Nicolas Sarkozy prend ses quartiers chez Accorhotels

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AccorHotels vient d’annoncer que l’ancien président de la république, Nicolas Sarkozy, rejoint le conseil d’administration du groupe en qualité d’administrateur indépendant. Il remplacera Nadra Moussalem, la responsable Europe de Colony Capital.

Cette nomination a été diversement commentée en France. En effet, certains observateurs soulignent que les médias ayant largement évoqué des emplois fictifs d’au moins deux candidats à la prochaine élection présidentielle, ce n’était peut-être pas le meilleur timing pour annoncer cette arrivée chez AccorHotels.

Hormis ces éléments, AccorHotels doit trouver rapidement un actionnaire de référence qui pourrait être …le Qatar (déjà actionnaire du groupe).

Nicolas Sarkozy rejoint donc le Comité d’Administration du groupe au moment où le fonds d’investissements, Colony Capital, annonce de son coté s’être désengagé du groupe.

Le fonds Colony Capital avec l’appui d’Eurazeo, était l’actionnaire de référence d’Accorhotels depuis près de 10 ans.

Durant cette période, l’entreprise aura cédé sa partie immobilière et sa branche Accor Services (devenue Edenred).

De bonnes performances financières en 2016

Les très bonnes performances en Allemagne et au Royaume-Uni ont permis au groupe hôtelier de compenser son net recul en France, son premier marché plombé par la chute du tourisme liée aux attentats.
Le groupe, qui compte plus d’une quinzaine de marques dont Ibis, Mercure, Sofitel, Fairmont ou Raffles, a bouclé son exercice sur une
croissance organique ralentie à 2,2% (contre 2,9% en 2015), malgré une accélération (+3,1%) au quatrième trimestre (+1,8 % au troisième
trimestre).
Son résultat opérationnel, en hausse de 3,8 % à données comparables à 696 millions d’euros, dépasse le consensus de 676 millions établi par Inquiry Financial pour Reuters et la fourchette des 670 à 690 millions anticipés par le groupe en octobre 2016.

Cette performance s’explique notamment par la hausse de 9 % des résultats dégagés en Europe du Nord (qui pèse pour 55 % du résultat opérationnel du groupe) grâce à de solides performances en Allemagne et au Royaume-Uni, où les touristes se ruent depuis l’été grâce à la baisse de la livre sterling.

Cette progression a permis de compenser une chute de 13% du résultat d’exploitation en France, plombé par une baisse de 13,2 % du Revpar (revenu par chambre, principal indicateur d’activité de l’hôtellerie) à Paris, très impacté par les attentats, les grèves et le sentiment d’insécurité.

Quel sera le nouvel actionnaire de référence ?

Pour le moment, ce sont deux investisseurs qui détiennent plus de 20 % du capital.

On y retrouve le Qatar, qui a pris 10,4 % à la faveur de la vente des chaînes de luxe Fairmont, Raffles et Swissôtel, et l’opérateur chinois Jin Jiang, numéro cinq mondial, lequel détient une part de 12,6 %, selon les dernières informations.

La valeur de marché des actifs du groupe (murs d’hôtels en propriété et location) a été estimée à 6,6 milliards d’euros à la fin 2016.

Nicolas Sarkozy, à la baguette dans un nouveau comité

En complément de son poste d’administrateur, Nicolas Sarkozy présidera le « Comité Stratégie Internationale » dont les missions et la composition seront précisées lors d’un prochain Conseil d’administration.

Sébastien Bazin, le patron d’AccorHotels se réjouit …mais

Sébastien Bazin, le patron d’AccorHotels (et ex-président de Colony Capital) a précisé : « Le Conseil d’administration se réjouit de cette nomination.

L’expertise internationale de Nicolas Sarkozy et sa parfaite connaissance des enjeux géopolitiques mondiaux seront de formidables atouts pour le Groupe ».

En fait, Sébastien Bazin va devoir trouver un nouvel actionnaire de référence.

Nicolas Sarkozy a les faveurs du Qatar qui pourrait peut-être se renforcer au capital du groupe hôtelier.

Mais les chinois, avec Jing Jiang, pourrait eux jouer une autre partition.

Source : Serge Fabre – Nicolas Sarkozy prend ses quartiers chez Accorhotels