Madagascar lance son premier e-learning pour les agents de voyages

L’Office du tourisme de Madagascar lance son premier e-learning destiné aux agents de voyages, tour-opérateurs et  à l’ensemble des professionnels du tourisme.

L’OT souhaite valoriser ses atouts auprès des professionnels du tourisme. Il propose désormais un  nouvel e-learning destiné aux agents de voyages et tour-opérateurs pour développer leurs connaissances de la destination mais surtout leur permettre de la proposer et la vendre plus facilement à leurs clients. Le programme de formation compte 5 modules : les informations pratiques, les régions de Madagascar, l’histoire, culture et événements, la faune et la flore et les sports et activités. Fin avril 2019, un tirage au sort désignera parmi les participants ayant complété l’intégralité de l’e-learning, celui qui gagnera un voyage à Madagascar à l’occasion de l’ITM 2019 – le Salon international du tourisme de Madagascar. Pour participer : www.elearning-madagascar.com.
Source : Madagascar lance son premier e-learning pour les agents de voyages

Madagascar : “C’est grâce au tourisme que l’on peut s’en sortir”

L’Echo touristique a rencontré Roland Ratsiraka, le ministre du Tourisme malgache, de passage à Paris le 9 novembre. L’occasion de faire le point sur l’épidémie de peste actuelle, dont pâtit le secteur touristique, mais aussi sur les projets de développement de la destination. Entretien.

L’Echo touristique : Madagascar est confronté depuis le mois d’août a une importante épidémie de peste. Quelle est la situation actuellement ?

Roland Ratsiraka : L’épidémie en elle-même est sur sa fin, il n’y a pratiquement plus de cas. C’est terminé presque partout. Mais nous devons atteindre un certain délai, 15 jours après que le dernier cas ait été identifié, pour pouvoir déclarer officiellement la fin de l’épidémie. Je pense que d’ici décembre nous n’aurons plus aucun cas, et que cette annonce officielle pourra alors être faite.

Cet épisode de peste a été différent de ceux que Madagascar a pu connaître les années passées, par son ampleur, et parce qu’il a atteint les zones urbaines, notamment Tananarive…

Non, ce n’est pas la première fois que la maladie atteint Tana. Il y a déjà eu quelques cas les années précédentes, mais pas autant. En termes de décès, nous devons atteindre à peu près le niveau de 2013, qui avait aussi été une année plus sévère que les autres. Mais nous avons eu cette année une forte médiatisation, malheureusement pour l’île. Il est vrai que c’est une maladie qui est de toute façon inacceptable de nos jours. Tout le monde doit se donner la main chez nous pour éviter cela dans les années à venir. Mais il est important de savoir que les sites touristiques ne sont pas touchés par l’épidémie, et que la situation est désormais sous contrôle. Les mesures nécessaires ont été prises.

Le mot fait peur malgré tout, notamment aux touristes…

C’est certain. Nous avons eu une baisse de fréquentation de 30% au maximum, variable selon les endroits. Tana a le plus souffert, avec une baisse de 30% dans ses hôtels. Mais ça devrait reprendre en décembre. En moyenne, on constate une baisse de 15% sur l’activité loisirs, 15% sur le segment affaires. Ce n’est pas non plus un effondrement. Les vols d’Air France sont remplis, ceux d’Air Madagascar aussi. Ces chiffres sont en outre à mettre en rapport avec 2016, année record. Nous avons accueilli 293 000 touristes et réalisé notre meilleure année depuis dix ans. Certains site n’ont d’ailleurs pas connu de baisse, d’autres ont même augmenté. L’Isalo a par exemple connu une hausse de la fréquentation de 20% par rapport à 2016.

Certains acteurs ont pris des mesures de quarantaine, d’autres pays ont déconseillé la destination, Air Seychelles a suspendu sa liaison aérienne… Où en est-on aujourd’hui ?

Le secrétaire général de l’OMT est venu chez nous, c’était un signal très fort pour rassurer les touristes. Il a ensuite initié une réunion tripartite à laquelle j’ai participé, ainsi que les ministres du Tourisme des Seychelles et de l’île Maurice. Il était entendu que l’on applique les mesures conseillées par l’OMS. S’ils veulent éventuellement prendre la température de ceux qui arrivent de Madagascar ils peuvent le faire, sensibiliser les passagers qui se rendent à Madagascar au départ de chez eux, mais sans plus. Le problème que nous avons rencontré par rapport à l’île Maurice et aux Seychelles, c’est qu’ils ont pris des mesures draconiennes. (…)

Il y a eu d’importantes tensions sur un bateau de Costa Croisières. Certains passagers ont été très mécontents de ne pas pouvoir faire les escales à Madagascar et du dédommagement qui leur a été proposé…

Nous attendions sur l’ensemble de la saison 70 000 croisiéristes qui devaient arriver à partir du 4 novembre et qui ont repoussé pour le mois de décembre à cause des Seychelles et de l’île Maurice, parce qu’ils ont menacé les bateaux de quarantaine si jamais il y avait une personne à bord qui avait de la fièvre. Les compagnies ont eu peur, elles ont annulé les escales à Madagascar et se sont reportés sur l’île Maurice. (…) Nous avons là la preuve que ces croisières ont du succès parce qu’elles proposent des escales à Madagascar. Nous sommes en rapport permanent avec les directions de ces compagnies de croisières. Ils n’ont jamais eu peur d’aller à Madagascar, ce sont les mesures draconiennes prises par les Seychelles et Maurice qui les ont dissuadées.

Est-ce sur le point de se résoudre ?

Nous sommes en pleines discussions avec eux. Les Seychelles n’y voient aucun inconvénient (…). Avec le ministre du Tourisme de l’île Maurice, la discussion n’est pas encore satisfaisante mais cela devrait s’arranger. Costa devrait normalement revenir à Madagascar au mois de décembre, même si la décision n’est pas encore prise de manière officielle. Au moment où nous parlons (le 9 novembre, ndlr), nous avons perdu 5000 touristes de croisières. Car la saison ne débutait que le 4 novembre. Air Seychelles devrait aussi reprendre ses vols dès que l’épidémie sera officiellement déclarée terminée.

Que représente le marché français pour Madagascar ?

La France représente 60% des touristes que nous accueillons. Mais ça n’augmente pas aussi vite que nous pourrions l’espérer, c’est un marché difficile. (…) Que nous disent les TO ? Je les avais rencontrés sur l’IFTM en 2016. Du point de vue sécuritaire, ça ne les inquiète pas plus que ça, parce qu’à Paris aussi, les professionnels du tourisme doivent faire face à certains problèmes. Au niveau sanitaire, ils nous demandent d’améliorer la situation et ils ont raison, parce qu’il faut rassurer sur ce plan là. Nous avons par exemple signé une convention avec une entreprise d’assistance qui va chercher les voyageurs en hélicoptère partout où ils se trouvent en cas de difficulté. Notre pays est vaste (une fois et demie la France, ndlr), et on peut parfois se trouver éloigné des centres de soin. Ce nouveau service est accessible moyennant 10 ou 15 euros par jour. Il faut que nous le fassions connaître, que ce soit inclus dans les produits touristiques.

L’autre frein est aussi d’ordre financier…

Oui, l’autre frein, c’est que c’est cher. Là, ça relève d’une décision politique. Il faut que Madagascar soit une destination accessibe. Un billet d’avion peut coûter très cher. Aujourd’hui, aucune compagnie aérienne ne gagne de l’argent sur Madagascar. Maintenant, ce que vous perdez à gauche, vous le gagnez à droite. Je m’explique : si toutes les entreprises fonctionnent, si nous avons de la création d’emplois, si les gens consomment, si les acteurs du tourisme gagnent de l’argent, ils versent à l’Etat. Il y a donc toujours des moyens de se rattrapper. Ca nous permettrait notamment de faire de la publicité.

Ce qui veut dire que vous pourriez décider de subventionner les vols ?

Voilà. Madagascar devrait aussi faire de la publicité. Elle n’en a jamais fait. La meilleure publicité qui a été faite était gratuite, c’était le film Madagascar. Nous avons eu cette chance, il faut la saisir. Il faut emboîter le pas et commencer à communiquer. Si j’avais été à la tête du pays (Roland Ratsiraka a été candidat à l’élection présidentielle en 2006 et 2013, ndlr), j’aurais consacré cinq à dix millions pendant au moins une dizaine d’années pour communiquer sur la destination. L’Ile Maurice a un budget de dix millions d’euros pour investir dans la promotion de leur destination. Nous avons 300 000 euros. Il y a beaucoup de solutions, mais il faut que nous les appliquions. Mais je pense que mes prédécesseurs n’étaient pas très motivés par rapport au tourisme. Ils ne mesuraient pas que c’est grâce au tourisme que l’on peut s’en sortir.

Que pèse actuellement le tourisme dans l’économie de Madagascar ?

C’est 7% du PIB. C’est beaucoup. On pourrait aller jusqu’à 15%. Cela pourrait devenir le plus important de nos secteurs d’activité. Mais les choses avancent. Nous sommes en train de faire évoluer l’aéroport de Tananarive. Il va être renouvelé d’ici deux ans au maximum. Il sera plus grand, plus attractif. Cela devrait inciter les compagnies aériennes à venir, à faire escale, et à faire de Tananarive un hub. C’est un hub naturel étant donné son positionnement dans le monde et dans l’océan Indien. Aujourd’hui, il y a deux fois plus d’avions qui atterrissent sur l’île Maurice alors que l’île Maurice, en terme de taille, n’équivaut même pas à une ville malgache. Il y a des routes en construction…

De nouvelles implantations de chaînes hôtelières ?

Oui. Starwood s’installe à Tananarive, Hilton va venir faire de la prospection, le Club Med va venir débuter ses investissements bientôt. Ils doivent ouvrir un Club à Diego Suarez. Ils devraient débuter leurs actions d’ici un an ou deux. Ca a déjà été présenté au board du Club Med. Mais ils sont dans l’attente du nouvel aéroport car pour le moment, un gros porteur ne peut pas se poser dans le nord. Mais quoi qu’il en soit la projet a été validé par le board (contacté par L’Echo touristique, le Club Med n’a pas confirmé cette information, Ndlr). Et certaines opérateurs vont venir investir à Nosy Be. L’épidémie actuelle ne les a pas fait changer d’avis. Tout est fait pour que d’ici cinq à dix ans, on puisse vraiment aller plus loin.

Source : Madagascar : “C’est grâce au tourisme que l’on peut s’en sortir”