Olivier Jager, cofondateur de ForwardKeys, tire la sonnette d’alarme. Les États et les pros du secteur doivent faire front commun.

C’est par une carte que Olivier Jager, cofondateur du cabinet d’analyse ForwardKeys, a planté le décor, lors de la conférence Phocuswright Europe Online. Il s’agit de la mappemonde des destinations, en général difficiles d’accès aux voyageurs étrangers. « La plupart des frontières sont fermées ou restreintes ». Une situation qui perdure (déjà) depuis six mois.

« Fermer les frontières est une solution radicale, ce n’est pas la seule voie pour contrôler la propagation de la maladie. Il a été assez décevant de voir nos gouvernements nationaux prendre des décisions unilatérales pour fermer ou restreindre les frontières avec un minimum de coordination entre les pays. » Y compris au sein de l’Union européenne.

Pour ForwardKeys, les Etats devront changer d’attitude, afin de participer au rebond. « Ce que nous avons appris, c’est que le tourisme et le voyage sont des composantes nécessaires de notre économie mondialisée. » Quelque 120 millions d’emplois directs dans le tourisme sont menacés à cause de la pandémie, indique l’ONU. Et ce alors que le secteur emploie une personne sur dix sur la planète.

Olivier Jager

Navigation à vue pour les entreprises

« Les restrictions de voyage ont cassé la dynamique de notre business et de notre industrie, a poursuivi Olivier Jager. Le comportement normal des entreprises du secteur privé en est totalement perturbé. Or vous ne pouvez pas diriger une entreprise sans visibilité. »

Des voyagistes basés en Allemagne ont certes travaillé avec des destinations méditerranéennes épargnées du Covid-19 pour monter rapidement des forfaits, créant ainsi des « bulles » de voyage. Mais de telles initiatives -avec une coordination entre Etats, compagnies aériennes et TO- sont trop rares, estime Olivier Jager.

« Le résultat, c’est que l’industrie (du voyage) s’effondre. » Des compagnies aériennes ont déjà trépassé comme Italy Air, Flybe. D’autres ont cloué des avions au sol, ou sont renflouées. Et 2021 s’annonce difficile.

« Quand les gens savent qu’ils peuvent voyager, ils voyagent »

ForwardKeys a aussi relevé que l’envie de voyager reste forte. « Les gens cherchent (des voyages), mais uniquement quand les médias leur disent qu’il y a un endroit où ils peuvent aller. »

« Quand les gens savent qu’ils peuvent voyager, ils voyagent », a-t-il poursuivi. Les deux graphiques ci-dessous montrent effectivement la corrélation immédiate entre les annonces des gouvernements de Malte et du Royaume-Uni, les recherches de billets d’avion et les réservations.

En attendant, en Chine comme en France, ce sont les voyages domestiques qui repartent, essentiellement pour deux raisons. L’envie de plier bagage, au moins pour le loisir, demeure vigoureuse. Et les Etats incitent leurs ressortissants à dépenser leur budget voyage dans l’économie nationale.

Source : ForwardKeys : « L’industrie du voyage s’effondre, la coopération est vitale pour la reprise »

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