Faut-il un tourisme d’après-crise plus, ou moins vert ?

La crise du COVID-19 est en train de mettre à terre une partie du tourisme français et mondial. Derrière l’urgence de la situation pour l’ensemble des professionnels du tourisme et la nécessaire action publique à envisager pour les soutenir économiquement, il s’agit également d’appréhender l’après et de construire durablement l’avenir de l’ensemble du secteur.

Alors qu’un comité de filière tourisme s’est tenu, le 28 avril dernier, afin de définir un plan de relance du secteur, le réseau des Acteurs du Tourisme Durable, fort de ses 130 structures membres, publie son Manifeste pour un plan de transformation du tourisme.

Pour ATD en effet, le tourisme ne doit pas repartir comme avant : si le soutien financier aux professionnels du tourisme est indispensable pour leur permettre de survivre, il est aussi essentiel que ces mesures économiques puissent avoir des effets positifs sur les aspects environnementaux et sociaux.

Le tourisme doit aujourd’hui se transformer pour devenir une activité à impacts positifs, que ce soit pour l’Homme, pour l’environnement et les territoires.

En lien direct avec sa charte d’engagement, ATD demande ainsi aux décideurs d’impulser ce plan de transformation, dont les propositions couvrent 4 axes prioritaires :
– Sobriété carbone et préservation environnementale,
– Entraide, solidarité et justice sociale,
– Retombées économiques locales,
– Tourisme de sens.

Lire le manifeste en entier cliquez ici

Source : Faut-il un tourisme d’après-crise plus, ou moins vert ?

Repenser notre rapport à une nature à bout de souffle

La fréquence des épidémies n’a cessé d’augmenter.

Trois mois environ se sont écoulés depuis la découverte du nouveau coronavirus 2019 (Covid-19) ; aujourd’hui, le nombre de cas et de décès ne cesse d’augmenter dans le monde pour s’établir, à l’heure où nous publions cet article, à plus de 120 000 victimes. Ces dernières décennies, la fréquence des épidémies n’a cessé d’augmenter. Entre 1980 et 2013, 12 012 foyers ont été enregistrés, comprenant 44 millions de cas individuels et touchant tous les pays du monde

Si les flux de populations, les densités démographiques et la mondialisation ont contribué en partie à la propagation rapide du Covid-19, ses liens intrinsèques avec le changement climatique et la perte de la biodiversité sont les plus frappants.

Des activités humaines perturbatrices

Les écosystèmes non perturbés maintiennent une diversité d’espèces en équilibre et peuvent souvent avoir un effet régulateur sur les maladies émergentes.

Cependant, les pertes de biodiversité dues à la dégradation des habitats naturels (en particulier les zones forestières) augmentent la proximité de la faune sauvage avec les humains et leurs animaux domestiques, entraînant des risques sanitaires en raison d’une transmission accrue des maladies dites « zoonotiques ».

La maladie de Chagas, également appelée trypanosomiase américaine, apparue en Amérique latine en est la parfaite illustration. En raison d’une mauvaise gestion des terres déboisées, les populations de triatomes (l’insecte vecteur de cette maladie) ont été poussés à quitter leurs hôtes naturels sauvages pour impliquer les êtres humains et les animaux domestiques dans leur cycle de transmission.

L’autre exemple saisissant concerne le virus Nipah, un paramyxovirus émergent zoonotique, dont les chauves-souris frugivores sont les hôtes naturels. En 1988, il a provoqué une épidémie à grande échelle chez les éleveurs de porcs malaisiens.

L’empiètement croissant des exploitations agricoles sur les habitats de la faune sauvage a accru le contact entre le bétail et les animaux sauvages avec, pour conséquence, une grande majorité des maladies émergentes du bétail contractées par des animaux sauvages.

L’urbanisation croissante et l’intensification de l’agriculture modifient l’utilisation des terres : le modèle d’établissement humain est ainsi modifié et la fragmentation de l’habitat peut offrir des possibilités d’échange et de transmission de parasites aux humains qui étaient jusqu’alors non infectés. Des travaux avancent que l’épidémie du virus Ebola (2013-2015) en Afrique de l’Ouest a commencé en raison de la déforestation.

L’Afrique en première ligne

Il faut par ailleurs rappeler que sur les 736 millions de personnes extrêmement pauvres dans le monde, c’est-à-dire ayant un revenu de 1,9 dollar par jour413 millions vivent au sud du Sahara.

L’émergence des pandémies s’ajoute aux nombreux fléaux qui touchent une Afrique déjà très vulnérable. Par manque d’opportunités économiques, ces populations pauvres sont poussées à surexploiter leurs ressources limitées pour survivre, ce qui aggrave par exemple les processus de désertification. La déforestation, qui a augmenté régulièrement au cours des deux dernières décennies, est liée pour 31 % à l’émergence des épidémies, telles que les virus Ebola et Zika.

Dans un contexte de changement global où la probabilité de fortes pluies et de longues périodes de sécheresse est de plus en plus fréquente dans le monde, les capacités productives des sols se réduisent, conduisant à une dégradation des conditions de vie des populations, tout particulièrement dans les régions arides subsahariennes.

Au Sénégal, cette dégradation affecte 64 % des terres arables ; ses principales causes étant l’érosion (à 74 %) et la salinisation. Entre 2000 et 2010, ce sont 3,4 millions d’hectares de forêt qui ont été, chaque année, rayés de la carte africaine.

Il faut également évoquer les déplacements, souvent dans de mauvaises conditions, de larges groupes de personnes en quête de nouveaux endroits ; un phénomène qui intensifie la vulnérabilité des populations déplacées aux menaces biologiques, telles que la rougeole, le paludisme, les maladies diarrhéiques et les infections respiratoires aiguës.

Le changement climatique a modifié et accéléré les modes de transmission de maladies infectieuses telles que le Zika, la malaria et la dengue, provoquant à leur tour des déplacements de populations.

La pauvreté pousse aussi les gens à élargir leur champ d’activités pour tenter de survivre. Ils avancent toujours plus profondément dans la forêt pour agrandir leur couverture géographique et la gamme d’espèces de gibier à chasser et aussi pour trouver du bois destiné à la fabrication du charbon de bois. Ils s’enfoncent toujours plus profondément dans les mines pour extraire des minéraux. Autant d’usages qui les exposent aux risques d’exposition au virus Ebola et à d’autres agents pathogènes zoonotiques dans ces zones reculées.

L’onde de choc du Covid-19 en l’Afrique pourrait représenter un lourd fardeau compte tenu des systèmes de santé déjà fragiles.

D’abord un problème environnemental

L’humanité subit aujourd’hui de plein fouet les conséquences de ses activités destructrices sur les écosystèmes. Les effets combinés de l’utilisation des terres, de la perte de la biodiversité et du changement global perturbent les écosystèmes naturels et peuvent augmenter, on l’a vu, le risque de transmission de maladies aux communautés humaines.

Les rapports de la plate-forme IPBES (le « GIEC de la biodiversité ») rappellent à ce sujet que l’extinction d’espèces a été multipliée par 100 depuis le début du XXe siècle…

Les facteurs précis à l’origine de la pandémie de Covid-19 restent inconnus à l’heure actuelle, mais un large examen des déterminants écologiques et socio-économiques complexes peut nous aider à mieux comprendre ce qui s’est déjà passé et à être à l’affût de ce qui pourrait arriver – y compris la détermination des régions et des populations à risque.

Pour cela, il faudra des approches intégrées et multidisciplinaires de la recherche scientifique, avec des échanges entre des disciplines comme la parasitologie, l’épidémiologie, l’entomologie, l’écologie, la climatologie, la géographie, les sciences du sol et les sciences sociales, pour obtenir des résultats pratiques de prévention. Au-delà de la gestion de la crise actuelle, il faudra réfléchir aux facteurs qui favorisent l’émergence de ces épidémies.

La crise sanitaire actuelle doit nous amener à repenser notre rapport à une nature à bout de souffle. L’heure n’est plus à l’incantation, mais désormais à une action collective globale. Il ne suffira pas toutefois de dénoncer les méfaits de notre société de consommation, il faudra décider clairement quoi lui substituer. C’est notre conception même de l’écologie qu’il faut remettre en cause. Il est temps de raisonner autrement, de vivre autrement. Il y a urgence écologique.The Conversation

Source : Repenser notre rapport à une nature à bout de souffle

La destination Madagascar rejoint le mouvement #voyagezdemain de l’OMT

Pour aider l’industrie touristique, l’Organisation Mondiale du Tourisme (OMT) lance sa campagne #VoyagezDemain. A l’instar des îles de l’océan indien, réunies au sein des Iles Vanille, Madagascar participe activement à ce mouvement mondial.

« Rester chez soi aujourd’hui, c’est pouvoir voyager demain ». C’est le message que l’OMT veut faire passer derrière sa nouvelle campagne, avec le hashtag #VoyagezDemain. C’est un véritable appel à la responsabilité collective des voyageurs et du secteur touristique mondial, afin d’affronter la pandémie du coronavirus (Covid-19), encourager la communauté mondiale à regarder dès à présent vers l’avenir en jetant les bases de la résilience future de ce secteur. Pour l’OMT, le tourisme est le plus durement frappé de tous les secteurs de l’économie. C’est pourquoi le mouvement #VoyagezDemain évoque l’importance des mesures de confinement et son effet sur ce secteur.  C’est en restant chez soi aujourd’hui que chaque voyageur peut venir en aide à l’industrie du tourisme.

Les Iles Vanille, dont fait partie Madagascar, s’associent à ce mouvement en l’adaptant à l’océan indien. Aussi, des outils pour passer le temps et divers outils de communication ont été créés et sont proposés en partage. Des vidéos mettant en scène des paysages de la zone et valorisant les atouts touristiques des pays membres des Iles Vanille, sont disponibles et sont diffusées sur les canaux de communication de chaque destination.

Source : La destination Madagascar rejoint le mouvement #voyagezdemain de l’OMT

Répondez à notre sondage : Le développement durable en hôtellerie

Bonjour à tous,

Afin de vous proposer des services au plus près de vos besoins, nous vous mettons aujourd’hui à contribution sur un sujet qui nous tient particulièrement à cœur, celui du développement durable en hôtellerie.

Ce concept nous semble aujourd’hui incontournable dans la gestion d’un établissement. La crise sanitaire que nous traversons n’en est qu’une parmi tant d’autres. Malgré une belle dynamique ces derniers années, le contexte local reste souvent compliqué pour faire décoller son activité, nous le savons bien. En effet, Madagascar est une destination magnifique, mais qui peine malheureusement à se faire une vraie place sur le marché international. Il est donc indispensable en cette période encore plus difficile, de se poser les bonnes questions. Nous nous les posons également pour vous aider à mieux rebondir.

C’est ainsi que l’angle du développement durable nous est apparu comme un axe de réflexion tout à fait adéquat. Mais pour pouvoir vous proposer des réponses et solutions appropriées, nous avons besoin de vous.

 

Répondez à notre sondage en ligne et donnez-nous les clés de votre regard sur ce sujet.

L’équipe de Madagascar Hôtel Consultant

Notre partenaire François Tourisme Consultants lance une série de webinaires gratuits

WEBINAIRES « APPRENDRE POUR DEMAIN »

Participez – gratuitement – à des webinaires pédagogiques jusqu’au 30 Avril 2020

Cette crise, c’est aussi une opportunité. 50 mn chaque jour pour apprendre et anticiper l’avenir -> de chez soi par exemple

Webinaires « apprendre pour demain »

FRANCOIS-TOURISME-CONSULTANTS est un cabinet de conseil et de formation, en tourisme, hôtellerie et restauration, spécialisé sur l’optimisation de la rentabilité durable et responsable.

En cette période de distanciation sociale, ne serait-ce pas un temps que nous devons mettre à profit et apprendre pour demain ? Les solidarités doivent jouer, et l’esprit de communauté doit prévaloir. Afin de rester proche de ses clients, de ses partenaires et du milieu professionnel, et en pensant que nous pourrions valoriser ce temps où les établissements sont fermés et où nous nous retrouvons chez nous, le cabinet FTC souhaite mener une action solidaire au cours de cette période de crise sanitaire et il propose une série de webinaires gratuits pendant toute la durée de la crise du Coronavirus – Covid19.

Chaque jour de la semaine, pendant 50 minutes, par internet, un thème est abordé entre 1 expert et 10 professionnels au maximum. Il s’agit d’apprendre, d’échanger, de partager des connaissances.

Sont concernées les professionnels des hôtels, campings, restaurants, maisons d’hôtes, villages de vacances et résidences de tourisme, offices de tourisme et syndicats d’initiatives, stations de tourisme, domaine des sports et loisirs…

Les thèmes abordés

  • Le développement durable, oui ! mais comment
  • Tourisme responsable et développement territorial
  • Labels et certifications en tourisme durable
  • Événementiel en crise
  • Le webmarketing de crise
  • Écoresponsabilité dans les campings
  • Réduire le gaspillage alimentaire en restauration
  • Événementiel et développement durable

Les consultants mobilisés

  • Guillaume BÉREAU, Consultant en Tourisme Durable – Qualité – Environnement & Biodiversité
  • Hervé BIGNON, Consultant, conférencier, formateur et expert en hôtellerie de plein air
  • David BOUCHE, Consultant, formateur et expert en hôtellerie, CRM et Web-marketing
  • Philippe FRANÇOIS, consultant en hôtellerie-tourisme depuis 40 ans – spécialiste depuis 20 ans des démarches environnementales et de développement durable dans l’hôtellerie et le tourisme
  • Julie HERAUD, Consultante en Sport, Loisirs, Montagne et Tourisme responsable
  • Etienne KEMPF, spécialiste restaurations durables
  • Gilles MUHLACH-CHEN, Consultant en Tourisme & Stratégies territoriales

Un site web dédié

Renseignements et inscriptions gratuites :

Eden Lodge, le premier hôtel de luxe 100% solaire à Madagascar

Plusieurs fois lauréat des plus prestigieux trophées internationaux, EDEN Lodge implanté à Nosy Be fait honneur à l’hôtellerie haut de gamme et au tourisme malgache. C’est le premier hôtel de luxe 100% solaire à Madagascar. A expérimenter lors d’un séjour sur l’île au parfum.

C’est en 2009 que le groupe d’hôtellerie écologique Eden Lodge International a décidé de s’investir à Madagascar, à travers la construction d’un hôtel de luxe fonctionnant uniquement à l’énergie renouvelable. Situé sur un site totalement isolé, cet établissement est accessible uniquement par bateau et se trouve au cœur d’une réserve naturelle. Pionnier du tourisme responsable et durable à Madagascar, Eden Lodge a été le premier hôtel de l’océan indien à avoir obtenu la certification Green Globe, sur la base de 300 critères qui recouvrent tous aspects du développement durable dans le secteur du tourisme.

Sur la plage d’Anjanonjano, en face de Nosy Be, l’Eden Lodge propose une autre idée du luxe: la Nature dans son état originel. Le domaine s’étend sur plus de 8 hectares, avec seulement 8 lodges, tous sur la plage. Chaque pièce met à l’honneur le savoir-faire des artisans malgaches et des matières premières locales. La décoration allie tradition et design, offre une ambiance des camps de tentes et le confort et la protection d’un lodge de luxe.

Sa plage de rêve de 2 km, au sable blanc cristallin et aux eaux turquoises, feront changer d’avis ceux qui n’aiment pas les plaisirs de la mer. Sans parler des tortues marines, des espèces de lémuriens sauvages qui descendent quotidiennement par dizaines de la forêt environnante, et des oiseaux magnifiques et rares, qui peuplent la réserve naturelle…  Quand c’est la saison, rien ne vaut le spectacle des dauphins et des baleines à bosse, que l’on peut admirer juste devant sa lodge. Entre mer et terre, la biodiversité est exceptionnelle sur ce site. La Nature 5 étoiles de Madagascar s’offre à nous à Eden Lodge.

Source : Eden Lodge, le premier hôtel de luxe 100% solaire à Madagascar

C’est Philippe-Jean Arnou, en tant qu’auditeur agréé Green Globe, qui effectue les audits de l’Eden Lodge! Si vous souhaitez vous aussi vous engager dans une démarche de développement durable, contactez-nous dès à présent à [email protected].

Philippe-Jean ARNOU, auditeur Green Globe

Photo de couverture : Hôtel Akoya – La Réunion

Green Globe est la première certification au monde, dédiée au développement durable du tourisme.

Green Globe est un SYSTÈME DE MANAGEMENT du développement durable conçu spécialement pour l’hôtellerie, le tourisme et les loisirs. Ce système offre un ensemble de solutions et d’outils pour vous accompagner dans votre démarche de développement durable et certifier votre performance environnementale et sociétale.

Aujourd’hui, des centaines d’organisations touristiques dans le monde ont choisi Green Globe pour structurer leur démarche de développement durable.

Les étapes

L'ACCOMPAGNEMENT

  • Diagnostic
  • Définition d'un plan d'action
  • Formation
  • Montage du dossier de candidature

Le processus

Madagascar Hôtel Consultant est membre du réseau d’experts internationaux, François Tourisme Consultants, leader international en matière de conseil et de formation pour l’hôtellerie et le tourisme dans le domaine de l’environnement et du développement durable, ET PARTENAIRE PRIVILÉGIÉ DE GREEN GLOBE depuis de nombreuses années.

C’est riche de cette expertise que nous vous accompagnerons en amont dans la mise en place interne de votre démarche.

L'AUDIT

  • Préparation de l'audit
  • Audit sur site
  • Analyse et rapport d'audit

Une fois la demande de certification effectuée, c’est un auditeur externe qui assure le suivi, une fois par an au travers d’un audit, il évalue la conformité du système de management ainsi que ses progrès d’années en années face au référentiel.

Afin de vous offrir un service optimal, nous nous engageons à garantir l’indépendance du consultant assurant l’accompagnement et celui de l’auditeur, Philippe-Jean Arnou.

Philippe-Jean ARNOU, auditeur GREEN GLOBE

Riche de plus 35 ans d’expertise dans l’hôtellerie, la restauration et le tourisme, Philippe-Jean a eu le plaisir de travailler pour les plus grands groupes hôteliers du monde et ce à différents endroits de la planète. 

Consultant en hôtellerie, restauration et tourisme durable à Madagascar depuis 2011, il est également auditeur accrédité Green Globe pour toute la partie francophone de l’Océan Indien et de l’Afrique Australe.

Il a entre autre effectué les audits de l’Eden Lodge et de l’Heure Bleue à Madagascar, mais également celui d’Akoya Hôtel à la Réunion.

Contactez-nous dès à présent pour plus d'informations, notre équipe est à votre service.

+261 33 68 481 14

Le durable, une tendance forte en restauration

Paris-FRANCE. Face à l’envie grandissante des consommateurs de préserver la planète, les CHR ont une carte à jouer. De plus en plus de professionnels prennent le virage du développement durable.

Des aliments plus sains, plus équitables, moins polluants… Les consommateurs sont désormais de plus en plus conscients qu’ils peuvent ‘voter avec leurs achats’. Que ce soit au marché, au supermarché ou au restaurant, chacun cherche désormais à connaître l’origine et la composition des produits qu’il ingère. Résultat : les produits bio et locaux sont de plus en plus sollicités, tout comme les circuits courts. Autre conséquence de cette prise de conscience généralisée, le sujet est devenu une priorité politique. Et les réglementations en la matière se multiplient.

Côté restauration, on s’organise aussi, en anticipant les contraintes qui vont accompagner le passage progressif au tout-durable. D’autant plus que c’est une opportunité de fidélisation de sa clientèle. Dans la foulée de la restauration collective – poussée par les pouvoirs publics -, de plus en plus d’entreprises de la restauration commerciale adhèrent à la démarche : Exki, Cojean, Ethique & Toques, ont fait du développement durable leur credo. Des acteurs de tous horizons – de McDonald’s à Relais & Châteaux – suivent également la tendance.

Engagement personnel, démarche citoyenne

La restauration traditionnelle, a elle aussi vu l’opportunité d’adopter ce nouveau levier : cartes plus qualitatives, promesses autour du contenu de l’assiette ou de convivialité du lieu. Les restaurateurs se mettent aussi au tri des déchets, au recyclage, à la consommation d’eau raisonnée…

Pourtant, il existe encore des freins à cette démarche éco-responsable : le manque de moyens financiers, les investissements nécessaires à une meilleure performance énergétique, la hausse des coûts que cela peut engendrer et sa répercussion sur la clientèle… Parfois, il s’agit tout simplement d’un manque d’information et/ou d’accompagnement de la part des pouvoirs publics. Selon une récente étude de Metro* portant sur les enjeux de la restauration durable, 52 % des professionnels des CHR considèrent que le développement durable représente une tendance forte, à la base d’une réelle attente de la part des consommateurs (contre 47 % en 2017). Et 58 % des sondés estiment avoir un rôle à jouer et une part de responsabilité dans le développement durable.

Lutter contre le gaspillage alimentaire

Cette étude a permis d’identifier cinq enjeux forts. Le premier réside dans le soutien aux producteurs et marchés locaux. Ensuite, viennent le recyclage et la réduction des déchets. Puis la lutte contre le gaspillage alimentaire, suivie de l’utilisation de produits de qualité, et enfin l’utilisation de matières premières respectueuses de l’environnement.

Pour autant, ces défis sont-ils suivis d’effets sur le terrain ? À en croire l’étude de Metro, les résultats sont très encourageants : 70 % des professionnels interrogés disent réduire, trier et recycler leurs déchets, 53 % mettent en place une carte courte, 58 % utilisent des produits locaux pour réduire leur empreinte carbone et 32 % introduisent le bio dans leurs menus. En agissant dans le sens du durable, la restauration pourra relever une série de défis inhérents à son activité, comme la maîtrise des coûts ou la différenciation de son offre. Et surtout, une valeur ajoutée à l’heure où la fidélisation des clients, en temps de crise sur fond de concurrence exacerbée, est devenue un atout majeur.

Source : Le durable, une tendance forte en restauration

Développement durable : quels impacts à venir sur les métiers du tourisme ?

Attirer et fidéliser les collaborateurs

Le tourisme responsable et les métiers de la RSE ont le vent en poupe. Les jeunes sont toujours plus nombreux à opter pour un job à impact positif, c’est la fameuse quête de sens. Mais le secteur se développe aussi sous l’effet de la demande de la clientèle et des obligations législatives. Par ricochet, les formations en développement durable se multiplient. Mais alors, de quelles compétences parle-t-on ? Quels sont les postes concernés ? Comment évoluent-ils ?

Adopter un mode de consommation responsable, plus respectueux de l’environnement, plus éthique, cela s’adresse également au voyage.

Prise de conscience ou enjeu économique, ou même les deux, il est primordial pour les acteurs du tourisme de se positionner. La demande est là.

« C’est une question de professionnalisme. Tout le monde est conscient aujourd’hui, qu’il faut développer un tourisme responsable, qui réponde aux questions environnementales, de sécurité, de biodiversité, capable d’intégrer le changement climatique, la notion de déchets, etc…

Le tourisme a été l’un des principaux pollueurs ces dernières décennies, maintenant cette conscience est atteinte, il faut faire en sorte d’être de moins en moins impactant sur la nature et l’humain.

De plus, la réglementation va aller de plus en plus loin », affirme Philippe François du cabinet de conseil François Tourisme Consultants, spécialisé dans les solutions en développement durable.

« Il n’y a plus une journée à la télévision où on ne parle pas d’attitude responsable et d’engagement. C’est primordial pour le tourisme.

Et encore plus dans le tourisme de masse, on veut montrer qu’on a un rôle à jouer et que l’on peut switcher l’image que l’on pourrait avoir d’un tourisme qui abîme la planète, pour proposer son contraire : une activité qui favorise la rencontre des populations et permet une ouverture culturelle tout en apportant du positif à destination », complète Virginie Florin, responsable responsabilité sociétale des entreprises (RSE) chez NG Travel, TO qui a obtenu la labellisation Agir pour un Tourisme Responsable (ATR).

Quel impact sur les métiers du tourisme ?

En interne, les entreprises se demandent, comment intégrer les enjeux du développement durable dans l’industrie du tourisme.

« Le tourisme responsable appelle des compétences transversales qui sont amenées à être déclinées sur tous les métiers du tourisme », tient à préciser Julien Buot, directeur d’Agir pour un Tourisme Responsable (ATR).

« Nous sommes en train, notamment dans les territoires, de monter en puissance en termes de RH, de passer de tiers ou quart temps à des postes à temps plein de manière assez rapide.

Il commence à y avoir des postes dédiés au tourisme durable dans tous les services. Chez les tour-opérateurs, ce n’est pas encore une fonction à temps plein », observe-t-il.

Tous les services sont donc concernés. Un poste a émergé celui de responsable RSE ou animateur développement durable : chef d’orchestre, en relation avec l’ensemble des services, il est le garant de la qualité.

Quelles sont ses missions ? « Je suis garante des choix stratégiques effectués, mon rôle est de sensibiliser et d’expliquer les enjeux du tourisme de demain au comex.

Il y a également un travail d’intégration du développement durable dans chacune des directions : réfléchir au nombre exact de flyers nécessaires pour le service marketing, à l’énergie pour les services techniques, limiter le gaspillage alimentaire en cuisine, etc… », explique Clémentine Concas, directrice RSE du groupe Barrière, un service qui compte aujourd’hui cinq personnes et des référents dans chaque établissement.

Encore minime, le marché de l’emploi dans cette veine devrait se démultiplier avec l’arrivée des JO 2024. Souvent proche de la déclaration d’intention, le tourisme responsable se structure dans l’industrie et notamment les plus petites entreprises.

« Dans les TPE et PME, personne ne va travailler sur le sujet, elles sont dans l’incapacité financière de créer un emploi dédié », constate Guillaume Cromer, directeur d’ID-Tourism et président d’Acteurs du tourisme durable (ATD).

De nombreuses offres de formation
Simple sensibilisation ou développement des compétences ? Les organismes de formation ont répondu aux besoins des entreprises du secteur, aujourd’hui, les formations au tourisme responsable se multiplient.

« Il y a un marché des étudiants qui veulent changer le monde. C’est du vent », lâche Guillaume Cromer.

C’est important, de sensibiliser les étudiants de manière transversale, que les professeurs parlent de ces sujets, car il y a une urgence aujourd’hui, mais pas qu’on estampille une formation sur le tourisme durable, sachant qu’il n’y a pratiquement pas de poste derrière.

La majeure partie des personnes en poste dans les départements RSE ne sont pas issues du tourisme, mais ont suivi des masters spécialisés. »

La Rochelle School of Tourism & Hospitality (Excelia Group) propose ainsi depuis plus de dix ans des cours à ses étudiants en Bachelor et Master.

« Nous sensibilisons les étudiants aux volets environnemental, sociétal et économique du tourisme responsable. Le tourisme sera durable ou ne sera plus. Nous voulons faire de nos étudiants des ambassadeurs et porteurs d’idées du développement durable de l’entreprise », affirme Marie-Virginie Connac, directrice du Bachelor, La Rochelle Tourism & Hospitality.

Au total, les 550 étudiants en tourisme reçoivent une centaine d’heures de cours sur le parcours du Bachelor. En parallèle, tous les étudiants en 2ème année vont participer à une mission sociale, en France ou à l’international, baptisée Humacité@.

NG Travel de son côté va créer une formation diplômante pour les agents de voyages en association avec ATR et l’Escaet. « L’ambition est d’être en capacité de conseiller un client sur le choix des voyages et de le sensibiliser à avoir une attitude responsable à destination, ainsi que d’attirer une jeune clientèle, extrêmement sensible au tourisme durable, mais qui n’est pas une clientèle qui va instinctivement en agence », justifie Virginie Florin.

Autre effet positif de la RSE : l’attractivité. « Aujourd’hui, le tourisme durable est un moyen de recruter et de fidéliser ses équipes.

Il n’y a pas que les clients qui commencent à contester l’idée même de voyager, les collaborateurs sont à la recherche de sens », conclut Julien Buot, directeur d’Agir pour un Tourisme Responsable (ATR).

Source : Développement durable : quels impacts à venir sur les métiers du tourisme ?

Lutte contre le tourisme de masse : le temps des mesures

Que faire quand un touriste auto-centré grave son nom sur les pierres du Colisée à Rome, quand un autre balance des détritus sur un membre de la garde royale à Londres ? Que faire contre l’inflation proportionnelle à la fréquentation touristique dans certaines villes ? Comment lutter contre la pollution directement liée à l’afflux de touristes ? Depuis quelques années, de Barcelone à Venise en passant par Kyoto, Dubrovnik ou l’île de Boracay aux Philippines, les hauts spots touristiques se rebiffent. Découvrez comment !

Limiter le nombre d’hébergements

En 2017, une manifestation anti-touristes fortement suivie par les habitants de Barcelone dégénérait et se terminait par l’attaque d’un bus de touristes… Et ce n’est qu’un exemple, certes extrême, de démonstrations de ras-le-bol d’habitants de villes et de lieux victimes d’une hyper-fréquentation touristique. A Barcelone, depuis 2016, la mairesse, Ada Colau, s’est attaquée au problème en mettant en place une mesure drastique pour réguler le nombre d’hébergements, à travers un plan urbain de logement tourisme qui prévoit la stagnation et la régulation des hébergements touristiques.

Depuis, d’autres villes et pays ont emboîté le pas à la capitale de la Catalogne comme Venise où le nombre de nouvelles chambres d’hôtel est limité. A Majorque et Amsterdam, de nombreuses locations mises en ligne sur des plateformes telles qu’AirBnB ont carrément été interdites. En Islande, les personnes proposant des hébergements via AirBnB ne peuvent pas dépasser 90 nuitées par an et ce ne sont que quelques exemples d’une tendance qui se développe aux quatre coins de la planète.

Réguler la fréquentation des sites touristiques ou interdire leur accès !

Lorsque le tourisme de masse s’attaque à un site en particulier, réguler et limiter son accès est la solution la plus prisée pour lutter contre le sur-tourisme. A Angkor Wat, les autorités ont presque doublé les droits d’entrée au site – de 20 $ à 37 $ – en 2016 et pour limiter le nombre de visiteurs – 2,5 millions de touristes en 2017 -, elles ont aussi restreint l’accès au sanctuaire central du site à des groupes n’excédant pas 100 visiteurs en même temps. Aux Galapagos, ce sont les sorties en mer qui sont visées et régulées. Parallèlement, la découverte de l’archipel à pied est encouragée, à condition de se plier à 14 règles précises et de ne se rendre que dans les sites autorisés. Au Machu Pichu, seulement deux horaires de visites quotidiennes sont programmées et le site n’accueille pas plus de 5 000 visiteurs par jour. Dans la même veine, les autorités en charge d’endroits comme Santorin ou Dubrovnik ont adopté des mesures similaires. D’autres sont carrément allées plus loin en interdisant l’accès de certains sites menacés. Ainsi, en Thaïlande, les îles de Koh Khai Nok, Koh Khai Nui, et Koh Khai Nai au large de Phuket ont tour à tour été “fermées” au public le temps que la nature et la biodiversité reprennent leurs droits suite aux dégâts causés par les touristes. Il en est de même pour l’île de Boracay aux Philippines.

Réguler la hausse des prix des produits de base et réduire le nombre de commerces pour touristes

Non seulement le sur-tourisme a des conséquences néfastes sur l’environnement mais aussi sur le niveau de vie des locaux. Comment survivre dans certains quartiers quand les prix flambent ? A Barcelone, des mesures ont été prises pour réguler la monté des prix de l’immobilier mais aussi pour stopper l’invasion de nouveaux magasins destinés aux touristes.

A Amsterdam aussi, aucun nouveau commerce de souvenirs n’est autorisé à ouvrir ses portes dans le centre ville. Dubrovnik aussi est en train de réduire ses étals de babioles ainsi que le nombre de tables dans les restaurants. Quant à Venise, ce sont les fast-foods qui sont désormais interdits en centre ville !

D’autres mesures plus originales

Que faire contre le touriste mal élevé qui grave son nom sans aucun scrupule sur des vestiges millénaires, ou celui qui fait tomber une oeuvre d’art en pensant réaliser le selfie du siècle, ou encore celui qui nourrit avec n’importe quoi – voire saoule – les adorables cochons nageurs de l’île Big Major Cay aux Bahamas ? Les punir voyons ! De plus en plus d’autorités locales n’hésitent pas à verbaliser les touristes au comportement irrespectueux vis à vis de l’environnement et des locaux. Ainsi, par exemple, Rome et Venise ont établi un règlement répertoriant des règles de bonne conduite. Des règles entravées récemment par un couple de Berlinois pris en flagrant délit de préparation d’un petit café sur un réchaud au pied d’un des plus jolis ponts de la ville. Verdict : une amende de 950 euros ! Autre délit : la photographie… Et oui, à Kyoto, prendre des photos dans le fameux quartier de Gion, où vivent encore bon nombre de Geishas, est désormais interdit. Une décision prise par le comité des habitants dépité par les mauvaises manières de la plupart des touristes.

Cocorico

Quant à notre chère et douce France, elle n’est pas en reste. Le Sénat vient en effet d’adopter à l’unanimité des mesures pour lutter contre la sur-fréquentation de sites protégés tels que la dune du Pilat, le Mont-Saint-Michel ou encore le Mont-Blanc. Il en revient aux maires des communes concernées de les appliquer.

Source : Lutte contre le tourisme de masse : le temps des mesures