Volontourisme : attention casse-cou !

Le mercredi 17 juillet à 19h, le film « The voluntourist » sera projeté à l’Assemblée Nationale. Pourquoi à l’Assemblée ? Parce que la députée en charge des Français de l’étranger tenait à mettre en garde notre belle jeunesse…

Contre quoi ou qui ? Nos jeunes têtes brunes ne sont-elles pas déjà au fait que nous ne vivons pas dans un monde de Bisounours ? Sans doute, oui, bien sûr. Mais que leurs intentions les plus nobles puissent servir des causes beaucoup plus sombres, ils l’ignorent encore parfois.
Ainsi donc, une année durant, Chloé Sanguinetti a arpenté lez vaste monde et ausculté le microcosme du volontariat. Dans plusieurs pays d’Amérique latine et d’Asie, elle a rencontré quelques-uns de ces presque 2 millions de jeunes ayant entre 18 et 25 ans et qui, pour quelques jours ou quelques mois, travaillent en tant que volontaires dans un pays ou un autre ; au service des plus démunis…
Or, si leur intention de départ est toujours juste, le résultat, lui, ne l’est pas forcément. Pour quelles raisons ?… l’argent naturellement, en premier lieu. Car si la grande majorité de ces volontouristes est bénévole, pour accomplir leur mission (travailler gratuitement loin de chez eux) et participer à la sauvegarde du monde, eh bien le plus souvent, ils payent ! Et fort cher parfois. Résultat, cet élan spontané de générosité juvénile est aujourd’hui devenu un marché de plusieurs dizaines de millions d’euros dont les bénéfices seuls furent supérieurs à 3 millions d’euros l’an dernier ! Que se sont partagés une quantité d’ONG et d’organisme qui, exemplaires pour certains, n’ont parfois de charitable que le nom pour d’autres.
Le « scandale » de l’arnaque des volontouristes est d’ailleurs devenu tel que plusieurs personnalités médiatiques, telle J.K. Rowling (l’auteure d’Harry Potter, oui) ont fait des déclarations publiques à ce sujet, concernant en particulier certains orphelinats dont les effectifs étaient entretenus de manière plus ou moins artificielle… Brrr !
Bref, là encore, comme toujours, il s’agit de savoir où l’on met les pieds. Chloé Sanguinetti nous donne toutes les informations pour cela sur son site. A partir duquel il est, de plus, possible de visionner le film (en anglais).

Source : Volontourisme : attention casse-cou !

Le tourisme végane, une nouvelle flèche à l’arc du tourisme durable ?

Croisières, voyages organisés, locations d’appartements et autres city-trips vegan sont en train d’éclore çà et là à travers le monde. Comme une nouvelle branche poussée du tronc du tourisme durable, le tourisme végane répond à une demande croissante. Au-delà de l’esprit de voyage responsable qu’il incarne, il permet d’être certain pour les véganes de ne pas avoir à batailler pour trouver à manger, et de ne pas être jugé, questionné ou moqué durant un voyage où les autres participants aspirent aux mêmes idéaux… Alors, nouvelle tendance commerciale ou réponse logique à un mouvement international qui ne cesse de croître ?

Kit de survie du bon végane dans un monde d’omnis

Parfois moqués, souvent mal compris, les véganes (et végétariens) n’osent parfois même plus s’assumer comme tels tant leur image est souvent caricaturée et leur combat déformé ! Faute à un effet de mode qui dépasse souvent le message initial et fait passer les véganes au mieux pour des défenseurs-des-animaux-hippies-mangeurs-de-graines, au pire pour des bobos-écolos-dédaigneux. Alors que la cause défendue est, elle, difficile à ridiculiser : toute personne dotée d’un minimum de conscience morale souhaite voir disparaître la souffrance animale…
Mais trêve de plaisanteries et de chouinages.

Le fait est que, concrètement, il n’est pas toujours facile de manger végane quand on est loin de chez soi, ou alors c’est vite tristoune (surtout en mode pique-nique, où il faut souvent se contenter de pain, quelques crudités, un avocat pour les plus chanceux… et une pomme!)
Même si les véganes sont souvent forgés face à ce genre de situation, l’idée de créer des circuits et autres voyages adaptés paraît vite moins saugrenue.
D’autant que ceux-ci suivent naturellement la voie du tourisme durable et responsable, puisque qui dit véganisme dit, dans 99% des cas, respect de l’environnement et de la nature. On peut en effet devenir végane davantage par souci de l’environnement que par amour des animaux, même si les deux sont généralement liés – juste histoire de rappeler quelques chiffres : l’élevage engendre à l’échelle mondiale environ 14% des émissions de CO2 (plus que les transports), et produire un kilo de bœuf demande 15.000 litres d’eau.

Voyager végane sous-entend donc naturellement voyager plus léger, plus consciencieux, plus repectueux. Au-delà de la question de l’alimentation, on tend naturellement vers un tourisme localisé, qui interroge sur notre façon de consommer, de nous déplacer, sur nos rapports aux autres et sur toutes les alternatives qui existent aujourd’hui pour essayer de rendre ses faits et gestes un peu plus responsables.

Une offre touristique en émergence, mais déjà diversifiée

Depuis quelques années, les “végageurs” (contraction de “végane” et “voyageur” qui semble avoir été choisie pour désigner ces nouveaux globe-trotters) ont pris les devants en proposant souvent eux-mêmes d’aider les autres à voy

ager végane. Sont nés de ces envies des sites collaboratifs tels que vegantravel, sorte de communauté de voyageurs qui font profiter aux autres de leurs expériences (notamment à travers des blogs), proposent des rencontres ou des facilités de logement, ou encore deviennent des guides d’un jour.Ancré partout dans le monde, ce site permet à quelqu’un qui prépare son voyage d’entrer en contact avec des personnes qui sont prêtes à les rencontrer et à leur permettre une fois sur place de facilement voyager végane.

Chez nos voisins allemands, le réseau Veggie Hotels rassemble actuellement plus de 500 établissements (gîtes, chambres d’hôtes…) qui garantissent à leur visiteur une offre de restauration végétarienne au minimum.


Un peu plus loin, en Norvège, le croisiériste Hurtigruten propose depuis 2017 une offre de repas véganes au sein des navires qui longent les côtes norvégiennes, au départ de Bergen.

Par chez nous, l’offre commence également à naître, par exemple à travers la start-up Veganfoodtours, qui propose des parcours dans plusieurs grandes villes de France (Paris, Lyon, Bordeaux) axés aussi bien sur la gastronomie que l’artisanat ou la culture. Ces city-trips sont accompagnés par des guides qui mènent les participants dans des lieux célèbres mais aussi méconnus du grand public, et proposent des haltes dans des salons de thé ou restaurants véganes. L’offre de ne fait que commencer et la créatrice de Veganfoodtours, Alice Barousse, espère pouvoir bientôt élargir ses services à d’autres villes de France.

La demande est donc bien là : ne reste plus à l’offre qu’à s’élargir, se structurer, et bien saisir les enjeux du véganisme et du tourisme durable qui ont, par essence, tout pour être liés.

Source : Le tourisme végane, une nouvelle flèche à l’arc du tourisme durable ?

Première étude internationale sur les attentes des étudiants en hôtellerie et restauration

A l’initiative du groupe Vatel Bordeaux, une étude réalisée auprès de plus de 3000 étudiants dans le monde vient de révéler les attentes et les aspirations des futurs professionnels de l’hôtellerie et de la restauration. Si ses conclusions révèlent un enthousiasme des jeunes à entrer dans le métier, avec optimisme et ambition, la part du durable, à présent bien ancrée dans les consciences et les déclarations d’intention, ne reste toutefois pas une priorité absolue, puisqu’elle arrive bien derrière la satisfaction client, le besoin d’engranger des bénéfices mais aussi l’idée de faire mieux que ses concurrents et l’envie de grandir….

Une étude internationale mais pas exhaustive

Si l’étude commanditée par le groupe Vatel a été menée bien au-delà du réseau de ses étudiants (9 000 étudiants dans le monde !), sur un panel de 96 pays, il faut toutefois relativiser certains de ses résultats puisque sur 3116 réponses exactement, 1505 ont été données par des étudiants français, 610 par des étudiants asiatiques alors que certains pays comme l’Amérique sont sous-représentés (137 réponses dont aucun répondant pour le Brésil par exemple). Toutefois, il ne faut pas enlever à cette première le mérite d’exister, et de donner non seulement de précieuses indications sur ce qui anime les étudiants en hôtelleries d’aujourd’hui, mais aussi de souligner parfois des différences culturelles d’un continent voire d’un pays à l’autre qui montrent par exemple que les Chinois sont ceux qui croient le plus à l’innovation voire à la robotisation du métier mais aussi au durable…. quand les Français sont souvent plus mesurés, voir timorés sur certains sujets, tels celui de l’entrepreneuriat personnel.

Une jeunesse ambitieuse

Sans revenir en détails sur les 32 questions posées visant à appréhender la vision des étudiants quant à leur carrière à la sortie des études, puis trois années après avoir commencé à travailler, revenons sur quelques enseignements intéressants. Déjà, les étudiants se révèlent ambitieux. Beaucoup se projettent facilement directeur général ou souhaitent obtenir rapidement des responsabilités dans l’entreprise, qu’il s’agisse de groupes hôteliers ou d’hôtels indépendants et ce, dès le commencement de leur étude, même si le réalisme reprend peu à peu le dessus avec la prise de conscience qu’il va falloir faire ses preuves. Autre constat, les métiers de l’évènementiel et de la communication sont ceux qui attirent le plus, quand l’opérationnel (pourtant 63% des premiers jobs) est moins tendance. En outre, beaucoup rêvent de voyage et d’expériences outre-mer, avec une attirance particulière pour les USA (36%), la France (27%), le Canada (19%), l’Australie (19%) et le Royaume Uni (13%), des souhaits plus ou moins réalisables…

Quelques autres enseignements à méditer

Autre constat intéressant, on aurait pu croire que la rémunération est le premier moteur pour choisir un employeur or l’étude révèle que c’est avant tout les rapports humains (l’ambiance) et les perspectives d’évolution qui priment. Dans l’ensemble, les étudiants ont toutefois une bonne opinion sur le monde de l’’hôtellerie et de restauration (à 79%) et pensent que travailler dans un groupe apporte des avantages, permet de s’expatrier et d’acquérir de bonnes expériences. Et si on leur demande s’ils préfèrent travailler dans un grand groupe ou plutôt dans un établissement indépendant, ils ne montrent pas de préférences marquées. Enfin, il est intéressant de constater qu’à la question portant sur la notoriété des groupes d’hôtellerie et de restauration, Marriott (62,6%) arrive en tête  devant Accor (60,2%) et Hilton (39%) pour l’ensemble des répondants quand dans le détail, les Français plébiscitent Accor à 80,7% et les autres nationalités Marriott à 67,8%, Accor passant alors à la troisième place (39,8%) derrière Hilton (40,4%). Quant à la restauration, MacDo est le premier cité quant à la restauration rapide (45,6%), le groupe Bertrand quant à la restauration à table (mais dû principalement aux réponses des étudiants français) et Bocuse, le « Chef des Chefs », est cité 157 fois, tant en France que dans les autres pays, une réelle reconnaissance internationale.

Encore du travail pour le durable, le local et le bio

Et le durable dans tout cela ? L’un des derniers focus lui était consacré, visant à interroger les étudiants sur divers scénarios liés au développement durable dans les années futures. Le premier s’interrogeait sur les équipements et ustensiles des hôtels et restaurants et se demandait s’ils seraient tous recyclables dans le futur (à hauteur de + 25 ans). 36% de l’ensemble des étudiants interrogés en sont convaincus et 37% plutôt d’accord (73% en tout). Le deuxième portait sur l’autosuffisance des hôtels et restaurants en énergie, là aussi, les trois quart des étudiants y croient. Troisième point, les approvisionnements seront-ils issus du local dans le futur ? A peu près les tiers des étudiants le pensent. Enfin, dernier scénario, concernant la nourriture et les boissons bios à terme,  qui compte 59% de convaincus (tout à fait ou plutôt), ce qui semble relativement faible dans une projection aussi lointaine. Un résultat peut être aussi lié à la place encore trop peu importante du bio dans les grandes enseignes. A noter, d’après l’étude, les Chinois sont ceux qui croient le plus au durable, avec des résultats entre 7 et 20 points supérieurs à la moyenne, contrairement aux Français, plus dubitatifs…..

En guise de conclusion, nous avons interrogé Régis Glorieux, fondateur et directeur de Vatel Bordeaux, qui présentait cette étude au Marriott Champs-Elysées le 18 juin dernier, sur l’opportunité d’aider à mieux informer les étudiants en ajoutant cours et modules sur le développement durables puisqu’il faut encore et toujours convaincre et que l’étude montre que ce n’est pas encore une priorité première. La réponse s’est plutôt concentrée sur l’action des hôteliers, également importante bien sûr (nos nombreux articles en témoignent), avec le groupe Vatel pour exemple qui a lancé la RSEE (Responsabilité Social et Educative) et labellisé son nouveau campus Ecolabel européen, façon il est vrai d’interpeller les étudiants. Mr Glorieux a également précisé qu’il croyait au développement durable,  bien sûr, mais sous la contrainte des clients. Et c’est indéniable, dans l’hôtellerie et la restauration, si les choses bougent de plus en plus, le client reste roi…

Source : Première étude internationale sur les attentes des étudiants en hôtellerie et restauration

Avec ses « aventures », Airbnb marche dans les pas des tour-opérateurs

Le groupe californien monte désormais des voyages d’aventure échelonnés sur plusieurs jours, avec hébergement, mais pas (encore) le transport.

Airbnb n’en finit pas de surprendre. Après le lancement en 2016 des Expériences d’un jour, au nombre de 30 000 dans le monde, le groupe commence à se mettre en concurrence frontale avec certains voyagistes traditionnels. Comment ? Avec un nouveau service de voyages de plusieurs jours, appelé Airbnb Adventures, lancé jeudi 13 juin.

Un positionnement « aventure »

Airbnb a livré quelques exemples d’Aventures Airbnb, comme ce voyage de trois jours pour partir à la rencontre des lions avec des guerriers Sabache au Kenya (457 euros par personne) ou encore cette expédition de six jours dans les Galapagos (3195 euros par personne). Seules les prestations terrestres sont proposées, soit l’hébergement, les repas et les activités. A charge pour le client de trouver un vol.

Pour l’heure, le nombre de propositions reste limité, avec des fiches en partie traduites en français, et des prix en euros ou en dollars. Quelque 200 aventures sont indexées, et sont soit entièrement exclusives à Airbnb, soit proposées par de petits opérateurs locaux mais « que l’on ne trouve généralement sur aucune autre grande plate-forme de réservation », précise un communiqué. Les hôtes offrent une gamme de prix allant de 79 dollars pour un voyage d’une nuit, à 5 000 dollars pour un trek de 10 jours, est-il précisé.

Des circuits organisés par des « experts locaux »

Le géant californien, leader de la réservation de locations saisonnières, fait ainsi ses premiers pas dans le métier de producteur. Du point de vue du client, son positionnement le place en concurrence avec les spécialistes des voyages d’aventure et de la randonnée ainsi que des plates-formes comme Evaneos. Son statut spécifique de plate-forme, soit d’agrégateur, est toutefois maintenu, avec paiement sur le site ou l’application (avec possibilité de réservation en petits groupes). A noter qu’en France l’entreprise n’est toujours pas immatriculée en France.

« Airbnb Adventures est une nouvelle collection d’expériences de plusieurs jours organisées par des experts locaux qui emmènent des groupes intimes dans des lieux épiques, hors des sentiers battus, et les plonge dans des cultures et des communautés uniques », explique l’entreprise. Des réceptifs seraient donc à la manœuvre. Des réceptifs qui pourraient, demain, indexer des circuits et séjours plus classiques, afin de rentabiliser leurs activités.

Source : Avec ses « aventures », Airbnb marche dans les pas des tour-opérateurs

Coopération et complémentarité, clés d’un tourisme durable dans le continent

La coopération et la complémentarité entre les pays africains est “la clé” de la promotion d’un tourisme durable dans le continent, a indiqué récemment à Londres, l’ambassadeur du Maroc au Royaume-Uni, Abdesslam Aboudrar.

Intervenant lors d’un panel sur “La promotion du tourisme en Afrique”, dans le cadre de l’exposition WISH Africa organisée les 8 et 9 juin dans la capitale britannique, M. Aboudrar a souligné que chacun des pays africains regorge de richesses, de capital et de patrimoine à mettre en avant, faisant savoir que “la coopération et la complémentarité, entre les pays africains est la clé pour la promotion d’un tourisme durable”.

Interrogé à cette occasion sur “le secret de l’affluence croissante des touristes au Maroc”, M. Aboudrar a souligné que le Royaume, “bien qu’il ne dispose pas de ressources pétrolières, a capitalisé sur ses ressources naturelles, pour devenir l’une des meilleures destinations dans le monde”, rapporte la MAP.

Il a rappelé, à cet effet, que la promotion du tourisme marocain remonte aux années soixante dans le but de valoriser le capital matériel et humain dont regorge le Maroc, à savoir : ses surfaces maritimes ouvertes à la fois sur la Méditerranée et l’océan Atlantique, sa richesse forestière, la beauté de sa nature et son Sahara, le patrimoine architectural et culturel de ses villes impériales et ses anciennes médinas outre “la culture de son peuple connu par son hospitalité, son ouverture et sa générosité”.

Ces efforts, a expliqué M. Aboudrar, ont été couronnés par le lancement de la Vision 2020 qui ambitionne de faire du tourisme l’un des moteurs du développement économique, culturel et social au Maroc afin de faire du Royaume une des 20 plus importantes destinations mondiales à l’horizon 2020, qui s’impose comme une référence, en matière de développement durable dans la région méditerranéenne.

Cette vision a aussi pour but d’étudier “les besoins et les aspirations des visiteurs en vue de leur offrir une expérience mémorable qu’ils peuvent recommander à leur retour”, a-t-il ajouté, faisant savoir que plus de 12 millions de touristes ont visité le Maroc l’année dernière, dont 400.000 proviennent d’Afrique subsaharienne.

Le Maroc, a-t-il poursuivi, fort de son rôle de trait d’union entre l’Afrique, l’Europe et le Moyen-Orient, a placé les pays africains et subsahariens au centre de ses préoccupations, précisant que la compagnie marocaine “Royal Air Maroc” dessert de nombreux pays africains, en plus de connexions fréquentes avec l’Union européenne, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne.

Organisée au palais d’expositions Olympia à Londres, avec le soutien de l’UNESCO, l’édition 2019 de WISH Africa, explore l’Afrique en six différents secteurs, à savoir l’art et design, la mode, l’immobilier et l’architecture, le tourisme et les voyages, la cuisine, et la technologie.
Cet événement propose plusieurs panels présentant une culture africaine mondialisée et moderne ainsi que des tables rondes portant sur “La mode : l’Afrique, source d’inspiration”, “Le marché technologique africain”, “Immobilier et architecture”, “Investir dans l’art africain” et “La modernisation de la cuisine africaine”.

Cette édition mis l’accent cette année sur quatre pays à savoir le Maroc (Afrique du nord), le Kenya (Afrique de l’est), le Nigeria (Afrique de l’ouest) et l’Afrique du Sud.
Parmi les personnalités marocaines présentes à cet événement figurent Zeina Souiri, fondatrice de la marque Zey Fashion Probitex, Hicham Lahlou, fondateur d’Africa Design days, et membre du conseil d’administration de la World Design Organization pour la période 2017-2019 en charge de l’Afrique, Touria El Glaoui cofondatrice de la “1: 54 Contemporary African Art”, première foire d’art contemporain qui se tient chaque année à Londres, New York et Marrakech, et Charaf El Mansouri de Sunny Side up travels.
WISH Africa est une entreprise sociale sous forme d’une plateforme médiatique et de marketing axée sur la culture, le commerce et le développement en Afrique. Sa mission est de promouvoir une image plus positive du continent et des Africains, afin d’améliorer la compréhension culturelle et de générer un commerce intra-africain et intercontinental.

Source : Coopération et complémentarité, clés d’un tourisme durable dans le continent

Hôtellerie : ce qui énerve les voyageurs français

Une étude menée par SiteMinder pointe les petites frustrations qui peuvent gâcher le séjour d’un voyageur… et nuire à l’image de l’établissement.

Exigeant, voire… capricieux, le voyageur peut vite montrer les dents quand quelque chose ne va pas… Et ça, les pros le savent bien (relire à ce sujet notre article : Le coup de gueule d’une hôtelière face aux clients invivables). Dans sa dernière étude*, SiteMinder a dressé la liste des petites contrariétés qui agacent le plus les clients français. Principale source de frustration : une connexion wifi instable (40%) et des cartes d’accès défectueuses (28%). Autre écueil à éviter pour éviter de s’attirer les foudres de ses clients : des délais trop longs à leur demandes ou de la part du service client (16%), l’attente au moment d’effectuer le check-out (10%) ou le fait de n’avoir accès qu’aux chaînes numériques (5%).

Autre enseignement de l’étude : les nouvelles technologies laissent les voyageurs français plutôt froids. Moins de 15% des sondés ont en effet manifesté un intérêt pour la réalité augmentée. Seulement 11% souhaiteraient avoir un outil d’intelligence artificielle leur offrant des informations locales et un calendrier d’activité. Et seulement 5% des participants au sondage affirment vouloir effectuer leur check-out à l’hôtel sans avoir à s’adresser à une personne. Conclusion : les voyageurs tiennent toujours à un service personnalisé, et à interagir avec une personne, plutôt qu’avec une machine souligne SiteMinder.

Parmi les voyageurs français interrogés, 41,43% basent leur choix sur un prix accessible, 22,48% prêtent une attention particulière à la qualité des services proposés et 12,86% estiment que la localisation de l’hôtel est importante. Arrive ensuite la réputation en ligne, importante pour un peu plus de 7% des sondés.

41% des voyageurs préfèrent réserver en direct

L’étude relève aussi que 39% des sondés apprécieraient de pouvoir choisir leur chambre. Quel est leur mode de réservation préféré ? Près de 41% des sondés affirment réserver directement sur le site web de l’hôtel – un taux qui paraît relativement élevé. 39% d’entre eux disent effectuer leurs réservations par le biais d’une agence de voyages en ligne (ou OTA) comme Booking ou Expedia.

A peine plus de 11% passent par une agence de voyages

Une minorité de voyageurs ont déclaré préférer recourir à une agence de voyages (un peu plus de 11%), un tour-opérateur (un peu plus de 4%) ou une appli mobile (un peu plus de 3%). Avoir un bon site web est donc primordial. « Afin de développer la relation avec le client et de fidéliser celui-ci dès le départ, les hôteliers doivent donc prendre conscience du rôle que joue leur site web. Celui-ci doit être attrayant, convivial et informatif, et doit s’accompagner d’un moteur de réservation spécialement conçu pour faciliter les réservations à partir de n’importe quel appareil, conclut Antoine Aubrun, Country Manager France chez SiteMinder.

*Le rapport publié par SiteMinder, a été réalisé à partir des réponses fournies par plus de 1 000 voyageurs français de toutes tranches d’âge, professions et catégories socioprofessionnelles. L’étude complète est disponible ici.

Source : Hôtellerie : ce qui énerve les voyageurs français

Literie à vendre : un atout marketing ?

Certaines marques hôtelières commercialisent leurs propres oreillers ou matelas. Argument publicitaire, véhicule de communication ou de fidélisation, revenus additionnels : cette démarche a fait ses preuves au sein des chaînes.

Après une nuit passée dans un établissement de luxe, les voyageurs peuvent avoir envie de revivre ce moment à domicile, avec un matelas ou un oreiller en tout point semblable. De nombreuses enseignes (Marriott, Hilton, W Hotels, Fairmont, Sofitel…) ont cerné cette attente, allant jusqu’à créer leur site dédié à la vente de literie, de linge de lit et autres accessoires estampillés.

Chez Accor, la démarche a été adoptée autant sur la catégorie luxe que sur les segments milieu de gamme et économique. Les clients peuvent ainsi prolonger chez eux l’expérience Sofitel, Novotel ou Ibis, en achetant par exemple un matelas simple Sofitel MyBed  (2 195€) ou Live N’ Dream Novotel (890 €). Plus de 55 000 ensembles de matelas et sommier Sofitel MyBed ont été vendus à ce jour. “Les avantages sont multiples, estime le porte-parole de Novotel. Le client profite de tarifs préférentiels, il retrouve le confort Novotel à domicile, il bénéficie d’une valeur sûre et de la qualité d’un produit professionnel hôtelier. Pour la marque, cela participe à son image et sa notoriété, cela fidélise les clients et offre une source de revenus.”

Un marqueur identitaire

De son côté, Kyriad (Louvre Hotels Group) a misé sur un oreiller à mémoire de forme, hypoallergénique et spécifiquement fabriqué en France. “Nous avons initié cette démarche en 2016, avec nos clients, afin de positionner la marque sur le confort et le plaisir du voyage. On a testé plusieurs produits dans dix hôtels, et deux sont sortis du lot : ces oreillers et des yaourts glacés avec des toppings exotiques. Ces petites attentions qui favorisent le voyage sensoriel et gustatif sont aujourd’hui les marqueurs de l’enseigne”, explique Gaëlle Vial, directrice marketing du groupe. Ces oreillers peuvent être testés en chambre. Proposés à 42,90 € pièce, ils sont également en vente à la réception, “afin de garder la proximité entre les clients et l’hôtelier”. “C’est un lien fort : aujourd’hui, 20 % des clients Kyriad sont exclusifs à la marque”, souligne-t-elle. L’opération a rencontré un franc succès : 3 500 oreillers ont été écoulés en 2018, via 200 hôtels participants. “Les clients rapportent un souvenir de leur voyage. C’est aussi une façon de casser les codes, en offrant un oreiller haut de gamme sur un segment midscale”, souligne-t-elle. Kyriad a d’ailleurs axé ses récentes campagnes médias autour de l’expérience client au sein de ses hôtels, et notamment de cet oreiller devenu un véritable argument publicitaire.

Gérer la logistique

Pour fonctionner, la démarche nécessite des investissements : création éventuelle d’un site marchand, communication (brochures ou flyers disponibles en chambre, par exemple), logistique… Chez Sofitel, la partie stock et logistique est sous-traitée. Novotel a basé son modèle économique sur un partage des bénéfices entre la marque et un spécialiste en charge de l’animation du site et de la logistique. D’autres chaînes, comme Kyriad, bénéficient de plateformes d’achat et d’économies d’échelle.

Dès lors, ce type d’opération est-il duplicable dans l’hôtellerie indépendante ? “Faire des efforts sur la qualité de ses oreillers est une façon simple d’apporter une plus-value pour un hôtelier. En revanche, vendre un oreiller n’a pas d’intérêt en soi pour un hôtelier indépendant, cela ne fait pas partie des priorités… à moins que cela ne s’intègre dans un positionnement plus global, axé sur le bien-être”, estime Youri Sawerschel, fondateur de l’agence Creative Supply. Mais attention au coût, au stock et à la logistique, prévient le consultant : “Il vaudrait sans doute mieux imaginer une opération de cobranding avec une marque d’oreiller ou de matelas. L’hôtel servirait alors de vitrine.”

Source : Literie à vendre : un atout marketing ?

Développement durable, les CHR doivent davantage communiquer sur leurs bonnes pratiques

France

Le distributeur C10 vient de publier les résultats d’une étude IFOP sur les pratiques responsables en CHR et le regard des consommateurs. Seulement 1 Français sur 10 perçoit les efforts réalisés par les professionnels.

Plus d’un tiers des Français fréquente au moins une fois par mois un bar, un café ou un restaurant mais à peine 1 Français sur 10 perçoit le secteur comme ayant une politique de développement durable. Aux yeux des consommateurs, les secteurs les plus engagés sont l’agro-alimentaire (32%), les produits d’entretien de la maison (24%), la cosmétique et de la construction (ex-aequo avec 21%), l’hôtellerie et de la restauration n’arrivent qu’en 4ème position (14%). Alors que 90% des patrons d’établissement déclarent trier les déchets, 88% limiter la consommation en eau et d’électricité, 95% veiller à la traçabilité des produits qu’ils utilisent, 89% à privilégier des fournisseurs locaux… Des efforts qui mériteraient donc d’être mieux connus du grand public. Sachant que près d’un tiers des patrons  ne communique pas sur ses pratiques responsables et 44% pensent, à tort, que les consommateurs n’y sont pas sensibles.  Seulement 19% des restaurants de la restauration rapide et 31% des restaurateurs traditionnels communiquent sur leurs  bonnes pratiques. La marge est encore grande, surtout que 2/3 des Français se disent prêts à fréquenter davantage un établissement aux démarches responsables et que 66% seraient prêts à payer 1 à 3 euros supplémentaire.

Afficher, expliquer, faire savoir

Aujourd’hui, pour choisir un café, un bar ou un restaurant, 67% des consommateurs s’attachent à la qualité des plats et des boissons, 61% au prix et 46% au service de proximité qu’il représente. Même si le développement durable n’est pas le premier critère de sélection, 94% des consommateurs pensent qu’il est important de veiller au bien-être des employés, 93% au tri des déchets et 92% à la traçabilité des produits. Les Français voudraient pouvoir identifier ces bonnes pratiques par un label (54%), un affichage sur la devanture (53%) et un affichage à l’intérieur (27%). Les patrons qui sont engagés dans le développement durable et le font savoir informent leurs clients par un affichage intérieur (54%), par les réseaux sociaux (32%) et sur un site internet (29%)… 91% des Français et 87% des patrons de bar sont favorables à l’arrêt des pailles et autres objets en plastique à usage unique. Mais les retirer ne coulent pas de source au coin du zinc, d’où, par exemple, la PLV Bye Bye les Pailles développée par le distributeur et destinée à favoriser le dialogue entre patrons de CHR et consommateurs en proposant un kit de visibilité à la clientèle. Ce dernier permet d’expliquer aux enfants pourquoi l’établissement dans lequel ils se trouvent a fait le choix d’arrêter les pailles…

Source : Développement durable : les CHR doivent davantage communiquer sur leurs bonnes pratiques

Le premier incubateur du tourisme responsable voit le jour en France

Après l’initiative de Booking de lancer un programme d’accélération de start-up écolos, la France accueille son premier incubateur du tourisme durable, le Côte d’Azur Lab’. L’arrivée de ce lieu d’innovation doit répondre aux nouvelles attentes des touristes, de plus en plus soucieux de leur impact environnemental. 

La thématique manquait encore au large réseau des incubateurs et accélérateurs de tourisme français. L’écologie fera désormais partie des sujets de réflexion du premier incubateur du tourisme responsable en France, le Côte d’Azur Lab’ fraîchement sortie de terre. Sa spécialité ? Faire coexister tourisme d’affaires, tourisme de loisirs (hébergements, transports, activités, destinations) et respect de l’environnement. Basé au cœur de l’Agglomération Cannes – Pays de Lerins, il rejoint une pépinière déjà bien fournie en région Provence-Alpes-Côte d’Azur.

Son implantation en pourtour Méditerranéen n’a rien du hasard, comme l’explique son président, Philippe Mojica, ancien directeur du Pôle Touristique du Pays de Grasse : « Beaucoup de problématiques environnementales peuvent être réglées grâce à l’innovation« , précise-t-il. En premier lieu, la pollution de déchets qui envahit cette zone maritime. Comme le soulignait François-Michel Lambert, député des Bouches-du-Rhône, mardi 5 mars sur franceinfo, « 50% des micro-plastiques dans les océans sont dans la Méditerranée« . Foyer de diversité sur mer et sur terre, ce bassin de 2,5 millions de km² qui court sur 24 pays est particulièrement menacé par les activités humaines, à commencer par le tourisme. « Chaque année, plus de 220 millions de vacanciers se pressent sur ses côtes et ce nombre devrait atteindre 630 millions en 2025, stimulant ainsi la construction de nouvelles infrastructures de tourisme de masse« , nous indique le site WWF. Les autorités commencent donc à prendre des décisions allant dans ce sens comme récemment cet arrêté de la préfecture maritime de la Méditerranée visant à réglementer le mouillage des grands navires de plaisance. Cette mesure doit ralentir l’érosion des herbiers de Posidonie, écosystème emblématique de la Méditerranée, qui ont perdu plus de 100 hectares sur certains secteurs.

7 Français sur 10 souhaitent partir en voyage responsable

La naissance de ce nouveau réseau professionnel euro-méditerranéen, le Côte d’Azur Lab’, s’inscrit dans cette tendance actuelle de concilier tourisme et développement durable. 7 Français sur 10 souhaitent en effet partir en voyage responsable et la progression annuelle du tourisme durable s’élève à 20% selon une étude OMT – Harris Interactive.

La structure doit ainsi regrouper universités, écoles de commerces, entreprises, associations, acteurs du tourisme et institutionnels autour de mêmes valeurs.  L’incubateur a d’ores et déjà lancé un premier appel à projets dont la date limite est fixée au 15 août 2019. Il s’adresse à toutes les start-up (personnes en reconversion, professionnels du tourisme, personnel désirant avoir une deuxième activité dans l’innovation, jeunes diplômés,…) qui rassemblent neuf priorités : la protection de l’environnement, la lutte contre le dérèglement climatique, la gestion des flux de visiteurs dans le temps et l’espace, la sensibilisation des touristes et des professionnels à l’économie circulaire, la répartition équitable des retombées économiques : professionnel du tourisme / locaux, la meilleure utilisation des ressources naturelles, la mise en œuvre et la promotion de déplacements doux ou moins carbonés, la préservation de la mer Méditerranée, ses côtes, ses plages et ses activités aquatiques, le développement d’un tourisme d’affaire & MICE responsable. Le tout en développant une politique basée à la fois sur l’humain et le numérique. Ces neuf fondamentaux recouvrent différents domaines allant de la gamification, à l’accessibilité, et à la gastronomie, en passant par l’économie sociale et solidaire

Après sélection, la première promotion fera sa rentrée en septembre 2019 pour une durée d’un an reconductible une fois et bénéficiera d’un suivi « classique » de start-up, à savoir, d’une aide d’étude de marché et de positionnement marketing, d’un accompagnement à la création de la start up, de conseils d’experts financiers, juridiques, numériques, RH et du développement durable, expérimentation, de prototypage jusqu’à l’aide à la commercialisation du produit ou service… L’initiative est par ailleurs soutenue par la Communauté d’Agglomération Cannes – Pays de Lerins (CACPL) et la Sustainable Design School (SDS).

Source : Le premier incubateur du tourisme responsable voit le jour en France

Quatre têtes de réseau du tourisme durable auditionnées à l’Assemblée Nationale Française

Guillaume Cromer, président d’ATD (Acteur du Tourisme Durable), Lionel Habasque, représentant d’ATR (Agir pour un Tourisme Responsable), Caroline Mignon et Gilles Béville, respectivement directrice et président de l’ATES (Association pour le Tourisme Equitable et Solidaire), quatre têtes de réseau du tourisme durable depuis longtemps impliqués dans son déploiement, ont été convoquées par la Commission des Affaires Economiques de l’Assemblée Nationale le 2 mai dernier pour répondre aux différentes questions que se posent les députés afin de mettre en place, on l’espère, une stratégie plus lisible sur ces enjeux cruciaux.

Pourquoi une telle audition ?

Dans un premier temps, l’objectif affiché des parlementaires est de faire un cadrage général sur les données et les grands enjeux du tourisme durable. La demande, issue de la commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale portait sur une mission d’information relative au tourisme présidée par M. Vincent Rolland, député de Savoie, et dont les rapporteurs sont Mme Marguerite Deprez-Audebert, députée du Pas de Calais et M. Didier Martin, député de Côte d’Or étaient également présents.

Il est intéressant de noter que cette demande d’audition a permis de relier deux études actuellement en cours sur le même sujet qui n’était pas au fait l’une de l’autre, puisque l’ADEME vient de réunir, à la demande du comité interministériel du tourisme, un groupe de travail sur les préconisations stratégiques en matière de tourisme durable à intégrer pour la France, avec pour objectif d’en faire un rapport  qui sera remis à l’automne et présenté au comité prédié par le Premier Ministre. La convocation des têtes de réseaux bien informés d’ATD, de l’ATR et de l’ATES a donc permis d’informer et l’Assemblée Nationale et l’ADEME de leurs études respectives, comme quoi le lobbying pour le tourisme durable a aussi pour résultat de décloisonner le mille-feuille français qui multiplie les études et prospectives parallèles sans toujours trop regarder ce qui se fait chez le voisin…..

Comment a-t-elle été préparée ?

Deux semaines avant l’audition, la commission a envoyé une liste de 24 questions à ATD, l’ATES et ATR, qui se sont réunis pour faire un point et présenter un positionnement cohérent face aux enjeux du tourisme durable en France. Guillaume Cromer précise : « Quelques questions étaient assez orientées, par exemple les députés percevaient le tourisme durable comme un marché spécifique (quels atouts pour la France, quels concurrents, quelle taille du marché, etc.), il a alors été décidé de leur faire comprendre clairement que l’enjeu n’était pas là, mais bien de travailler à l’échelle d’une vraie stratégie de développement durable du tourisme en France et ainsi montrer que la destination France était pionnière dans le monde sur ce sujet. » Chaque réseau a également travaillé de son côté pour tenter de défendre ses sujets avec sa sensibilité propre. ATR qui représente les voyagistes, a ainsi proposé de mettre sur la table le sujet du tourisme émetteur (outgoing), l’enjeu climatique et l’importance de l’évaluation rigoureuse des pratiques. Guillaume Cromer s’est emparé des réseaux sociaux pour faire un appel à témoignage et expliquer le contexte en précisant les points cruciaux qu’ATD s’engageait à défendre (« décarboner » le tourisme, réorienter la pression fiscale sur les activités et produits ayant un impact sur la biodiversité, etc.) et le besoin d’objectifs sociaux et économiques à atteindre pour avoir une véritable stratégie écrite sur ce sujet. Il a notamment été choqué de ne pas voir apparaitre les mots « Climat, biodiversité et train ». L’ATES a établi un parallèle entre l’évolution de la grande consommation et les tendances observées dans le tourisme de rechercher plus de responsabilité et d’équitable dans les choix opérés.

Ce qui en ressort :

Le jour J, lors de l’audition, Guillaume Cromer (ATD), Lionel Habasque (ATR), Caroline Mignon et Gilles Béville (ATES) ont présenté l’historique des enjeux à l’échelle internationale, nationale et plus locale en appuyant sur quelques points importants (les enjeux face à l’urgence climatique, l’enjeu prioritaire de la mobilité intérieure en France, plus d’investissement dans le train, réduire le pouvoir donné au low cost, etc.). Bien que peu nombreux, les députés se sont montrés attentifs aux différentes problématiques exposées malgré des visions différentes liées leurs sensibilités politiques.  Il revient à présent à ATD, ATR et l’ATES de rédiger une note de synthèse pour préciser les positions exposées lors de l’audition sur les enjeux du tourisme durable en France et de les partager massivement dans la profession, au-delà de leurs membres respectifs. Cette synthèse permettra également d’engager les professionnels et de faire du bruit auprès des décideurs et sera validée en amont par des experts clés de la profession.

Un réel pas en avant pour le tourisme durable ?

Engagés depuis toujours pour le tourisme durable, Guillaume Cromer (ATD), Julien Buot, coordinateur ATR et Caroline Mignon (ATES), nous répondent :

Guillaume Cromer (ATD) : «  Pour l’instant, on ne peut pas dire qu’il en ressort des choses impactantes pour notre sujet. Il y a un intérêt et des questions sur le sujet de la part de l’Assemblée nationale, c’est plutôt positif dans ce sens. Après, je ne pense pas que les solutions passeront par là. Il faut former un vrai lobbying citoyen autour de ces sujets pour mettre la pression sur les décideurs à l’échelle nationale ou régionale afin que des décisions courageuses soient prises et fassent effet boule de neige… Les réactions aux publications sur le sujet sur Facebook, Twitter, LinkedIn sont positives car les gens sont bien d’accord qu’il faut opérer une vraie transition du tourisme et que la manière dont on développe aujourd’hui cette industrie nous envoie dans le mur. »

Julien Buot (ATR) : C’était bien que ce soit un opérateur qui échange avec les députés de la commission des affaires économiques. Lionel HABASQUE, membre du comité exécutif d’ATR, est Directeur Général délégué de Voyageurs du Monde. Il a pu témoigner des engagements d’une grande entreprise dans la lutte contre le changement climatique, et préciser que la France est l’une des principales destinations des clients de Voyageurs d Monde. Cette audition permet de nous mettre le pied à  l’étrier en perspective du groupe de travail animé par l’ADEME à la demande du Comité Interministériel du Tourisme. La note que nous allons produire dans ce cadre est aussi une occasion à saisir pour présenter l’écosystème du tourisme durable en France et la complémentarité des actions depuis de longues années par ATD, ATR, ATES, et les membres de plus en plus nombreux de ces trois réseaux. Si l’Etat français a pu être pionner à la fin des années 1990, il a désormais du retard à rattraper sur de nombreux pays. Il pourrait commencer par reconnaître et encourager l’action des acteurs privés et des collectivités locales et coordonner une stratégie nationale ambitieuse de développement durable du tourisme, des loisirs, et des voyages.

Caroline Mignon (ATES) : Réjouissons-nous que ce sujet intéresse nos députées et ministères mais ne crions pas victoire. Les décisions qu’il faudrait prendre peuvent entrer en contradiction avec certains intérêts économiques, aussi ne faut-il pas compter uniquement sur les décideurs politiques mais bien mener une sensibilisation des professionnels et des consommateurs à grande échelle pour favoriser une autre manière d’aborder les vacances et le voyage. En aucun cas, nous ne pourrons nous contenter de mesures à la marge ; nous avons besoin d’une stratégie nationale ambitieuse, en incoming (tourisme réceptif) comme en outgoing (tourisme émetteur), pour que, ici comme ailleurs, la France soit le porte-drapeau d’un tourisme respectueux des cultures, du vivant et du territoire, qui constitue un levier de développement local équilibré et pérenne. Le chemin est encore long !

Le portail voyageons-autrement.com qui, depuis plus de dix ans a également engagé une action de lobbying éditorial, s’engage également à suivre et à relayer la suite de cette audition à l’Assemblée nationale mais aussi les suites du groupe de travail animé par l’ADEME pour le comité interministériel du tourisme sur les préconisations stratégiques en matière de tourisme durable à intégrer pour la France dont le premier groupe de travail s’est réuni le 13 mai. A suivre donc…

Source : Quatre têtes de réseau du tourisme durable auditionnées à l’Assemblée Nationale