Les vins ‘bio’ ont la cote, malgré un manque de lisibilité des labels

Les consommateurs réguliers de vin tendent à trouver les bio meilleurs que les autres. Mais ils ont du mal à s’y retrouver dans les labels.

Le saviez-vous ? 55% des consommateurs réguliers de vins trouvent les cuvées ‘bio’ meilleures que l’offre basique. C’est en tout cas ce que révèle la note Les Tendances de consommation de boissons publiée par C10. Si le bio séduit, attention au prix. « L’écart entre un vin bio et une référence similaire non bio, ne peut pas être trop important, au risque de perdre des consommateurs » prévient toutefois Camille Delettrez, responsable marketing. Aujourd’hui, la majorité des cartes de restaurant proposent une ou plusieurs références. Une problématique apparaît cependant : la lecture de la labellisation qui accompagne l’offre, encore « difficile pour le consommateur ». L’occasion de faire le point sur les différentes estampilles.

Le vin bio : il est élaboré à partir de raisins issus de l’agriculture biologique, sans produits de synthèse ni OGM

Le vin en biodynamie : le développement du vin s’appuie sur le rythme de la nature, l’enrichissement des sols par l’apport de matières organiques, de compost ou de fumure

Vin issu de l’agriculture raisonnée : il est produit par l’agriculture raisonnée, qui limite l’impact de l’activité agricole sur l’environnement avec une utilisation minimum de produits chimiques

Le Vin durable : les producteurs s’engagent en faveur d’une viticulture économiquement viable, responsable et socialement acceptable

On trouve également du…

Vin sans souffre : pas d’ajout de souffre, ni sulfite pendant la fabrication

Vin naturel : raisin bio, sans pesticide, engrais et autre pour garder le caractère vivant du vin

Vin végan : aucun produit d’origine animale dans sa fabrication, comme la gélatine, la colle de poissons,  l’albumine d’oeuf, etc.

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Tourisme, s’y retrouver dans la jungle des labels

En France, 350 hébergements touristiques bénéficient de l’écolabel européen qui garantit une démarche environnementale.

Pour le reste, difficile de choisir un établissement ou une prestation vraiment « écolo ».

« En février, je suis partie en Martinique avec mes enfants. Je tenais à choisir des prestations respectueuses de l’environnement, raconte Lara, 41 ans. J’ai trouvé ça difficile. Un guide de l’écotourisme était apparemment sur le point d’être publié mais en attendant, il fallait qu’on se débrouille. » Sans toujours parvenir à un résultat probant. « Nous avons certes trouvé une petite structure qui proposait du kayak en mer, avec le souci de sensibiliser à la biodiversité, à la découverte des étoiles de mer, des iguanes… Mais on est aussi tombés sur une traversée en bateau avec musique à fond et cocktails, pas franchement sobre ! »

En France, dans le secteur touristique, la labellisation écologique reste encore lacunaire. Ce ne sont pourtant pas les « labels » qui manquent, mais avec quelles garanties ? Trois, au moins, sont fiables.

Fiabilité

L’écolabel européen, d’abord, qui concerne environ 350 hébergements en France, selon l’Ademe (plus de 700 en Europe). Délivré par l’Association française de normalisation (Afnor), il impose un cahier des charges strict aux établissements : consommation d’eau et d’énergie limitée, moindre production de déchets (certains articles de toilette jetables étant par exemple interdits), priorité aux fournisseurs locaux, etc.

Ensuite, le label « Clef verte », obtenu auprès d’un jury composé de différents organismes – ministère, Union des métiers et des industries de l’hôtellerie, qui rassemble les industries hôtelières, représentants des auberges de jeunesse, etc. Là encore, les hébergements labellisés (des hôtels aux campings en passant par les villages vacances) ne sont pas très nombreux, un peu plus de 600 en France. Enfin, « Green Globe », label international certifié par des consultants indépendants.

Pour aller plus loin, l’une des pistes consiste à développer « l’affichage environnemental ». Autrement dit, à élargir au tourisme les étiquettes allant du rouge au vert, déjà utilisées dans plusieurs secteurs comme l’électroménager. Publiée au printemps par le gouvernement, la « Feuille de route de l’économie circulaire » entend ainsi « déployer l’affichage environnemental volontaire des produits et des services dans cinq services pilotes », dont les hôtels.

Exigence

« Il s’agit d’un vecteur intéressant car tout le monde ne peut pas prétendre à l’écolabel européen sur les hébergements touristiques, en tout cas pas tout de suite. Les critères sont exigeants, c’est un peu le Graal. En revanche, n’importe quel hôtel peut effectuer un diagnostic dans l’optique d’améliorer ses performances environnementales », fait-on observer au Commissariat général au développement durable, qui dépend du ministère de la transition écologique.

Avec un double intérêt, en termes d’image et de gains économiques. C’est, en tout cas, ce qu’assure la start-up nantaise Betterfly. Celle-ci a mis au point deux logiciels inédits, en partenariat avec l’Ademe et le ministère. « Nous recueillons, à la demande d’hôtels ou de campings, un grand nombre de données : configuration générale, taux d’occupation, type de services utilisés pour la blanchisserie, fournisseurs, etc. À partir de là, nous pouvons établir un état des lieux mais, surtout, simuler l’impact d’une gestion plus écologique », explique Carole Mathis, l’une de ses responsables. À l’en croire, « en entrant dans cette démarche, un établissement peut économiser de 50 centimes à 2 € par nuitée ».

« À nous de les convaincre, ajoute Nathalie Huck-Frelier, directrice adjointe à l’économie circulaire à l’Ademe, qui reconnaît que le dispositif n’en est qu’au démarrage. Mais elle en est persuadée : « Tout le monde a à y gagner, les acteurs du tourisme comme les consommateurs. »

Source : Tourisme, s’y retrouver dans la jungle des labels

Bio : des labels plus pointilleux ?

Le Conseil économique, social et environnemental (Cese) veut lancer une nouvelle campagne d’étiquetage des produits issus de l’agriculture biologique. Il a édité un rapport, le 19 juin, proposant un total de 18 propositions pour améliorer les cinq signes officiels déjà existants, qui garantissent la production et la provenance des aliments.


En toute logique, le label bio pourrait bientôt être remodelé. Le label européen du bio, symbolisé par une feuille verte, devrait être maintenu. En revanche, le label historique français AB serait retravaillé afin de distinguer les produits agricoles à la fois bio, locaux et équitables. Sur le chapitre du bio non européen, le rapport préconise que le futur système européen de labellisation, en cours de réforme, “ne soit pas basé sur des équivalences entre pays, mais sur l’application d’un principe de conformité” assorti de contrôles. 

 
Pour Dominique Marmier, membre du Cese et co-rapporteur du projet, ceci est d’autant plus important, qu’en France, bio rime souvent avec importation : “Les Français consomment pour 8,7 milliards de produits bio par an, et n’en produisent que pour 4 milliards d’euros“.
Source : Bio : des labels plus pointilleux ?