Pourquoi l’hôtellerie développe le coworking

Après le spa, le rooftop et le potager, les hôtels se dotent de nouveaux espaces de travail partagé. Une façon de séduire la clientèle d’affaires, mais aussi de positionner l’établissement dans une modernité ciblée sur la mobilité et la connectivité.

Coworking : il y a encore dix ans, le terme était pratiquement inconnu en France. Aujourd’hui, on recense une trentaine d’espaces de coworking rien qu’à Paris et pas moins d’une soixantaine en Île-de-France. Car à l’heure de l’hyper connectivité et des loyers trop élevés, le bureau se partage. Fini les murs, les cloisons : on ouvre tout. On passe d’un travail prévisible et posté à des tâches plus nomades et collaboratives. Face à cette évolution, les hôtels adoptent la logique du loft en guise de lobby, où réception, bar, espaces de détente et de coworking cohabitent. On mixe les hauteurs des tables, chaises et tabourets, couleurs des moquettes ou des murs. Ces lieux hybrides sont pensés pour que l’on puisse recharger une batterie, consulter la presse, ses e-mails, passer un appel, surfer sur internet… “Les espaces de coworking sont des bouillons de business. Ils deviennent des lieux de référence dans le monde pour le développement et la réussite des entreprises”, observe Meriem Belazouz, coorganisatrice du Salon Coworking, dont la 2e édition vient d’avoir lieu au Stade de France (Seine-Saint-Denis).

Des espaces à louer à la demi-journée ou à l’heure

Pour l’hôtelier, le coworking permet avant tout de rentabiliser un espace vide ou déserté en journée. Le dispositif EasyWORK by Mercure propose, par exemple, des espaces de travail dédiés et modulables avec restauration légère, équipement informatique et connexion internet, à louer à la demi-journée ou à l’heure. Testé en France au Mercure Paris Gare de Lyon, ce projet séduit aussi bien les clients hébergés que ceux de passage dans le quartier. Si bien que le concept est en cours de déploiement dans une trentaine d’hôtels Mercure proches de gares et d’aéroports. Car il existe une véritable attente de la part d’une clientèle d’affaires jeune et urbaine, qui s’ennuie dans les business corners traditionnels. Cyril Aouizerate, fondateur des MOB Hôtels, l’a bien compris. Au-delà des nombreux lieux de vie du MOB de Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis), conçus pour se connecter tout au long de la journée, il a imaginé une grande salle équipée de postes de travail qui peut se louer au mois par des entrepreneurs locaux. Même créativité et réactivité de la part d’Olivier Devys, fondateur de la chaîne Okko Hôtels, dont chaque établissement dispose d’un Club. Il s’agit d’un vaste espace sécurisé – on entre avec un pass magnétique -, inspiré des lounges VIP des aéroports. Dépourvu de toute cloison, il mêle coins salons, bibliothèque, télévision, table d’hôtes, buffet à volonté 24 heures sur 24, salle de gym et ordinateurs. Accessible gratuitement pour ceux qui séjournent au Okko, il est aussi ouvert à la clientèle extérieure moyennant un droit d’entrée.

Des tables de petit déjeuner se transforment en tables de travail

Entre souci de rentabiliser le moindre mètre carré et envie de satisfaire les besoins des ‘millennials’, la nouvelle génération d’hôtels urbains surfe sur la vague du coworking, en France comme à l’étranger. Le flambant neuf Innside Hamburg Hafen, en Allemagne, dispose d’espaces de travail conçus pour se sentir “chez soi, loin de chez soi”. “Plusieurs meubles divisent le hall d’accueil de l’hôtel en espaces communs fonctionnels, pour travailler dans un cadre décontracté, se restaurer ou se détendre. Nous appelons cela l’Open Living Lounge, un salon de vie ouvert pour cultiver son réseau tout en faisant de nouvelles rencontres”, détaille Kai Lamlé, directeur général Allemagne du groupe Melia Hotels International. Se sentir bien pour travailler mieux : les clients adorent et les hôteliers adhèrent. Le BOB Hôtel à Paris (XIVe) en est une autre illustration : ici, des tables individuelles, pour quatre ou six personnes occupent les espaces communs et accueillent les SBF – sans bureau fixe. Même scénario au CitizenM Gare de Lyon, à Paris (XIIe), où l’espace de coworking sert de sas entre bar et salon. Quant au C.O.Q. (XIIIe), ses tables de petit-déjeuner se transforment en tables de travail l’après-midi… Bref, la tendance est telle que des start-ups sont entrées dans la danse. La plateforme AirOffice permet de réserver un espace de travail dans un hôtel. Quant à l’application Wombee, elle met en relation les voyageurs qui séjournent dans un même établissement. Une autre façon de dynamiser son réseau, même loin de son bureau.

Source : Anne Eveillard- Pourquoi l’hôtellerie développe le coworking
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