Accor : “Notre industrie traverse un moment difficile, et nous devons prendre des décisions difficiles”

Le groupe hôtelier annonce devoir fermer les deux tiers de ses établissements en raison de la crise du Coronavirus. Des mesures drastiques ont été prises pour anticiper la reprise. Point positif : le groupe enregistre une reprise sur le marché chinois.

Le groupe hôtelier Accor, fortement impacté par la pandémie de coronavirus, annonce qu'”à ce jour, plus de la moitié des hôtels sous enseigne Accor sont fermés, et deux tiers devraient l’être dans les semaines à venir”, dans un communiqué. Plusieurs mesures drastiques ont dues être prises, jugées “indispensable pour atténuer l’impact sur les résultats et la liquidité du groupe“, détaille le communiqué. “Notre industrie traverse un moment difficile, et nous devons prendre des décisions difficiles, mais Accor bénéficie d’un bilan solide, ce qui nous permettra de l’affronter, puis d’en sortir avec force au moment de la reprise. Je suis persuadé que Accor retrouvera bientôt le chemin de la croissance“, a déclaré Sébastien Bazin, président-directeur général de Accor.

Parmi les mesures : l’interdiction de voyager, le gel des embauches, le chômage partiel ou technique pour 75 % des effectifs des sièges dans le monde au deuxième trimestre, générant une réduction minimum de 60 millions d’euros des coûts centraux sur l’année 2020, mais aussi la revue des investissements récurrents prévus pour 2020, aboutissant à une diminution de 60 millions d’euros des dépenses pour l’exercice. Le groupe continue parallèlement de rationaliser tous les autres foyers de coûts (distribution, marketing, informatique…), pour faire face à la réduction anticipée du chiffre d’affaires. Des mesures qui vont s’appliquer également au conseil d’administration du groupe puisque Accor a décidé de retirer sa proposition de paiement du dividende prévu au titre de l’exercice 2019, soit 280 millions d’euros.

Un fonds d’entraide

Accor s’engage avec ses actionnaires (inJiang International, Qatar Investment Authority, Kingdom Holding Company, Harris Associates) a participer aux initiatives mondiales de solidarité pour faire face à la crise. Ainsi, 25 % du dividende prévu (soit 70 millions d’euros) sera attribué au lancement du Fonds All Heartist. Ce fonds assistera notamment les salariés et collaborateurs sous enseignes du groupe dans le monde, en prenant en charge les frais d’hospitalisation liés au Covid-19 des collaborateurs ne bénéficiant pas d’une couverture sociale, au cas par cas, les collaborateurs en grande difficulté financière suite à des mesures de chômage technique, au cas par cas, les partenaires individuels en grande difficulté financière. Enfin, le groupe va accentuer ses initiatives solidaires en soutien des personnels soignants et des organisations caritatives en première ligne face à la crise. Parallèlement, Sébastien Bazin, renonce à 25 % de sa rémunération pendant la durée de la crise, le montant équivalent étant également apporté au Fonds.

S’il est encore trop tôt pour estimer la durée de cette crise, le groupe anticipe d’ores et déjà de fortes répercussions sur ses performances pour 2020, mais demeure très optimiste sur les perspectives de l’industrie hôtelière, a fortiori sur celles du groupe, que ce soit pour ses collaborateurs, ses propriétaires ou ses actionnaires“, relativise le groupe dans son communiqué. Point positif : le groupe enregistre une “reprise progressive des taux d’occupation et de l’activité de restauration” sur le marché hôtelier chinois.

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Coronavirus : les hôtels s’engagent pour gérer la crise sanitaire

Durement impactés par la crise du coronavirus, les hôtels se tiennent prêts à s'engager pour lutter contre l'épidémie. (Photo d'illustration/Pixabay).

France. Les hôtels se tiennent prêts à ouvrir leurs portes pour accueillir le personnel soignant ou même se convertir en sites médicalisés.

Elles sont de plus en plus nombreuses, les entreprises du tourisme, à faire preuve de solidarité par rapport à la terrible crise sanitaire du coronavirus. Parmi elles, les hôteliers sont en première ligne. “Avant même les propos du Président de la République (lundi) hier soir, la mise à disposition des hôtels pour les personnels soignants était une volonté exprimée par de nombreux hôteliers, prêts à rouvrir en 24 heures leur établissement, fermés pour certains, faisait savoir l’Umih mardi dernier dans un communiqué diffusé mardi. Aux personnels soignants, nous pouvons leur assurer l’hébergement, la restauration en chambre, le lavage du linge et les services numériques, comme le WIFI gratuit.” “Le travail de recensement des hôtels a commencé dans nos départements, nous devons aller vite et pour cela nous souhaitons travailler en lien avec les Préfets”, ajoute le syndicat patronal des hôteliers et des restaurateurs.

Certains sites événementiels se tiennent prêts

Ainsi à Cannes, où la totalité des hôtels 5 étoiles ont fermé et où un nombre croissant d’établissements d’autres catégories gardent portes closes, les hôtels se tiennent prêts. « Beaucoup, notamment les 2-3 étoiles, ont dit qu’ils étaient volontaires pour loger des personnels soignants. Nous serons solidaires », affirme Christine Welter, la présidente du syndicat des hôteliers de la ville. « Nous nous sommes rapprochés de la mairie et de l’hôpital Simone-Veil et pour l’instant il n’y a pas de besoin ». Fermé dès mardi soir, l’hôtel Martinez, un des trois établissements de luxe les plus connus sur le célèbre Boulevard de la Croisette où se bousculent chaque année les stars du festival de Cannes, a aussi fait connaître sa disponibilité pour rendre service aux soignants. Dans l’Hexagone, les lieux événementiels se sont aussi mobilisés. Ainsi plus d’une trentaine de sites, dont le Centre Expo Congrès de Mandelieu-la-Napoule, le Palais des Victoires et le Palais des Festivals et des Congrès de Cannes, répartis sur l’ensemble du territoire français, se sont engagés à ouvrir leurs espaces pour les besoins des autorités compétentes, indique un communiqué.

Des hôtels qui se transforment en structure médicalisée

Des initiatives similaires sont prises à l’étranger. Un premier hôtel a été transformé jeudi en structure médicalisée, afin de traiter les cas les moins graves de coronavirus, ne requérant pas d’hospitalisation, ont constaté des journalistes de l’AFP. Cela « permettra d’alléger la pression » dans les hôpitaux et d’y « libérer des chambres » , a fait valoir la région de Madrid dans un communiqué. Un autre hôtel quatre étoiles de la ville, le Marriot Auditorium, doit également être médicalisé à partir de vendredi. Au total, l’association hôtelière de la capitale espagnole a annoncé avoir mis « à disposition 9.000 lits dans plus de 40 hôtels pour assister des patients atteints de coronavirus ». « La principale fonction de ces hôtels sera d’accueillir des patients qui présentent des symptômes et doivent être suivis médicalement mais sans nécessité d’être hospitalisés, tant au début de la maladie que dans sa phase finale », ont précisé la région et l’association hôtelière dans leurs communiqués. Fin février, le groupe Accor, très présent en Chine, avait lui aussi annoncé avoir mis certains de ses établissements à la disposition des autorités chinoises pour lutter contre l’épidémie.

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Coronavirus : un impact de 22 milliards a minima pour le tourisme

Le tourisme est l’un des secteurs les plus touchés, au niveau économique, par l’expansion de Covid-19.

L’épidémie de coronavirus amputera les revenus du tourisme mondial d’au moins 22 milliards de dollars (20 milliards d’euros), d’après une étude menée par le Conseil mondial des voyages et du tourisme (WTTC) et Oxford Economics. « Ce calcul est basé sur l’expérience des crises précédentes, comme celle du SRAS ou du H1N1, et prend comme référence les pertes provenant des touristes chinois qui renoncent à voyager ces temps-ci », détaille Gloria Guevara, présidente du WTTC, interrogée par le quotidien espagnol El Mundo. Le montant de 22 milliards correspond au scénario le plus optimiste envisagé par l’étude, soit une baisse de 7% des voyages effectués à l’étranger par des Chinois. L’impact pourrait grimper à 49 milliards de dollars (44,6 milliards d’euros) si la crise durait aussi longtemps que celle du SRAS de 2003, et à 73 milliards de dollars (66,5 milliards d’euros) si elle se prolongeait davantage. L’épidémie de coronavirus pourrait entraîner un manque à gagner de près de 30 milliards de dollars pour les compagnies aériennes en 2020, a pour sa part estimé l’Association internationale du transport aérien (Iata),

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