À Madagascar, la classe moyenne se met au tourisme

En 2017, Madagascar a enregistré 255 000 touristes étrangers, c’est 100 000 de moins qu’en 2007. En comparaison, 1,3 million de non-résidents se sont rendus à l’île Maurice l’année dernière. La Grande Île fait face à de nombreuses difficultés : instabilité politique, routes délabrées, transport aérien défaillant ou très cher, épidémies de peste ou de paludisme, la destination fait fuir les touristes étrangers. Pourtant, avec ses baobabs, lémuriens, baleines, forêts de pierres ou d’argile, Madagascar dispose d’atouts exceptionnels et uniques au monde. Mais si les touristes étrangers sont de moins en moins nombreux, les professionnels du tourisme remarquent une augmentation des touristes résidents, liée à l’émergence d’une nouvelle classe moyenne.

Au large de Sainte-Marie, sept touristes malgaches sont à l’affût du moindre souffle. Appareil photo ou smartphone en main, ils mitraillent les géants des mers. Grâce à un hydrophone, le groupe peut même écouter les mâles chanter.

Prisca est venue avec son copain. C’est la première fois qu’elle voit des baleines.
« On est super heureux quoi. Parce qu’il y a aussi les baleines, il paraît qu’elles sont venus ici pour s’accoupler et nous aussi on vient un peu… en amoureux ! »

À Madagascar, la plupart des touristes sont Français, Allemands ou Italiens. Le gouvernement n’a aujourd’hui aucune donnée concernant le tourisme local. Mais à Sainte-Marie, il y a eu en moyenne 10% de visiteurs nationaux supplémentaires en un an.

« Oui il y a plus de nationaux qui viennent à Sainte-Marie, notamment avec l’émergence d’une nouvelle classe moyenne, explique Sven Blondel, le président de l’office du tourisme de l’île Sainte-Marie. On essaye de les faire venir le plus possible. Par exemple lors du festival des baleines, on fait les excursions baleines à un tiers du prix. »

Tiavina est guide. Selon lui, la multiplication des offres sur les réseaux sociaux attire de plus en plus de touristes locaux. « Sur Facebook, tu peux voir des tours opérateurs qui organisent des voyages à Nosy Be, pour 500 000 ariarys, environ 130 euros, où il y a l’hébergement, le transport pour un groupe de 16 personnes. C’est souvent par rapport au prix qu’on ne part pas en vacances. Du coup quand c’est un groupe, ça devient moins cher. »

Traditionnellement, lorsque les Malgaches prennent des congés, c’est pour rendre visite à leur famille. Mais depuis quelques années, la tendance change. La classe moyenne fréquente désormais les hôtels et s’offre quelques sorties. La famille de Tiana revient d’une semaine sous le soleil de Toamasina. « Mes enfants ne veulent pas aller là d’où on vient, Ambatondrazaka, parce que là-bas il n’y a que de la poussière. Ils veulent voir la mer, la plage ! », témoigne la jeune femme.

Mais cette embellie ne doit pas faire oublier la chute du nombre de touristes étrangers à Madagascar qui souffre d’une mauvaise image. En 2017, la Grande Île a enregistré 255 000 touristes étrangers, c’est 100 000 de moins qu’il y a 10 ans.

Source : À Madagascar, la classe moyenne se met au tourisme