En 2019, 1,5 milliard de personnes ont franchi des frontières internationales, dont beaucoup dans le but de découvrir des cultures différentes ainsi que la créativité et le patrimoine locaux. Aujourd’hui, suite à la pandémie de COVID-19, le tourisme a rapidement décliné dans la plupart des pays, nuisant aux communautés dépendantes du tourisme culturel pour leur subsistance, laissant les sites culturels et naturels du patrimoine mondial vulnérables au pillage et au braconnage et affaiblissant l’accès à la culture.

Alors que l’Organisation mondiale du tourisme (OMT) prévoit une baisse de 60 à 80 % des déplacements internationales/déplacements internationaux en 2020, le Secrétaire général des Nations Unies a publié une note d’orientation sur l’impact socio-économique de la pandémie sur le tourisme, notamment sur les millions de revenus qu’il assure. Il souligne le rôle que joue le tourisme dans la réalisation des objectifs de développement durable, y compris sa relation avec les objectifs environnementaux et la culture. L’UNESCO dispose d’une vaste expérience dans le domaine du tourisme, particulièrement en ce qui concerne ses conventions sur la culture. L’Organisation a ainsi pu contribuer au Rapport avec ses expériences et ses statistiques, par exemple, sur les sites du patrimoine mondial.

 La note souligne l’urgence d’atténuer les impacts de la COVID-19 sur les moyens de subsistance dans l’industrie du tourisme, en particulier pour les femmes, les jeunes et les travailleurs informels et contient une feuille de route en cinq points pour une reprise durable du secteur du tourisme. Plus largement, la publication appelle à une action collective et à une coopération internationale pour transformer le secteur du tourisme, en orientant l’industrie vers un modèle inclusif et neutre en carbone qui exploite l’innovation et la numérisation tout en embrassant les valeurs locales et les communautés.

Le tourisme représente une part importante des économies nationales, tant dans les pays développés que dans les pays en développement. Dans certains petits États insulaires en développement (PEID), le tourisme a compté pour près de 80 % des exportations. Avant la crise, le tourisme culturel représentait près de 40 % des recettes touristiques mondiales. De nombreuses pratiques liées au patrimoine vivant, telles que les festivals et les rassemblements traditionnels, ont été interrompues ou reportées et, avec la fermeture des marchés de l’artisanat et d’autres biens culturels, les moyens de subsistance des femmes autochtones ont été particulièrement touchés. Un récent rapport de l’UNESCO sur l’impact de la COVID-19 sur les musées a révélé que 90 % des musées du monde ont été contraints de fermer au plus fort de la pandémie et que plus de 10 % pourraient ne jamais rouvrir. Au 31 août 2020, quelque 65 % des pays avaient fermé, ou partiellement fermé, leurs biens du patrimoine mondial, avec d’immenses conséquences socio-économiques pour les communautés environnantes.

L’impact de la COVID-19 est un moment décisif pour repenser et transformer les modèles touristiques existants vers un tourisme plus résilient, plus inclusif et plus efficace en termes de ressources. Pour favoriser l’émergence de sociétés durables, le Réseau des villes créatives de l’UNESCO vise à renforcer la solidarité et la collaboration entre les villes en partageant des informations et des compétences précieuses, notamment les bonnes pratiques et les mesures innovantes que les villes ont prises en réponse à la COVID-19. Grâce à cette plateforme internationale, l’UNESCO est en mesure de suivre, au niveau local et au-delà, les impacts de la pandémie sur le tourisme et de nombreux autres secteurs connexes, ainsi que de stimuler de nouvelles approches et des pratiques innovantes qui rendront le tourisme durable dans l’ère post-COVID-19.

L’avenir du tourisme, y compris sur les sites du patrimoine mondial du monde entier, dépendra de la manière dont nous encouragerons l’innovation dans l’industrie et nous adapterons aux nouvelles contraintes dans le contexte d’une pandémie mondiale qui modifie déjà le modèle touristique préexistant et encourage les communautés à penser localement et à agir de manière durable.

Source : L’ONU met en garde contre les effets durables de la COVID-19 sur le tourisme

Balade à dos d’éléphant, nage avec les dauphins… Derrière les photos de vacances : la dure réalité de la souffrance animale sur fond de tourisme.

« Pourquoi je ne monterai plus à dos d’éléphant », titre Pauline sur son blog, Graine de voyageuse, dans un article publié le 22 mars 2016. Lors d’un séjour en Thaïlande, elle se laisse tenter par la balade à dos d’éléphant.

L’expérience vire au cauchemar : « La vision des éléphants était très loin de celle que j’avais en tête », se rappelle Pauline. Privés de toute liberté, les pachydermes enchaînés et chargés d’imposantes nacelles en bois, se balancent de manière compulsive. « C’était limite un parking à éléphants », déplore la jeune femme. « À l’époque, je n’étais pas sensibilisée », regrette-t-elle.

Selfies avec des tortues

Charmeurs de serpents et singes danseurs stars de spectacles. Éléphants, dromadaires, ânes ou chevaux comme moyens de transport. Tortues et tigres, camarades de selfie. Ou encore cochons et lions, compagnons de balades. Dans l’ombre de ces activités touristiques se cache le spectre de la souffrance animale.

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« On ne peut pas contraindre un animal sans le faire souffrir », affirme Baptiste Mulot, responsable vétérinaire du ZooParc de Beauval (Loir-et-Cher). Privations alimentaires, sévices physiques, restrictions de liberté, les animaux sauvages destinés au tourisme endurent souvent des pratiques de dressage cruelles.

Pour être soumis à la volonté de l’homme, l’éléphant d’Asie subit un rituel millénaire violent. Le cornac (maître et guide de l’éléphant) entreprend de « faire sortir l’esprit de la forêt de l’éléphant », explique le vétérinaire.

Le géant capitule

En pratique, les jeunes pachydermes sont enfermés dans des box en bois étroits, immobilisés, ils sont notamment attachés par la trompe. Des témoignages et vidéos font état de châtiments corporels. Épuisé, le géant capitule et se laisse monter. Il devient alors « éléphant des villes ».

Plus radical, des anesthésiques sont administrés aux grands félins pour permettre aux touristes de les caresser en toute sécurité. « Cela a des conséquences à plein de niveaux », explique Baptiste Mulot. Une pratique qui endommage les organes comme le foie, les reins ou le cerveau et peut « aller jusqu’à la mort de l’animal », conclut le vétérinaire.

Comment savoir si un animal est en bonne santé ?

Outre la condition physique (maigreur, blessures), la « stéréotypie » est un signe de mauvaise santé de l’animal. Il s’agit d’un « comportement répétitif lié à un stress », explique le vétérinaire Baptiste Mulot. Par exemple : « le lion qui dessine un huit dans son enclos ou l’éléphant qui se balance d’une patte sur l’autre », précise-t-il .

Des animaux sauvages dont « la provenance n’est pas toujours connue », déplore Anissa Putois, membre de PETA France, association de défense des animaux. Ressource commerciale gratuite, ils sont régulièrement capturés dans leur milieu naturel. Parfois même arrachés aux soins de leur mère. Car plus ils sont jeunes, plus ils sont faciles à dresser.

Selon Baptiste Mulot, séparer le bébé de sa mère a deux conséquences. L’une physiologique : « L’animal sevré trop tôt ne finit pas correctement sa croissance» L’autre psychologique : « Il n’aura pas fini son éducation et n’aura pas les codes pour devenir un adulte et se comporter vis-à-vis de son espèce ou d’autres espèces»

« Livrés aux chasseurs de trophées »

Et que deviennent-ils, lorsque, trop vieux, ils ne peuvent plus remplir leur tâche ? En Afrique par exemple, certains dromadaires « sont achetés à des éleveurs, puis, quand ils ne peuvent plus porter de touristes, ils sont revendus pour la consommation », s’indigne Anissa Putois.

Les jeunes lions qui accompagnent les balades des touristes dans les fermes à félins d’Afrique – notamment d’Afrique du Sud – « sont livrés aux chasseurs de trophées » une fois adulte, selon les mots de Blandine Champagneur, chef de projet pour Guidisto, portail en ligne sur le volontariat.

Ce site internet répertorie des missions de volontariat dans le monde et alerte sur les « sanctuaires » ou « refuges » d’animaux sauvages malades ou victimes de pratiques cruelles.

Sur la base du rapport Taken for a ride réalisé par l’ONG World Animal Protection en 2017, Guidisto fait une liste des sanctuaires à éléphants vertueux et dans lesquels il est possible de faire du bénévolat. Elle est mise à jour sur la base de témoignages de voyageurs. Ils ont pour projet de proposer d’autres missions en Amérique du Sud, qui permettront d’aider les refuges locaux à soigner les animaux sauvages.

La prise de conscience du grand public

Comment éviter de participer à cette souffrance animale ? Privilégier les acteurs du tourisme responsable et ne pas hésiter à questionner les organisateurs de voyage. « Les tour-opérateurs sont de plus en plus sensibles à la question du bien-être animal », affirme Guillaume Cromer, président d’Acteurs du tourisme durable.

« Il y a une prise de conscience par le grand public et des certifications dans le développement durable ont vu le jour », poursuit-il. Depuis quelques années, des organismes indépendants tels que Agir pour le tourisme responsable et Travelife, évaluent les bonnes pratiques.

Aller à la rencontre des animaux autrement

Il existe des alternatives pour partager un moment privilégié avec un animal sauvage, dans le respect de son environnement et loin de la surexploitation commerciale. Magali Germond est professeure de yoga. Elle intervient dans des séjours à thème qui proposent de nager avec les dauphins : « Hors de question de les toucher, de crier, de sauter. Il faut y aller tout en douceur, avec calme et sérénité », raconte-t-elle.

À l’origine de ce programme Sea Dolphin, Frédéric Chotard, spécialiste de la nage avec des mammifères marin. Il a fait du respect de l’animal et de son environnement l’élément central de ces séjours en Mer rouge.

Sur sa goélette, il accompagne de petits groupes de touristes pour aller à la rencontre des dauphins à long bec. Mais sur place, « ce sont les dauphins qui décident, il n’y a pas d’intrusion », assure Magali Germond.

Pauline du blog Graine de voyageuse, vit aujourd’hui à Kuala Lumpur. Elle conseille de partir sur les traces des éléphants dans les forêts de Malaisie : « Vivre l’excitation de la recherche d’un éléphant, sans être sûr de le voir, mais qui est dans son environnement naturel ». Une expérience inoubliable, dans le plus grand respect de l’animal.

Source : Souffrance animale : les dérives du tourisme

La nouvelle majorité vient de présenter un plan pour réguler la fréquentation touristique dans la ville et garantir ainsi une bonne qualité de vie à ses habitants.

« Amsterdam est une ville pour vivre et pour y travailler”, l’activité touristique “ne vient qu’en seconde position”, souligne dans un document la nouvelle coalition municipale d’Amsterdam. Parce qu’elle accueille chaque année quelque 18 millions de personnes – c’est plus que la population de l’ensemble des Pays-Bas – Amsterdam veut maîtriser ses flux de fréquentation touristique : “les nuisances, l’affluence et les détritus placent certains quartiers sous une pression extrême », rapporte le document.

Trouver un nouvel équilibre

La ville a déjà annoncé en janvier qu’elle limiterait à 30 jours la location de logements par des sites internet comme Airbnb à partir de l’année prochaine. « Le tourisme fait partie de la culture internationale d’Amsterdam, que nous devons continuer de chérir », peut-on toutefois lire dans ce plan. Mais comme d’autres destinations, Amsterdam cherche un « nouvel équilibre ».

Source : Amsterdam veut prendre des mesures pour limiter le tourisme

Face à l’afflux des touristes, la Cité des Doges a lancé #enjoyrespectvenezia, une campagne de sensibilisation pour inciter les visiteurs à adopter un comportement responsable, respectueux de la ville, et de ses résidents.

Ca ressemble au hashtag de n’importe quelle campagne marketing. Mais, fait plutôt nouveau, entre “enjoy” et “venezia”, la Cité des Doges a glissé le mot “respect”, bien déterminée à inciter certains de ses visiteurs à changer de comportement.

“#EnjoyRespectVenezia est la campagne de sensibilisation de la Ville de Venise lancée à l’occasion de l’Année Internationale du Tourisme Durable pour le Développement, pour inciter les visiteurs à adopter des comportements responsables et respectueux envers l’environnement, le paysage, les beautés artistiques, l’identité de Venise et ses habitants”, explique la ville sur son site. “Pour conserver la beauté extraordinaire et l’unicité de Venise il faut élaborer un tourisme durable et en harmonie avec la vie quotidienne des résidents qui n’altère pas l’environnement artistique et naturel, et n’empêche pas le développement d’autres activités sociales et économiques.”

Jusqu’à 500 euros d’amende pour les indélicats

En toile de fond, le mouvement de grogne qui se propage un peu partout en Europe contre le tourisme de masse, et notamment dans la célèbre ville italienne.

La Municipalité a ainsi édicté 12 règles à l’attention des touristes, rappelant notamment qu’il est interdit de jeter des détritus par terre, de se baigner ou de plonger dans les canaux, de circuler dans les rues de la ville en tenue balnéaire ou torse nu ou encore de nourrir les pigeons. Les touristes récalcitrants pourront se voir infliger une amende, dont le montant s’élève jusqu’à 500 euros.

Des interdits, et des bonnes pratiques

Au-delà de simples interdictions, la ville veut aussi diffuser de bonnes pratiques. Venise enjoint ainsi ses visiteurs à choisir des guides et accompagnateurs touristiques agréés, à acheter leurs souvenirs auprès des artisans et à fuir les vendeurs ambulants, ou encore à s’informer sur les pratiques de tri des déchets en vigueurs pour ceux qui louent un appartement.

Pour limiter la saturation touristique de la ville, Venise invite également ses visiteurs à sortir des sentiers battus pour désengorger les attractions les plus célèbres, et propose des itinéraires durables, en dehors des parcours habituels. La ville s’emploie aussi à convaincre les touristes de venir la découvrir en dehors des grands pics de fréquentation.

Chaque année, Venise accueille en moyenne 22 millions de touristes.

Source : Venise veut apprendre le savoir-vivre à ses touristes