Repenser notre rapport à une nature à bout de souffle

La fréquence des épidémies n’a cessé d’augmenter.

Trois mois environ se sont écoulés depuis la découverte du nouveau coronavirus 2019 (Covid-19) ; aujourd’hui, le nombre de cas et de décès ne cesse d’augmenter dans le monde pour s’établir, à l’heure où nous publions cet article, à plus de 120 000 victimes. Ces dernières décennies, la fréquence des épidémies n’a cessé d’augmenter. Entre 1980 et 2013, 12 012 foyers ont été enregistrés, comprenant 44 millions de cas individuels et touchant tous les pays du monde

Si les flux de populations, les densités démographiques et la mondialisation ont contribué en partie à la propagation rapide du Covid-19, ses liens intrinsèques avec le changement climatique et la perte de la biodiversité sont les plus frappants.

Des activités humaines perturbatrices

Les écosystèmes non perturbés maintiennent une diversité d’espèces en équilibre et peuvent souvent avoir un effet régulateur sur les maladies émergentes.

Cependant, les pertes de biodiversité dues à la dégradation des habitats naturels (en particulier les zones forestières) augmentent la proximité de la faune sauvage avec les humains et leurs animaux domestiques, entraînant des risques sanitaires en raison d’une transmission accrue des maladies dites « zoonotiques ».

La maladie de Chagas, également appelée trypanosomiase américaine, apparue en Amérique latine en est la parfaite illustration. En raison d’une mauvaise gestion des terres déboisées, les populations de triatomes (l’insecte vecteur de cette maladie) ont été poussés à quitter leurs hôtes naturels sauvages pour impliquer les êtres humains et les animaux domestiques dans leur cycle de transmission.

L’autre exemple saisissant concerne le virus Nipah, un paramyxovirus émergent zoonotique, dont les chauves-souris frugivores sont les hôtes naturels. En 1988, il a provoqué une épidémie à grande échelle chez les éleveurs de porcs malaisiens.

L’empiètement croissant des exploitations agricoles sur les habitats de la faune sauvage a accru le contact entre le bétail et les animaux sauvages avec, pour conséquence, une grande majorité des maladies émergentes du bétail contractées par des animaux sauvages.

L’urbanisation croissante et l’intensification de l’agriculture modifient l’utilisation des terres : le modèle d’établissement humain est ainsi modifié et la fragmentation de l’habitat peut offrir des possibilités d’échange et de transmission de parasites aux humains qui étaient jusqu’alors non infectés. Des travaux avancent que l’épidémie du virus Ebola (2013-2015) en Afrique de l’Ouest a commencé en raison de la déforestation.

L’Afrique en première ligne

Il faut par ailleurs rappeler que sur les 736 millions de personnes extrêmement pauvres dans le monde, c’est-à-dire ayant un revenu de 1,9 dollar par jour413 millions vivent au sud du Sahara.

L’émergence des pandémies s’ajoute aux nombreux fléaux qui touchent une Afrique déjà très vulnérable. Par manque d’opportunités économiques, ces populations pauvres sont poussées à surexploiter leurs ressources limitées pour survivre, ce qui aggrave par exemple les processus de désertification. La déforestation, qui a augmenté régulièrement au cours des deux dernières décennies, est liée pour 31 % à l’émergence des épidémies, telles que les virus Ebola et Zika.

Dans un contexte de changement global où la probabilité de fortes pluies et de longues périodes de sécheresse est de plus en plus fréquente dans le monde, les capacités productives des sols se réduisent, conduisant à une dégradation des conditions de vie des populations, tout particulièrement dans les régions arides subsahariennes.

Au Sénégal, cette dégradation affecte 64 % des terres arables ; ses principales causes étant l’érosion (à 74 %) et la salinisation. Entre 2000 et 2010, ce sont 3,4 millions d’hectares de forêt qui ont été, chaque année, rayés de la carte africaine.

Il faut également évoquer les déplacements, souvent dans de mauvaises conditions, de larges groupes de personnes en quête de nouveaux endroits ; un phénomène qui intensifie la vulnérabilité des populations déplacées aux menaces biologiques, telles que la rougeole, le paludisme, les maladies diarrhéiques et les infections respiratoires aiguës.

Le changement climatique a modifié et accéléré les modes de transmission de maladies infectieuses telles que le Zika, la malaria et la dengue, provoquant à leur tour des déplacements de populations.

La pauvreté pousse aussi les gens à élargir leur champ d’activités pour tenter de survivre. Ils avancent toujours plus profondément dans la forêt pour agrandir leur couverture géographique et la gamme d’espèces de gibier à chasser et aussi pour trouver du bois destiné à la fabrication du charbon de bois. Ils s’enfoncent toujours plus profondément dans les mines pour extraire des minéraux. Autant d’usages qui les exposent aux risques d’exposition au virus Ebola et à d’autres agents pathogènes zoonotiques dans ces zones reculées.

L’onde de choc du Covid-19 en l’Afrique pourrait représenter un lourd fardeau compte tenu des systèmes de santé déjà fragiles.

D’abord un problème environnemental

L’humanité subit aujourd’hui de plein fouet les conséquences de ses activités destructrices sur les écosystèmes. Les effets combinés de l’utilisation des terres, de la perte de la biodiversité et du changement global perturbent les écosystèmes naturels et peuvent augmenter, on l’a vu, le risque de transmission de maladies aux communautés humaines.

Les rapports de la plate-forme IPBES (le « GIEC de la biodiversité ») rappellent à ce sujet que l’extinction d’espèces a été multipliée par 100 depuis le début du XXe siècle…

Les facteurs précis à l’origine de la pandémie de Covid-19 restent inconnus à l’heure actuelle, mais un large examen des déterminants écologiques et socio-économiques complexes peut nous aider à mieux comprendre ce qui s’est déjà passé et à être à l’affût de ce qui pourrait arriver – y compris la détermination des régions et des populations à risque.

Pour cela, il faudra des approches intégrées et multidisciplinaires de la recherche scientifique, avec des échanges entre des disciplines comme la parasitologie, l’épidémiologie, l’entomologie, l’écologie, la climatologie, la géographie, les sciences du sol et les sciences sociales, pour obtenir des résultats pratiques de prévention. Au-delà de la gestion de la crise actuelle, il faudra réfléchir aux facteurs qui favorisent l’émergence de ces épidémies.

La crise sanitaire actuelle doit nous amener à repenser notre rapport à une nature à bout de souffle. L’heure n’est plus à l’incantation, mais désormais à une action collective globale. Il ne suffira pas toutefois de dénoncer les méfaits de notre société de consommation, il faudra décider clairement quoi lui substituer. C’est notre conception même de l’écologie qu’il faut remettre en cause. Il est temps de raisonner autrement, de vivre autrement. Il y a urgence écologique.The Conversation

Source : Repenser notre rapport à une nature à bout de souffle

La transition durable sera aussi majeure que la transition numérique

Je l’admets, “transition durable” frise bon l’oxymore. Mais l’expression qualifie bien ce qui est en train de se jouer dans l’industrie touristique.

Comment amener les entreprises et les destinations touristiques à se transformer pour répondre aux enjeux de surfréquentation et de changement climatique?

A Pau, lors des dernières #ET15, cette question a été l’objet de la table ronde d’ouverture, dont le contenu a bien été retranscrit dans cet article d’aqui.fr.

Je voudrais revenir aujourd’hui sur la comparaison entre la transition numérique qu’a connu l’industrie touristique il y a quelques années et la transition durable, ou écologique que nous allons vivre.

Qu’est-ce qui a provoqué la transition numérique?

Le facteur qui a introduit le numérique dans le quotidien de l’industrie touristique a été la technologie : apparition d’Internet dès la fin des années 1990.

Mais si cette technologie n’avait pas été adoptée par les utilisateurs, on ne serait pas allé aussi loin. Or, c’est bien la modification de comportement des utilisateurs qui a provoqué l’adaptation : les restaurateurs se sont mis à réagir aux avis parce que les clients les ont écrit! les hôteliers se sont mis sur Booking parce que les clients utilisaient l’application!

L’autre facteur marquant aura été l’irruption de nouveaux acteurs dans le tourisme, acteurs venant au départ du numérique. Qui sont ces nouveaux acteurs? Je les appelle les GABIT (Google, AirBnB, Booking, Instagram et Tripadvisor). Certes, j’aurais pu en rajouter plein d’autres, mais l’acronyme est joli, non? N’empêche, ces services ont remodelé notre économie et se sont rendus indispensables. 10 ans après leur généralisation, on ne fait que courir après leur dernière innovation, et plus jamais, les acteurs du monde ancien, public comme privé, ne seront devant.

Les facteurs de la nécessaire transition durable sont-ils identiques?

On pourrait penser que les acteurs du tourisme seront responsables parce qu’ils auront compris que la planète va mal et qu’il faut changer de comportement. On pourrait penser que spontanément, l’industrie touristique se mettrait au durable… Laissez-moi en douter : si les rapports du GEIQ avaient fait bouger les compagnies low-cost ou les voyagistes internationaux, ça se saurait.

Non, ce qui va vraiment faire bouger les acteurs du tourisme, ce sont les consommateurs. Exactement comme pour les numériques.

Une étude G2A parue ces derniers jours sur la montagne face aux enjeux climatiques & environnementaux est intéressante sur les motivations des consommateurs : ils sont de plus en plus sensibles aux destinations et aux entreprises qui se préoccupent de l’environnement. Ils ne partiront pas moins souvent, mais ils partiront dans des “destinations respectueuses de l’environnement”.

C’est donc, comme dans le numérique, l’usager, le client, le consommateur, qui fera bouger l’industrie touristique. Et comme la prise de conscience va trés vite (en Europe notamment), les acteurs du tourisme sont maintenant convaincus “qu’il faut y aller” maintenant.

De nouveaux acteurs avec le durable?

C’était une discussion avec Guillaume Cromer à l’issue des rencontres de Pau. Est-ce que le durable va générer, comme le numérique, de nouveaux acteurs? Pour Guillaume, émergeront surtout de nouvelles gouvernances, plus que de nouveaux acteurs. (cf. son papier sur une utopie du tourisme).

La question sera surtout que ces nouveaux acteurs (militants, coopératifs, engagés) ne soient pas, comme ce fut très rapidement le cas avec la consommation collaborative, remplacés par des fonds d’investissement… J’ai quelques doutes la-dessus, quand je vois déjà comment la grande distribution s’approprie le bien-manger…

Indéniablement, la révolution durable fait émerger de nouveaux acteurs, et notamment les consommateurs eux-mêmes, habitants comme visiteurs, qui souhaitent être partie prenante de la construction de la destination. A nous, au sein des Organismes de Gestion de la Destination, à veiller à les prendre en compte. Ce qui implique une vraie révolution culturelle de nos offices de tourisme ou ADT.

Les équipes à la manoeuvre?

C’est dans l’implication des salariés que je vois une profonde différence entre la transition numérique et la transition écologique. Lorsque nous avons lancé en 2011 en Aquitaine l’Animation Numérique de Territoire, l’objectif était bien que les offices de tourisme deviennent les animateurs territoriaux de cette transition numérique, au profit des entreprises notamment.

Le résultat a été différent : l’ANT a surtout été le moteur de la transition numérique à l’intérieur même des équipes. Il a servi à convaincre les collègues, souvent le directeur, de changer de métier.

En 2019, avec le durable, la donne a changé. J’ai l’impression que la prise de conscience et l’envie des équipes est énorme. Parce que la société à changé et que les collaborateurs sont les témoins de cette évolution sociétale. La transition durable au sein des OGD ne sera pas difficile, elle est même déjà souhaitée par les équipes.

En préparant un prochain séminaire sur le thème du durable avec un office de tourisme, j’ai été, comme le directeur de l’OT, surpris par la maturité de l’équipe sur le sujet et par sa demande d’engagement sur le sujet! Les moteurs, ce seront eux, j’en suis persuadé. A tel point que je pense qu’un directeur d’OGD ne peut pas ignorer cette prise de conscience récente et rapide de ses collaborateurs. Il faut y aller!

Vers une animation durable de territoire?

Comment aujourd’hui, pour le réseau des OGD, structurer cette nouvelle donne écologique, durable? Comment progresser en interne en impliquant les équipes, comment accompagner les prestataires, sensibiliser les publics, mobiliser sa collectivité ?

Autrement dit, comment être, en tant qu’office de tourisme, l’animateur de la transition écologique de sa destination?

L’aventure de l’Animation Numérique de Territoire doit nous inspirer. Certains s’y mettent, comme l’office de tourisme de Béziers Méditerranée qui a recruté une animatrice écologique de territoire.

A la différence de l’ANT, qui ciblait une personne en particulier au sein de l’équipe, l’Animation Durable (ou écologique) de Territoire devra concerner toute la structure. En effet, chacun à son niveau sera engagé dans une composante de la transition durable du territoire.

Les grands engagements de l’Animation Durable de Territoire sont à mon sens les suivants :

  • engager la structure à être écoresponsable dans son quotidien : ce sont les écogestes, appliqués par toute l’équipe
  • engager la structure dans un marketing responsable, en maitrisant mieux les éditions et en ayant une consommation numérique responsable
  • engager la structure dans la sensibilisation des publics accueillis sur la destination
  • engager la structure dans l’accompagnement des prestataires touristiques à leur transition durable
  • engager la structure dans l’appui à la collectivité sur les questions d’aménagement : mobilité, accessibilité, itinérance douce, etc.
  • engager la structure dans un management soucieux de la parité hommes-femmes, de la qualité de vie au travail,

Demain, les structures engagées dans ce projet amibiteux auront à faire évoluer les métiers des collaborateurs. Il faudra adapter des formations spécifiques. Nous y travaillons avec plusieurs régions.

C’est au prix de cette adaptation fondamentale que nous gagnerons la transition durable, aussi majeure que fut la transition numérique!

Source : La transition durable sera aussi majeure que la transition numérique

Tourisme durable France : “je peux vous dire que nous allons embêter le gouvernement”

Interview de Guillaume Cromer, directeur du cabinet ID-Tourism

Emportée par la rage et les bons mots de Greta Thunberg, la problématique écologique s’est emparée de l’ensemble des piliers de l’économie en passant même par le tourisme. Nous avons profité des rencontres nationales du etourisme de Pau pour faire un point avec Guillaume Cromer, directeur du cabinet ID-Tourism, sur l’étude commandée par le gouvernement auprès de l’ADEME (Agence Environnement et Maîtrise Energie).

TourMaG.com – Comment percevez-vous les faillites actuelles dans la profession ?

Guillaume Cromer : Je ne ferai pas de raccourci direct par rapport à la transition nécessaire vers un tourisme durable. Ma vision est que Thomas Cook est une vieille maison qui n’a pas réussi à bien mener sa transition digitale, mais aussi de clientèle.

Quant aux compagnies aériennes, en ayant bien suivi le sujet, j’ai compris que la problématique n’était pas si simple et pas seulement liée à des questions de marché ou de honte de prendre l’avion.

S’il est certain que c’est une situation triste pour les salariés, je combats la vision low cost du tourisme.

Je ne me réjouis pas, mais ce sont des modèles économiques tellement fragiles que je préfère que les entreprises adoptent d’autres modèles plus solides, dans l’anticipation des nouveaux besoins, comme l’environnement.

TourMaG.com – Pensez-vous que les modèles low cost ont atteint un point de bascule ?

Guillaume Cromer : Ces entreprises pour perdurer s’appuient sur un important travail de cost-killer, mais sont largement dépendantes des bouleversements, quand par exemple les externalités ne sont plus favorables.

Il est certain que si le prix du baril explose, et que des problématiques liées à ces sujets-là s’ajoutent, il sera plus compliqué d’alimenter leur modèle de croissance.

Ces entreprises ne survivent que par la croissance.


“il n’y a pas de solution alternative à la propulsion d’avion par le pétrole…”

 

TourMaG.com – Pour en revenir au carburant, l’alternative au tout pétrole dans l’aérien n’existe pas et n’est pas près d’arriver…

Guillaume Cromer : Exactement, nous avons eu ce débat à Top Resa, avec Marc Rochet et Gérard Feldzer. Il est amusant de noter le changement de regard de Gérard Feldzer sur la question en seulement 10 ans.

En 2019, il reconnaît qu’il n’y a pas de solution alternative à la propulsion d’avion par le pétrole avant au minimum 40 ans. Les innovations n’avancent pas beaucoup sur le sujet.

D’ailleurs il y a dix ans, Gérard Feldzer avançait déjà ce laps de temps de quatre décennies comme point de rupture. Il était plus optimiste par le passé, son opinion a évolué.

A Top Resa, je l’ai senti plus pessimiste et alertant sur le fait qu’il risque d’y avoir un problème à un moment donné.


Une étude auprès de l’ADEME

TourMaG.com – Pourtant nous sentons un frémissement du côté de l’Etat pour avancer sur la question du tourisme durable. Les rapports s’enchaînent sur les bureaux du gouvernement…

Guillaume Cromer : Il y a un climat positif autour de la question. Un autre rapport a été remis par les députés sur la question du tourisme en France dans son ensemble, en traitant énormément de la question du tourisme durable.

Les élus ont, dans le même temps, abordé des points qui ne vont pas dans le bon sens, comme le développement des aéroports de province.

Pour revenir à votre observation, Jean-Yves Le Drian et Jean-baptiste Lemoyne ont commandé une étude auprès de l’ADEME (Agence Environnement et Maîtrise Energie), pour établir des préconisations concrètes pour soutenir le tourisme durable.

Avec Acteurs du Tourisme Durable (ATD) et d’autres collectifs, nous avons été auditionnés. Nous avons participé à des travaux de groupes et de construction de ce plan.

Ce rapport sera remis au ministère prochainement. La question que nous nous posons tous : que va faire le gouvernement de ces recommandations ? Sera-t-il un énième rapport à finir aux oubliettes ?


“Le gouvernement ouvre des portes, nous entrons dedans, à lui d’assumer”

TourMaG.com – D’autant plus que nous parlons d’un gouvernement n’ayant pas de ministre du Tourisme et qui semble peu se soucier du secteur. Les signaux laissent peu de place à l’optimisme…

Guillaume Cromer : Oui, nous entendons trop peu le gouvernement sur la question du tourisme malheureusement.

Mais le rapport a quand même été commandé par les ministres eux-mêmes, donc la volonté est réelle. J’espère juste qu’ils ont envie d’apporter des solutions.

En tant qu’Acteurs du Tourisme Durable, nous savons quelles recommandations nous avons faites et nous allons suivre les propositions et réalisations du gouvernement.

Il nous sera possible de donner une note tous les six mois, d’établir un monitoring des engagements de l’Etat, avec ce qui a été fait ou non. Je peux vous dire que nous allons embêter le gouvernement.

Il existe un contrepoids mené par la société civile et les professionnels. Le gouvernement ouvre des portes, nous entrons dedans, à lui d’assumer.

TourMaG.com – Quelles sont vos préconisations ?

Guillaume Cromer : La première est basique : nous devons avoir une stratégie de développement du tourisme durable en France.

Notre pays doit avoir rédigé à horizon 2024, un plan avec des objectifs précis sur les questions de la mobilité, ou pour réduire notre bilan carbone touristique, mais aussi pour booster les hébergements engagés en France, etc.

Ensuite, il y a toute une gouvernance nécessaire à mettre en place afin d’assurer la bonne conduite des missions et réaliser les objectifs. Si le gouvernement se dote d’une stratégie sur les 5 prochaines années, ce serait déjà pas mal.


“Avec ATD, nous devons aller chercher le mainstream…”

TourMaG.com – Aux rencontres nationales etourisme de Pau, nous avons pu nous rendre compte que les territoires sont très sensibles à la question. Les institutionnels semblent-ils réellement prêts à effectuer cette transition ?

Guillaume Cromer : Je pense que tout le monde doit faire sa part des choses. Il faut reconnaître que les territoires (Offices de tourisme, CRT, CDT, etc.) ont pris conscience de l’urgence de la situation et qu’ils sont prêts à se bouger.

L’engagement est réel, même s’ils se demandent beaucoup comment faire et se limitent bien souvent à des petites actions, sans rentrer réellement dans le dur de la question.

Par exemple, certains Offices de tourisme pourraient arrêter de draguer les touristes de marchés lointains, pour éviter les bilans carbone désastreux des visiteurs.

Au départ, le tour-operating était très engagé sur la question, avec notamment les TO d’aventure comme Voyageurs du Monde et d’autres, mais il faut que l’industrie aille plus loin.

Avec ATD, nous devons aller chercher le mainstream, par exemple nous accompagnons Kappa Club dans leur stratégie de développement durable et nous devons multiplier ces conversions.

Je pense que de plus en plus de responsables ont compris que le développement durable devait rentrer dans l’ADN des entreprises et dans le business de la boîte.

TourMaG.com – Bien souvent l’écologie est vue comme un frein pour le business, mais si les acteurs s’y prennent maintenant, elle peut devenir une opportunité de business ?

Guillaume Cromer : Bien sûr, l’écologie représente des opportunités et elle évite de se faire lyncher sur la scène médiatique et dans la société civile.

Prenez les compagnies aériennes, l’industrie est au cœur du cyclone. Les transporteurs ne sont pas prêts et ne se sont pas posé la question.

Si un tour-opérateur s’intéresse à la problématique environnementale et mène des actions via une stratégie RSE (Responsabilité Sociale des Entreprises), quand des gens tendent le micro, les patrons ont des choses à dire. Dans le cas contraire, les responsables improvisent et répondent à côté de la plaque.

Et je peux vous dire que la pression médiatique de Greta Thunberg va faire que le soufflet ne va pas retomber.

TourMaG.com – Justement, comment analysez-vous le traitement médiatique négatif pesant sur Greta Thunberg en France ?

Guillaume Cromer : Je ne pense pas que les médias lui fassent un traitement médiatique si négatif, mais ce sont plutôt les Laurent Alexandre et consorts qui lui crachent dessus avec un écho extraordinaire.

Personnellement, je suis fan de ses arguments et ce qu’elle dit est simple : lisez les rapports du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) et des scientifiques. Elle ne propose pas de solution, mais simplement d’écouter ceux qui savent.

J’invite juste tous les scientifiques à lire les rapports du GIEC et écouter les scientifiques. A partir de là, il sera possible de faire évoluer les choses.

Les impacts du changement climatique dans les 5 ou 10 ans à venir vont faire des dégâts énormes dans notre secteur. En adaptant les offres, les séjours et en arrêtant des destinations, ce sera compliqué.

Source : Tourisme durable : “je peux vous dire que nous allons embêter le gouvernement”

Écotourisme : les hébergements écologiques gagnent en popularité

Booking.com a mené une étude, courant février 2019, pour connaître les préoccupations des voyageurs internationaux en matière de tourisme éco-responsable.

Les enseignements de l’étude

  • 55 % des répondants sont enclins à mettre en place des actions plus respectueuses de l’environnement pendant leur congé, mais ils manquent cruellement de connaissances et d’options intéressantes lorsqu’ils tentent d’agir selon leurs convictions.
  • 72 % des voyageurs considèrent qu’une action immédiate est indispensable, et que les populations devraient opter pour des alternatives touristiques durables, afin de sauver la planète pour les générations futures. Si les résultats obtenus sont relativement homogènes pour toutes les tranches d’âge, les participants âgés de 46 à 55 ans (74 %) et les Millennials (71 %) sont ceux pour qui le besoin d’agir est le plus urgent.
  • Écolo-gements : les hébergements écologiques gagnent en popularité : en 2019, 73 % des voyageurs internationaux ont l’intention de séjourner au moins une fois dans un hébergement éco-responsable.
  • 70 % des sondés affirment que la mention éco-responsable pourrait les encourager à réserver un hébergement, même s’il ne s’agit pas de l’un des critères les plus recherchés sur la plateforme.
  • 72 % des voyageurs internationaux affirment ignorer l’existence de labels spécifiques décernés aux hébergements respectueux de l’environnement.
  • En France, près de la moitié des Français assurent ne pas avoir les moyens de payer les frais supplémentaires associés aux voyages éco-responsables.
  • Les agences de voyage ont aussi leur part de responsabilité : pour 71 % des sondés, ces dernières devraient proposer plus d’options de voyages écologiques aux consommateurs.
  • 46 % des sondés seraient plus enclins à voyager de manière écologique si cela leur permettait de profiter d’avantages économiques – tels qu’une réduction d’impôts.
  • Pour 45 % des voyageurs, la tâche serait plus aisée si les sites de voyages en ligne proposaient un filtre pour identifier les hébergements éco-responsables.
Source : Écotourisme : les hébergements écologiques gagnent en popularité

Disneyland Paris : l’écologie pour de vrai ?

À l’occasion du mois de la terre, Disneyland Paris a présenté ses engagements pour l’environnement en communicant sur sa politique de développement durable et d’en faire la promotion par une projection exceptionnelle célébrant la fragile beauté de la nature en première partie de son spectacle nocturne.

Alors, magie illusoire ou écoresponsabilité bien réelle ? Tour d’horizon des grandes actions de ce géant aux oreilles de Mickey qui influence tant d’enfants de plus en plus sensibles à l’environnement.

Disneyland Paris : 19.000 tonnes de déchets en 2018

Derrière le monde merveilleux de Disneyland Paris, s’entasse un volume de déchets équivalant à une ville de 40.000 habitants. Les ingénieurs de l’ « imaginaire » n’ont pas la tache facile lorsqu’il s’agit d’intégrer les 1.000 poubelles « standard et de tri » du parc sans écorner la féerie des princesses Disney.

Nicole Ouimet-Herter, Manager en charge de l’environnement à Disneyland Paris précise que « la moitié des déchets est recyclé et que le parc vise un taux de revalorisation des déchets opérationnels de 60 % d’ici 2020 ». La loi de transition énergétique de 2015 a fixé comme objectif la valorisation de 65 % des déchets en 2025.

Le 18 avril, Disneyland Paris va remplacer les pailles et touillettes en plastique par des pailles papier 100 % biodégradables pour les visiteurs qui en feront la demande. Il s’agit de l’application un peu plus rapide de la loi Alimentation et Agriculture prévue pour 2021.

La semaine suivante, les sacs plastiques ne seront plus systématiquement distribués, des sacs réutilisables vendus à partir de 1 euro et composés à 80 % de plastique recyclé, seront disponibles dans les très nombreuses boutiques du parc.

Des distributeurs de gels de bain, douche et shampoings rechargeables seront mis en place dans certains des établissements hôteliers de Disneyland Paris dès le mois de juin, réduisant ainsi de 80 % les flacons en plastique dans les chambres.

Traitement et recyclage des eaux usées

Disneyland Paris est le premier parc à thèmes d’Europe à s’être équipé d’une station de recyclage pour réduire sa consommation d’eau potable.

Aux commandes, Marilya Chatzistamatiou, ingénieure en ressources naturelles pour Disneyland Paris et les équipes Environnement gèrent la production de 2.100 m3 d’eau par jour « limpide, mais non potable » qui sont utilisées pour l’appoint en eau des bassins d’agrément des parcs Disney et du Disney Village, l’arrosage des 250 hectares d’espaces verts du site ainsi que pour alimenter le système de refroidissement de la centrale énergétique.  Ces aménagements ont permis d’économiser  1,5 million de m3 en cinq ans soit l’équivalent de la consommation de 12.000 foyers.

Réduction des émissions de gaz à effet de serre

En 2018 Disneyland Paris  annonce une baisse de ses émissions de 13,5 % par rapport à l’année 2012 (année de référence). Une centrale géothermique implantée dans le Village Nature, le projet de tourisme durable en collaboration avec Pierre & Vacances, alimente le parc. Une énergie 100 % locale et renouvelable pour couvrir les besoins en chaleur (chauffage et eau chaude sanitaire) pour les parcs Disney et le Disneyland Hotel.

En matière de performance énergétique, les projecteurs LED ont remplacé les halogènes énergivores. Les chars de certaines parades sont désormais hybrides.
Des panneaux solaires seront bientôt installés afin d’augmenter le pourcentage d’utilisation des énergies renouvelables qui représente 10 % de la consommation totale du parc.

La mise en oeuvre de toutes ces actions au sein de la première destination touristique d’Europe a pour objectif de sensibiliser et encourager les enfants à la protection de la nature. « Un engagement durable visant à limiter notre impact sur l’environnement – une priorité inscrite dans notre vision stratégique pour l’avenir » déclare Natacha Rafalski, Présidente de Disneyland Paris.

Source : Disneyland Paris : l’écologie pour de vrai ?

Les tendances food 2019 selon LaFourchette

France.

2019 sera l’année de la cuisine saine mais yummy : revenir à des produits peu voire pas transformés, pour un meilleur équilibre alimentaire mêlant plaisir et santé, tout en respectant son corps et la planète. Le retour à la nature est mis en exergue par le “Fresh Foraged Feasting”, art culinaire basé sur la thématique du retour à la nature. Des produits d’origine biologique, frais, non transformés et locaux sont présentés de manière brute afin de renforcer leur aspect naturel et bénéfique pour la santé. Manger pour se soigner : les consommateurs souhaitent aussi déguster des plats énergétiques et sains, composés d’ingrédients connus pour leurs propriétés bénéfiques. Après le champagne pairing… Le vegan pairing ! La cuisine vegan, loin d’être fade, s’associe aux meilleurs vins, afin d’en faire ressortir toutes les saveurs et richesses.

Une transformation écologique pour séduire les consom’acteurs

Eco-emballage, gestion des invendus, les restaurants ne sont plus en reste pour témoigner de leur engagement face aux enjeux mondiaux. Pour lutter contre le plastique, de plus en plus de marquesproposent des contenants écologiques et/ou réutilisables, plus « eco-friendly » et des systèmes de consigne se développent pour fidéliser la clientèle. Pour lutter contre le gaspillage alimentaire, des repas sont confectionnés avec des surplus de supermarchés locaux.

La digitalisation

 De nos jours, internet et les réseaux sociaux permettent une communication horizontale et une transparence de l’information, ainsi qu’une personnalisation toujours plus poussée. Certaines applications aident à reconnaître les ingrédients que l’on ne connaît pas forcément, sans avoir à demander au serveur… Lens par Pinterest a ainsi été une des premières à rebondir sur cette tendance. La tendance du “free-from” (gluten, lactose, régime vegan…) pousse les chefs à développer des recettes délicieuses, tout en jonglant avec ces différentes contraintes. De plus en plus d’établissements mettent ainsi en place des menus adaptés et où sont mentionnés les ingrédients pour faciliter le choix des consommateurs.

L’expérientiel, réelle plus-value pour les restaurateurs

3 Millenials sur 4 préfèrent vivre une expérience plutôt qu’acheter un objet, selon une étude menée par Eventbrite pour Harris en 2016. Les restaurants deviennent multi-sensoriels : l’accent est mis sur la décoration, les arts de la table et le dressage des assiettes, afin de rendre toute la sortie au restaurant exceptionnelle. La saveur d’un plat est primordiale mais l’aspect esthétique est également de plus en plus plébiscité. L’objectif est de partager ensuite sur les réseaux sociaux des plats très esthétiques et originaux. Les consommateurs cherchent également au sein des restaurants une expertise et la découverte de saveurs dont ils n’avaient pas conscience. Pourquoi se focaliser uniquement sur le vin ou le café ? Les sommeliers du thé ont une place à prendre. Le concept des POP Up Store est réutilisé pour jouer sur l’instinct de découverte. Des endroits permanents mais avec des restaurateurs différents chaque semaine : les consommateurs peuvent ainsi revenir régulièrement dans l’objectif d’être en permanence surpris.

Source : Les tendances food 2019 selon LaFourchette

Parc national de Mikea : 12 hectares de forêt primaire défrichés

Des centaines d’arbres ont été abattus dans le parc.

Dix personnes ont été prises en flagrant délit en effectuant une exploitation illicite dans l’enceinte du parc national de Mikea.

En tout, 12 hectares de forêt primaire y ont été défrichés. A part des centaines d’arbres abattus qui s’éparpillaient en lot, 30 foyers de charbons, dont la dimension moyenne de chaque foyer est de 7 mètres de longueur, 3 mètres de largueur et1mètre 40 de hauteur, ont été découverts. En outre, 25 autres pré-foyers d’environ 8 mètres de longueur, 4 mètres de largeur et 1 mètre 50 de hauteur étaient également observés sur place. C’est suite à une mission effectuée dernièrement par la brigade mixte constituée par la Direction Régionale de l’Environnement, de l’Ecologie et des Forêts (DREEF) Atsimo-Andrefana, la gendarmerie de Tsianisiha et l’équipe du Parc National Mikea.

Travaux forcés. Face à un tel désastre, la Direction du Parc National Mikea a aussitôt déposé une plainte auprès du Tribunal de Première Instance de Toliara. Conformément à la disposition dela loi 2015-005 du 22 janvier 2015 portant la refonte du code de gestion des Aires Protégées, le défrichement et le campement illicite dans une Aire Protégée sont des infractions punies par la loi. En parallèle, une plainte a été également déposée suite aux menaces proférées à l’endroit des Comités Locaux du Parc. Ces exploitants illicites ont été déférés au tribunal de première instance de Toliara. Selon la loi, ils pourront avoir une peine de travaux forcés avec un paiement d’amende atteignant jusqu’à 2 milliards Ar.

Campagnes de sensibilisation. Par ailleurs, les parties prenantes locales dont la Commune de Marofoty, la brigade de la gendarmerie de Tsianisiha, le Comité d’Orientation et de Soutien à l’Aire Protégée(COSAP), la structure de sécurité DINABE et l’équipe de Madagascar National Parks, se sont mis d’accord afin de prendre toutes les dispositions nécessaires. L’objectif est de stopper la dégradation massive du Parc via des campagnes de sensibilisation.  Ce qui a permis de réaliser une telle grosse capture des exploitants illicites provoquant des dégâts environnementaux.

Navalona R.

Source : Parc national de Mikea : 12 hectares de forêt primaire défrichés

A Madagascar, la conservation des espèces endémiques va de pair avec la production écologique

D’après une étude menée conjointement par des scientifiques malgaches et étrangers issus de la Société zoologique de Bristol et d’une Université britannique, les plantations de cacao et de vanille servent également d’habitat naturel  pour certaines espèces de lémuriens et autres animaux endémiques de Madagascar.

Financée par Conservation International, cette étude a mis en lumière une nouvelle habitude chez 5 espèces de lémuriens, observées dans 61 plantations de cacao de la région d’Ambanja, dans le nord de Madagascar. Durant les descentes sur terrain, ces animaux endémiques ont été aperçus en train de se reposer, se déplacer ou se nettoyer tranquillement sur les branches de cacao. D’autres ont été observées dans des plantations de vanille situées à  proximité d’importantes zones forestières naturelles.

D’après un expert de Conservation International, il s’agit de la première étude qui met en exergue le rôle crucial que peuvent jouer les plantations de cacao et de vanille, en matière de refuge naturel pour ces espèces endémiques. Mais plus important encore, cette étude a montré l’absence d’interaction négative entre ces espèces et la population locale. A aucun moment, les lémuriens ne se nourrissent de gousses de cacao ou d’autres produits de ces plantations.

Pour les experts ayant conduit l’étude, il s’agit de la première étape qui souligne l’importance et la nécessité de mettre en place des systèmes de productions durables et écologiques pour les producteurs de cacao et de vanille de Madagascar, à des fins de conservation de la faune et flore malgache.

Source : A Madagascar, la conservation des espèces endémiques va de pair avec la production écologique

Air Canada nommée “Transporteur écologique de l’année” par Air Transport World

La compagnie Air Canada vient de se voir décerner le titre de « Transporteur écologique de l’année 2018 » par le magazine Air Transport World à l’occasion de la 44e cérémonie des « Annual Airline Industry Achievement Awards ».

Air Transport World a notamment distingué l’engagement d’Air Canada à réduire ses émissions en encourageant la production de carburants de substitution. Sans oublier ses nombreux programmes et partenariats écologiques, notamment le fait qu’elle est le premier transporteur au monde à avoir rejoint la coalition pour la tarification du carbone de la Banque mondiale.

Comme l’a précisé Calin Rovinescu, Président et Chef de la direction d’Air Canada : « Air Canada a axé ses prises de décisions et ses processus commerciaux sur la durabilité, ce qui comprend la nécessité d’agir dans le respect de l’environnement. Nous avons augmenté notre efficience énergétique de 40% depuis 1990 et nous nous sommes fixés des objectifs en vue de continuellement améliorer notre performance environnementale. »

A travers le prix du transporteur écologique, Air Transport World cherche à récompenser un transporteur qui exerce des activités écologiques novatrices et exceptionnelles. Pour sélectionner le gagnant, les juges ont cherché un engagement inégalé à adopter des technologies et à déployer des efforts dans le but d’accroître l’efficience opérationnelle et de réduire les émissions et la dépendance au pétrole. Cela comprend les solutions d’avant-garde à des problèmes environnementaux, les mesures environnementales dans le cadre d’une implication dans les collectivités et les meilleures pratiques dans les aéroports.

Cette distinction est la 2ème remportée cette année par Air Canada pour ses programmes de développement durable. Son rapport de développement durable, Citoyens du monde, a été couronné meilleur rapport de développement durable dans la catégorie des transports par l’Initiative pour la finance durable (IFD).

Air Canada suit une stratégie qui repose sur quatre piliers : l’utilisation de nouvelles technologies, l’amélioration de l’exploitation, la modification de l’infrastructure et l’élaboration d’instruments économiques.

Elle a investi la somme de 10 milliards de dollars canadiens dans le renouvellement de ses appareils, grâce auquel elle a maintenant l’une des flottes les plus modernes et les plus éco-efficientes au monde.

Enfin, elle a adopté les objectifs ambitieux fixés par IATA pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre, notamment :

  • accroître le rendement du carburant de 1,5% en moyenne par année de 2009 à 2020
  • limiter les émissions de CO2 à compter de 2020 (croissance neutre en carbone)
  • réduire les émissions de CO2 de 50% d’ici 2050 (par rapport aux niveaux de 2005).

Pour en savoir plus sur les programmes et les activités d’Air Canada en matière d’environnement, consulter le rapport Citoyens du monde le site laissezmoins.com, accessibles sur www.aircanada.com

A propos d’Air Canada

Air Canada est le plus important transporteur aérien du Canada à proposer des services intérieurs et internationaux, pour plus de 200 aéroports répartis sur six continents. Le transporteur national du Canada compte parmi les 20 plus importantes sociétés aériennes à l’échelle mondiale et a accueilli près de 45 millions de clients en 2016. Air Canada fournit des services passagers réguliers directs sur 64 aéroports au Canada, 60 aux États-Unis et 98 en Europe, au Moyen-Orient, en Afrique, en Asie, en Australie, dans les Antilles, au Mexique, en Amérique centrale et en Amérique du Sud. Air Canada est un membre fondateur du réseau Star AllianceMD, le plus vaste regroupement de transporteurs aériens du monde, qui dessert 1.300 aéroports dans 191 pays. Air Canada est le seul transporteur nord-américain d’envergure internationale auquel sont conférées quatre étoiles, selon la firme de recherche indépendante britannique Skytrax.

Source : Air Canada nommée “Transporteur écologique de l’année” par Air Transport World

Retour d’expérience : “J’ai concilié hôtellerie économique et écologie”

Concevoir un bâtiment écologique représente un surcoût. Pourtant, une marque comme EcoNuit, qui vient d’ouvrir son deuxième établissement à Saint-Nazaire, s’est fixé comme objectif de marier écologie et économie dans ses 2 étoiles. Explications.

Hôtellerie économique et écologie, l’insoluble équation ? C’est la question que s’est posée Grégory Portner, avant d’ouvrir son premier établissement “éconologique” à Guérande (Loire-Atlantique), en 2011. “En tant que citoyens, on était de plus en plus sensibilisés à l’écologie. Et pourtant, à l’exception des établissements haut de gamme, l’hôtellerie continuait à fonctionner de manière classique… On a fait des recherches, et on s’est rendu compte que c’était faisable“, raconte l’hôtelier. Ainsi est né EcoNuit.

Pour la structure de ses bâtiments, la marque n’a pas retenu le bois (“trop onéreux“), mais le Siporex – des briques de béton cellulaire qui possèdent un fort pouvoir isolant. “C’est une technique que l’on voit de plus en plus pour la construction de maisons, mais pas pour des immeubles de plusieurs étages, car c’est techniquement compliqué. La portance est moins importante que pour du béton. D’où le choix de bâtiments compacts et pas trop larges“, explique-t-il.

Une palette de solutions élargie

“À chaque étape, nous nous sommes posé la question des produits recyclés et recyclables, de l’écoresponsable et du bio”, poursuit-il. Les canalisations ont ainsi été isolées, l’eau chaude sanitaire est préchauffée par des panneaux solaires, tous les points d’eau disposent de robinets thermostatiques et de mousseurs, les WC sont équipés de systèmes double flux… Résultat : la consommation d’eau est réduite de 30 % par rapport à un hôtel classique, tandis que le chauffage de l’eau est 35 % moins gourmand en énergie. La marque utilise par ailleurs des peintures minérales naturelles, des éclairages électriques basse consommation avec boîtiers électriques économiseurs et des télévisions à LED. Les sols sont 100 % recyclables et issus, à 20 %, de composants recyclés. Les rideaux sont exempts d’additifs chimiques. Le mobilier, issu de forêts durablement gérées, provient d’entreprises implantées dans l’Ouest de la France. “L’aménagement a nécessité entre six mois et un an de recherche pour les fournisseurs et les différentes techniques. Mais pour notre deuxième adresse à Saint-Nazaire, on a eu beaucoup plus de choix qu’il y a six ou sept ans. Les fabricants sont plus engagés et certains produits sont moins chers“, note Grégory Portner.

“C’est l’avenir”

L’enseigne suit la même philosophie pour son exploitation, en adoptant des produits d’entretien biodégradables, une blanchisserie économe en eau, des distributeurs de gels douche et shampooings bio, ou encore un petit déjeuner buffet “à 90 % bio et local“. Pour respecter le rapport qualité-prix (les chambres sont proposées entre 39 et 79 € la nuit), des compromis ont toutefois été nécessaires. “Le coton bio est encore trop cher. Quant aux oreillers bio, ils n’ont pas encore un confort et une résistance suffisants. Nous avons également dû renoncer aux jus de fruits, au thé, au café et aux viennoiseries bio, pour pouvoir proposer notre petit déjeuner à 6,90 €“, glisse l’hôtelier.

D’après Grégory Portner, le surcoût (5 % supplémentaires par rapport à une construction conventionnelle, soit 150 000 €) doit être absorbé en cinq ou six années, en tablant sur un taux de remplissage de 60-65 %, trois ans après l’ouverture : “Le marché est mûr pour notre produit. Il y a six ans, 5 % environ de nos clients étaient sensibles à ces problématiques, contre 15 à 20 % aujourd’hui. Notre remise écologique de 5 €, accordée quand les clients décident de ne pas faire faire leur chambre tous les jours, est utilisée par 20 % de notre clientèle. L’écologie, c’est l’avenir. Cela deviendra incontournable, alors autant anticiper.”

Source : Violaine Brissart – Retour d’expérience : “J’ai concilié hôtellerie économique et écologie”