Rendre son agence plus « responsable » est à la portée de tous. Loin des grands discours démagogiques, TourMaG.com a interrogé plusieurs acteurs, qui ont choisi de s’engager dans une démarche de RSE. Ils nous livrent conseils et tuyaux, dont certains sont facilement applicables.

a RSE* késako ? Il s’agit de l’ensemble des pratiques mises en place par les entreprises « en matière sociale, environnementale, éthique, de droits de l’homme et de consommateurs dans leurs activités commerciales et leur stratégie de base », comme la définit le ministère de l’Économie, des Finances, de l’Action et des Comptes publics.

Ok, mais peut-on l’appliquer à son propre point de vente ?

Et bien oui, à différents niveaux, tout le monde peut devenir plus responsable. « Il ne faut pas chercher à être parfait, mais cohérent dans sa démarche, explique Julien Buot, directeur d’Agir pour un Tourisme Responsable (ATR). L’important, c’est de commencer par faire quelque chose ».

Du recyclage à la gestion des énergies, en passant par la limitation du nombre d’impressions papier, de nombreuses options existent. « Nous avons instauré le tri sélectif pour toutes les poubelles du bureau et de la cuisine, cite en exemple Catherine Subileau, responsable de l’agence Les Ateliers du Voyage (groupe Kuoni) à Paris.

Nous avons aussi installé des réducteurs sur tous les robinets pour limiter la consommation d’eau et changé les ampoules pour des basse consommation, en alternant des jaunes et des blanches pour plus de confort.

De la même façon, nous faisons très attention à notre consommation d’électricité, en veillant à bien garder les portes fermées, à gérer au mieux la climatisation et à ce que les ordinateurs ne restent pas en veille la nuit », poursuit-elle.

Dans l’agence, des affichettes placardées dans les parties communes rappellent tous ces bons principes.

* Responsabilité Sociale des Entreprises

Du vert et du social

Chez Terres d’Aventure, qui dispose de 13 agences communes avec Voyageurs du Monde, on travaille depuis des années à la réduction de l’empreinte carbone – DR : Gwennaelle Wit
Chez Terres d’Aventure, qui dispose de 13 agences communes avec Voyageurs du Monde, on travaille depuis des années à la réduction de l’empreinte carbone.

Ses dirigeants ont par exemple opté pour un fournisseur d’électricité verte, Enercoop, générée à partir d’énergies solaire, éolienne et hydraulique. « Il n’y a rien de plus simple, il suffit de résilier son contrat EDF et de souscrire chez Enercoop, souligne Eric Balian, le directeur général.

Alors, c’est sûr que la facture est légèrement plus élevée, mais on sait comment est produite l’électricité ».

Pour le recyclage du papier, le groupe travaille avec l’entreprise Elise, qui emploie des collecteurs en situation de handicap ou en difficulté d’insertion, permettant d’engager ainsi une action sociale vis-à-vis de ces salariés.

Terres d’Aventure programme également des opérations de sensibilisation de ses salariés. « À l’automne 2018, nous avons lancé un “White Friday”, en opposition au “Black Friday”, ajoute Eric Balian.

Nous avons voulu inciter nos salariés à mieux consommer et à moins jeter, en bannissant par exemple toute la vaisselle plastique, que nous avons remplacé par de la vaisselle en inox et en verre achetée chez Emmaüs.

Des restaurateurs du quartier ont accepté de jouer le jeu, en faisant un petit geste commercial à ceux qui se présentaient avec leur panoplie zéro déchet ».

De la RSE pour les collaborateurs… et les clients !

Atelier de cuisine des invendus alimentaires avec Terres d’Aventure. Les clients ont pu fabriquer des soupes et des smoothies à l’aide de VéloMixeurs – DR : Léa Navidi, Biocycle
Mais le véritable cheval de bataille du groupe reste la compensation des émissions de carbone liées aux voyages.

Depuis le 1er janvier 2018, elle est systématiquement effectuée à 100% sur les émissions de CO2 générées par le transport aérien et terrestre de ses clients et de ses salariés.

Pour ce faire, Terres d’Aventure participe à divers projets de reforestation certifiés dans le monde. Il envoie d’ailleurs, une fois par an, des salariés pour participer à ces projets.

Toutefois le groupe n’oublie pas d’impliquer ses clients. Durant la Semaine européenne de la réduction des déchets 2018, il les a conviés à un atelier de cuisine des invendus dans les locaux de l’association Biocycle, qui lutte contre le gaspillage alimentaire. « Ils ont pu fabriquer des soupes et des smoothies, à l’aide de VéloMixeurs », poursuit Eric Balian.

« Il est important de sensibiliser les clients au tourisme responsable sans qu’ils aient à le demander, de leur parler du sujet, de le mettre à l’agenda », ajoute Julien Buot.

Pour cela, ATR a mis en place une charte éthique du voyageur, qui peut aussi apporter aux conseillers voyages des bons tuyaux, avant, pendant et après le voyage, à transmettre à leurs clients. « Nous conseillons par exemple aux agents d’informer les voyageurs sur les photos qu’ils risquent de prendre au contact des populations locales.

En aucun cas, il ne faut les culpabiliser, mais plutôt leur indiquer qu’initier un début de rencontre est bien plus souhaitable que de prendre des photos volées. Un message positif est possible ».

Dans le même esprit, dans le cadre de ses conférences, l’agence Les Ateliers du Voyage a organisé une rencontre avec ses clients sur le thème du tourisme responsable.

Étaient conviés ATR, mais aussi le fonds de dotation Merci, engagé aux côtés de l’association Abc Domino, à Madagascar, qui permet de scolariser des enfants, l’Office du tourisme d’Oman et les hôtels Six Senses, venus parler de leur politique environnementale. L’initiative a permis de réunir une cinquantaine de participants.

Retour d’expérience : Catherine Subileau (Les Ateliers du Voyage)

Les équipes des Ateliers du Voyage en week-end de survie en montagne – DR : Les Ateliers du Voyage
“Il y a 3 ans, lorsque nous avons décidé d’opter pour la labellisation ATR, j’ai organisé un week-end de survie en montagne pour mes équipes.

Nous sommes donc partis durant 48h, dans les Alpes, avec un guide, afin de mieux comprendre notre environnement, comment vivre avec moins, et surtout montrer que la nature est belle et qu’il faut la protéger.

Cette expérience nous a aussi appris l’entraide au sein d’une équipe, car chacun à tour de rôle était responsable de l’orientation du groupe. Il a fallu se faire mutuellement confiance.”

Les partenaires à la loupe

L’agence les Ateliers du Voyage augmente chaque année son niveau d’engagement.

Depuis 3 ans, elle est labellisée ATR, auditée par Ecocert France, et doit répondre à des exigences toujours plus élevées.

Cette certification demande à ce que ses partenaires travaillent également de manière responsable. « Nous veillons à ce qu’ils respectent un certain nombre d’aspects environnementaux : eau, énergies, gestion des déchets, sous peine de rompre le contrat si les normes locales et sociales ne sont pas respectées, indique Catherine Subileau.

En Asie, par exemple, les réceptifs distribuent des gourdes en inox aux clients, plutôt que des bouteilles en plastique et les guides les emmènent régulièrement sur des lieux où les remplir ».

Beaucoup de réceptifs, sensibilisés au durable, sont labellisés auprès de Travelife. « C’est un véritable engagement, qui prend du temps, mais qui se fait de façon progressive, témoigne Catherine Subileau.

Cette démarche est une expérience enrichissante pour tous les collaborateurs. Elle offre une vraie prise de conscience et leur permet d’adopter de nouveaux réflexes, qu’ils mettront également à profit chez eux ». Le tout, c’est de se lancer !

Source : Tourisme et durable : comment “verdir” son point de vente ?

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