu’il se double de ses dix années d’engagement à la tête de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (UMIH). Un ouvrage éclairant pour mieux comprendre les enjeux et défis d’un secteur qui se doit d’évoluer en permanence.

Il fut un temps où le métier d’hôtelier restaurateur visait avant tout à satisfaire le client en fournissant des prestations de qualité sur des métiers de bouche, d’accueil, de réception. Aujourd’hui, l’hôtelier restaurateur se doit toujours d’être excellent dans son domaine, mais cela ne suffit plus. Il lui faut aussi se muer en véritable capitaine de navire, alternant les casquettes et les polyvalences, devenant tour à tour informaticien, communicant, juriste, community manager, architecte, ingénieur voire militant…, au fait des évolutions du monde mais aussi capable de répondre à des enjeux aussi vitaux que la déferlante du numérique. Sans compter qu’ « après avoir été la promesse de circuits plus directs et de prestations meilleurs marché pour le consommateur, la numérisation voit de plus en plus d’intermédiaires s’immiscer dans notre distribution…. »

Et au sein des nombreux enjeux et défis relevés par Roland Héguy, le développement durable, dont il souligne l’importance notamment via les nombreux partenariats établis entre l’UMIH et l’Ademe, qui ont permis d’aiguillonner nombre de professionnels vers l’Ecolabel Européen ou  la Clef Verte, mais aussi soulignant les actions concrètes de la commission développement durable de l’UMIH. Ainsi, en 2016, est paru le guide Vaincre le gaspillage à destination des hôtels, puis sa déclinaison à la restauration. Dans le même élan, le syndicat a édité un recueil de recettes anti-gaspi, faisant de la lutte contre le gaspillage alimentaire un chantier prioritaire de ces prochaines années. « On peut se demander pourquoi notre profession se préoccupe tant de l’environnement, peut être parce que l’exploitation d’un hôtel ou même d’un restaurant permet d’apprécier l’importance des consommations et des déchets en un lieu où vivent plusieurs dizaines de personnes. De ce fait, nos hôtels sont de vrais laboratoires d’expérimentation des solutions de développement durable. »

Adepte du développement durable, Roland Héguy l’est tout autant du tourisme durable, mais il pointe avec justesse l’importance de l’éducation des touristes et clientèles, un maillon indispensable de cette chaine du durable, où l’effort ne peut pas reposer uniquement sur les professionnels. « Je crois qu’on pourra parler de tourisme responsable quand un touriste respectera le pays ou la région qu’il visite, quand il ne laissera plus autant de détritus sur les plages et sur les routes, quand il n’abusera pas de l’eau et de l’électricité à volonté dans les chambres d’hôtel, quand il fera attention à ne pas gâcher la nourriture au buffet du petit-déjeuner, quand tout simplement il ne se croira pas tout permis parce qu’il a payé. » Roland Héguy fait ainsi partie des nombreux professionnels qui souhaitent que les pouvoirs publics et les professionnels du tourisme prennent des mesures en faveur d’un tourisme plus durable.

Et ce n’est pas un hasard si l’ouvrage a été préfacé par Laurent Fabius. Roland Héguy le connait bien et a travaillé à ses côté en 2014,  lorsque le Quai d’Orsay a pris en charge la question du tourisme. Pour ce dernier, les Assises du tourisme qui suivirent furent un virage salutaire ainsi que la création des 20 marques territoires telles Biarritz-Pays basque. Alors aujourd’hui, contrairement à ceux qui en appellent à la création d’un ministère spécifiquement dédié au tourisme, il souligne au contraire l’intérêt du comité de filière qui a suivi, placé sous la présidence de Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian. « A un ministère du Tourisme qui agirait de façon isolée, je préfère une instance dans laquelle nous sommes impliqués et dont nous avons l’espoir qu’elle fasse avancer des projets communs pour le secteur. Si nous avons réclamé un ministère du Tourisme par le passé, je saurai me consoler de son absence pourvu que l’Etat nous suive quand le comité de filière proposera des projets. »

Enfin, la revalorisation du tourisme rural fait également partie des propositions que portent Roland Héguy à travers l’UMIH et de nouvelles instances plus transversales dont la CAT (Confédération des Acteurs du Tourisme), quand on sait que 80% des touristes sont concentrés sur 20% du territoire….un rééquilibrage fondamental pour mieux répartir le tourisme sur l’ensemble du pays est plus que nécessaire, et faire ainsi en sorte que tous les territoires profitent de cette manne, véritable levier de développement local. En ce sens, avec l’Association des maires ruraux et Nouvelles Ruralités, l’UMIH est également à l’initiative du Parlement rural français. Ce dernier a tenu sa première session dans la Nièvre les 15 et 16 octobre 2019, avec entre autres objectifs la revitalisation commerciale des petites communes, le soutien aux cafés, espaces de liens sociaux, qui ont de plus en plus de mal à tenir, et l’aide au déploiement de la 4G partout, indispensable pour l’ensemble des professionnels du secteur.

Il faut vraiment saluer cet ouvrage, à la fois factuel et militant. Il démontre également combien le café, l’hôtel, le restaurant, sont des piliers indéniables de nos territoires, lieux de lien social mais aussi lieux de transversalité entre tous les acteurs de la chaine touristique. Ainsi, nombre d’analyses présentées ici trouveront certainement un écho auprès de nombreux professionnels, un peu dans le sens de l’action d’un homme engagé depuis toujours, qui ne cesse jamais le combat, au-delà des corporatismes, pour un tourisme diffus et partagé, dans l’intérêt de tous.

Source : Changeons notre tourisme