ATD publie un manifeste pour un plan de transformation du tourisme

DES PROPOSITIONS CONCRÈTES POUR APPRÉHENDER LE TOURISME D’APRÈSLa crise du COVID-19 est en train de mettre à terre une partie du tourisme français et mondial. Derrière l’urgence de la situation pour l’ensemble des professionnels du tourisme et la nécessaire action publique à envisager pour les soutenir économiquement, il s’agit également d’appréhender l’après et de construire durablement l’avenir de notre secteur.

Alors qu’un comité de filière tourisme se tient le 28 avril pour définir un plan de relance du secteur, le réseau des Acteurs du Tourisme Durable, fort de ses 130 structures membres, publie son Manifeste pour un plan de transformation du tourisme.

Pour ATD en effet, le tourisme ne doit pas repartir comme avant : si le soutien financier aux professionnels du tourisme est indispensable pour leur permettre de survivre, il est aussi essentiel que ces mesures économiques puissent avoir des effets positifs sur les aspects environnementaux et sociaux.
Le tourisme doit aujourd’hui se transformer pour devenir un tourisme à impacts positifs, que ce soit pour l’Homme, pour l’environnement et les territoires.

Alors que la planète subit de plus en plus des impacts qui pourraient devenir irrémédiables pour l’être humain à terme si nous ne changeons pas en profondeur notre manière de vivre, de consommer, de voyager, ATD souhaite pousser le tourisme à se transformer. Cette crise doit en effet être considérée comme une opportunité unique de réinventer le tourisme et nous devons la saisir aujourd’hui.

En lien direct avec sa charte d’engagement, ATD demande ainsi aux décideurs d’impulser ce plan de transformation, dont les propositions couvrent 4 axes prioritaires :
– Sobriété carbone et préservation environnementale
– Entraide, solidarité et justice sociale
– Retombées économiques locales
– Tourisme de sens

Source : ATD publie un manifeste pour un plan de transformation du tourisme

Répondez à notre sondage : Le développement durable en hôtellerie

Bonjour à tous,

Afin de vous proposer des services au plus près de vos besoins, nous vous mettons aujourd’hui à contribution sur un sujet qui nous tient particulièrement à cœur, celui du développement durable en hôtellerie.

Ce concept nous semble aujourd’hui incontournable dans la gestion d’un établissement. La crise sanitaire que nous traversons n’en est qu’une parmi tant d’autres. Malgré une belle dynamique ces derniers années, le contexte local reste souvent compliqué pour faire décoller son activité, nous le savons bien. En effet, Madagascar est une destination magnifique, mais qui peine malheureusement à se faire une vraie place sur le marché international. Il est donc indispensable en cette période encore plus difficile, de se poser les bonnes questions. Nous nous les posons également pour vous aider à mieux rebondir.

C’est ainsi que l’angle du développement durable nous est apparu comme un axe de réflexion tout à fait adéquat. Mais pour pouvoir vous proposer des réponses et solutions appropriées, nous avons besoin de vous.

 

Répondez à notre sondage en ligne et donnez-nous les clés de votre regard sur ce sujet.

L’équipe de Madagascar Hôtel Consultant

Changeons notre tourisme

Changeons notre tourisme – Roland Héguy – Préface de Laurent Fabius. Editions Cherche-Midi, Janvier 2020

« Changeons notre tourisme » ou chronique de l’évolution d’un secteur, l’hôtellerie-restauration, qui a été particulièrement bousculé dans ses habitudes ces trente dernières années. Entre les sites de réservation en ligne type Booking (OTA), l’ubérisation, l’apparition d’Airbnb, la chute d’estime du métier, Roland Héguy, ancien restaurateur et hôtelier indépendant à Biarritz, nous livre un témoignage d’autant plus juste et incarné qu’il se double de ses dix années d’engagement à la tête de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (UMIH). Un ouvrage éclairant pour mieux comprendre les enjeux et défis d’un secteur qui se doit d’évoluer en permanence.

Il fut un temps où le métier d’hôtelier restaurateur visait avant tout à satisfaire le client en fournissant des prestations de qualité sur des métiers de bouche, d’accueil, de réception. Aujourd’hui, l’hôtelier restaurateur se doit toujours d’être excellent dans son domaine, mais cela ne suffit plus. Il lui faut aussi se muer en véritable capitaine de navire, alternant les casquettes et les polyvalences, devenant tour à tour informaticien, communicant, juriste, community manager, architecte, ingénieur voire militant…, au fait des évolutions du monde mais aussi capable de répondre à des enjeux aussi vitaux que la déferlante du numérique. Sans compter qu’ « après avoir été la promesse de circuits plus directs et de prestations meilleurs marché pour le consommateur, la numérisation voit de plus en plus d’intermédiaires s’immiscer dans notre distribution…. »

Et au sein des nombreux enjeux et défis relevés par Roland Héguy, le développement durable, dont il souligne l’importance notamment via les nombreux partenariats établis entre l’UMIH et l’Ademe, qui ont permis d’aiguillonner nombre de professionnels vers l’Ecolabel Européen ou  la Clef Verte, mais aussi soulignant les actions concrètes de la commission développement durable de l’UMIH. Ainsi, en 2016, est paru le guide Vaincre le gaspillage à destination des hôtels, puis sa déclinaison à la restauration. Dans le même élan, le syndicat a édité un recueil de recettes anti-gaspi, faisant de la lutte contre le gaspillage alimentaire un chantier prioritaire de ces prochaines années. « On peut se demander pourquoi notre profession se préoccupe tant de l’environnement, peut être parce que l’exploitation d’un hôtel ou même d’un restaurant permet d’apprécier l’importance des consommations et des déchets en un lieu où vivent plusieurs dizaines de personnes. De ce fait, nos hôtels sont de vrais laboratoires d’expérimentation des solutions de développement durable. »

Adepte du développement durable, Roland Héguy l’est tout autant du tourisme durable, mais il pointe avec justesse l’importance de l’éducation des touristes et clientèles, un maillon indispensable de cette chaine du durable, où l’effort ne peut pas reposer uniquement sur les professionnels. « Je crois qu’on pourra parler de tourisme responsable quand un touriste respectera le pays ou la région qu’il visite, quand il ne laissera plus autant de détritus sur les plages et sur les routes, quand il n’abusera pas de l’eau et de l’électricité à volonté dans les chambres d’hôtel, quand il fera attention à ne pas gâcher la nourriture au buffet du petit-déjeuner, quand tout simplement il ne se croira pas tout permis parce qu’il a payé. » Roland Héguy fait ainsi partie des nombreux professionnels qui souhaitent que les pouvoirs publics et les professionnels du tourisme prennent des mesures en faveur d’un tourisme plus durable.

Et ce n’est pas un hasard si l’ouvrage a été préfacé par Laurent Fabius. Roland Héguy le connait bien et a travaillé à ses côté en 2014,  lorsque le Quai d’Orsay a pris en charge la question du tourisme. Pour ce dernier, les Assises du tourisme qui suivirent furent un virage salutaire ainsi que la création des 20 marques territoires telles Biarritz-Pays basque. Alors aujourd’hui, contrairement à ceux qui en appellent à la création d’un ministère spécifiquement dédié au tourisme, il souligne au contraire l’intérêt du comité de filière qui a suivi, placé sous la présidence de Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian. « A un ministère du Tourisme qui agirait de façon isolée, je préfère une instance dans laquelle nous sommes impliqués et dont nous avons l’espoir qu’elle fasse avancer des projets communs pour le secteur. Si nous avons réclamé un ministère du Tourisme par le passé, je saurai me consoler de son absence pourvu que l’Etat nous suive quand le comité de filière proposera des projets. »

Enfin, la revalorisation du tourisme rural fait également partie des propositions que portent Roland Héguy à travers l’UMIH et de nouvelles instances plus transversales dont la CAT (Confédération des Acteurs du Tourisme), quand on sait que 80% des touristes sont concentrés sur 20% du territoire….un rééquilibrage fondamental pour mieux répartir le tourisme sur l’ensemble du pays est plus que nécessaire, et faire ainsi en sorte que tous les territoires profitent de cette manne, véritable levier de développement local. En ce sens, avec l’Association des maires ruraux et Nouvelles Ruralités, l’UMIH est également à l’initiative du Parlement rural français. Ce dernier a tenu sa première session dans la Nièvre les 15 et 16 octobre 2019, avec entre autres objectifs la revitalisation commerciale des petites communes, le soutien aux cafés, espaces de liens sociaux, qui ont de plus en plus de mal à tenir, et l’aide au déploiement de la 4G partout, indispensable pour l’ensemble des professionnels du secteur.

Il faut vraiment saluer cet ouvrage, à la fois factuel et militant. Il démontre également combien le café, l’hôtel, le restaurant, sont des piliers indéniables de nos territoires, lieux de lien social mais aussi lieux de transversalité entre tous les acteurs de la chaine touristique. Ainsi, nombre d’analyses présentées ici trouveront certainement un écho auprès de nombreux professionnels, un peu dans le sens de l’action d’un homme engagé depuis toujours, qui ne cesse jamais le combat, au-delà des corporatismes, pour un tourisme diffus et partagé, dans l’intérêt de tous.

Source : Changeons notre tourisme

Travalyst et Booking développent un référentiel de durabilité à toute l’industrie touristique

L’objectif étant d’aider les voyageurs à choisir des options de voyage plus respectueuses

Travalyst, le programme initié par le duc de Sussex, vient de rentrer dans une nouvelle phase en développant des référentiels de durabilité permettant de noter les pratiques durables mises en place par l’ensemble des professionnels de l’industrie du voyage. Booking est partie prenante au niveau de l’hébergement.

Entre les opérations de Green Washing et les réelles intentions de faire bouger les choses, la frontière est parfois mince, mais il est important de noter que l’industrie touristique semble avoir pris conscience du virage quelle doit prendre pour atteindre la durabilité de son activité.

Travalyst, une initiative mondiale visant à promouvoir le tourisme durable initiée par le duc de Sussex, vient de développer un référentiel de durabilité permettant de noter les pratiques durables mises en place par l’ensemble des professionnels de l’industrie du voyage.

C’est autour de 3 branches du tourisme, que le référentiel a été créé : portant sur les hébergements, les vols et les expériences. Ainsi avec cette opération, Travalyst souhaite mettre en place une notation des fournisseurs de l’industrie.

En tant que responsable sur la branche hébergement, Booking.com va chercher à identifier les pratiques les plus bénéfiques pour l’environnement, ainsi que les initiatives entraînant des retombées positives pour les communautés locales.

Si les géants du web s’y mettent, il est possible d’espérer en l’humanité.

“Même si 70 % de nos clients affirment qu’ils seraient plus enclins à réserver un séjour dans un hébergement écoresponsable, 72 % d’entre eux ne connaissent pas encore l’existence des écolabels.

Cela signifie qu’en tant que membres de Travalyst, nous pouvons à la fois mettre en avant de nombreux fournisseurs d’hébergements ayant adopté des pratiques durables et permettre aux voyageurs de trouver et de réserver ces hébergements écoresponsables plus facilement,” a rapporté Gillian Tans, présidente de Booking.com.

Pendant ce temps, Skyscanner s’occupera de l’élaboration du référentiel portant sur les vols. Un comité consultatif responsable d’évaluer et de guider leur travail a été constitué autour d’universitaires ainsi que d’experts dans les secteurs du voyage, de la technologie et de la durabilité.

Travalyst s’est engagé à présenter son travail aux professionnels de l’industrie et aux principaux acteurs de certaines destinations stratégiques afin d’obtenir leur avis.

Cet échange aura lieu le 26 février prochain à l’Edinburgh International Conference Centre lors d’un sommet organisé en collaboration avec VisitScotland et l’EICC.

Source : Travalyst et Booking développent un référentiel de durabilité à toute l’industrie touristique

Compensation carbone : arrêtez de planter des arbres ! Du greenwashing aux actions écologiques et solidaires

Le tourisme compte beaucoup sur la compensation carbone. Bien que nécessaire, celle-ci est parfois inutile voire contre-productive. C’est en tout cas le message de l’ONU Environnement. Pour la pratiquer dans les règles, ATR (Agir pour un tourisme responsable) a intégré l’obligation pour ses labellisés en proposant 3 acteurs solidaires et responsables.

Dans une tribune publiée en juin 2019 et intitulée « les compensations carbone ne nous sauveront pas », l’ONU Environnement pousse un cri d’alarme et condamne les abus en la matière.

Pour les scientifiques, la compensation est nécessaire à condition que les émissions baisses… Or, elles augmentent.

La compensation sert bien souvent à se donner bonne conscience, voire à cacher des comportements d’achat – vente en bourse de crédit carbone, et enrichir certains aux dépens de la crise climatique.

Planter des arbres, une fausse bonne idée ? C’est un peu ce qu’explique le texte.

« Si nous voulons réellement éviter des changements planétaires catastrophiques, expliquent les scientifiques de l’ONU Environnement, nous devons réduire nos émissions de 45% d’ici à 2030.

Or, les arbres plantés aujourd’hui ne peuvent pousser suffisamment vite pour atteindre cet objectif et les projets de compensation carbone ne seront jamais suffisants si des centrales à charbon continuent d’être construites, des voitures d’être achetées, la population de croître… »

D’ailleurs les entreprises les plus énergivores ou celles qui sont le plus montrées du doigts se ruent littéralement sur la plantation d’arbres.

Faudra-t-il déforester pour planter un arbre ?!

Dans un entretien publié par le Parisien cet automne, Air France communiquait largement sur sa volonté dès janvier 2020 de compenser ses émissions sur les vols intérieurs par la plantation d’environ 70 millions d’arbres, via « un investissement de plusieurs millions d’euros».

La société est bientôt suivie d’autres compagnies aériennes (notamment) faisant exploser la plantation de forêts. Pourtant, au-delà du temps qu’il faut à une branche pour devenir un arbre, la solution devient alors absurde : si la plantation d’arbre se révèle plus importante que le nombre d’hectares disponibles, que faudra-t-il faire ?

Ces plantations correspondent-elles toujours aux besoins locaux ?

Compensation carbone : arrêtez de planter des arbres !
Enfin et surtout, comme indiqué plus haut, les scientifiques de l’ONU Environnement alertent : sans réduction des émissions – voire en les augmentant, la compensation reste une simple communication d’intention qui pourrait, si on était taquin, s’apparenter à un forme de greenwashing.

La seule énergie verte, c’est celle qui n’est pas produite. Mais quelles solutions, quand on ne peut pas ne pas en consommer ?

Le texte se conclut sur un point de vue moins tranché : « les compensations, si elles sont examinées et appliquées avec clarté, peuvent aider la transition là où des changements soudains et radicaux pourraient nous faire reculer davantage ».

ATR propose des solutions à ses adhérents

C’est justement la mission que s’est donné, à peu près au même moment, Agir pour un Tourisme Responsable (ATR). L’association à la pointe du tourisme durable indiquait en juin dernier : « A partir de 2020, toutes les entreprises prétendant au label ATR devront compenser 100% de leurs émissions de CO2 à travers des projets de solidarité climatique. Les émissions liées au transport des voyageurs devront être compensées par les entreprises titulaires du label ATR, à hauteur de 50% à partir de 2023, puis à 100% à partir de 2025. »

Concrètement : dès cette année 2020, les compensations carbone des adhérents ATR doivent couvrir le périmètre de leur entreprise (déplacements, charges, dépenses énergétiques…). En 2023, elles devront en plus couvrir 50% des émissions clients et en 2025, 100% de ses émissions (internes et clients).

Tardif, diront certains, mais l’association a le mérite d’imposer des actions – et de les réaliser avant la date fatidique de 2030 annoncée par l’ONU Environnement.

Comment ? « Par une mutualisation s’enthousiasme Aurélien Seux, co-fondateur de Double Sens. On veut porter un discours fort, se réunir, fédérer et partager les bonnes pratiques ».

Pour se faire, ATR a « confronté » les solutions proposées par différents acteurs, et propose à ses adhérents, dès janvier 2020, 3 initiatives concrètes.

3 solutions pour les pros

Les 3 actions qu’ATR a sélectionnées sont réparties en Amérique du Sud, Asie et Afrique, pour correspondre à un maximum de destination. Elles ne permettent pas uniquement d’avoir un impact environnemental mais tient compte de l’économie sociale et solidaire.

Au Pérou, Microsol propose de soutenir la fabrication, l’installation et l’entretien de cuiseurs à bois autonomes. Fermés par une cheminée, ils permettent à la fois de réduire la consommation de bois (impact environnemental) mais aussi d’agir sur la santé des populations en leur évitant d’inhaler les fumées toxiques que dégagent les fours traditionnels (impact social). Enfin, la fabrication de ces fours agit sur l’emploi et l’économie locale.

Au Vietnam, EcoAct propose un programme certifié Gold Standard pour aider les populations à construire et gérer la maintenance de digesteurs de biogaz par le traitement de déchets. Une énergie verte abordable, via l’utilisation de déchets qui resteraient non traités à l’air libre (impact aussi sur la santé) et fournit des emplois.

En Ethiopie, EcoAct toujours soutien une action locale de réhabilitation et préservation de puits d’eau potable.

Le manque d’eau en Ethopie oblige les habitants à faire bouillir l’eau, utilisant du bois de chauffage, ce qui génère à la fois une déforestation et des problèmes de fumées toxiques. La réparation de puits de forage en ruine apporte une eau propre et permet d’économiser le coût du bois. Les opérations sont dirigées par des femmes, leur fournissant des emplois.

Source : Compensation carbone : arrêtez de planter des arbres !

Philippe-Jean ARNOU, auditeur Green Globe

Photo de couverture : Hôtel Akoya – La Réunion

Green Globe est la première certification au monde, dédiée au développement durable du tourisme.

Green Globe est un SYSTÈME DE MANAGEMENT du développement durable conçu spécialement pour l’hôtellerie, le tourisme et les loisirs. Ce système offre un ensemble de solutions et d’outils pour vous accompagner dans votre démarche de développement durable et certifier votre performance environnementale et sociétale.

Aujourd’hui, des centaines d’organisations touristiques dans le monde ont choisi Green Globe pour structurer leur démarche de développement durable.

Les étapes

L'ACCOMPAGNEMENT

  • Diagnostic
  • Définition d'un plan d'action
  • Formation
  • Montage du dossier de candidature

Le processus

Madagascar Hôtel Consultant est membre du réseau d’experts internationaux, François Tourisme Consultants, leader international en matière de conseil et de formation pour l’hôtellerie et le tourisme dans le domaine de l’environnement et du développement durable, ET PARTENAIRE PRIVILÉGIÉ DE GREEN GLOBE depuis de nombreuses années.

C’est riche de cette expertise que nous vous accompagnerons en amont dans la mise en place interne de votre démarche.

L'AUDIT

  • Préparation de l'audit
  • Audit sur site
  • Analyse et rapport d'audit

Une fois la demande de certification effectuée, c’est un auditeur externe qui assure le suivi, une fois par an au travers d’un audit, il évalue la conformité du système de management ainsi que ses progrès d’années en années face au référentiel.

Afin de vous offrir un service optimal, nous nous engageons à garantir l’indépendance du consultant assurant l’accompagnement et celui de l’auditeur, Philippe-Jean Arnou.

Philippe-Jean ARNOU, auditeur GREEN GLOBE

Riche de plus 35 ans d’expertise dans l’hôtellerie, la restauration et le tourisme, Philippe-Jean a eu le plaisir de travailler pour les plus grands groupes hôteliers du monde et ce à différents endroits de la planète. 

Consultant en hôtellerie, restauration et tourisme durable à Madagascar depuis 2011, il est également auditeur accrédité Green Globe pour toute la partie francophone de l’Océan Indien et de l’Afrique Australe.

Il a entre autre effectué les audits de l’Eden Lodge et de l’Heure Bleue à Madagascar, mais également celui d’Akoya Hôtel à la Réunion.

Contactez-nous dès à présent pour plus d'informations, notre équipe est à votre service.

+261 33 68 481 14

Lutte contre le tourisme de masse : le temps des mesures

Que faire quand un touriste auto-centré grave son nom sur les pierres du Colisée à Rome, quand un autre balance des détritus sur un membre de la garde royale à Londres ? Que faire contre l’inflation proportionnelle à la fréquentation touristique dans certaines villes ? Comment lutter contre la pollution directement liée à l’afflux de touristes ? Depuis quelques années, de Barcelone à Venise en passant par Kyoto, Dubrovnik ou l’île de Boracay aux Philippines, les hauts spots touristiques se rebiffent. Découvrez comment !

Limiter le nombre d’hébergements

En 2017, une manifestation anti-touristes fortement suivie par les habitants de Barcelone dégénérait et se terminait par l’attaque d’un bus de touristes… Et ce n’est qu’un exemple, certes extrême, de démonstrations de ras-le-bol d’habitants de villes et de lieux victimes d’une hyper-fréquentation touristique. A Barcelone, depuis 2016, la mairesse, Ada Colau, s’est attaquée au problème en mettant en place une mesure drastique pour réguler le nombre d’hébergements, à travers un plan urbain de logement tourisme qui prévoit la stagnation et la régulation des hébergements touristiques.

Depuis, d’autres villes et pays ont emboîté le pas à la capitale de la Catalogne comme Venise où le nombre de nouvelles chambres d’hôtel est limité. A Majorque et Amsterdam, de nombreuses locations mises en ligne sur des plateformes telles qu’AirBnB ont carrément été interdites. En Islande, les personnes proposant des hébergements via AirBnB ne peuvent pas dépasser 90 nuitées par an et ce ne sont que quelques exemples d’une tendance qui se développe aux quatre coins de la planète.

Réguler la fréquentation des sites touristiques ou interdire leur accès !

Lorsque le tourisme de masse s’attaque à un site en particulier, réguler et limiter son accès est la solution la plus prisée pour lutter contre le sur-tourisme. A Angkor Wat, les autorités ont presque doublé les droits d’entrée au site – de 20 $ à 37 $ – en 2016 et pour limiter le nombre de visiteurs – 2,5 millions de touristes en 2017 -, elles ont aussi restreint l’accès au sanctuaire central du site à des groupes n’excédant pas 100 visiteurs en même temps. Aux Galapagos, ce sont les sorties en mer qui sont visées et régulées. Parallèlement, la découverte de l’archipel à pied est encouragée, à condition de se plier à 14 règles précises et de ne se rendre que dans les sites autorisés. Au Machu Pichu, seulement deux horaires de visites quotidiennes sont programmées et le site n’accueille pas plus de 5 000 visiteurs par jour. Dans la même veine, les autorités en charge d’endroits comme Santorin ou Dubrovnik ont adopté des mesures similaires. D’autres sont carrément allées plus loin en interdisant l’accès de certains sites menacés. Ainsi, en Thaïlande, les îles de Koh Khai Nok, Koh Khai Nui, et Koh Khai Nai au large de Phuket ont tour à tour été “fermées” au public le temps que la nature et la biodiversité reprennent leurs droits suite aux dégâts causés par les touristes. Il en est de même pour l’île de Boracay aux Philippines.

Réguler la hausse des prix des produits de base et réduire le nombre de commerces pour touristes

Non seulement le sur-tourisme a des conséquences néfastes sur l’environnement mais aussi sur le niveau de vie des locaux. Comment survivre dans certains quartiers quand les prix flambent ? A Barcelone, des mesures ont été prises pour réguler la monté des prix de l’immobilier mais aussi pour stopper l’invasion de nouveaux magasins destinés aux touristes.

A Amsterdam aussi, aucun nouveau commerce de souvenirs n’est autorisé à ouvrir ses portes dans le centre ville. Dubrovnik aussi est en train de réduire ses étals de babioles ainsi que le nombre de tables dans les restaurants. Quant à Venise, ce sont les fast-foods qui sont désormais interdits en centre ville !

D’autres mesures plus originales

Que faire contre le touriste mal élevé qui grave son nom sans aucun scrupule sur des vestiges millénaires, ou celui qui fait tomber une oeuvre d’art en pensant réaliser le selfie du siècle, ou encore celui qui nourrit avec n’importe quoi – voire saoule – les adorables cochons nageurs de l’île Big Major Cay aux Bahamas ? Les punir voyons ! De plus en plus d’autorités locales n’hésitent pas à verbaliser les touristes au comportement irrespectueux vis à vis de l’environnement et des locaux. Ainsi, par exemple, Rome et Venise ont établi un règlement répertoriant des règles de bonne conduite. Des règles entravées récemment par un couple de Berlinois pris en flagrant délit de préparation d’un petit café sur un réchaud au pied d’un des plus jolis ponts de la ville. Verdict : une amende de 950 euros ! Autre délit : la photographie… Et oui, à Kyoto, prendre des photos dans le fameux quartier de Gion, où vivent encore bon nombre de Geishas, est désormais interdit. Une décision prise par le comité des habitants dépité par les mauvaises manières de la plupart des touristes.

Cocorico

Quant à notre chère et douce France, elle n’est pas en reste. Le Sénat vient en effet d’adopter à l’unanimité des mesures pour lutter contre la sur-fréquentation de sites protégés tels que la dune du Pilat, le Mont-Saint-Michel ou encore le Mont-Blanc. Il en revient aux maires des communes concernées de les appliquer.

Source : Lutte contre le tourisme de masse : le temps des mesures

Tourisme durable : de l’indifférence à l’inquiétude et à l’action… enfin !

© INSTITUT COSTARICIEN DU TOURISME

Malgré les efforts et les engagements des uns et des autres, le réchauffement climatique n’a pas reculé, bien au contraire. Les climatologues sont désormais très sceptiques sur le point de non retour. Voilà qui devrait nous encourager à jeter tout notre poids dans la balance pour réduire l’impact du CO2. La bonne nouvelle c’est que, enfin, le mouvement s’est mis en marche et qu’il ne devrait plus s’arrêter. Du moins on l’espère…

Les premières évocations du réchauffement climatique généré par l’activité humaine datent réellement de la fin du siècle dernier.

Depuis, cette nouvelle donne de l’évolution de l’humanité a occupé les élites scientifiques et politiques de sommet en sommet et de COP en COP depuis 1992.

La prise de conscience des individus et des entreprises qui est passée du stade de l’indifférence à celui de l’inquiétude et enfin de l’action, a duré plus de 20 ans.

Des initiatives fédératrices, comme celles d’ATR ou de l’événement « Les Palmes du Tourisme Durable » organisé par TourMaG.com et ATD, ont permis de maintenir une actualité durable et de gagner jour après jour des acteurs à cette cause.

La permanence de ce militantisme n’a pas été évidente car, d’un coté, les écolos sceptiques mettaient un doute sur le diagnostic écologique des scientifiques, et de l’autre coté, les « effondristes » annonçaient l’apocalypse finale.

Refonte du processus de production

Cette période de doute et d’hésitation est, semble-t-il, terminée, surtout en analysant les annonces de grandes entreprises comme MSC ou Air France qui entraîneront inéluctablement d’autres entreprises du secteur touristique dans la transition écologique.

En effet, ces sociétés ne sont plus au stade de la « verdisation » de leur activité, mais à une refonte de leur processus de production, de commercialisation et de communication à cause ou grâce à des objectifs de carbone neutre.

Voilà les signes de reconnaissance qui montrent que la mutation verte d’une entreprise est sincère :

– quand les salariés d’une entreprise adhèrent et participent à un nouveau projet

– quand on définit un nouveau poste budgétaire conséquent pour se donner les moyens de ce nouveau projet.

Sans les ressources humaines et financières correspondantes, la volonté affichée est peut-être louable, mais ne reste que de la communication.

Air France investit plusieurs millions d’euros

Observons non pas les déclarations, mais les actions entreprises par Air France :

– le renouvellement de la flotte par des appareils Airbus économisant de 20 à 26% de carburant et donc autant de CO2

– l’implication du personnel navigant dans la recherche des allègements dans les avions, le poids étant l’ami du CO2

– la formation à l’ « écopilotage » permettant la réduction de 2 à 3% des consommations

– une maintenance plus performante

– le remplacement des engins de piste par des engins électriques

– la compensation de 100% des vols domestiques

– la compensation volontaire par des actions de reforestation.

Les moyens engagés pour parvenir à cet objectif de transport neutre en carbone sont de l’ordre de plusieurs millions d’euros.

Cet objectif et les moyens humains et financiers qu’Air France consacre à sa transition sont structurants.

Anne Rigail, la DG de la compagnie, le déclare : « nous voulons être les pionniers et les leaders de la révolution verte du transport aérien ».

Cette affirmation forte n’est pas, bien entendu, motivée par la seule défense de la planète, mais intègre dans le développement des entreprises l’inéluctable transition écologique, symbole et vecteur à la fois de modernité, de progrès et de rentabilité.

Cette approche et ce nouveau challenge que représente la croissance verte allie l’idéologie écologique générationnelle avec un nouveau management motivant, un pragmatisme économique, et un nouveau mode de communication.

Elle signifie aussi : cessons de douter et de geindre, avançons !

Source : Tourisme durable : de l’indifférence à l’inquiétude et à l’action… enfin !

Tourisme durable : ce que les compagnies de croisières font déjà

Traçabilité des déchets, éducation des passagers… Les principales compagnies de croisières assurent travailler sérieusement sur la question de la préservation de l’environnement et tentent de mettre fin aux préjugés.

Après la prise de conscience, les actions. À l’occasion du dernier IFTM Top Resa, début octobre, quelques-unes des principales compagnies de croisières ont échangé autour de la question du tourisme durable. Un véritable enjeu pour l’ensemble des acteurs de ce secteur, souvent pointé du doigt au sujet de la pollution.

« Je crois que certains modes de croisière posent des problèmes environnementaux aujourd’hui, et le nier serait une erreur. La croisière est en danger mais il y a une vraie prise de conscience sur ce problème, d’ailleurs parois exagéré par les médias », a expliqué en préambule Lionel Rabiet, directeur de Croisières d’exception.

Un avis pas tout à fait partagé par Patrick Pourbaix, DG de MSC Croisières : « Cela ne fait pas très longtemps qu’existe le cruise bashing et nous n’avons pas réagi immédiatement. Nous avons été surpris de cette image erronée de notre impact sur l’environnement. La première fausse idée est de penser que les compagnies sont passées à côté de ces enjeux environnementaux ». Ce que constate aussi Costa Croisières France« La croisière est injustement montrée du doigt, elle est déjà très vertueuse sur les questions environnementales. L’environnement est au coeur de nos préoccupations depuis le début des années 2000 », rappelle son président, Georges Azouze.

Fuel léger et traçabilité des déchets

Passé ce constat, les professionnels du secteur ont en effet souhaité mettre en avant l’impact, plus mesuré qu’on ne le pense, de la croisière sur la planète. Sur 50 000 bateaux qui naviguent dans le monde pour des raisons commerciales, ce sont moins de 300 bateaux de croisières, petits et grands, qui sont dénombrés. Et les actions à bord de ces derniers se multiplient.

 « Nous avons trois axes de travail : l’utilisation à 100% de fuel léger – ce qui implique un véritable effort financier -, la traçabilité des déchets (avec aucun rejet en mer) et l’implication des populations locales dans la préparation des croisières », explique Wassin Daoud, responsable développement durable chez Ponant. Du côté de Costa Croisières, qui indique également utiliser un fuel léger pour les navires à quai, la préservation de l’environnement passe aussi par l’installation de nouveaux systèmes à bord des paquebots. « En cette fin d’année, l’ensemble de nos bateaux sont équipés de scrubbers. Il s’agit d’un système de lavage des fumées qui permet de réduire les émanations de 90 %. Costa est aussi très en avance sur la question du tri des déchets », ajoute Georges Azouze.

Même son de cloche chez MSC, qui a également mis en place une politique de traçabilité des déchets, avec l’élimination des plastiques jetables ou le recyclage. Sans oublier « l’éducation » des passagers, avec une communication sur ce qu’il faut faire ou ne pas faire : ne pas jeter de déchet par dessus bord, réutiliser ses serviettes, signer une charte de bonne conduite à terre… Parce que la pollution peut également se faire pendant les escales. Encore plus sur des destinations touchées par le surtourisme.

Mais que faire, alors, face au tourisme de masse ? Là aussi, quelques rappels s’imposent, selon MSC. « Pour Venise, on accuse les bateaux de croisières, alors que sur les 31 millions de touristes estimés pour 2019, seuls un peu plus d’un million sont des croisiéristes », précise Patrick Pourbaix. Un avis nuancé par Lionel Rabiet, selon lequel « la croisière a tout de même un impact sur les surtourisme. Les grands bateaux ont besoin d’être remplis et vont sur les marchés qui y sont consacrés. Il y a donc une concentration sur les mêmes villes, à l’instar de Marseille ».

Mener une initiative commune ?

Un problème qui viendrait également des voyageurs. « Nous ne demandons pas mieux que de changer nos itinéraires et nos escales, mais il y a un effet marketing. Le client attache ses envies à ses connaissances et au fait que, si tout le monde se rend sur une destination, c’est qu’elle est bien », surenchérit Patrick Pourbaix.

De son côté, Ponant assure être dans une démarche plus globale. « Nous faisons une étude d’impact global et social avant un débarquement sur une destination. C’est un travail fait plusieurs années en amont. Quand une croisière se fait aujourd’hui, elle a été préparée il y a déjà 4 ou 5 ans », explique Wassin Daoud.

S’il existe encore des défis à relever, tous restent cependant optimistes sur l’avenir. « C’est déjà un moment historique, car c’est la première fois que nous dévoilons toutes les initiatives que nous mettons en place pour la protection de l’environnement », s’enthousiasme le DG de MSC Croisières. « Et pourquoi ne pas mener une initiative commune avec les Entreprises du voyage ? », lance Lionel Rabiet, président de la section Ile-de-France du syndicat. Avant de conclure : « Il faut que le voyageur puisse être fière d’avoir été passager d’une croisière !».

Source : Tourisme durable : ce que les compagnies de croisières font déjà

Tourisme durable France : “je peux vous dire que nous allons embêter le gouvernement”

Interview de Guillaume Cromer, directeur du cabinet ID-Tourism

Emportée par la rage et les bons mots de Greta Thunberg, la problématique écologique s’est emparée de l’ensemble des piliers de l’économie en passant même par le tourisme. Nous avons profité des rencontres nationales du etourisme de Pau pour faire un point avec Guillaume Cromer, directeur du cabinet ID-Tourism, sur l’étude commandée par le gouvernement auprès de l’ADEME (Agence Environnement et Maîtrise Energie).

TourMaG.com – Comment percevez-vous les faillites actuelles dans la profession ?

Guillaume Cromer : Je ne ferai pas de raccourci direct par rapport à la transition nécessaire vers un tourisme durable. Ma vision est que Thomas Cook est une vieille maison qui n’a pas réussi à bien mener sa transition digitale, mais aussi de clientèle.

Quant aux compagnies aériennes, en ayant bien suivi le sujet, j’ai compris que la problématique n’était pas si simple et pas seulement liée à des questions de marché ou de honte de prendre l’avion.

S’il est certain que c’est une situation triste pour les salariés, je combats la vision low cost du tourisme.

Je ne me réjouis pas, mais ce sont des modèles économiques tellement fragiles que je préfère que les entreprises adoptent d’autres modèles plus solides, dans l’anticipation des nouveaux besoins, comme l’environnement.

TourMaG.com – Pensez-vous que les modèles low cost ont atteint un point de bascule ?

Guillaume Cromer : Ces entreprises pour perdurer s’appuient sur un important travail de cost-killer, mais sont largement dépendantes des bouleversements, quand par exemple les externalités ne sont plus favorables.

Il est certain que si le prix du baril explose, et que des problématiques liées à ces sujets-là s’ajoutent, il sera plus compliqué d’alimenter leur modèle de croissance.

Ces entreprises ne survivent que par la croissance.


“il n’y a pas de solution alternative à la propulsion d’avion par le pétrole…”

 

TourMaG.com – Pour en revenir au carburant, l’alternative au tout pétrole dans l’aérien n’existe pas et n’est pas près d’arriver…

Guillaume Cromer : Exactement, nous avons eu ce débat à Top Resa, avec Marc Rochet et Gérard Feldzer. Il est amusant de noter le changement de regard de Gérard Feldzer sur la question en seulement 10 ans.

En 2019, il reconnaît qu’il n’y a pas de solution alternative à la propulsion d’avion par le pétrole avant au minimum 40 ans. Les innovations n’avancent pas beaucoup sur le sujet.

D’ailleurs il y a dix ans, Gérard Feldzer avançait déjà ce laps de temps de quatre décennies comme point de rupture. Il était plus optimiste par le passé, son opinion a évolué.

A Top Resa, je l’ai senti plus pessimiste et alertant sur le fait qu’il risque d’y avoir un problème à un moment donné.


Une étude auprès de l’ADEME

TourMaG.com – Pourtant nous sentons un frémissement du côté de l’Etat pour avancer sur la question du tourisme durable. Les rapports s’enchaînent sur les bureaux du gouvernement…

Guillaume Cromer : Il y a un climat positif autour de la question. Un autre rapport a été remis par les députés sur la question du tourisme en France dans son ensemble, en traitant énormément de la question du tourisme durable.

Les élus ont, dans le même temps, abordé des points qui ne vont pas dans le bon sens, comme le développement des aéroports de province.

Pour revenir à votre observation, Jean-Yves Le Drian et Jean-baptiste Lemoyne ont commandé une étude auprès de l’ADEME (Agence Environnement et Maîtrise Energie), pour établir des préconisations concrètes pour soutenir le tourisme durable.

Avec Acteurs du Tourisme Durable (ATD) et d’autres collectifs, nous avons été auditionnés. Nous avons participé à des travaux de groupes et de construction de ce plan.

Ce rapport sera remis au ministère prochainement. La question que nous nous posons tous : que va faire le gouvernement de ces recommandations ? Sera-t-il un énième rapport à finir aux oubliettes ?


“Le gouvernement ouvre des portes, nous entrons dedans, à lui d’assumer”

TourMaG.com – D’autant plus que nous parlons d’un gouvernement n’ayant pas de ministre du Tourisme et qui semble peu se soucier du secteur. Les signaux laissent peu de place à l’optimisme…

Guillaume Cromer : Oui, nous entendons trop peu le gouvernement sur la question du tourisme malheureusement.

Mais le rapport a quand même été commandé par les ministres eux-mêmes, donc la volonté est réelle. J’espère juste qu’ils ont envie d’apporter des solutions.

En tant qu’Acteurs du Tourisme Durable, nous savons quelles recommandations nous avons faites et nous allons suivre les propositions et réalisations du gouvernement.

Il nous sera possible de donner une note tous les six mois, d’établir un monitoring des engagements de l’Etat, avec ce qui a été fait ou non. Je peux vous dire que nous allons embêter le gouvernement.

Il existe un contrepoids mené par la société civile et les professionnels. Le gouvernement ouvre des portes, nous entrons dedans, à lui d’assumer.

TourMaG.com – Quelles sont vos préconisations ?

Guillaume Cromer : La première est basique : nous devons avoir une stratégie de développement du tourisme durable en France.

Notre pays doit avoir rédigé à horizon 2024, un plan avec des objectifs précis sur les questions de la mobilité, ou pour réduire notre bilan carbone touristique, mais aussi pour booster les hébergements engagés en France, etc.

Ensuite, il y a toute une gouvernance nécessaire à mettre en place afin d’assurer la bonne conduite des missions et réaliser les objectifs. Si le gouvernement se dote d’une stratégie sur les 5 prochaines années, ce serait déjà pas mal.


“Avec ATD, nous devons aller chercher le mainstream…”

TourMaG.com – Aux rencontres nationales etourisme de Pau, nous avons pu nous rendre compte que les territoires sont très sensibles à la question. Les institutionnels semblent-ils réellement prêts à effectuer cette transition ?

Guillaume Cromer : Je pense que tout le monde doit faire sa part des choses. Il faut reconnaître que les territoires (Offices de tourisme, CRT, CDT, etc.) ont pris conscience de l’urgence de la situation et qu’ils sont prêts à se bouger.

L’engagement est réel, même s’ils se demandent beaucoup comment faire et se limitent bien souvent à des petites actions, sans rentrer réellement dans le dur de la question.

Par exemple, certains Offices de tourisme pourraient arrêter de draguer les touristes de marchés lointains, pour éviter les bilans carbone désastreux des visiteurs.

Au départ, le tour-operating était très engagé sur la question, avec notamment les TO d’aventure comme Voyageurs du Monde et d’autres, mais il faut que l’industrie aille plus loin.

Avec ATD, nous devons aller chercher le mainstream, par exemple nous accompagnons Kappa Club dans leur stratégie de développement durable et nous devons multiplier ces conversions.

Je pense que de plus en plus de responsables ont compris que le développement durable devait rentrer dans l’ADN des entreprises et dans le business de la boîte.

TourMaG.com – Bien souvent l’écologie est vue comme un frein pour le business, mais si les acteurs s’y prennent maintenant, elle peut devenir une opportunité de business ?

Guillaume Cromer : Bien sûr, l’écologie représente des opportunités et elle évite de se faire lyncher sur la scène médiatique et dans la société civile.

Prenez les compagnies aériennes, l’industrie est au cœur du cyclone. Les transporteurs ne sont pas prêts et ne se sont pas posé la question.

Si un tour-opérateur s’intéresse à la problématique environnementale et mène des actions via une stratégie RSE (Responsabilité Sociale des Entreprises), quand des gens tendent le micro, les patrons ont des choses à dire. Dans le cas contraire, les responsables improvisent et répondent à côté de la plaque.

Et je peux vous dire que la pression médiatique de Greta Thunberg va faire que le soufflet ne va pas retomber.

TourMaG.com – Justement, comment analysez-vous le traitement médiatique négatif pesant sur Greta Thunberg en France ?

Guillaume Cromer : Je ne pense pas que les médias lui fassent un traitement médiatique si négatif, mais ce sont plutôt les Laurent Alexandre et consorts qui lui crachent dessus avec un écho extraordinaire.

Personnellement, je suis fan de ses arguments et ce qu’elle dit est simple : lisez les rapports du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) et des scientifiques. Elle ne propose pas de solution, mais simplement d’écouter ceux qui savent.

J’invite juste tous les scientifiques à lire les rapports du GIEC et écouter les scientifiques. A partir de là, il sera possible de faire évoluer les choses.

Les impacts du changement climatique dans les 5 ou 10 ans à venir vont faire des dégâts énormes dans notre secteur. En adaptant les offres, les séjours et en arrêtant des destinations, ce sera compliqué.

Source : Tourisme durable : “je peux vous dire que nous allons embêter le gouvernement”