TOP Madagascar : Des propositions de mesures pour relancer le tourisme

La promotion du tourisme national est en vue.

L’association Tours Opérateurs de Madagascar a organisé pour la première fois son assemblée générale extraordinaire cette année.  

Une cinquantaine sur les soixante-six membres de cette association y ont assisté, et ce, en présence de la délégation conduite par le ministre du Tourisme, des Transports et de la Météorologie, Joël Randriamandranto. A cette occasion, des propositions de mesures ont été évoquées par toutes les parties prenantes afin de contribuer à la relance du secteur du tourisme qui est considéré comme un secteur stratégique pour le développement socio-économique de Madagascar. Parmi lesquelles, il a été soulevé, entre autres, la mise en concession de certains sites gérés par l’APMF (Agence Portuaire, Maritime et Fluviale) et l’ouverture de certaines voies ferroviaires.

Tourisme national. En outre, les projets d’extension des aéroports initiés par la société ADEMA (Aéroports de Madagascar), font partie des propositions évoquées par les parties prenantes qui pourraient servir à développer les activités des Tours Opérateurs.  La promotion et la vente de produits touristiques par l’ONTM (Office National du Tourisme de Madagascar) ainsi que les soutiens financiers par le programme Fihariana et la banque BNI Madagascar par le biais de son projet Miarina aux acteurs opérant dans le secteur du tourisme, ne sont pas en reste. La promotion du tourisme national a été également mise en exergue. Il faut rappeler que cette crise sanitaire liée à la pandémie de covid-19 a touché de plein fouet le secteur du tourisme, aussi bien à Madagascar qu’à l’extérieur. Et depuis la fermeture de nos frontières, ce secteur pourvoyeur de devises a connu une baisse de son chiffre d’affaires à plus de 83%, soit un manque à gagner de l’ordre de 620 millions USD en 2020, et ce, sans compter la perte de 44.000 emplois directs.

Affaire de tous. Par ailleurs,  le ministre de tutelle a soulevé à l’occasion de cette assemblée générale extraordinaire de l’association TOP Madagascar que, le protocole sanitaire pour le métier des Tours Opérateurs est déjà validé mais non encore officialisé. En revanche, le protocole sanitaire pour les croisiéristes sera finalisé d’ici à la fin de ce mois, selon le directeur général de l’APMF. En bref, « la relance du secteur est l’affaire de tous et ne peut être réalisable que grâce à un soutien mutuel de tous les acteurs concernés privés ou publics », a réitéré Ramampionona Jonah, le président du conseil d’administration de l’association TOP Madagascar.

Source : TOP Madagascar : Des propositions de mesures pour relancer le tourisme

Ouverture de Nosy-Be : Plus de 2 500 acteurs à former sur les protocoles d’hygiènes post covid-19

Nosy Be

Tous les acteurs concernés au développement du tourisme de Nosy-Be s’attellent à la préparation de l’ouverture de cette destination au reste du monde qui est prévue le 01er octobre 2020. 

Raison pour laquelle, les séances de formations des acteurs locaux sur les protocoles d’hygiènes post covid-19 ont démarré depuis hier. C’est organisé par le ministère des Transports, du Tourisme et de la Météorologie, en étroite collaboration avec l’Office National du Tourisme de Madagascar (ONTM) et l’Office Régional du Tourisme de Nosy-Be (ORTNB). Ainsi, 51 formateurs issus des professionnels de ce secteur qualifié de stratégique poursuivront cette première séance de formation. A leur tour, ils assureront la formation de plus de 2.500  acteurs du tourisme, y compris les employés qui travaillent dans toutes les chaînes de valeur de ce secteur, à partir de 07 septembre 2020. On peut citer entre autres,  l’hôtellerie, la restauration, les tour-opérateurs, les agences de voyage et le transport local comme les bajajs, les taxis et les loueurs de voitures. Les guides touristiques et les gestionnaires des sites touristiques, ainsi que tous les autres acteurs qui seront en contact direct avec les clients aussi bien nationaux qu’étrangers, bénéficieront également de ces formations sur les protocoles d’hygiènes post covid-19.

Stratégie d’accompagnement. A part cela, il a été évoqué qu’environ 230 dirigeants et responsables d’encadrement seront également formés en la matière durant la période de 03 au 05 septembre 2020. Et ce n’est pas tout ! Le ministère de tutelle et l’ONTM qui est l’organe chargé de la promotion de la destination Madagascar sur le plan international, mettront en œuvre une stratégie d’accompagnement des  opérateurs touristiques de Nosy-Be. L’objectif consiste à optimiser l’appropriation de toutes les mesures inscrites dans ces protocoles d’hygiène afin de bien accueillir les touristes internationaux dans le respect strict des gestes barrières permettant de  lutter contre la covid-19. L’accueil chaleureux faisant la réputation de la population malagasy, n’est pas en reste. Ainsi, cette stratégie d’accompagnement comporte entre autres, les formations sur le terrain sur ces protocoles d’hygiène proprement dits, la mise à disposition des documents y afférents aux acteurs concernés et la distribution des affiches spécifiques au tourisme concernant les gestes barrières. Ces affiches qui sont financées par l’Union Européenne seront prévues être apposées dans les chambres d’hôtel et les espaces communs avant la fin de ce mois de septembre, a-t-on appris. En outre, des spots vidéo seront diffusés pour chaque métier du tourisme pour un meilleur apprentissage des protocoles d’hygiène. On peut citer, entre autres, les protocoles pour les serveurs et les femmes de chambre, ainsi que les guides touristiques.

Levier de développement économique. Par ailleurs, des formations en ligne ont également été organisées depuis les deux derniers mois pour l’ensemble du pays. Ces séances de formation toujours sur les protocoles d’hygiène vont se poursuivre ce mois de septembre. En effet, force est de reconnaître que Nosy-Be reste l’une des grandes destinations phares pour le tourisme à Madagascar. Elle a été affectée de plein fouet par cette crise sanitaire liée à la pandémie de covid-19 qui a duré plus de cinq mois, étant donné que le tourisme constitue son principal levier de développement économique. Néanmoins, d’autres destinations régionales réclament également leur ouverture au tourisme international puisque plusieurs milliers de familles en dépendent.

Source : Ouverture de Nosy-Be : Plus de 2 500 acteurs à former sur les protocoles d’hygiènes post covid-19

Mise en place des protocoles sanitaires pour le secteur du tourisme à Madagascar

En vue de la préparation de la reprise du trafic touristique, il est impératif de rassurer les touristes nationaux et internationaux sur les dispositions prises par la destination Madagascar pour prévenir toute contamination durant leur séjour.

Dans ce contexte, l’implémentation effective de protocoles d’hygiène et de sécurité sanitaires sur l’ensemble des maillons d’un séjour ou circuit touristique dès la sortie de l’aéroport, dans le cadre de la prévention de la propagation du COVID 19 et d’éventuelles autres épidémies, constituent la condition préalable pour relancer le secteur du tourisme à Madagascar. Le Ministère des Transports, du Tourisme et de la Météorologie (MTTM), l’Office National du Tourisme de Madagascar (ONTM) et la Confédération du Tourisme de Madagascar (CTM) ont ainsi fait appel aux services de Philippe-Jean Arnou (Madagascar Hôtel Consultant – MHC), délégué régional du cabinet François Tourisme Consultants (FTC).

En vue de l’élaboration et de la transmission de l’ensemble des protocoles d’hygiène et de sécurité sanitaire pour le secteur du tourisme, de nombreux ateliers de travail ont été organisé avec les opérateurs du secteur (Hôteliers, Restaurateurs, Guides, Agences de voyages et Tours Opérateurs, Chauffeurs, Loueurs de voiture…) afin de valider la faisabilité des mesures proposées. Quatre Guides des bonnes pratiques sanitaires (par métier) ont donc été réalisés et plusieurs cycles de formation en ligne ont eu lieu afin de présenter ces mesures aux professionnels.

Afin d’assurer une large diffusion des protocoles sanitaires, la réalisation de supports de communication destinés aux professionnels est actuellement en cours, notamment des affiches et publireportages.

 

Dans le cadre de la mise en place effective des protocoles, Philippe-Jean se rendra prochainement à Nosy-Be, première destination de la Grande Ile à ré-ouvrir ses portes à l’international, afin de former les opérateurs dans la mise en place les protocoles sanitaires et accueillir les touristes dans les meilleures conditions.

 

Si vous souhaitez recevoir une formation ou des conseils personnalisés sur les protocoles sanitaires ou les stratégies de relance économique à mettre en œuvre dans votre établissement, n’hésitez pas à nous contacter à [email protected].

 

L’équipe de Madagascar Hôtel Consultant

 

Nouvelles Aires Protégées : Opérationnalisation d’un fonds d’appui à leur renforcement

La Fondation pour les Aires Protégées et la Biodiversité de Madagascar a émis des critères pour pouvoir bénéficier de ce fonds.

La Fondation pour les Aires Protégées et la Biodiversité de Madagascar (FAPBM) a mis en place un fonds d’appui au renforcement des Nouvelles Aires Protégées (NAP). L’objectif vise à appuyer celles-ci à acquérir des connaissances supplémentaires sur la situation, les richesses et l’évolution ou le changement des contextes de gestion en vue de mieux orienter leurs stratégies d’intervention. Ce fonds d’appui au renforcement des NAP est désormais opérationnel, après approbation du conseil d’administration de la fondation, d’après les informations publiées par cette entité.

Viabilité d’une aire protégée. En revanche, pour pouvoir solliciter ce fonds, la FAPBM a émis des critères d’éligibilité sur les activités à entreprendre. On peut citer, entre autres, les recherches sur les espèces cibles de conservation qui nécessitent des investigations plus approfondies sur leur état, leur viabilité spécifique locale et leur répartition au sein de la nouvelle aire protégée. Les études de faisabilité d’autres activités, la mise à jour des données survenues après un changement de contexte inattendu et l’organisation des réunions pour assurer la gestion d’une crise non prévue, ne sont pas en reste. A part cela, des activités visant à acquérir de nouvelles connaissances ou de nouvelles technologies concernant la gestion de l’aire protégée, peuvent être également éligibles à ce fonds d’appui au renforcement des NAP. Ce qui permettra d’améliorer la viabilité d’une aire protégée, a-t-on indiqué.

Valeur ajoutée et retombées positives. Par ailleurs, d’autres critères ont été évoqués par la Fondation pour les Aires Protégées et la Biodiversité de Madagascar au niveau des NAP, pour pouvoir bénéficier de ce fonds. A titre d’illustration, il faut que l’Aire Protégée soit créée légalement, soit disposant d’un arrêté de protection, même temporaire. Elle doit avoir, de préférence à sa disposition, des outils de gestion comme le PAG ou le PGESS. La présentation d’un plan de travail annuel budgétisé, est également de mise. En outre, le demandeur de fonds doit pouvoir justifier la pertinence des activités nécessitant le financement de la Fondation. Il est en même temps appelé à démontrer la valeur ajoutée apportée par la mise en œuvre des activités demandées. La justification des retombées positives de la réalisation de ces activités sur la gestion de l’aire protégée, s’impose aussi.

Politique d’investissement. En revenant sur la FAPBM, une révision de sa politique d’investissement vient d’être adoptée par son conseil d’administration. Des aménagements ont été ainsi effectués afin de se conformer aux standards les plus élevés possibles en matière de gestion du portefeuille financier, a-t-on évoqué. Entre temps, la Fondation pourra se concentrer sur les rôles qui lui ont été assignés par ses fondateurs et ses donateurs. Il s’agit notamment du financement pérenne des aires protégées. Plus concrètement, la révision de sa politique d’investissement intègre divers points et changements. A titre d’illustrations, la détermination du taux de « spending rule » sera dorénavant portée à une moyenne de valeurs du portefeuille sur trois ans au lieu de cinq ans auparavant. En outre, le mode de gestion du portefeuille tient désormais compte de l’harmonisation avec la pratique de ses donateurs et de son rôle dans la protection de l’environnement, a-t-on conclu.

Source : Nouvelles Aires Protégées : Opérationnalisation d’un fonds d’appui à leur renforcement

Tourisme en grande crise : Les opérateurs économiques, inquiets sur l’avenir du secteur

Les acteurs des différents secteurs d’activités économiques prétendent être victimes de la crise sanitaire qui a eu des impacts graves sur l’économie malgache. Selon les opérateurs touristiques, leurs activités sont au premier plan.

 Les opérateurs du secteur du tourisme mettent en avant les conséquences de la fermeture des frontières sur l’économie nationale. D’après eux, la relance des secteurs gourmands en devises, tels que les infrastructures routières, hydroagricoles, énergétiques, etc. nécessitent avant tout, la reprises des activités du tourisme. En effet, ce secteur, qui contribue à 7% du PIB (Produit intérieur brut) est primordial en termes d’entrée de devises. « Mais le tourisme  est complètement sinistré à cause de la fermeture trop longue des frontières. Grand pourvoyeur d’emplois formels (300 000 emplois directs), le secteur souffre de distorsion sur le marché de l’emploi. 9 salariés sur 10 sont au chômage technique en juillet, et sont désormais sans salaires. Pourtant, le secteur fait vivre environ 1,5 millions d’habitants, outre les paysans qui approvisionnent les restaurants, les artisans, les pêcheurs, les tireurs de pousse-pousse, etc. », nous ont confié ces opérateurs du tourisme.

Dérogations ambigües. Au mois de juillet, environ 200 opérateurs touristiques étrangers ont envisagé de quitter Madagascar. Depuis, leur liste s’allonge de jour en jour à cause du maintien de la fermeture des frontières. « Même ceux qui n’opèrent pas dans le secteur comprendront qu’avec 5 mois sans vols internationaux et régionaux, la crise devient très grave pour le tourisme. S’il faudra attendre octobre, comme l’a dit le président de la République, nous craignons le pire pour ce secteur qui a un plein potentiel mais aujourd’hui, complètement asphyxié par la fermeture des frontières », ont affirmé les opérateurs. D’après eux, l’Etat doit ouvrir les frontières et prendre les mesures adéquates pour limiter la propagation du virus (test PCR avant embarquement à destination de Madagascar, port du masque obligatoire dans les lieux publics, désinfection des avions, gels hydro-alcooliques dans les avions et dans les aéroports, etc.). Par ailleurs, ces opérateurs se posent également des questions sur les critères de choix des personnes rapatriées. « De nombreuses personnes sont bloquées à l’extérieur. Il s’agit de Malgaches qui doivent rentrer, depuis des mois. Ils sont coincés à l’étranger sans accompagnement de l’Ambassade malgache, comme c’est le cas en France. Comparé aux autres pays, c’est comme si nous ne nous soucions pas de nos concitoyens », ont-ils martelé.  Bref, la gestion de la crise est difficile. Les opérateurs du tourisme espèrent la prise de mesures adéquates, par l’Etat.

Source : Tourisme en grande crise : Les opérateurs économiques, inquiets sur l’avenir du secteur

Madagascar. Infrastructures touristiques : Retombées socio-économiques considérables pour les communautés locales

Les opérateurs touristiques croient au développement rapide du secteur, attendu dès que la relance du secteur sera amorcée. Les investissements se poursuivent malgré la suspension des activités.

Une zone touristique a plus de chance de se développer rapidement par rapport à une autre quelconque. « Grâce à nos infrastructures hôtelières et nos investissements, on fait connaître la richesse de la région, comme le cas de la Région Menabe », a confié Abdulla Danil, PDG du Kimony Lodges and Resort. « A travers le secteur tourisme, on fait connaissance avec la valeur locale, que ce soit la culture matérielle ou immatérielle, sans parler de la beauté naturelle », a-t-il ajouté. Investi dans le secteur du tourisme depuis une dizaine d’année, le Groupe ne se limite pas à développer le tourisme à travers des packagings, des nouveaux hôtels, mais travaille de plus en plus en faveur des autochtones. En effet, pour la réalisation des activités menées dans la région, les populations locales sont prioritaires. A part embaucher et former des personnes issues des communautés locales pour travailler dans les hôtels et les restaurants, le groupe Kimony Lodges and Resort investit énormément dans la partie RSE en construisant des écoles, effectuant des forages pour offrir aux villages de l’eau potable. Selon les explications, ces forages d’eau potable participent en effet à la baisse du taux de mortalité infantile et à la lutte contre la bilharziose.

Actions sociétales. Actuellement, plus de cinq points d’eaux sont en place, pour ces cinq villages bénéficiaires. A part le volet social, le groupe participe à l’amélioration de l’environnement naturel, en faisant des reboisements massifs dans les zones dénudées ou dégradées. Depuis deux ans, le groupe effectue des reboisements de mangroves dans les zones marécageuses, en collaboration avec les partenaires locaux. Faut-il rappeler que le gorupe Kimony s’étale sur cinq villages dont le Kimony village centre, Kimony plage, Kirintsy be, Ambalanomby et Andimaka. Bref, cette expérience de Kimony Lodges and Resort prouve que les infrastructures touristiques génèrent de multiples retombées sur l’économie et surtout au profit du développement local. Ce secteur transversal représente 28,9% des rentrées en devises à travers les recettes touristiques, en 2011. Il contribue à l’économie, à travers les rentrées de devises, et génère également de nombreux emplois directs et indirects dans divers secteurs d’activité tels que le commerce, l’agriculture, l’artisanat, etc. Pour le cas du Groupe Kimony Lodges and Resort, 400 emplois directs et plus de 1 000 indirects ont été créés.

Source : Infrastructures touristiques : Retombées socio-économiques considérables pour les communautés locales

Coronavirus : étouffés par les mesures, les acteurs du tourisme quittent Madagascar

En un mois, les chiffres de contaminations au coronavirus ont été multipliés par quatre à Madagascar. Le record est atteint ce 17 juillet avec 484 nouveaux cas et 10 décès en 24 heures.

Si la capitale Tananarive est devenue en quelques semaines le nouveau foyer de développement de l’épidémie, le virus se propage aussi dans les régions moins dotées pour faire face à la crise sanitaire. C’est notamment le cas dans la région Diana, première source de devises touristiques au nord du pays, dont le territoire a été totalement fermé par les autorités locales pour éviter de nouvelles contaminations. Quatre mois tout juste après la suspension des vols commerciaux internationaux et nationaux le 20 mars dernier, la Grande île et son économie sont à bout de souffle.

En fermant l’hôtel, j’ai eu l’impression de rendre les clés de ma vie. C’est déprimant de n’être en rien responsable de la situation et de devoir en assumer seule les conséquences, sans préavis.” Du haut de ses 23 ans, Noémie Richeux est encore abasourdie. Le nouvel arrêté préfectoral qui s’applique à tous les hôtels-bars-restaurants de Nosy Be depuis quelques jours est tombé comme un couperet pour cette gérante : tous les établissements de la commune doivent fermer pour une durée de 15 jours, au minimum.

L’hôtel-restaurant “Aviavy”dont elle a racheté le fonds de commerce en fin d’année dernière, est situé à même la plage, dans le quartier touristique mais calme de Madirokely. Son dynamisme et ses tentatives d’opérations commerciales pour attirer une clientèle locale, parvenaient encore à faire rentrer quelques dizaines de milliers d’ariary chaque jour (1 euro équivaut à environ 4420 ariarys). A peine de quoi payer son équipe réduite de moitié ces 4 derniers mois.

Énième signal de détresse du secteur du tourisme

Dans une lettre adressée au président de la République et au ministre en charge du Tourisme, les membres de la Confédération du tourisme de Madagascar (CTM), demandent aux autorités “l’annulation de la collecte de toutes les obligations fiscales sans pénalité pour l’exercice 2020, et cela, jusqu’à l’ouverture de l’espace aérien, la suspension de la collecte des charges sociales et patronales, la prise en charge du chômage technique pour trois mois, la prolongation de la durée du chômage technique au-delà de six mois, le gel des loyers pour trois mois“. Le Président de la CTM, Patrice Raoull, estime que 40.000 salariés du secteur sont à la veille du chômage technique total.

Après avoir procédé à la mise en chômage technique partiel, à l’épuration des congés, à la mise en demi-salaire et mi-temps des salariés, les employeurs n’ont plus aucun moyen de subvenir au paiement de leurs charges.” Le gouvernement malgache a déjà reporté les échéances de paiement des impôts pour le secteur du tourisme, mais ces mesures ne suffisent plus aux entreprises qui ont déjà épuisé toutes les possibilités qu’elles avaient entre leur main.

Des aides ? Je n’y crois plus !

Des aides ? Je n’y crois plus ! Il n’y aura rien !“, se résigne Noémie Richeux. “Cela fait des mois que nous transpirons face aux charges, qui sont devenues beaucoup plus importantes que notre chiffre d’affaires. En premier lieu, notre loyer : nous sommes tenus de continuer à le payer alors que notre taux de fréquentation est réduit de 90%Et maintenant, voilà que l’on nous oblige carrément à fermer !s’indigne la jeune femme.

Si les autorités ne nous avaient pas obligés à fermer l’hôtel, on aurait au moins pu gagner 80.000 ariary (20 euros), 200.000 ariary (50 euros) par jour, ce n’est pas grand-chose, mais c’est mieux que rien“, renchérit son compagnon Zakaria Ahmed, chef cuisinier du restaurant.

Le jour même de la fermeture ordonnée sans préavis, 4 clients sont passés pour boire un verre et manger un morceau. On a dû refuser de les recevoir pour ne pas transgresser le nouvel arrêté“, poursuit-il, dépité.

Puiser dans son épargne pour payer les salariés

Le jeune couple franco-malgache vient d’achever une énième réunion de crise avec l’ensemble de son personnel. Les tables et les chaises du restaurant ont été placées en lieu sûr, jusqu’à nouvel ordre. “Je puise dans mon épargne, pour continuer à payer cette équipe réduite à 8 salariés, au moins à mi-temps“, confie la gérante.

Les lingères par exemple, je leur ai proposé de venir travailler à mon domicile en attendant que ça s’arrange. L’équipe réduite que l’on a réussi à garder pendant ses 4 mois de crise, je souhaite la retrouver à la reprise. Ce sont des gens bien, je n’ai pas envie qu’ils en arrivent à commettre des délits pour subvenir à leur besoin.

Mais l’épargne de cette Française n’est pas inépuisable. Pour continuer à payer ses charges, elle pense sérieusement à retourner travailler en Europe, le temps qu’il faudra. “Nous sommes de plus en plus nombreux, au sein du secteur de l’hôtellerie-restauration, à nous inscrire sur les listes de l’ambassade de France en tant que candidats pour les vols spéciaux de retour.

Les premiers mois (après l’arrêt des vols commerciaux ndlr), ils étaient surtout demandés par les touristes restés bloqués. Aujourd’hui, ce sont les professionnels résidents qui font le choix de laisser derrière eux leur entreprise, et leur vie, pour tenter de gagner de quoi maintenir leur activité à Madagascar jusqu’à ce que les touristes reviennent. En prenant le risque que cela dure des mois“, soupire-t-elle.

Son compagnon ne sera pas du voyage. Le service consulaire de délivrance des visas pour la France est de nouveau fermé en raison de la propagation du virus, pour une durée indéterminée.

7000 ressortissants sur les vols spéciaux ces 4 derniers mois

Face à la flambée des cas de contamination, l’ambassadeur de France à Madagascar appelle ses compatriotes à la prudence. “Plusieurs compatriotes sont désormais atteints par le virus à Madagascar.

Les mesures de reconfinement et les difficultés économiques qu’elles engendrent, allongent la liste des candidats au départ. “Nous poursuivons, en lien avec les compagnies aériennes et les autorités malgaches, l’organisation de vols spéciaux qui ont permis, depuis la fermeture de l’espace aérien en mars, à plus de 7000 ressortissants, surtout Français et européens, de rentrer en France, en dépit des difficultés réglementaires ou opérationnelles que cela représente“, précise l’ambassadeur.

Il convient à ce propos de rappeler que la France est ‘nation pilote’ pour l’Union européenne à Madagascar et que ce rôle lui confère une responsabilité particulière à l’égard des ressortissants européens sans solution de retour dans le contexte actuel“, précise-t-il.

Ces vols spéciaux comptent également des Malgaches à leur bord. Le prochain, programmé le 26 juillet, affiche complet. Le dernier à avoir décollé ce dimanche de Tananarive, a emmené 406 passagers et 3 bébés vers Paris. 142 Malgaches ont pu embarquer.

Parcours du combattant

Nous sommes plus de 200 candidats au départ pour la France, rien qu’à Nosy Be, explique Noémie Richeux. Je suis loin d’être la première sur la liste. Le prochain départ est complet, mais on m’a proposé une place dans un avion qui décollerait le 29 juillet de la capitale Tananarive. Je dois la payer d’ici demain si je veux la réserver.

Mais, actuellement, les déplacements de la province vers la capitale sont impossibles, je n’ai aucune solution pour rejoindre l’aéroport d’Ivato. Et cet aller simple pour Paris s’élève à 1237 euros ! Je n’ai jamais autant investi dans un billet d’avion, encore moins pour un aller simple… En juin, le vol Air France que nos clients ont pris était à 780 euros. C’est une véritable loterie !

Un parcours du combattant surtout, une course aux informations, où il faut faire ses valises au pied levé dès qu’une occasion se présente. Car elle peut ne pas se présenter deux fois. Ceux qui n’ont pas les moyens de partir regardent les avions décoller. Et leurs espoirs d’un retour à la normale s’éloigner.

Je comprends ceux qui souhaitent partir, parce qu’il n’y a plus de possibilité ici, et les étrangers comme Noémie, peuvent se sentir en danger. Il n’y a plus de vol, et ils se rendent compte que c’est la zone rouge“, résume Zakaria Ahmed avec réalisme. “Quand tu n’as plus de travail, plus rien à manger, tu dois forcément trouver des solutions. Sur le plan sécuritaire, ça peut devenir compliqué pour ceux qui restent.

Manger, une priorité

Je n’ai presque plus rien. Ce matin, je vais aller acheter 20 pots de riz. Ma famille peut tenir quatre jours avec ce stock. Après on verra.” Nestor Ben’ilemy est célèbre sur l’île de Nosy Komba. Ce guide touristique propose des circuits sur son île natale, à une trentaine de minutes de navigation de Nosy Be. Ils possèdent également quelques bungalows qui peuvent convenir à une clientèle locale et aux touristes en quête d’immersion dans le monde rural.

Sur Nosy Komba, les habitants cultivent une terre volcanique très riche, mais certains se sont aussi endettés avec la campagne de vanille qui n’a pas été à la hauteur de leurs espérances.

J’ai dû faire crédit pour pouvoir payer le gardiennage dans mes champs de vanille. Et cette année, la rémunération du kilo de vanille verte n’a pas été suffisante pour compenser. J’espère que l’année prochaine, on en aura terminé avec ce coronavirus et que nous pourrons stabiliser notre situation. C’est très difficile en ce moment pour nous, mais c’est la vie, on n’a pas le choix.

Rémunéré habituellement une vingtaine d’euros pour une journée de guidage, Nestor Ben’ilemy n’a plus vu de touristes depuis la suspension des vols commerciaux au mois de mars. Son fatalisme est celui de ceux qui n’ont pas le choix. Rester et affronter le quotidien sans revenu, jusqu’à une date de retour à la normale, encore inconnue.

Source : Coronavirus : étouffés par les mesures, les acteurs du tourisme quittent Madagascar

Transport aérien : La compagnie aérienne Madagascar Airways se dit victime d’un « harcèlement du régime ».

Le secteur aérien malagasy pourrait être miné par un malaise qui est en train de s’y installer.

Du « harcèlement de la part du régime ». C’est ce que subirait actuellement la compagnie aérienne privée Madagascar Airways. C’est du moins l’avis d’une source proche du dossier et qui s’est exprimé hier, devant quelques journalistes, sous couvert de l’anonymat.

Sur la touche. Taxée d’être proche de l’ancien Président Hery Rajaonarimampianina, Madagascar Airways, qui a opéré en ligne régulière depuis 2016, ne peut plus assurer ses vols depuis le 12 avril. Et pour cause, notre source d’expliquer que l’Aviation Civil de Madagascar ainsi que le ministère des Transports et du Tourisme ont tout tenté pour mettre la compagnie sur la touche. « Madagascar Airways a été tout simplement désignée comme une cible à abattre à tout prix », explique notre source en racontant les péripéties de cette bataille sur fond de « favoritisme ». La décision de suspension du certificat de transport aérien (CTA) de Madagascar Airways est tombée le 24 février 2020. Une décision jugée irrégulière et qui a amené la compagnie à saisir le Conseil d’Etat. Comme il s’agit d’une saisine suspensive de la décision de suspension par l’ACM, Madagascar Airways, qui a continué à bénéficier de la confiance des usagers, a pu poursuivre certains de ses vols. Entre-temps, la compagnie a tout fait pour corriger la seule non-conformité mineure qui a motivé la suspension du CTA. Finalement après audit, le certificat de transport aérien a été rétabli, permettant ainsi à Madagascar Airways de continuer à opérer. Ce d’autant plus que la compagnie a reçu beaucoup de demandes, notamment, pour des vols de rapatriement de ressortissants étrangers pendant le confinement.

Rapatriement aux Comores. Parmi ces demandes figure celle de l’ambassade comorienne qui a voulu rapatrier 800 ressortissants comoriens. En effet, l’ambassade des Comores à Madagascar a lancé un appel d’offre à plusieurs compagnies dont Madagascar Airways. Ayant présenté la meilleure offre et ayant déjà une certaine expérience, Madagascar Airways a été retenue. Malheureusement et selon toujours les explications de notre source, le ministère des Transports et le ministère des Affaires Étrangères sont intervenus afin que les premiers vols pour une première vague de 100 personnes ne soient pas opérés par Madagascar. Au motif, entre autres que même si Madagascar Airways a retrouvé son CTA, elle ne dispose pas encore d’une autorisation d’auto-assistance à l’escale. Dès lors, le vol prévu pour le 21 juillet dernier a été annulé. Provoquant l’indignation et le désespoir des ressortissants comoriens qui voulaient rentrer chez eux. En tout cas, cette affaire témoigne du malaise qui risque de miner le secteur aérien malgache.

Source : Transport aérien : La compagnie aérienne Madagascar Airways se dit victime d’un « harcèlement du régime ».

Covid-19 à Madagascar: le cri d’alarme du secteur du tourisme

À Madagascar, après quatre mois sans activité dus à la crise engendrée par la pandémie de Covid-19, le confinement et la fermeture des frontières, la filière tourisme ne parvient plus à garder la tête hors de l’eau. Si une réunion entre les autorités et le secteur privé à eu lieu mi-juin pour élaborer un plan multisectoriel d’urgence, « le secteur tourisme reste totalement sinistré », plusieurs établissements ont fermé et 40 000 emplois directs sont menacés, s’alarme la Confédération du tourisme dans une lettre adressée à la présidence et au ministre de tutelle.

Pour pouvoir survivre jusqu’à la reprise de leurs activités, les opérateurs touristiques demandent à l’État malgache, entre autres, la prise en charge du chômage technique des salariés pendant trois mois, l’annulation de la collecte de toutes les obligations fiscales et la suspension de la perception des charges sociales et patronales, des mesures adaptées à l’urgence dans laquelle se trouve la filière.

« Une situation aussi exceptionnelle demande des mesures exceptionnelles, explique Lytah Razafimahefa, le vice-président de la Confédération du tourisme de Madagascar. Depuis la réunion que nous avons eue avec le président de la République et jusqu’à aujourd’hui, malheureusement, il y a cette distance entre les décisions prises et les actions concrètes que nous aimerions voir sur le terrain. Il y a lieu de revoir les positions de chacun parce que la situation devient de plus en plus critique, pour ne pas dire catastrophique ».

« Quatre mois après le début du confinement et la fermeture des frontières et sans aide financière vraiment concrète, les entreprises se retrouvent dans une grande difficulté financière et se retrouvent à devoir envoyer à contre-cœur leurs collaborateurs en chômage technique et, si cela va continuer, en licenciement économique, et personne ne souhaiterait en arriver là, poursuit Lytah Razafimahefa. C’est dans ce sens-là que nous souhaiterions que des mesures spécifiques soient envisagées en cas de force majeure pour le secteur du tourisme ».

Le tourisme, un secteur primordial

Le tourisme constitue un secteur primordial pour Madagascar puisqu’il représente 7% du PIB. Il est aussi l’un des plus gros pourvoyeurs de devises pour le pays et emploie des dizaines de milliers de personnes

« Nous parlons là de 300 000 emplois directs et indirects et de 1,5 million d’âmes qui dépendent de ce tourisme, poursuit le vice-président de la Confédération du tourisme. Les guides touristiques, les hôteliers, les porteurs, les piroguiers, les tours opérateurs, les agences de voyage, les loueurs de voiture, pour ne citer que ceux-là, que font-ils en ce moment ? Les neuf dixièmes, pour ne pas dire 100% des employés du tourisme aujourd’hui, ne travaillent pas ».

La filière a multiplié les actions pour se relever et attirer de plus en plus de touristes après des années d’instabilité politique. Ces années d’efforts risquent d’être anéanties sans soutien, s’inquiètent aussi les opérateurs. Contactée, la directrice de cabinet de la présidence indique que la lettre de la Confédération du tourisme a bien été reçue et que les réunions vont se poursuivre avec le secteur privé.

Source : Covid-19 à Madagascar: le cri d’alarme du secteur du tourisme

Aires Protégées : Des milliers de personnes paralysées par le zéro touriste

Des milliers de personnes qui vivaient des revenus touristiques dans le cadre de la promotion des Aires Protégées gérées par Madagascar National Parks, sont impactés directement par la crise sanitaire qui sévit dans le pays. En effet, ils sont paralysés par le zéro touriste étant donné que les visites éco-touristiques au sein des parcs nationaux ont été momentanément suspendues. Du jour au lendemain, les différents acteurs du tourisme se sont retrouvés démunis et désemparés face à cette situation d’exception. A titre d’illustration, la commune rurale de Ranohira dans la région d’Ihorombe fait partie de nombreuses localités victimes de cette crise sanitaire liée à la pandémie de covid-19. Cette ville qui est considérée comme le point de départ de l’exploration du « colorado malagasy » vit exclusivement de l’écotourisme grâce à l’existence du fameux parc national d’Isalo.

Vendre leurs biens. On y recense 10 hôtels et 18 restaurants pour accueillir des touristes nationaux et étrangers. Certains établissements touristiques procèdent actuellement au chômage technique ou à la rotation de travail des employés. D’autres sont même en cessation temporaire d’activité. Parlant des guides touristiques et des accompagnateurs locaux qui sont au nombre d’environ 200 personnes, une grande partie d’entre eux se sont convertis dans d’autres activités comme l’agriculture. Il y en a ceux qui ont tenté l’entrepreneuriat tandis que d’autres qui n’ont plus trouvé de solution, ont commencé à vendre leurs biens pour survivre, a-t-on appris. Rappelons que le mois de mai et de juin de l’année dernière, le parc national d’Isalo a enregistré près de 4 911 visiteurs. Des chiffres réduits à néant pour la même période. Une situation qui affecte également le gestionnaire de l’Aire Protégée.

Coup dur. Par ailleurs, Madagascar National Parks fonctionne grâce aux droits d’entrée aux Aires Protégées. « Ces droits d’entrée nous permettent entre autres, de payer le salaire de notre personnel, d’investir dans des matériels pour le bon fonctionnement des sites ainsi que de contribuer au développement de la population avoisinant les parcs. Cette absence de visiteurs constitue ainsi un coup dur pour MNP alors que l’an dernier, 229 790 touristes ont été enregistrés, soit une hausse de 12% comparativement à l’année précédente. Et en dépit de tout cela, les activités techniques selon les urgences et les priorités liées à l’écotourisme au sein des Aires Protégées continuent », a expliqué Dr May Rakotoarijaona, le directeur général de MNP.

Source : Aires Protégées : Des milliers de personnes paralysées par le zéro touriste