France. Compensation carbone, droit aux vacances et aux « valeurs » étaient au coeur du séminaire organisé par Agir pour un tourisme responsable.

« Il faut planter des arbres, mais cela ne suffit absolument pas », a souligné Gérard Ruiz, administrateur des Acteurs du Tourisme Durable (ATD) et représentant de l’Association Nationale des Elus du Littoral. C’était lors du 10e séminaire d’Agir pour un tourisme responsable (ATR), organisé du 1er au 3 octobre dans les Hautes Pyrénées.

« Il faut avoir un comportement vertueux, et se mettre dans un cercle vertueux de production. Pour les producteurs, cela implique des questions de responsabilité sociale, la mesure des efforts économiques, l’adaptation des offres. » Et pour Gérard Ruiz, si le patron n’est pas convaincu, les salariés – aussi engagés soient-ils- peineront à distiller une stratégie hautement responsable.

Du droit aux vacances

« La crise du Covid a eu un effet au niveau des élus du littoral », a ajouté ce professionnel engagé. « Au mois de mars, l’ensemble des élus disaient qu’on ne pouvait pas continuer à faire du tourisme comme jusqu’à présent. Pour moi, c’est un espoir pour la suite. Il y a une fenêtre de tir relativement courte, qui peut se refermer très vite. Si pour des nécessités économiques on repart comme avant, on a tout perdu. »

« Votre rôle, c’est de donner accès à plus de monde à ce voyage propre, respectueux de l’environnement et des populations », a ajouté Michel Durrieu. Mais l’auteur du livre L’Après – Tourisme et Humanité a tenu à rappeler un autre combat majeur : « Il existe un droit aux congés, mais pas un droit aux vacances. » Nombre de Français ne peuvent effectivement pas partir en vacances. D’après le cabinet Raffour Interactif, 3 Français sur 10 ne sont pas partis en vacances en 2019. Ailleurs dans le monde, la situation est souvent encore plus dégradée.

« Vous avez des valeurs extraordinaires à ATR. Mais il faut les démocratiser, soit les rendre accessibles. » Or « dire que lorsqu’on part loin (en vacances), il faut partir un mois » nécessite des « moyens financiers et du temps ».

Vision ou utopie ?

« Toute forme de tourisme doit demain devenir durable », a souligné un autre participant au séminaire. Alors, vision ou utopie ? Le tourisme de demain, plus propre, voire intégrant le coût environnemental, sera-t-il réservé à une élite ? Et ce alors même que, pendant des décennies, il a été question de démocratiser le droit au voyage ? Un éternel débat.

Jean-Pierre Mas, président des Entreprises du Voyage, s’est posé en contradicteur éclairé : « On se met dans des oppositions stériles, a-t-il souligné. L’impact environnemental de toutes nos activités devrait guider toutes nos actions humaines, soit les activités de la vie quotidienne. En matière de tourisme, à cette bonne question, on apporte une réponse simpliste. Dire que l’on veut créer un tourisme d’élite, réservé aux riches qui peuvent partir loin pendant, c’est une lecture simpliste et contradictoire où l’on fustige encore l’avion. »

Source : Le tourisme responsable est-il réservé à une élite ?

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