Les Seychelles misent sur Air France pour relancer la fréquentation

Le pays qui va célébrer le 150e anniversaire de l’arrivée des premiers colons connait un léger trou d’air sur le marché français depuis l’arrêt en mai de Joon. Mais Air France va reprendre ses vols pour la haute saison, d’octobre à mars 2020.

2020 sera une année de célébrations pour les Seychelles afin de marquer le 150 anniversaire du peuplement du pays par une poignée d’immigrés français accompagnés d’esclaves africains et de quelques indiens. « Cet événement débutera le 21 décembre prochain pour se dérouler sur un an. Nous allons mettre en avant l’histoire des Seychelles et proposer un programme culturel dans les 25 districts afin d’inciter les touristes à explorer l’archipel », explique Sherin Francis, directeur de l’office du tourisme des Seychelles.

Et la directrice Europe Bernadette Willemin de préciser « qu’une communication sera faite en direction des voyagistes et des agences pour qu’ils incitent à découvrir les Seychelles durant cette année toute particulière ». A cette occasion, un musée national des Arts sera inauguré en octobre 2020 à Sainte-Anne, peu de temps avant l’ouverture sur cette même île du nouveau village 5 tridents du Club Med.

Dans le même temps, les Seychelles entendent accentuer leur positionnement de destination nature à la pointe du tourisme responsable. « Nous étions pionniers en matière d’écotourisme pratiquant cela sans le savoir à l’époque. La richesse des Seychelles, c’est en effet sa nature. Nous devons préserver ce capital au travers d’un tourisme contrôlé et responsable », nous explique sur le salon IFTM le ministre du tourisme Didier Dogley, qui rappelle que le tourisme constitue le premier secteur d’activité du pays, avec la pêche. Pour satisfaire les deux, 30% des côtes de l’archipel seront classées d’ici janvier 2020 dont la moitié sous forme de sanctuaire marin. Une décision qui devrait ravir les adeptes de snorkeling et de plongée sous-marine.

De l’importance d’une liaison directe avec Paris

Côté fréquentation, les Seychelles espèrent faire aussi bien cette année qu’en 2018 qui marqua un record de fréquentation avec 362 000 touristes dont 40 000 Français. « Depuis l’arrêt de Joon en mai dernier, les arrivées sont en légère baisse mais nous espérons finir 2019 à l’étale avec la reprise du vol quotidien d’Air France le 25 octobre, jusqu’en mars 2020 », précise Bernadette Willemin. Une liaison directe entre Paris et Mahé apparait donc essentielle pour le marché malgré les vols avec une escale proposés par British Airways, Emirates, Qatar Airways, Etihad, Turkish Airlines, Ethiopian….

Outre la question de la desserte aérienne, la préoccupation de l’office du tourisme est de faire apparaître les Seychelles comme une destination destinée à toutes les clientèles et pour tous les budgets, la durée moyenne de séjour s’élevant à 9 nuits. « Les Seychelles ne comptent pas qu’une hôtellerie de luxe avec des hôtels 5* réputés mais également des établissements de charme, des chambres d’hôtes, des locations en meublé… », insiste-t-elle.

Afin de faire connaître cette offre d’hébergement diversifiée ainsi que l’ensemble des informations nécessaires pour vendre la destination de l’océan Indien, la formation de la distribution sera renforcée avec déjà 300 vendeurs experts certifiés. « Il est important que les agents de voyages maîtrisent la destination, cette certification comprenant, dans une seconde phase, un éductour aux Seychelles car on ne vend bien que ce que l’on connait », conclut Bernadette Willemin.

Source : Les Seychelles misent sur Air France pour relancer la fréquentation

Litige Air Madagascar – Air France : Un enjeu de 42 millions USD, verdict attendu ce jeudi

Le sort d’Air Madagascar dépendra du verdict prononcé par le Tribunal de commerce de Paris, le 17 octobre. En parallèle, la compagnie nationale est en train de rater le virage vers le digital, impératif sur le secteur du transport international.

 Ses dirigeants l’ont déjà affirmé ! Air Madagascar n’a pas la capacité de payer la somme réclamée par Air France, si jamais elle perd le procès sur l’affaire concernant les deux avions A340-300.  Pour rappel, en 2012 lors de la Transition, la compagnie nationale malgache a pris en leasing-achat deux Airbus A340 d’Air France pour un montant total de 67 millions USD, ce qui représente un tarif largement supérieur aux prix du marché de l’occasion, à l’époque entre 10  à 20 millions USD pour un avion de ce genre, selon les connaisseurs. Certes, les dirigeants de la compagnie malgache ont amèrement regretté d’avoir signé ce contrat avec précipitation. En effet, les A340 sont très budgétivores, alors que la compagnie malgache ne peut pas s’en débarrasser, à cause d’une clause de réserve de propriété, qui indique que les deux avions restent propriétés d’Air France, jusqu’à ce que la dernière mensualité soit payée. En 2018, Air Madagascar – qui a déjà payé 55 millions USD de loyers – a essayé d’acquérir les derniers titres par anticipation, en payant le solde estimé à quatre millions USD, afin de pouvoir revendre les deux avions. Mais la compagnie française a refusé, en avançant une nouvelle clause de restitution de 15 millions USD et de frais de remise à niveau des avions, le tout atteignant 46 millions USD. Bref, si le Tribunal de Paris donne raison à la compagnie française, Air Madagascar aura à payer cette somme, et aura dépensé en tout, 101 millions USD, pour acquérir des avions qui ne pourraient jamais être rentables.

Mauvaises décisions. Ces acquisitions ne sont pas les seules décisions maladroites des dirigeants d’Air Madagascar. Il y a deux semaines, une délégation de la compagnie a rendu visite à 700 agences en Europe pour une campagne de prospection. Et pourtant, nul n’ignore que cette option n’est plus efficiente. Pour en avoir le cœur net, nous avons questionné un expert en la matière, Rija Randriamalalaniaina, chef de Projet Digital et E-commerce auprès d’une multinationale française, non moins intervenant professionnel en Marketing Digital, à l’Université de Franche Comté. « Effectivement, Air Madagascar doit considérer l’importance du virage vers le digital, à l’heure où 79% des voyageurs préparent leur séjour sur Internet et 55% des réservations se passent en ligne. Miser gros sur les agences serait une mauvaise idée, car même les géants comme Thomas Cook ont fait faillite, à cause du développement numérique. Maintenant, la compagnie malgache accumule un retard considérable en stratégie Online. A ce que je sache, elle n’a pas de stratégie d’acquisition en place, pas de CRM dédié pour le B to C, on constate parfois des erreurs en Yield management et en distribution en ligne, etc. Il est vrai que la restructuration d’Air Madagascar devrait passer par un renouvellement de la flotte et d’un rebranding parce que les retards et les annulations ne sont plus tolérés. L’image de marque d’Air Madagascar est complètement dégradée. Cependant, le succès d’une restructuration passe avant tout vers le remplissage des Avions et la guerre se trouve désormais sur internet », a expliqué l’expert en marketing digital.

Compétitivité. La concurrence online est féroce avec les OTAS (Online Tourism Agency), comparateurs et les compagnies aériennes, selon Rija Randriamalalaniaina, qui a martelé qu’Air Madagascar doit impérativement trouver des solutions pour améliorer sa compétitivité. « J’ai acheté par exemple des billets Paris – Tana – Paris à 650€ en faisant des escales à Doha et Nairobi avec Qatar Airways. Une stratégie digitale n’est pas uniquement avoir un site internet e-commerce. C’est créer tout un écosystème autour du parcours client. C’est investir dans l’acquisition des clients et dans la transformation pour développer les réservations et remplir les avions. C’est gérer l’e-réputation de la marque, créer des ambassadeurs et mobiliser des influenceurs. C’est développer et coordonner les points de contact online et offline via une expérience omnicanale, etc. Tout cela dans une logique de ROI (Retour sur Investissement) », a-t-il soutenu. Depuis des dizaines d’années, des moyens considérables sont mobilisés par les pouvoirs publics, au frais des contribuables, pour relancer en vain les activités d’Air Madagascar. Internet et le digital nous offre une opportunité importante, à nous de décider de prendre le virage ou foncer tout droit vers le mur, a-t-il conclu.

Source : Litige Air Madagascar – Air France : Un enjeu de 42 millions USD, verdict attendu ce jeudi

Litige Air France – Air Madagascar : Un dossier difficile à gérer pour le nouveau régime

La gestion du  dossier concernant le litige opposant Air Madagascar  et Air France sur l’achat des deux Airbus A 340 – 300 s’annonce difficile pour le nouveau régime

Cette semaine s’avère décisive quant à l’avenir  de la compagnie aérienne nationale Air Madagascar.  On apprend en effet que normalement, le tribunal de commerce de Paris rendra, peut-être mercredi prochain son  verdict sur le litige opposant Air France et la compagnie malgache.

Très gourmandes

Ce litige rappelons-le concerne le paiement des loyers des deux Airbus A 340 acquis pendant la période transitoire sur la base d’un contrat de vente- location contracté auprès d’Air France propriétaire de ces deux appareils qui étaient déjà dans un état de vétusté avancée  et très difficile à gérer. La preuve depuis leur acquisition, ces deux Airbus A 340, très gourmandes en jet fuel sont devenus des sources de  nombreuses difficultés pour Air Madagascar. Pire, l’un des deux avions était bien souvent cloué au sol et ses entretiens et réparations ont coûté des millions de dollars à Air Madagascar dont les finances sont déjà au plus bas. Et le cauchemar n’est toujours pas fini pour Air Madagascar, car actuellement, c’est Air France qui  lui réclame  plusieurs millions de dollars  pour ce qui serait une défaillance  concernant le paiement des loyers  de ces deux avions qui sont en très mauvais état. On ne connaît pas encore les chiffres officiels de cette transaction mais certaines sources parlent de 500.000  dollars par mois qu’Air Madagascar n’aurait donc pas payé selon les termes du contrat.

Mort certaine

D’où cette demande d’Air France d’être dédommagée par Air Madagascar. Là encore, on ne connaît pas le montant exact des sommes à payer. Elles dépasseraient, selon certaines sources, les 100 millions de dollars.  En tout cas, si le tribunal de commerce de Paris donne raison à  la puissante Air France et condamne la petite Air Madagascar, cette dernière aura énormément de difficultés et sera même menacée  d’ une mort certaine. A moins qu’Air Austral, le partenaire stratégique puisse faire quelque chose pour la compagnie malgache. Mais là, il ne faut visiblement pas se faire trop d’illusion car au final le partenariat stratégique passé entre les deux compagnies n’a pour le moment pas apporté les bons effets attendus pour Air Madagascar, et partant, pour l’Etat malgache. Pour preuve  de ce mauvais résultat à mis parcours du partenariat stratégique,  l’on constate actuellement que pour  Air Madagascar, la situation n’est pas tellement reluisante, puisque sur l’international, elle est  fortement handicapée par la mauvaise performance des deux  vieux Airbus A 340-300 qui ne sont plus très confortables et qui grèvent énormément les finances de la compagnie en raison des charges trop lourdes, ne serait-ce qu’en termes de consommation de kérosène.  Sur le réseau domestique, l’avènement de la filiale « Tsaradia » est censé apporté un nouveau souffle, mais les passagers continuent de souffrir de nombreux manquement, notamment, en termes de régularité.

Injuste

Quant à l’Etat malgache, ou plutôt les contribuables dont la plus grande partie n’a jamais pris un avion, le sacrifice consenti  est énorme. En effet,  pour faire passer le partenariat stratégique, le précédent régime a accepté l’exigence démesurée d’Air Austral de payer sur les recettes de l’Etat, 303 milliards d’ariary pour éponger les dettes d’Air Madagascar. Et permettre ainsi à Air Austral de racheter les 49%  du capital d’Air Madagascar pour 15 millions de dollars. Et là encore des zones d’ombre persistent puisque, faute de fonds propres, Air Austral a dû  contracter des prêts auprès de l’AFD et d’un consortium de banques commerciales.  Pire, la CNAPS, un organisme public malgache  a été sollicité pour aider la compagnie régionale  Air Austral à acheter la compagnie nationale Air Madagascar.  Acheter une compagnie malgache en empruntant de l’argent auprès des Malgaches s’avère en tout cas injuste. Dans tous les cas, Air Madagascar se trouve actuellement dans une position très difficile.   Si par malheur, le tribunal de commerce de Paris dont la prochaine audience aura donc lieu après- demain prononce une condamnation, ce sera le début de la fin. Et même si elle est épargnée, la poursuite du partenariat stratégique pour qu’il puisse porter réellement les intérêts du pays, est une autre affaire. Espérons que les nouveaux dirigeants puissent trouver la meilleure option pour gérer cette crise  qui risque, à terme de mettre Air Madagascar sur la  voie d’une compagnie en voie de disparition. Fierté nationale où es- tu ?

Source : Litige Air France – Air Madagascar : Un dossier difficile à gérer pour le nouveau régime

Air France : l’avenir de la compagnie est-il menacé ?

Hier, à la veille d’un quatorzième jour de grève chez Air France, le gouvernement a averti que l’État ne viendrait pas à la rescousse de la compagnie, secouée par la démission de son PDG. Dès ce lundi matin, l’action d’Air France-KLM dévissait de plus de 13% à la Bourse de Paris…

« L’État n’est pas là pour éponger les dettes, venir à la rescousse d’entreprises qui ne feraient pas les efforts nécessaires de compétitivité », a prévenu le ministre de l’Économie Bruno Le Maire, dimanche, sur BFMTV. Avant d’appuyer : « Ceux qui pensent que quoi qu’il arrive, l’État arrivera à la rescousse d’Air France et épongera les pertes d’Air France se trompent. »

L’État français contrôle 14% d’Air France-KLM, ce qui n’en fait qu’un « actionnaire minoritaire », a rappelé Bruno Le Maire. Delta Airlines ou China Eastern détiennent chacune 8,8% du capital. « Les 14% que l’État a dans le capital d’Air France, c’est l’argent des Français. Comme ministre de l’Économie, je suis comptable du bon emploi de l’argent des Francais », a mis en garde le patron de Bercy.

Panique chez les actionnaires

Dès ce lundi matin, à 10h13, l’action d’Air France-KLM dévissait de plus de 13% à la Bourse de Paris, lestée par l’annonce de la démission de Jean-Marc Janaillac, PDG du groupe jusqu’au 15 mai, qui plonge encore un peu plus le transporteur aérien dans l’incertitude. Depuis le début de l’année, le groupe, avec une capitalisation boursière de 3 milliards d’euros, a déjà cédé plus de 48%. Il s’agit de la pire chute sur l’indice élargi SBF 120 derrière Technicolor depuis janvier.

Rappelons que vendredi, Jean-Marc Janaillac a démissionné suite au désaveu des salariés du groupe, qui ont rejeté la proposition mise sur la table par la direction pour sortir du conflit en cours. La direction proposait, pour la période 2018-2021, des augmentations générales de salaires de 7% sur quatre ans, s’ajoutant aux augmentations individuelles, dont le versement aurait été lié aux résultats financiers.

Une grève qui s’essouffle

Mais les dix organisations de pilotes, d’hôtesses et de stewards et de membres du personnel au sol qui composent l’intersyndicale réclament quant à eux 5,1% d’augmentation en 2018, au titre d’un « rattrapage » nécessaire après six ans de gel des grilles salariales. Cette même intersyndicale a décidé de maintenir son préavis de grève pour ce lundi et mardi (demain). Air France prévoit toutefois d’assurer « près de 85% » des vols lundi. Il s’agit du taux d’annulation le plus bas depuis le début du mouvement.

De toutes parts, des doutes sur l’avenir de la compagnie commencent à émerger. « Cela met en péril non seulement les objectifs d’efficacité économique, mais aussi l’intégrité même du groupe », estiment les analystes de Société Générale. « Air France-KLM devrait éprouver les pires difficultés à attirer un manager de haut niveau », jugent les analystes d’Aurel BGC. « Si Air France ne fait pas les efforts de compétitivité nécessaires, qui permettront à ce fleuron national d’être au même niveau que Lufthansa ou que d’autres compagnies aériennes mondiales, Air France disparaîtra », a averti Bruno Le Maire.

L’entreprise est en danger

« J’en appelle au sens des responsabilités de chacun, des personnels navigants, des personnels au sol, des pilotes qui demandent des augmentations de salaires qui sont injustifiées : prenez vos responsabilités, la survie d’Air France est en jeu », a-t-il insisté. Le ministre, ainsi que de nombreux observateurs, craignent un scénario catastrophe : une faillite comme celles des compagnies historiques Swiss Air ou Alitalia.

« Quand on a le niveau de rémunération actuel des pilotes, que l’on sait que l’entreprise est en danger, on ne demande pas des revendications salariales aussi élevées », a-t-il conclu. Les principaux intéressés apprécieront.

Source : Air France : l’avenir de la compagnie est-il menacé ?