ONTM : 76 contacts établis lors d’un busmeeting en France

L’Office National du Tourisme de Madagascar (ONTM) ne ménage pas ses efforts pour promouvoir la destination Madagascar.

A preuve, il a participé à un busmeeting dans le sud-est de la France en étroite collaboration avec la compagnie aérienne nationale Air Madagascar et les autres institutions en charge du tourisme. A bord d’un autocar aménagé en neuf espaces de travail, la délégation malgache a eu l’occasion de rencontrer un maximum d’agences de voyages en région Sud-est de la France. En fait, elle a pu organiser huit rencontres avec des professionnels du tourisme français dans huit villes différentes, à savoir, Lyon, Grenoble, Avignon, Toulon, Ajaccio, Bastia, Nîmes, Marseille. « Nous leur avons présenté les riches nouveautés en matière d’offres et produits touristiques de la destination Madagascar. Et le bilan de ce roadshow organisé dernièrement dans l’Hexagone était positif. En effet, 76 contacts ont pu être établis lors de ce busmeeting », selon les explications des responsables de l’Office National du Tourisme de Madagascar.

Accroître les opportunités d’affaires. Dans la même foulée, les promoteurs de la destination Madagascar ont organisé un jeu lors de la clôture de la tournée du BusMeeting à Marseille. Divers lots ont été ainsi offerts. On peut citer, entre autres, un billet d’avion aller-retour France-Madagascar et un séjour au Talinjoo Hôtel localisé dans la ville de Fort-Dauphin. Et après ce busmeeting, un autre roadshow a été ensuite organisé dans quatre autres villes de France, à savoir Nice, Toulouse, Bordeaux et Mulhouse, et ce, en partenariat avec Air Madagascar. « L’objectif consiste à accroître les opportunités d’affaires des opérateurs touristiques malgaches. La délégation malgache a pu organiser dix rencontres en porte-à-porte à Nice et à Mulhouse tandis que des échanges avec 58 agents de voyages et Tours Opérateurs français ont eu lieu dans les deux autres villes, dans le cadre de ce roadshow. A cette occasion, nous avons présenté la destination Madagascar, et ses produits touristiques phares ainsi que ses nouveautés dans l’hôtellerie, les circuits et les autres activités », selon leurs dires.

Découverte du Sud. Par ailleurs, l’ONTM a organisé un voyage de presse à l’intention de quatre journalistes français toujours dans le but d’accroître la visibilité de la Grande île en tant que destination touristique auprès du public français. Durant leur séjour, ils ont découvert le Sud malgache, incluant le Parc National de l’Isalo, la population des Mikea et leur forêt ainsi que le village des pêcheurs d’Andravona. Un spécialiste de la population Mikea et un expert en plongée ont été mobilisés pour leur fournir le maximum d’informations sur cette destination intérieure, a-t-on conclu.

Source : ONTM : 76 contacts établis lors d’un busmeeting en France

France : Tookki, 1ère application qui recense les lieux et activités du tourisme responsable

Qui peut croire que nous puissions demain nous passer de nos ordinateurs, smartphones, data centers ou autres réseaux sociaux ? Personne …et pourtant ils accaparent plus de 10% de la consommation mondiale d’électricité.

La situation pourrait encore être maîtrisable si ce n’étaient les prévisions de croissance qui deviennent abyssales avec de l’Internet des objets, la blockchain ou le traitement massif des données dopés par l’intelligence artificielle. Le trafic sur les réseaux télécoms explose de 100% par an, Netflix consomme à lui seul 15% de la bande passante mondiale et la vidéo pèse désormais 60% de l’ensemble du trafic sur Internet…

Alors plutôt que de prendre le problème à bras le corps, d’aucuns préfèrent désigner des boucs émissaires pour surtout … ne rien entreprendre. Dans ce contexte, l’industrie du tourisme devient la cible idéale : polluant, dégradant les paysages et les environnements, peu respectueux des populations locales…

Aussi, pour donner des gages à nos consciences, le gouvernement décide de taxer le transport aérien. Idée idiote qui n’emporte aucunes dispositions aptes à réduite l’empreinte Carbonne de cette industrie. Pire les cranes d’œuf qui nous dirigent semblent ignorer que le trafic aérien va doubler d’ici 10 ans, taxe ou pas taxe !

Voyager ‘’durablement’’

Devant cette incurie, il faut se réjouir des initiatives qui savent apporter, de leurs côtés, des solutions convaincantes. De ce point de vue, la start up Tookki se présente comme admirable : elle permet de voyager ‘’durablement’’. Son cofondateur Fabien Vermot proclame : « Les problématiques environnementales sont aujourd’hui sur les devants de la scène et de plus en plus de Français agissent au quotidien pour limiter leur empreinte carbone. Cet engagement touche tous les domaines : l’alimentation, la mode, la consommation de biens, et le tourisme. Mais voyager en mode durable n’est toutefois pas toujours évident. Trouver des activités et des lieux respectueux de l’environnement est un véritable casse-tête, tant il existe de sites internet, de chartes éthiques, de labels et de recommandations. »

C’est donc pour offrir une solution simple aux personnes écoresponsables que Fabien Vermot et ses associés ont lancé en juin 2018 l’application mobile Tookki, véritable city guide 3.0 qui recense les acteurs du tourisme durable et de la consommation responsable. La solution propose également des ‘’Packs Découverte’’ développement durable à destination des entreprises et institutions publiques.

Comment ça marche ?

Tookki est une application mobile gratuite pour iOS et Android. En quelques secondes, elle permet de trouver des établissements, des transports inter-urbains et des activités qui adoptent une démarche respectueuse de l’environnement et engagée dans le développement durable. Par exemple, rien de plus simple de trouver un hôtel écolo, une activité green, des moyens de transport zéro émission, des boutiques de slow fashion, et des restaurants bio…

Tookki : le city guide des citoyens écoresponsables

Paris fut la première ville couverte par l’application avec plus de 200 lieux référencés (pour plus de 300 références au total) Ensuite Lyon, Bordeaux et Marseille, avant de s’étendre à Nice, Lille et au Pays Basque dès la fin de l’année 2019. Fabien Vermot poursuit : « Notre objectif prioritaire reste de continuer notre développement au niveau de la France. Ensuite nous couvrirons des premières villes européennes comme Berlin, Londres, Madrid et Barcelone, Bruxelles, Milan ou d’autres villes au Portugal ».

Rendre ‘’durable’ l’espace urbain

L’univers urbain n’évoque pas forcément le développement durable, mais il regorge d’adresses méconnues, qui proposent une autre façon de vivre et de visiter la ville. L’application se donne pour mission de faire découvrir ces lieux au plus grand nombre. Le cofondateur de Tookki ne cache pas son enthousiasme : « Avec une communauté impliquée et un contenu sélectionné et vérifié, Tookki s’impose comme le meilleur compagnon des personnes qui souhaitent respecter l’environnement lors de leurs loisirs, sorties et voyages en ville. »

Quand ville rime avec écologie

Pour référencer les lieux, l’équipe de Tookki a mis en place des critères de sélection simples : les établissements et activités doivent être écologiques, locaux, équitables, solidaires, et/ou biologiques. L’ensemble de l’équipe, leurs partenaires et ambassadeurs testent les lieux et vont à la rencontre de leurs propriétaires quand c’est possible. Tookki mise également sur sa communauté pour étoffer son catalogue de lieux : sa plateforme permet de partager des expériences authentiques et respectueuses.

Les fonctionnalités

L’application Tookki est intuitive, détaillée et simple à utiliser.

  • Recherche « autour de moi » pour trouver des lieux et activités à proximité
  • Visualisation des lieux sous forme de carte pour se repérer plus facilement
  • Recherche simplifiée avec choix entre les « lieux autour de moi » et les « lieux récents »
  • Horaires d’ouverture
  • Lien direct vers le site internet, le numéro de téléphone et les réseaux sociaux des lieux
  • Actualités des lieux
  • Possibilité de réserver dans certaines catégories, pour plus de simplicité

Les Packs Découverte développement durable

à destination des entreprises et institutions publiques. L’objectif de ces packs consiste à proposer des packages de 1 à 3 adresses engagées dans le développement durable, pour permettre de sensibiliser les salariés et leur faire découvrir des lieux écoresponsables, méconnus, et surprenants. Ce qui permet également de valoriser la marque employeur de l’entreprise. Par exemple, les adresses pouvant être proposées peuvent être un atelier de cuisine pour sensibiliser au zéro déchet, un atelier zéro déchet (DIY, workshop, échanges) et un repas 100% bio et végétarien, etc.

Il existe différents formats :

  • TEAM BUILDING sur une journée incluant 3 activités du pack
  • TEAM BUILDING sur une demi-journée en choisissant 1 ou 2 activités du pack
  • GREEN BOX à offrir aux collaborateurs lors des événements importants d’une entreprise ou institution publique (welcome pack, Noël, nouvelle année, semaine du développement durable…) et incluant 1 à 3 activités valable 1 an

Tookki a pour ambition de devenir le référent des lieux pour les loisirs et voyages en villes engagées dans une démarche de développement durable. Tookki est accompagné par Paris&co au sein du Welcome City Lab, premier incubateur dédié au tourisme et loisirs, et fait partie des tendances à suivre dans le Cahier des Tendances Touristiques 2019.

« La protection de l’environnement commence par les plus petites actions locales. » conclut Fabien Vermot. Moralité, plutôt que de ‘’taxer’’ le court terme sans réfléchir, autant choisir la voie des solutions durables.

Source : Tookki, 1ère application qui recense les lieux et activités du tourisme responsable

La staycation, un axe de développement pour l’hôtellerie ?

France. De plus en plus d’hôtels surfent sur le concept de la staycation, qui consiste pour le client à s’offrir un break en séjournant à l’hôtel dans sa propre ville. Cette tendance permet aux établissements d’améliorer leur taux d’occupation notamment le dimanche soir et séduire une clientèle locale plus facile à fidéliser.

Manque de temps, budget limité pour une escapade, refus de prendre l’avion pour des raisons écologiques ou simple envie de redécouvrir sa ville à travers un séjour cocooning à l’hôtel… Les raisons qui motivent les citadins à s’offrir une staycation le temps d’un week-end sont variées. Né aux États-Unis, le concept connaît un succès grandissant en France. Au point de devenir un argument commercial pour les hôtels.

C’est le cas de l’Intercontinental Lyon-Hôtel Dieu, un 5 étoiles de 144 chambres ouvert en juin dernier. Pour son ouverture, l’établissement a lancé une offre dédiée aux Lyonnais : une nuitée à 250 € (au lieu de 590 €) avec petit déjeuner pour deux et cocktails. “L’offre a tellement séduit que nous l’avons prolongée jusqu’au 31 décembre. Même si notre clientèle est essentiellement internationale, les locaux constituent aussi un marché clé, car ils représentent 80 % de la clientèle de notre bar et restaurant”, assure Marion Sardou, responsable marketing de l’établissement. Pour MiHotel, un concept de suites de luxe contemporaines, équipées high tech et réparties dans le centre de Lyon, les staycations font même partie de la stratégie initiale des deux fondatrices. “À travers nos suites, nous avons voulu offrir un moment de déconnexion et de détente afin de proposer à nos hôtes de vivre une véritable expérience. Et cela fonctionne. La clientèle locale représente 10 % de notre chiffre d’affaires et nous avons un très bon taux d’occupation le dimanche soir, avec des tarifs offrant des réductions jusqu’à 20 %. Tout cela a été possible grâce à une stratégie web dédiée notamment aux millennials, une cible majeure pour nous. Ces derniers aiment publier des photos de leur séjour sur Instagram, car nos suites font rêver”, analyse Nathalie Grynbaum, cofondatrice de Mihotel.

 L’hôtel, une destination en soi

Faire de l’hôtel une destination en soi, c’est d’ailleurs le concept sur lequel la start-up parisienne Staycation a construit son business. Chaque mercredi, elle propose sur son site web des promotions, sous forme de packages, dans des hôtels parisiens ou à moins de 3 heures de la capitale. Objectif : séduire les Parisiens en leur proposant des séjours dégriffés près de chez eux le week-end. Un concept qui a séduit le Ballu, un hôtel 4 étoiles ouvert en juillet dernier dans le IXe arrondissement de Paris. “L’adhésion à ce site nous a permis de nous faire connaître de la clientèle locale et de la fidéliser car nous répondons aux attentes des adeptes de la staycation. Ce public représente déjà 5 % de notre taux d’occupation et près de 10 % de notre chiffre d’affaires. Il nous permet de remplir les chambres le week-end, une période plutôt creuse à Paris, mais également de développer nos ventes additionnelles sur des prestations diverses”, explique Julia Vidalenc, la directrice de l’hôtel.

Un autre site web, Dayuse, propose, lui, des réservations de chambres d’hôtels en journée. Le Clos Saint-Éloi, hôtel 4 étoiles à Thiers (Puy-de-Dôme), est membre du site depuis un an et demi. “Ce système nous a surtout permis de développer la clientèle du restaurant et d’améliorer ainsi notre visibilité”, conclut Alain Beauvoir, le directeur. Preuve que la staycation peut se décliner sous toutes les formes.

Source : La staycation, un axe de développement pour l’hôtellerie ?

Tourisme durable France : “je peux vous dire que nous allons embêter le gouvernement”

Interview de Guillaume Cromer, directeur du cabinet ID-Tourism

Emportée par la rage et les bons mots de Greta Thunberg, la problématique écologique s’est emparée de l’ensemble des piliers de l’économie en passant même par le tourisme. Nous avons profité des rencontres nationales du etourisme de Pau pour faire un point avec Guillaume Cromer, directeur du cabinet ID-Tourism, sur l’étude commandée par le gouvernement auprès de l’ADEME (Agence Environnement et Maîtrise Energie).

TourMaG.com – Comment percevez-vous les faillites actuelles dans la profession ?

Guillaume Cromer : Je ne ferai pas de raccourci direct par rapport à la transition nécessaire vers un tourisme durable. Ma vision est que Thomas Cook est une vieille maison qui n’a pas réussi à bien mener sa transition digitale, mais aussi de clientèle.

Quant aux compagnies aériennes, en ayant bien suivi le sujet, j’ai compris que la problématique n’était pas si simple et pas seulement liée à des questions de marché ou de honte de prendre l’avion.

S’il est certain que c’est une situation triste pour les salariés, je combats la vision low cost du tourisme.

Je ne me réjouis pas, mais ce sont des modèles économiques tellement fragiles que je préfère que les entreprises adoptent d’autres modèles plus solides, dans l’anticipation des nouveaux besoins, comme l’environnement.

TourMaG.com – Pensez-vous que les modèles low cost ont atteint un point de bascule ?

Guillaume Cromer : Ces entreprises pour perdurer s’appuient sur un important travail de cost-killer, mais sont largement dépendantes des bouleversements, quand par exemple les externalités ne sont plus favorables.

Il est certain que si le prix du baril explose, et que des problématiques liées à ces sujets-là s’ajoutent, il sera plus compliqué d’alimenter leur modèle de croissance.

Ces entreprises ne survivent que par la croissance.


“il n’y a pas de solution alternative à la propulsion d’avion par le pétrole…”

 

TourMaG.com – Pour en revenir au carburant, l’alternative au tout pétrole dans l’aérien n’existe pas et n’est pas près d’arriver…

Guillaume Cromer : Exactement, nous avons eu ce débat à Top Resa, avec Marc Rochet et Gérard Feldzer. Il est amusant de noter le changement de regard de Gérard Feldzer sur la question en seulement 10 ans.

En 2019, il reconnaît qu’il n’y a pas de solution alternative à la propulsion d’avion par le pétrole avant au minimum 40 ans. Les innovations n’avancent pas beaucoup sur le sujet.

D’ailleurs il y a dix ans, Gérard Feldzer avançait déjà ce laps de temps de quatre décennies comme point de rupture. Il était plus optimiste par le passé, son opinion a évolué.

A Top Resa, je l’ai senti plus pessimiste et alertant sur le fait qu’il risque d’y avoir un problème à un moment donné.


Une étude auprès de l’ADEME

TourMaG.com – Pourtant nous sentons un frémissement du côté de l’Etat pour avancer sur la question du tourisme durable. Les rapports s’enchaînent sur les bureaux du gouvernement…

Guillaume Cromer : Il y a un climat positif autour de la question. Un autre rapport a été remis par les députés sur la question du tourisme en France dans son ensemble, en traitant énormément de la question du tourisme durable.

Les élus ont, dans le même temps, abordé des points qui ne vont pas dans le bon sens, comme le développement des aéroports de province.

Pour revenir à votre observation, Jean-Yves Le Drian et Jean-baptiste Lemoyne ont commandé une étude auprès de l’ADEME (Agence Environnement et Maîtrise Energie), pour établir des préconisations concrètes pour soutenir le tourisme durable.

Avec Acteurs du Tourisme Durable (ATD) et d’autres collectifs, nous avons été auditionnés. Nous avons participé à des travaux de groupes et de construction de ce plan.

Ce rapport sera remis au ministère prochainement. La question que nous nous posons tous : que va faire le gouvernement de ces recommandations ? Sera-t-il un énième rapport à finir aux oubliettes ?


“Le gouvernement ouvre des portes, nous entrons dedans, à lui d’assumer”

TourMaG.com – D’autant plus que nous parlons d’un gouvernement n’ayant pas de ministre du Tourisme et qui semble peu se soucier du secteur. Les signaux laissent peu de place à l’optimisme…

Guillaume Cromer : Oui, nous entendons trop peu le gouvernement sur la question du tourisme malheureusement.

Mais le rapport a quand même été commandé par les ministres eux-mêmes, donc la volonté est réelle. J’espère juste qu’ils ont envie d’apporter des solutions.

En tant qu’Acteurs du Tourisme Durable, nous savons quelles recommandations nous avons faites et nous allons suivre les propositions et réalisations du gouvernement.

Il nous sera possible de donner une note tous les six mois, d’établir un monitoring des engagements de l’Etat, avec ce qui a été fait ou non. Je peux vous dire que nous allons embêter le gouvernement.

Il existe un contrepoids mené par la société civile et les professionnels. Le gouvernement ouvre des portes, nous entrons dedans, à lui d’assumer.

TourMaG.com – Quelles sont vos préconisations ?

Guillaume Cromer : La première est basique : nous devons avoir une stratégie de développement du tourisme durable en France.

Notre pays doit avoir rédigé à horizon 2024, un plan avec des objectifs précis sur les questions de la mobilité, ou pour réduire notre bilan carbone touristique, mais aussi pour booster les hébergements engagés en France, etc.

Ensuite, il y a toute une gouvernance nécessaire à mettre en place afin d’assurer la bonne conduite des missions et réaliser les objectifs. Si le gouvernement se dote d’une stratégie sur les 5 prochaines années, ce serait déjà pas mal.


“Avec ATD, nous devons aller chercher le mainstream…”

TourMaG.com – Aux rencontres nationales etourisme de Pau, nous avons pu nous rendre compte que les territoires sont très sensibles à la question. Les institutionnels semblent-ils réellement prêts à effectuer cette transition ?

Guillaume Cromer : Je pense que tout le monde doit faire sa part des choses. Il faut reconnaître que les territoires (Offices de tourisme, CRT, CDT, etc.) ont pris conscience de l’urgence de la situation et qu’ils sont prêts à se bouger.

L’engagement est réel, même s’ils se demandent beaucoup comment faire et se limitent bien souvent à des petites actions, sans rentrer réellement dans le dur de la question.

Par exemple, certains Offices de tourisme pourraient arrêter de draguer les touristes de marchés lointains, pour éviter les bilans carbone désastreux des visiteurs.

Au départ, le tour-operating était très engagé sur la question, avec notamment les TO d’aventure comme Voyageurs du Monde et d’autres, mais il faut que l’industrie aille plus loin.

Avec ATD, nous devons aller chercher le mainstream, par exemple nous accompagnons Kappa Club dans leur stratégie de développement durable et nous devons multiplier ces conversions.

Je pense que de plus en plus de responsables ont compris que le développement durable devait rentrer dans l’ADN des entreprises et dans le business de la boîte.

TourMaG.com – Bien souvent l’écologie est vue comme un frein pour le business, mais si les acteurs s’y prennent maintenant, elle peut devenir une opportunité de business ?

Guillaume Cromer : Bien sûr, l’écologie représente des opportunités et elle évite de se faire lyncher sur la scène médiatique et dans la société civile.

Prenez les compagnies aériennes, l’industrie est au cœur du cyclone. Les transporteurs ne sont pas prêts et ne se sont pas posé la question.

Si un tour-opérateur s’intéresse à la problématique environnementale et mène des actions via une stratégie RSE (Responsabilité Sociale des Entreprises), quand des gens tendent le micro, les patrons ont des choses à dire. Dans le cas contraire, les responsables improvisent et répondent à côté de la plaque.

Et je peux vous dire que la pression médiatique de Greta Thunberg va faire que le soufflet ne va pas retomber.

TourMaG.com – Justement, comment analysez-vous le traitement médiatique négatif pesant sur Greta Thunberg en France ?

Guillaume Cromer : Je ne pense pas que les médias lui fassent un traitement médiatique si négatif, mais ce sont plutôt les Laurent Alexandre et consorts qui lui crachent dessus avec un écho extraordinaire.

Personnellement, je suis fan de ses arguments et ce qu’elle dit est simple : lisez les rapports du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) et des scientifiques. Elle ne propose pas de solution, mais simplement d’écouter ceux qui savent.

J’invite juste tous les scientifiques à lire les rapports du GIEC et écouter les scientifiques. A partir de là, il sera possible de faire évoluer les choses.

Les impacts du changement climatique dans les 5 ou 10 ans à venir vont faire des dégâts énormes dans notre secteur. En adaptant les offres, les séjours et en arrêtant des destinations, ce sera compliqué.

Source : Tourisme durable : “je peux vous dire que nous allons embêter le gouvernement”

Les Seychelles misent sur Air France pour relancer la fréquentation

Le pays qui va célébrer le 150e anniversaire de l’arrivée des premiers colons connait un léger trou d’air sur le marché français depuis l’arrêt en mai de Joon. Mais Air France va reprendre ses vols pour la haute saison, d’octobre à mars 2020.

2020 sera une année de célébrations pour les Seychelles afin de marquer le 150 anniversaire du peuplement du pays par une poignée d’immigrés français accompagnés d’esclaves africains et de quelques indiens. « Cet événement débutera le 21 décembre prochain pour se dérouler sur un an. Nous allons mettre en avant l’histoire des Seychelles et proposer un programme culturel dans les 25 districts afin d’inciter les touristes à explorer l’archipel », explique Sherin Francis, directeur de l’office du tourisme des Seychelles.

Et la directrice Europe Bernadette Willemin de préciser « qu’une communication sera faite en direction des voyagistes et des agences pour qu’ils incitent à découvrir les Seychelles durant cette année toute particulière ». A cette occasion, un musée national des Arts sera inauguré en octobre 2020 à Sainte-Anne, peu de temps avant l’ouverture sur cette même île du nouveau village 5 tridents du Club Med.

Dans le même temps, les Seychelles entendent accentuer leur positionnement de destination nature à la pointe du tourisme responsable. « Nous étions pionniers en matière d’écotourisme pratiquant cela sans le savoir à l’époque. La richesse des Seychelles, c’est en effet sa nature. Nous devons préserver ce capital au travers d’un tourisme contrôlé et responsable », nous explique sur le salon IFTM le ministre du tourisme Didier Dogley, qui rappelle que le tourisme constitue le premier secteur d’activité du pays, avec la pêche. Pour satisfaire les deux, 30% des côtes de l’archipel seront classées d’ici janvier 2020 dont la moitié sous forme de sanctuaire marin. Une décision qui devrait ravir les adeptes de snorkeling et de plongée sous-marine.

De l’importance d’une liaison directe avec Paris

Côté fréquentation, les Seychelles espèrent faire aussi bien cette année qu’en 2018 qui marqua un record de fréquentation avec 362 000 touristes dont 40 000 Français. « Depuis l’arrêt de Joon en mai dernier, les arrivées sont en légère baisse mais nous espérons finir 2019 à l’étale avec la reprise du vol quotidien d’Air France le 25 octobre, jusqu’en mars 2020 », précise Bernadette Willemin. Une liaison directe entre Paris et Mahé apparait donc essentielle pour le marché malgré les vols avec une escale proposés par British Airways, Emirates, Qatar Airways, Etihad, Turkish Airlines, Ethiopian….

Outre la question de la desserte aérienne, la préoccupation de l’office du tourisme est de faire apparaître les Seychelles comme une destination destinée à toutes les clientèles et pour tous les budgets, la durée moyenne de séjour s’élevant à 9 nuits. « Les Seychelles ne comptent pas qu’une hôtellerie de luxe avec des hôtels 5* réputés mais également des établissements de charme, des chambres d’hôtes, des locations en meublé… », insiste-t-elle.

Afin de faire connaître cette offre d’hébergement diversifiée ainsi que l’ensemble des informations nécessaires pour vendre la destination de l’océan Indien, la formation de la distribution sera renforcée avec déjà 300 vendeurs experts certifiés. « Il est important que les agents de voyages maîtrisent la destination, cette certification comprenant, dans une seconde phase, un éductour aux Seychelles car on ne vend bien que ce que l’on connait », conclut Bernadette Willemin.

Source : Les Seychelles misent sur Air France pour relancer la fréquentation

Madagascar présent au salon Top Résa 2019

Cette année encore, la destination Madagascar participe à un événement d’envergure dans  le tourisme: le salon TOP RESA qui se tient du 01er au 04 octobre 2019 à Paris Porte de Versailles. Une quinzaine d’opérateurs locaux y sont présents pour faire découvrir entre autres aux visiteurs les nouveaux produits touristiques malgaches.

Cette participation malgache coordonnée par l’Office National du Tourisme de Madagascar (ONTM ) vise à  accroître les opportunités d’affaires des opérateurs locaux, internationaux et compagnies aériennes en donnant les moyens aux opérateurs de Madagascar les moyens d’établir des contacts commerciaux à moindre coût. Ce qui leur permettra de renouveler et/ou d’établir de nouveaux partenariats avec les émetteurs étrangers.

Les participants malgaches sont rassemblés sur un stand de 39m². Ce sont 10 tours opérateurs (Aventour Madagascar, Discover Madagascar, Mercure Voyages, Voyages Bourdon, Océane Aventures, Lemuria Tours, Chrismiatours Mada, OMEE Voyages, Vanille Turquoise Tours, Madagascar Tourism Expeditions)3 hôteliers( Palissandre Hôtel & Spa, Le Louvre Hôtel & Spa, Tanà Hôtel), 1 Office Régional du tourisme (ORTNB) et l’ONTM.

Exposer sur IFTM Top Resa c’est participer au salon leader multi-cibles de l’industrie du Tourisme. En 2018, le salon a accueilli 1700 marques et 34 000 professionnels du tourisme. Pour la Grande île, c’est un événement à ne pas rater, la France étant son principal marché émetteur. Aujourd’hui, de plus en plus de visiteurs français sont curieux d’explorer cette destination riche en découvertes entre ses trésors naturels, sa culture et sa tradition et ses offres culinaires diversifiées.

Source : Madagascar présent au salon Top Résa 2019

Eté 2019 : 8,5 millions de Français ont choisi Airbnb

C’est la France que les clients d’Airbnb ont plébiscitée, mais aussi l’Espagne, l’Italie, le Portugal. Un peu comme chez les TO français.

44% des Français comptaient choisir une location de vacances cet été, contre 31% un hôtel, annonçait en juin une étude d’Europ Assistance. De toute évidence, Airbnb en a bien profité ! Quelque 8,5 millions de Français ont posé leurs valises dans l’une de ses locations saisonnières entre le 1er juin et le 31 août, annonce le groupe californien. Parmi eux, deux millions avaient choisi Airbnb pour la première fois.

Sans surprise, comme pour les voyagistes, la France arrive en tête des destinations des Français qui ont choisi le leader de la location saisonnière. 60% de nos compatriotes ont ainsi (re)découvert l’Hexagone, cinq régions se démarquent : Provence-Alpes-Côte-d’Azur, Nouvelle-Aquitaine, Occitanie, Auvergne-Rhône-Alpes, Bretagne.

Le choix de la proximité

Autre tendance à retenir : de nombreux voyageurs français ont privilégié des vacances près de chez eux, souligne un communiqué. Ainsi près d’un million de Français ont séjourné dans leur propre région cet été avec Airbnb, à commencer par les voyageurs d’Auvergne-Rhône-Alpes, suivis par ceux de Nouvelle-Aquitaine, d’Occitanie, de Provence-Alpes-Côte-d’Azur et d’Ile de France.

Les clients de l’Hexagone qui ne sont pas restés en France ont favorisé les pays voisins comme lieu de villégiature, notamment l’Espagne, l’Italie, le Portugal et le Royaume-Uni.

4 millions de voyageurs le 10 août

Le 10 août dernier, plus de 4 millions de personnes dans le monde ont passé la nuit dans un logement loué sur Airbnb. Un record pour le groupe né en 2008, avec des matelas gonflables pour seuls équipements.

En juillet 2019, la plate-forme a fini par clarifier la manière dont elle présente les offres aux consommateurs, notamment le prix total des hébergements, à l’issue de négociations avec la Commission européenne qui lui avait lancé un ultimatum.

En juin 2012, Airbnb avait franchi la barre des 10 millions de nuitées, dont les trois-quarts en dehors des Etats-Unis. Cette même année, Olivier Grémillon (désormais chez Booking) ouvrait le bureau parisien, désormais piloté par Emmanuel Marill.

Source : Eté 2019 : 8,5 millions de Français ont choisi Airbnb

France, écotaxe sur les billets d’avion : pourquoi les pros du tourisme sont en colère

Compagnies aériennes et autres acteurs du voyage sont vent debout contre l’écotaxe. Les raisons de leur colère sont nombreuses.

A l’issue du Conseil de défense écologique, mardi, le gouvernement a annoncé qu’il allait mettre en place dès 2020 une écotaxe de 1,50 à 18 euros sur les vols au départ de la France et réduire l’avantage fiscal accordé aux transporteurs routiers sur le gazole. L’écocontribution concernera tous les vols au départ de la France, sauf vers la Corse et l’Outre Mer et sauf les vols en correspondance, a annoncé le ministre des Transports Elisabeth Borne.

Cette écotaxe, qui ne s’appliquera qu’aux vols au départ de France et non à ceux y arrivant, variera entre 1,50 euro et 18 euros. Elle sera intégrée au projet de loi de finances 2020 et s’appliquera à toutes les compagnies aériennes, « car il n’est pas question que notre pavillon national s’en trouve désavantagé », a précisé la ministre. Du côté des professionnels du tourisme, les réactions n’ont pas tardé à tomber.

L’aérien fait déjà beaucoup

Regrettant que le gouvernement ait été « sensible aux agitations d’une opinion désinformée », Jean Pierre Sauvage, le président du Bar France (Board of Airlines Representatives) souligne que le transport aérien est « le plus petit contributeur aux émissions de GES (2 à 3% au niveau mondial). Il est la seule industrie qui fasse des progrès constants pour réduire ses nuisances. La seule à s’engager sur un plan mondial dans un accord international auquel sont parties les USA et la Chine, l’accord CORSIA qui prévoit une réduction de 50% des émissions à l’horizon 2050. »

Même son de cloche du côté de la Fnam, qui se demande si « le gouvernent veut la mort du transport aérien français avec toujours plus de taxes contrairement à son engagement, pris par Mme la Ministre Borne et M. le Ministre d’Etat De Rugy, en juin dernier, d’instaurer une taxation européenne afin d’éviter des distorsions de concurrence intra-européenne trop importantes. »

La France sera pénalisée

Pour les compagnies, cette mesure s’avère totalement improductive. « Cette nouvelle taxe pénaliserait fortement la compétitivité d’Air France, alors que la compagnie a besoin de renforcer ses capacités d’investissement pour accélérer la réduction son empreinte environnementale, notamment dans le cadre du renouvellement de sa flotte, regrette la compagnie tricolore. La décision du gouvernement est d’autant plus incompréhensible que cette nouvelle taxe sur le transport aérien devrait financer des modes de transport concurrents dont le transport routier et non la transition énergétique dans le domaine aérien. Une telle transition aurait pu être favorisée par le soutien à la mise en place de filières biocarburants durables ou d’innovations de rupture. »

Au final, c’est la France entière qui risque d’être pénalisée comme le rappelle l’Union des aéroports français : « Cette nouvelle fiscalité nuira principalement à la connectivité aérienne de la France alors même qu’en Europe, selon l’indice de connectivité de l’ACI EUROPE, la France se traîne en 4ème position derrière l’Espagne, l’Allemagne et le Royaume-Uni. Or, 10% de connectivité supplémentaire, c’est 0,5% de PIB en plus. »

Unanime, le monde du tourisme regrette que le gouvernement ait cédé à la démagogie d’un mouvement de haine de l’avion. Et les entreprises du voyage de conclure « Les professionnels français du tourisme militent pour une ‘contribution planète’ basée sur la production de CO2 du vol considéré (type d’avion, durée du vol…) et directement affectée à des projets certifiés d’absorption du CO2. »

Source : Ecotaxe sur les billets d’avion : pourquoi les pros du tourisme sont en colère

Atout France lance un nouveau site de classement des hébergements touristiques

La nouvelle interface permet une dématérialisation des formalités et procédures de classement, suite à l’entrée en vigueur des nouveaux référentiels le 1er juillet 2019.

Un nouveau site dédié au classement des hébergements touristiques est à la disposition des professionnels du secteur (hôtels de tourisme, hôtellerie de plein air, résidences de tourisme et villages de vacances). Cette plate-forme a été mise en place suite à l’entrée en vigueur des nouveaux référentiels de classement de l’hôtellerie de plein air et des résidences de tourisme. “La nouvelle interface permet une dématérialisation totale des formalités et procédures de classement permettant ainsi de fiabiliser leur contrôle éventuel par Atout France et de faciliter le stockage des données du classement de chaque établissement”, précise Atout France dans un communiqué. Le nouveau site permet également aux hébergeurs de remplir leur pré-diagnostic directement en ligne. D’ici la fin de l’année, il leur sera en outre possible d’accéder à un outil d’autodiagnostic payant en vue de mieux préparer leur démarche de classement.

De nouvelles évolutions attendues

Le nouveau référentiel de classement pour l’hôtellerie de plein air et les résidences de tourisme est entré en vigueur le 1er juillet dernier, suite aux travaux de concertation menés par Atout France avec les organisations professionnelles. “Les prestations proposées par ces deux modes d’hébergement ont considérablement évolué ces dernières années, en particulier dans les catégories 4* et 5* avec une montée en gamme importante en matière d’équipements et de services qu’il convenait de prendre en compte”, explique Atout France. “Cette révision du classement, que les organismes d’inspection accrédités par le Cofrac mettront en oeuvre à chaque visite d’inspection, vise également à mieux différencier les catégories de classement (…) afin de les rendre plus parlantes pour les clientèles, notamment internationales, est-il ajouté. Comme pour l’hôtellerie il y a trois ans, un effort a notamment été demandé aux campings et résidences de tourisme concernant les moyens de communication : réservation en ligne, site internet, wifi, etc.”

Source : Atout France lance un nouveau site de classement des hébergements touristiques

France. Ils sont hôteliers, restaurateurs, et ont décidé de s’engager pour le durable…

Où en est-on côté durable dans les secteurs de l’hôtellerie et de la restauration ? Quelles sont les avancées réelles ? Lors d’une table ronde organisée par l’Ecole française de gastronomie et de management hôtelier Ferrandi Paris, un panel de professionnels du tourisme, chercheurs et consultants ont détaillé les nombreuses mesures concrètes qu’ils ont mis en place pour aller au-delà des déclarations de bonne intention et montrer qu’ il est aujourd’hui possible de combiner rentabilité économique, professionnalisme, plaisir, et développement durable !

Le plaisir avant tout !

Il faut le répéter, le scander, le marteler, le plaisir avant tout – quand le durable n’est pas antinomique du bien être et du bien-manger. Restaurateurs engagés, François Pasteau (L’Epi dupin) et Simon Auscher (Tannat et Anna) n’ont cessé de le rappeler. C’est avant tout une belle assiette garnie concoctée avec de bons produits, frais, de saison, parfois venus d’un potage partenaire ou personnel, qui va garantir la fidélité du client. Quant au durable, on peut ou pas communiquer sur ses actions, mais ce n’est pas l’argument premier. Et certains ont plus la fibre que d’autres… François Pasteau : « J’avais ça dans mon ADN, une éducation, des valeurs familiales, mais il faut rappeler qu’en 1978, quand je suis entré dans le métier, de nombreux chefs travaillaient avec cet esprit, en respectant le produit. Je continue ainsi et je le transmets à mes équipes. Mais attention, je ne suis pas un intégriste du durable, on fait au mieux, avec nos propres contradictions. » Simon Auscher : « Je crois que ça a basculé le jour où on a reçu des oignons du Maroc, là on s’est dit stop, et on a décidé de travailler avec des produits locaux en choisissant la solution d’un potager bio partagé avec l’association Tomato & Co. Ils sont à moins d’une heure de Paris et on peut ainsi contrôler notre carte. » L’Epi Dupin aussi, avait fait le choix du potager Tomato & Co mais à la longue, cela s’est avéré trop cher et il a préféré se tourner vers d’autres fournisseurs.

Durable, oui, mais rentable, envers et contre tout !

Car l’équation est complexe, hôteliers et restaurateurs sont en permanence sur un fil, pris entre le plaisir client, l’exigence économique, et l’envie de faire au mieux pour la planète. Et les chiffres sont là, rappelés par Ophélie Mugel, enseignante chercheuse à Ferrandi : le tourisme au niveau mondial représente  8% des GES (gaz à effet de serrre). Une nuit d’hôtel 10,5 kg de CO2… Il y a urgence. Mais comment faire ? General Manager du Marriott Renaissance Arc de Triomphe, Solveig Herth explique  que leur bête noire reste le plastique. « Nous n’avons pas encore trouvé d’alternative aux bouteilles d’eau en plastique, indispensables pour nos clients qui paient entre 400 et 700 € la nuitée. Mais, avec 7 000 hôtels dans le monde, près d’un million de chambres, je vous laisser imaginer le nombre de bouteilles. On réfléchit sérieusement à une autre solution, également recevable pour nos clients. » Et si le groupe hôtelier est aussi préoccupé, c’est qu’il a d’ores et déjà une politique proactiveen matière de développement durable, avec la valorisation de ses déchets alimentaire par Moulinot, un partenariat avec WWF autour de la pêche durable, la mise en place de l’étiquette environnementale avec Betterbly tourism et de nombreuses actions et mobilisations  de ses équipes internes (courses d’orientation autour de collectes de déchets, footing utiles, etc.). Solveig Herth : « La mise en place de l’étiquette environnementale implique une analyse poussée de nos chambres (15% !), de nos produits, de nos consommations. Nous avons ainsi identifié qu’au petit-déjeuner, 30% de nos coûts venaient des fruits frais, que nous avons choisi de présenter différemment. Surtout, grâce à cet investissement, nous avons gagné 33 000 € en énergie non dépensée. » Un chiffre confirmé par Hubert Vendeville, CEO de Betterfly tourisme, rappelant que l’intérêt de la démarche, au-delà de la note délivrée par l’étiquette (pas toujours flatteuse au départ), aide avant tout à optimiser ses coûts dans le sens du durable : « En moyenne, nous pouvons aider à optimiser les coûts à hauteur de 83 centimes par client, soit 1,66 € par chambre. Pour un groupe comme le Marriott où il est question d’un million de nuitées par an, on arrive effectivement à une échelle comprise entre 20 000 et 40 000 € d’économie. »

Labels ? Oui ou non ? Tout est possible !

Toutefois, le groupe Marriott a fait le choix de ne pas afficher ses labels. Il préfère se concentrer sur l’animation de ses équipes et des actions concrètes. C’est au-delà du client. A l’Epi Dupin, François Pasteau a quant à lui fait le choix de se passer des labels. « Je ne fais pas la course au label, mais j’opte pour des produits de saison, de proximité, et je l’utilise de A à Z. On préfère payer plus cher le produit mais mieux le valoriser. Par exemple, je vais récupérer le jus de cuisson de mes causses de petits pois pour faire un sorbet. Il faut être inventif ». Ce qui ne l’empêche pas d’être également très investi, notamment à travers la présidence d’Ethic Ocean, association qui a fait de la pêche durable le cœur de son action avec, chaque année, l’édition d’un guide des espèces. Simon Auscher, en revanche, a réalisé avec le label Ecotable qu’il y avait une clientèle sensible au durable qui venait aussi pour cela : « Les clients sont en attente du durable. On reçoit des personnes qui viennent pour le label et nous ont connu par Ecotable. Je n’avais jamais vu ça avant. » Et chez Tannat et Anna aussi, les actions concrètes sont nombreuses : réception de carcasses d’animaux ou de bêtes entières pour éviter la prolifération du plastique des emballages sous vide, recyclage des déchets en énergie, mise en place d’un menu végétarien, etc.

Et demain d’autres encore pour s’engager ?

Une chose est donc bien claire, les choses bougent dans l’hôtellerie et la restauration et ce, concrètement ! Les plus avant-gardistes ont bien compris que le client du moment apprécie ceux qui se démènent pour le développement durable. Évidemment, la route est encore longue, l’engagement demande du temps, n’exclut pas les contradictions, refuse l’intégrisme, s’envisage en paliers, en marges de progression. François Pasteau : « Il faut rester honnête. On a tous nos contraintes, nos contradictions. A l’inter saison, j’ai des radians sur ma terrasse, je n’ai pas le choix, même si ce n’est pas économe en électricité. En revanche, je trie mes biodéchets, et cela me coûte 250 € de taxe d’ordure ménagère par an à laquelle s’ajoutent 400 à 500 € par mois de valorisation. » Et puis, comme le rappelle Ophélie Mugel, il faut faire envie aux consommateurs, rendre l’alimentation durable sexy. Or, le client d’aujourd’hui est un être « fragmenté, pris entre recherche d’expériences, envie de bien-être mais courant toujours après le temps… Pas facile pour les professionnels de s’adapter à autant de paramètres. Dans la salle, une question fuse, une jeune fille travaille chez un traiteur et s’interroge sur comment trouver des fournisseurs responsables pour des produits calibrés quand les commandes arrivent du jour au lendemain. La contrainte de l’immédiateté complique la donne. Simon Auscher propose d’essayer un maraîcher bio à Rungis. François Pasteau relève avec la malice l’utilisation du mot « calibré » pour définir les produits. « Attention, précise-t-il, c’est à l’homme à s’adapter à la nature, pas l’inverse. » C’est si juste, même s’il faut se réjouir que toute la chaine jusqu’aux traiteurs comment à s’interroger et à trouver des solutions plus durables. Oui, la route est encore longue, mais déjà, les chemins de traverse se multiplient !

Source : Ils sont hôteliers, restaurateurs, et ont décidé de s’engager pour le durable…