Le Costa Rica joue la carte d’un tourisme durable

Le pays progresse sur le marché français, fort d’un positionnement de destination verte aux espaces naturels préservés, loin d’un tourisme de masse développé par certains de ses voisins d’Amérique latine.

A l’heure où les questions environnementales sont devenues si importantes au niveau mondial, avec des répercutions dans le secteur du voyage, le Costa Rica se positionne comme une destination nature et responsable depuis 25 ans. « Dès le début, notre pays s’est engagé sur la voie de l’écotourisme avec une protection forte de la nature. Nous avons choisi d’éviter un tourisme de masse avec, par exemple, 99% de nos hôtels ont moins de 40 chambres », soulignait María Amalia Revelo Raventós, la ministre du tourisme du Costa Rica sur le dernier salon IFTM Top Resa.

Le pays d’Amérique Centrale attire ainsi les chaînes haut de gamme à l’esprit durable à l’image de Six Senses qui a annoncé l’ouverture pour 2021 d’un établissement de 41 villas sur la péninsule Papagayo avec vue sur l’archipel de Guanacaste. Marriott développe également un resort de luxe pour son enseigne Ritz Carlton sur cette même péninsule. « La destination est de fait chère, mais les clients sont satisfaits de leur voyage et estiment en avoir pour leur argent », reconnait-elle.

Le marché français en progression en 2018

480 000 touristes européens

Et María Amalia Revelo Raventós de préciser : « La durée moyenne de séjour est de 17 nuits pour les 480 000 visiteurs européens avec de 5 à 7 lieux visités, ce qui entraîne d’importantes retombées économique pour les territoires ». L’amélioration de la qualité de vie des habitants grâce au tourisme est en effet l’une des préoccupations du gouvernement du président Carlos Alvarado Quesada.

Fort de ces bons résultats, le Costa Rica n’entend pas ralentir la cadence sur l’environnement avec la poursuite de son programme de reforestation. « Nous devons coller à cette image de pays vert qui attire les touristes. Les forêts couvrent désormais 52% de la superficie du pays, dont la moitié de réserves naturelles, contre 20% seulement il y a 20 ans », justifie María Amalia Revelo Raventós.

Une meilleure gestion des déchets, la suppression des plastiques jetables et le recours aux énergies vertes (hydroélectricité, solaire et géothermie) figurent également sur la feuille de route. Le Costa Rica s’est en effet engagé à être « carbon neutral » en 2050 dans le cadre des accords de Paris de la Cop21.

Source : Le Costa Rica joue la carte d’un tourisme durable

Palmes du Tourisme Durable : ouverture officielle des candidatures à la 3e édition !

Les candidatures à la 3e édition des Palmes du Tourisme Durable sont désormais ouvertes sur le site web dédié : www.palmesdutourismedurable.com. Cette année, en partenariat avec l’UMIH, nous ajoutons une nouvelle catégorie : la restauration.


Après le succès de la 2e édition en 2018, TourMaG.com et ATD, avec leurs partenaires ATR et leurs sponsors, mettent en route la 3e édition des Palmes du Tourisme Durable.
Les candidatures sont d’ores et déjà ouvertes sur le site “Palmes du Tourisme Durable (cliquez) et le concours se partage en 3 grandes catégories avec, cette année une nouveauté : la création de la sous-catégorie “Restauration”.

Comment cela se présente-t-il ? Trois catégories :

– DESTINATION, qui met en avant les projets d’une destination étrangère

– TERRITOIRE FRANÇAIS, qui met en avant les projets d’une destination en France

– OPEN.


Cette dernière catégorie est ouverte à tous les professionnels du tourisme et répartie en 7 sous-familles :

Hébergement : La palme remise dans cette catégorie récompensera la meilleure initiative tourisme durable mise en place par un hébergeur (chaîne hôtelière, hôtel, résidence hôtelière, hôtel club, villages vacances, meublés de tourisme, village d’hôte…)

Restauration : La palme remise dans cette catégorie récompensera la meilleure initiative tourisme durable mise en place par un service de restauration.

Transport : La palme remise dans cette catégorie récompensera la meilleure initiative tourisme durable mise en place par un transporteur (autocaristes, compagnie aérienne, compagnie ferroviaire, solution de mobilité douce…)

Voyage : La palme remise dans cette catégorie récompensera la meilleure initiative de tourisme durable mise en place par un voyagiste (tour opérateur en ligne et physique, agence de voyage en ligne et physique, réceptif français ou intégré, compagnie de croisière,…)

Loisir : La palme remise dans cette catégorie récompensera la meilleure initiative de tourisme durable mise en place par un prestataire de loisirs (parc de loisirs, musée, site de visite, activités touristiques…)

Territoire & destination : La palme remise dans cette catégorie récompensera la meilleure initiative de tourisme durable mise en place par une collectivité (office de tourisme français, CRT, CDT, CCI, offices de tourisme étrangers représentés en France…)

Information : La palme remise dans cette catégorie récompensera la meilleure initiative de tourisme durable mise en place par un média ou un organisme de formation (guide de voyage, blogs, magazine, émission…)

Start-up : La palme remise dans cette catégorie récompensera la meilleure initiative de tourisme durable mise en place par une start-up.

Source : Palmes du Tourisme Durable : ouverture officielle des candidatures à la 3e édition !

France : Les Universités du Tourisme Durable

Les Universités du Tourisme Durable reviennent pour une 5ème édition, les 3 et 4 octobre à La Rochelle.

Après Paris, Vannes, Clermont-Ferrand et Lyon, c’est donc en Charente-Maritime que les professionnels du tourisme sont invités à se retrouver pour faire émerger des solutions d’avenir en matière de développement durable dans le tourisme. 

Organisé par l’association ATD – Acteurs du Tourisme Durable, le 1er réseau de professionnels engagés pour un tourisme durable, avec Excelia Group et Charentes Tourisme, cet événement constitue un moment de réflexion incontournable pour se retrouver, échanger, et travailler ensemble autour des enjeux de développement durable.

Cette année, ces journées auront pour thématique transversale le « zéro ». Alors que l’on n’a jamais autant parlé des impacts du tourisme sur l’environnement et que la France attend 100 millions de touristes en 2020, intervenants et participants réfléchiront aux solutions qui existent pour tendre vers des activités zéro émission, zéro déchet, zéro voiture… A l’inverse, mais toujours avec le même objectif de durabilité, les initiatives visant le 100 % seront également mises en lumière : 100 % local, accessible, autonome.

Si la première journée est consacrée aux ateliers et tables-rondes, la deuxième journée offre l’occasion d’expérimenter des initiatives de tourisme durable sur le territoire. La Rochelle, pionnière en matière d’écologie urbaine et notamment sur le plan des mobilités, sera à coup sûr un terrain d’inspiration pour les participants.

Des solutions concrètes, du réseautage et de la convivialité en perspective : un rendez-vous à ne pas manquer ! 

Source : Les Universités du Tourisme Durable

Le tourisme peut-il encore être durable ?

Le prochain départ de Greta Thunberg, la jeune égérie de la lutte contre le changement climatique, pour les Etats-Unis par voie maritime plutôt que par avion, a pour but d’enfoncer le clou. Avec l’explosion du tourisme de masse et des vols bon marché, la terre et ses lieux de villégiature arrivent progressivement à saturation.

Comment en est-on arrivé là ?

Le voyage d’agrément existe depuis l’Antiquité, mais c’est en 1803 que le terme « touriste » apparaît dans la langue française, dérivant du mot anglais “tourist” apparu en 1800, désignant des voyageurs parcourant des pays étrangers avec d’autres buts que les affaires, l’exploration scientifique ou le prosélytisme religieux, avant de revenir chez eux. Au tout départ, le touriste était un étudiant britannique de bonne famille qui faisait le Grand Tour des pays d’Europe pour parfaire son éducation et parfois trouver sa promise. Le tourisme anglais s’est ensuite développé avec les bains de mer sur la côte Atlantique et en Méditerranée.

Depuis, le tourisme a essaimé partout dans le monde. Il est devenu un phénomène massif et mondial. En 2018, le nombre de touristes dans le monde a atteint 1,4 milliard de personnes, avec la plus forte croissance enregistrée en Europe et en Afrique. Selon l’Organisation mondiale du tourisme, la croissance touristique a été de 8 % en Europe avec la France qui est restée la première destination touristique mondiale (cocorico, 90 millions de visiteurs) devant l’Espagne et les États-Unis. Paris, ville la plus touristique au monde accueille à elle seule 29 millions de visiteurs.

En terme de ratio, l’Islande remporte la palme, avec 2,2 millions de touristes pour 300 000 habitants. Mais c’est certainement à Barcelone que le ras-le-bol contre l’invasion du tourisme s’exprime le plus fort, face à la difficulté de se loger à prix décent et à la perte des commodités propres à la vie de quartier. Face au poids de l’impératif économique et de croissance, le tourisme n’a en effet pas toujours été conçu pour se concilier avec les besoins et capacités d’accueil du territoire.

Face à cet état d’exaspération des populations locales et à une saturation touristique de certains territoires entraînant une dégradation de l’environnement, la problématique du tourisme durable a émergé.

Pour l’Organisation mondiale du tourisme, le « Développement touristique durable satisfait les besoins actuels des touristes et des régions d’accueil tout en protégeant et en améliorant les perspectives pour l’avenir. Il est vu comme menant à la gestion de toutes les ressources de telle sorte que les besoins économiques, sociaux et esthétiques puissent être satisfaits tout en maintenant l’intégrité culturelle, les processus écologiques essentiels, la diversité biologique, et les systèmes vivants. »

Le tourisme durable s’inscrit ainsi dans une dynamique qui articule des modes de déplacements, de production et de consommation éco-responsables, tout en associant étroitement les populations qui vivent, travaillent ou séjournent dans l’espace concerné au projet de développement touristique et aux retombées socioéconomiques, équitablement répartis.

Ce développement suppose un aménagement et une gestion intégrée des ressources, une maîtrise des flux (d’énergie, de biens et personnes) qui implique donc la participation étroite des acteurs locaux, et une écoresponsabilité des touristes et des acteurs professionnels. Ces derniers devraient être amenés à mettre en balance l’impact économique avec les impacts sociaux et environnementaux de leurs activités. Concrètement, refuser de faire ou de proposer un aller-retour d’un weekend demande une responsabilisation de l’offre et de la demande.

Au niveau individuel, soutenir un tourisme durable peut s’apparenter à faire du tourisme éthique. Pour réellement changer les choses, il faudrait voyager moins loin et/ou plus longtemps. Dans cette perspective, les voyageurs devraient être mieux informés (ou mieux s’informer) des impacts de leurs voyages afin de choisir des formules éthiques sans ressentir de la contrainte.

Rodolphe Cristin, sociologue et auteur de “l’Usure du monde : critique de la déraison touristique”, est sceptique : “le tourisme éthique a réussi à créer un nouveau segment commercial, mais il n’a pas la capacité de se substituer au tourisme existant. Et s’il y parvenait, il ne resterait pas éthique bien longtemps”.

Par ailleurs, les vacances étant fortement liées au plaisir et à l’absence de contraintes, il appartient à chacun de se faire son propre jugement et de trouver son équilibre. Les solutions individuelles ne pourront d’ailleurs faire sens qu’avec un sursaut collectif global.

Le tourisme permet de créer du lien dans un monde qui en demande toujours plus. Il contribue à 10 % du PIB mondial. Sa trop grande concentration dans quelques sites majeurs est un défi. Sans doute qu’une meilleure valorisation des sites secondaires contribuerait à équilibrer la balance.

Source : Le tourisme peut-il encore être durable ?

Les palmes du tourisme durable reviennent à la rentrée pour la 3ème édition

FORTS DU SUCCÈS DES DEUX PREMIÈRES ANNÉES, LES PALMES DU TOURISME DURABLE SE PRÉPARENT À REVENIR POUR UNE 3ÈME ÉDITION !

Organisées par l’association ATD – Acteurs du Tourisme Durable et le media professionnel Tourmag.com, elles mettront une nouvelle fois à l’honneur les initiatives les plus innovantes en matière de développement durable dans le tourisme, portées par des professionnels engagés.
Les candidatures ouvriront en septembre 2019, toujours réparties en 7 catégories : Transport / Voyage / Hébergement / Loisirs / Territoire & Destination / Information & Formation / Start-Up.
Préparez d’ores et déjà votre dossier ou parlez-en autour de vous !

Source : Les palmes du tourisme durable reviennent à la rentrée pour la 3ème édition

France. Ils sont hôteliers, restaurateurs, et ont décidé de s’engager pour le durable…

Où en est-on côté durable dans les secteurs de l’hôtellerie et de la restauration ? Quelles sont les avancées réelles ? Lors d’une table ronde organisée par l’Ecole française de gastronomie et de management hôtelier Ferrandi Paris, un panel de professionnels du tourisme, chercheurs et consultants ont détaillé les nombreuses mesures concrètes qu’ils ont mis en place pour aller au-delà des déclarations de bonne intention et montrer qu’ il est aujourd’hui possible de combiner rentabilité économique, professionnalisme, plaisir, et développement durable !

Le plaisir avant tout !

Il faut le répéter, le scander, le marteler, le plaisir avant tout – quand le durable n’est pas antinomique du bien être et du bien-manger. Restaurateurs engagés, François Pasteau (L’Epi dupin) et Simon Auscher (Tannat et Anna) n’ont cessé de le rappeler. C’est avant tout une belle assiette garnie concoctée avec de bons produits, frais, de saison, parfois venus d’un potage partenaire ou personnel, qui va garantir la fidélité du client. Quant au durable, on peut ou pas communiquer sur ses actions, mais ce n’est pas l’argument premier. Et certains ont plus la fibre que d’autres… François Pasteau : « J’avais ça dans mon ADN, une éducation, des valeurs familiales, mais il faut rappeler qu’en 1978, quand je suis entré dans le métier, de nombreux chefs travaillaient avec cet esprit, en respectant le produit. Je continue ainsi et je le transmets à mes équipes. Mais attention, je ne suis pas un intégriste du durable, on fait au mieux, avec nos propres contradictions. » Simon Auscher : « Je crois que ça a basculé le jour où on a reçu des oignons du Maroc, là on s’est dit stop, et on a décidé de travailler avec des produits locaux en choisissant la solution d’un potager bio partagé avec l’association Tomato & Co. Ils sont à moins d’une heure de Paris et on peut ainsi contrôler notre carte. » L’Epi Dupin aussi, avait fait le choix du potager Tomato & Co mais à la longue, cela s’est avéré trop cher et il a préféré se tourner vers d’autres fournisseurs.

Durable, oui, mais rentable, envers et contre tout !

Car l’équation est complexe, hôteliers et restaurateurs sont en permanence sur un fil, pris entre le plaisir client, l’exigence économique, et l’envie de faire au mieux pour la planète. Et les chiffres sont là, rappelés par Ophélie Mugel, enseignante chercheuse à Ferrandi : le tourisme au niveau mondial représente  8% des GES (gaz à effet de serrre). Une nuit d’hôtel 10,5 kg de CO2… Il y a urgence. Mais comment faire ? General Manager du Marriott Renaissance Arc de Triomphe, Solveig Herth explique  que leur bête noire reste le plastique. « Nous n’avons pas encore trouvé d’alternative aux bouteilles d’eau en plastique, indispensables pour nos clients qui paient entre 400 et 700 € la nuitée. Mais, avec 7 000 hôtels dans le monde, près d’un million de chambres, je vous laisser imaginer le nombre de bouteilles. On réfléchit sérieusement à une autre solution, également recevable pour nos clients. » Et si le groupe hôtelier est aussi préoccupé, c’est qu’il a d’ores et déjà une politique proactiveen matière de développement durable, avec la valorisation de ses déchets alimentaire par Moulinot, un partenariat avec WWF autour de la pêche durable, la mise en place de l’étiquette environnementale avec Betterbly tourism et de nombreuses actions et mobilisations  de ses équipes internes (courses d’orientation autour de collectes de déchets, footing utiles, etc.). Solveig Herth : « La mise en place de l’étiquette environnementale implique une analyse poussée de nos chambres (15% !), de nos produits, de nos consommations. Nous avons ainsi identifié qu’au petit-déjeuner, 30% de nos coûts venaient des fruits frais, que nous avons choisi de présenter différemment. Surtout, grâce à cet investissement, nous avons gagné 33 000 € en énergie non dépensée. » Un chiffre confirmé par Hubert Vendeville, CEO de Betterfly tourisme, rappelant que l’intérêt de la démarche, au-delà de la note délivrée par l’étiquette (pas toujours flatteuse au départ), aide avant tout à optimiser ses coûts dans le sens du durable : « En moyenne, nous pouvons aider à optimiser les coûts à hauteur de 83 centimes par client, soit 1,66 € par chambre. Pour un groupe comme le Marriott où il est question d’un million de nuitées par an, on arrive effectivement à une échelle comprise entre 20 000 et 40 000 € d’économie. »

Labels ? Oui ou non ? Tout est possible !

Toutefois, le groupe Marriott a fait le choix de ne pas afficher ses labels. Il préfère se concentrer sur l’animation de ses équipes et des actions concrètes. C’est au-delà du client. A l’Epi Dupin, François Pasteau a quant à lui fait le choix de se passer des labels. « Je ne fais pas la course au label, mais j’opte pour des produits de saison, de proximité, et je l’utilise de A à Z. On préfère payer plus cher le produit mais mieux le valoriser. Par exemple, je vais récupérer le jus de cuisson de mes causses de petits pois pour faire un sorbet. Il faut être inventif ». Ce qui ne l’empêche pas d’être également très investi, notamment à travers la présidence d’Ethic Ocean, association qui a fait de la pêche durable le cœur de son action avec, chaque année, l’édition d’un guide des espèces. Simon Auscher, en revanche, a réalisé avec le label Ecotable qu’il y avait une clientèle sensible au durable qui venait aussi pour cela : « Les clients sont en attente du durable. On reçoit des personnes qui viennent pour le label et nous ont connu par Ecotable. Je n’avais jamais vu ça avant. » Et chez Tannat et Anna aussi, les actions concrètes sont nombreuses : réception de carcasses d’animaux ou de bêtes entières pour éviter la prolifération du plastique des emballages sous vide, recyclage des déchets en énergie, mise en place d’un menu végétarien, etc.

Et demain d’autres encore pour s’engager ?

Une chose est donc bien claire, les choses bougent dans l’hôtellerie et la restauration et ce, concrètement ! Les plus avant-gardistes ont bien compris que le client du moment apprécie ceux qui se démènent pour le développement durable. Évidemment, la route est encore longue, l’engagement demande du temps, n’exclut pas les contradictions, refuse l’intégrisme, s’envisage en paliers, en marges de progression. François Pasteau : « Il faut rester honnête. On a tous nos contraintes, nos contradictions. A l’inter saison, j’ai des radians sur ma terrasse, je n’ai pas le choix, même si ce n’est pas économe en électricité. En revanche, je trie mes biodéchets, et cela me coûte 250 € de taxe d’ordure ménagère par an à laquelle s’ajoutent 400 à 500 € par mois de valorisation. » Et puis, comme le rappelle Ophélie Mugel, il faut faire envie aux consommateurs, rendre l’alimentation durable sexy. Or, le client d’aujourd’hui est un être « fragmenté, pris entre recherche d’expériences, envie de bien-être mais courant toujours après le temps… Pas facile pour les professionnels de s’adapter à autant de paramètres. Dans la salle, une question fuse, une jeune fille travaille chez un traiteur et s’interroge sur comment trouver des fournisseurs responsables pour des produits calibrés quand les commandes arrivent du jour au lendemain. La contrainte de l’immédiateté complique la donne. Simon Auscher propose d’essayer un maraîcher bio à Rungis. François Pasteau relève avec la malice l’utilisation du mot « calibré » pour définir les produits. « Attention, précise-t-il, c’est à l’homme à s’adapter à la nature, pas l’inverse. » C’est si juste, même s’il faut se réjouir que toute la chaine jusqu’aux traiteurs comment à s’interroger et à trouver des solutions plus durables. Oui, la route est encore longue, mais déjà, les chemins de traverse se multiplient !

Source : Ils sont hôteliers, restaurateurs, et ont décidé de s’engager pour le durable…

Tourisme durable : Pourquoi les professionnels du tourisme doivent agir ?

Il n’y a pas un jour où on ne parle pas d’une information sur le respect de l’environnement. Et les entreprises de tourisme sont particulièrement visées. Elles doivent également démontrer les efforts entrepris pour un meilleur environnement. Si le sur-tourisme est réel dans certaines villes ou monuments, il faut bien reconnaître que le « bashing » sur le tourisme est parfois irréaliste.

Qu’est-ce que le sur-tourisme ?

Le sur-tourisme n’est pas un problème nouveau. On a même repris, en 2012, un terme anglais qui semble plus expressif : «  l’ over-tourisme ». Il a commencé à faire les gros titres durant l’été 2017.

Ce n’est pas en raison de l’augmentation du nombre de touristes, qui n’avait pas été particulièrement spectaculaire. Ce phénomène a été produit par une soudaine réaction des habitants des endroits concernés.

Airbnb a d’ailleurs été utilisé comme un bouc émissaire car des milliers de lits ont été soudainement mis à disposition dans des villes et villages du monde entier, sans aucune sorte de planification.

Les chambres s’ouvrent dans des quartiers déjà saturés et, à mesure que le concept de partage de la maison devient de plus en plus commercialisé, la demande d’appartements signifie que les loyers sont augmentés et que les populations locales sont chassées.

Si Airbnb a été un détonateur, il est loin d’être le principal acteur.

Au contraire, il s’agit plutôt d’un symptôme de sur-tourisme que de l’une des causes principales. Les gouvernements locaux et nationaux et les offices de tourisme pensent depuis longtemps « que plus c’est mieux ».

Une année touristique «réussie» est généralement considérée comme une année au cours de laquelle le nombre de touristes a considérablement augmenté.

Peu importe que ces chiffres concernent les passagers de navires de croisière, de clients d’hôtel, de routards ou de visiteurs haut de gamme; le nombre est tout ce qui compte.

Les autorités locales n’ont pas voulu prendre de mesures afin de limiter le nombre de visiteurs de quelque manière que ce soit.

Un autre sujet sur l’over-tourisme est le transport low-cost

La disponibilité des vols bon marché ont particulièrement saturé l’Europe ces dernières années. Il est souvent moins cher de voyager en avion de Paris à Barcelone que de prendre un train de Paris à Nice.

Les compagnies aériennes, dites régulières, suivent sur le plan tarifaire en imposant comme les compagnies low-cost le bagage enregistré ou le siège. Mais il faut avouer que ce n’est pas en taxant le coût du kérosène que nous trouverons une solution.

Les nouveaux avions consomment nettement moins qu’auparavant. L’émergence de carburants moins polluants devrait réduire la pollution. Par ailleurs, si on reste encore sceptique sur un appareil volant à l’électricité, les ingénieurs trouveront la solution un de ces jours.

L’ over-tourisme » touche de célèbres lieux dans le monde

Certaines destinations font la une sur l’over-tourisme. On pense immédiatement à Venise ou Barcelone. On peut voir dans le monde des mesures pour limiter le trop plein de touristes.

Par exemple, la Chine a annoncé qu’elle limiterait les visites dans la section la plus populaire de la « Grande Muraille » afin de lutter contre la surpopulation touristique.

Pour cela, la vente de billets et de réservation en ligne sera lancée. Cette section de la Muraille a accueilli environ 10 millions de touristes l’année dernière, atteignant plus de 80 000 visiteurs par jour.

Un autre exemple est à signaler en Inde. Le célèbre Taj Mahal devrait imposer une limite de trois heures aux visites touristiques afin de lutter contre les problèmes de surpeuplement.

Le mausolée peut accueillir jusqu’à 50 000 touristes par jour et environ sept millions de personnes visitent le site chaque année.

Certaines villes, opérateurs, compagnies aériennes commencent à agir…

Désormais, beaucoup d’acteurs du tourisme agissent aussi bien pour l’environnement que pour l’aide aux populations locales. Certaines villes comme Barcelone, Venise ou Dubrovnik commencent à agir car les habitants (leurs électeurs) s’agitent.

Venise par exemple va faire payer aux touristes une taxe d’entrée. Mais dans le même temps traîne pour proposer une solution aux navires de croisières. On interdit certaines plages célèbres comme Maya Bay en Thaïlande.
Mais les autorités ont beaucoup de difficultés à agir car le tourisme est bon pour le commerce, pour les hôtels et bon pour le PIB.
Certaines entreprises veulent adopter une attitude responsable comme Air France, TUI et bien d’autres.

Air France a voulu marquer le coup

Air France a fait une annonce qu’on reprit tous les médias sur ses efforts environnementaux. La compagnie aérienne a annoncé aujourd’hui sa décision d’éliminer 1 300 tonnes de plastique à usage unique.

Elle a également promis d’éliminer 210 millions d’articles en plastique à usage unique d’ici fin 2019. Ils seront remplacés par des alternatives durables sur tous les vols. C’est bien. Mais si on réfléchit un peu, on voudrait savoir ce qui est fait pour remplacer le kérosène !
En attendant, les constructeurs produisent des avions de moins en moins gourmand.

TUI tente le tourisme durable depuis plusieurs années

En 2018, 9,2 millions clients TUI ont séjourné dans des hôtels dotés d’une certification de durabilité reconnue. Par rapport à l’année précédente, ce nombre a augmenté de 12 %.

Les hôtels certifiés émettent en moyenne 10 % moins de CO2 par jour que les installations classiques. Ils produisent 24 % moins de déchets, consomment 19 % moins d’eau douce et utilisent 23 % plus d’électricité verte. Au total, 81 % des hôtels et centres de villégiature TUI ont déjà passé une certification de durabilité en 2018. À la fin de 2018, le groupe TUI était parvenu à éviter l’utilisation de 140 millions de pièces de plastique jetable. Les hôtels ont pu se passer de 112 millions d’articles en plastique.

Les émissions des compagnies aériennes de TUI ont chuté

Selon TUI, les compagnies aériennes du groupe figurent déjà parmi les compagnies les plus éco-énergétiques. Cette affirmation vient d’une organisation allemande « atmosfair » qui contribue activement à la réduction des émissions de CO2 en promouvant, développant et finançant les énergies renouvelables dans plus de 15 pays du monde.

Cette organisation compare les 200 plus grandes compagnies aériennes du monde. TUI Airways (UK) a de nouveau pris la première place du classement, TUI fly (Allemagne) a obtenu la quatrième place.

En outre, TUI s’efforce en permanence d’améliorer encore l’empreinte environnementale du secteur des croisières, par exemple en investissant dans de nouveaux navires éco-énergétiques. Entre 2015 et 2018, les émissions de CO2 ont été réduites de 11,7 % par nuit/passager.

ATR : Agir pour un tourisme responsable

Depuis 2004, ATR rassemble les professionnels du voyage engagés dans un tourisme à visage humain. Les professionnels du tourisme, membres actifs de l’association, s’impliquent dans leurs actions ; ils affirment et mettent en œuvre les valeurs d’ATR en :
– encourageant le développement d’un tourisme qualitatif et responsable ;
– favorisant une répartition plus juste des retombées économiques entre tous les acteurs du voyage ;
– faisant respecter et valoriser le patrimoine culturel et naturel ;
– diffusant une information claire et sincère aux voyageurs recherchant authenticité, qualité et respect des personnes et des sites ;
– participant aux actions du collectif.

L’association ATR a développé un système d’évaluation externe de l’engagement des opérateurs de voyage souhaitant non seulement agir pour un tourisme responsable mais aussi faire la démonstration de leur engagement. Les opérateurs de voyage engagés sont donc invités à apporter la preuve des actions effectivement mises en place pour un tourisme responsable puis à faire contrôler ces preuves par un organisme de garantie compétent et indépendant.

Plusieurs entreprises ont adhéré à cette association dont bien sûr le groupe Voyageurs du Monde mais également de grands voyagistes comme TUI, Thomas Cook, Les Ateliers du voyage ou Nomade. On vous en dit un peu plus sur le groupe Salaün.

Salaün Holidays d’engage depuis longtemps dans le tourisme durable par des actions multiples

C’est donc tout naturellement qu’il a adhéré, dès 2016, à l’association ATR (Agir pour un tourisme responsable) qui regroupe de nombreux acteurs du tourisme soucieux d’améliorer l’impact de leur activité sur la planète et ses habitants.

Michel Salaün indique : « Pour faire
reconnaître notre engagement, et apporter la preuve que les beaux discours sont ancrés dans une réalité bien concrète, nous nous sommes lancés parallèlement dans la préparation de la labellisation ATR en structurant notre démarche RSE et nos actions de tourisme responsable ».

Salaün Holidays agit dans 6 pays : soutien d’associations ou de projets à visée environnementale, réalisation de son bilan carbone, plantation d’arbres….

Les hôteliers traînent les pieds

Si les clients ne sont pas très nombreux à choisir absolument un eco-hôtel ; la plupart des hôteliers ne semblent pas être très en pointe sur la question environnementale. C’est d’ailleurs très énervant d’entrer dans une salle de bain, où systématiquement, on vous propose de garder votre serviette de bain pour contribuer à l’environnement. Une majorité d’hôtels applique cette formule que pour économiser le lavage et le changement de serviette.

Pourquoi ne pas sensibiliser le client en lui offrant un avantage chaque fois qu’il gardera sa serviette de bain ? On y croirait un peu plus. En
attendant, certains groupes font sérieusement le travail. C’est le cas de « Nordic Choice Hotels »

Des mesures concrètes dans ce groupe hôtelier scandinave

Nordic Choice Hotels, l’un des plus grands groupes hôteliers de Scandinavie (comprenant des chaînes telles que Clarion Hotel , Comfort Hotel et Quality Hotel), reconnaît qu’en faisant partie de la société, ils contribuent par défaut à alourdir l’environnement. Mais au lieu de simplement réfléchir à cette question, ils en ont pris la responsabilité et ont décidé de faire partie de la solution, en fixant des normes élevées pour tous leurs hôtels et partenaires.

La promesse contribue non seulement à la réduction de l’impact environnemental de chaque propriété grâce à des mesures durables, mais elle encourage également l’engagement positif du personnel et rend les invités heureux.

Par exemple, la certification ISO 14001 de tous les hôtels de la chaîne s’engage dans l’amélioration du traitement des déchets, la consommation d’énergie et l’utilisation de l’eau.
L’objectif inclut les options alimentaires durables (telles que les politiques sur les espèces inscrites sur la liste rouge, l’écologie, l’huile de palme durable et le gaspillage alimentaire), ainsi que le commerce éthique et les initiatives locales dans chaque hôtel.

Source : Tourisme durable : Pourquoi les professionnels du tourisme doivent agir ?

Verdir le tourisme bleu : la nécessaire transition vers un tourisme côtier et maritime durable pour protéger nos océans et le climat

Un nouveau rapport, qui sera présenté lors du Blue Tourism Forum qui se tiendra à Paris le 20 juin 2019, souligne la nécessité d’améliorer le suivi, la coopération et les schémas de gouvernance entre l’industrie du tourisme, les décideurs et les communautés locales, afin de réduire considérablement l’impact du tourisme côtier et maritime sur l’environnement, en particulier sur les ressources océaniques, aériennes, terrestres et aquatiques, tout en assurant sa résilience aux événements climatiques et en augmentant sa contribution au développement durable.

Représentant 10% du PIB mondial et de l’emploi, les voyages et le tourisme constituent l’une des plus grandes industries du monde, soutenue par une croissance de 3,9% en 2018, bien au-dessus de la croissance moyenne du PIB mondial (3,2%). Si un tourisme bien planifié peut être une source de revenus, d’emplois et de dynamisme économique, le tourisme de masse exerce, lui, de fortes pressions sur les écosystèmes côtiers subissant déjà une forte pression anthropique. En effet, le tourisme international génère déjà 8% des émissions mondiales de gaz à effet de serre, principalement par le biais du transport aérien. Par ailleurs, il est une source majeure de gaspillage, de déchets, de pollutions marines, de surconsommation d’énergie et d’eau et d’artificialisation des sols, ce qui contribue in fine à l’effondrement de la biodiversité, à la réduction de la résilience aux événements climatiques et à la fragilisation des écosystèmes. Les impacts négatifs du tourisme de masse, provoqués par l’émergence des croisières de luxe et le développement des stations balnéaires dans le monde, mettent en péril les moyens de subsistance de millions de personnes vivant sur les côtes, fortement tributaires de la qualité de l’océan et des ressources naturelles pour leur sécurité alimentaire et l’accès à l’eau. Les destinations en forte croissance, généralement situées dans des pays vulnérables et ayant des ressources techniques, financières ou politiques insuffisantes, ont une capacité très limitée d’adaptation aux conséquences du changement climatique telles que l’élévation du niveau de la mer, les inondations, les incendies ou les tempêtes, et ont une faculté réduite à diminuer la pollution de l’environnement ou l’épuisement des ressources naturelles.

Impacts environnementaux et sociaux du tourisme de masse

Ce rapport fournit une évaluation de l’état du tourisme côtier et maritime dans le monde, en se concentrant sur les principales régions marines telles que la Méditerranée, les Caraïbes, le Pacifique et l’océan Indien. Il identifie les principaux acteurs, les tendances futures, les problèmes communs et un ensemble de solutions pour verdir le tourisme bleu dans les resorts, hôtels, croisières et établissements d’éco-tourisme.

Tourisme côtier et maritime durable

Jeremie Fosse, président de l’association eco-union et co-fondateur de l’initiative déclare : « l’industrie touristique côtière et maritime, qui est l’un des secteurs économiques connaissant la plus forte croissance au monde et soutenue par de grandes entreprises internationales, doit réduire considérablement son impact environnemental négatif sur les écosystèmes naturels tout en augmentant ses bénéfices sur les communautés locales afin de garantir sa propre durabilité économique sur le long terme ».

Julien Rochette, du programme océan de l’IDDRI et co-fondateur de l’initiative, souligne « le besoin d’un renforcement de la coopération à l’échelle régionale et globale pour rendre le tourisme compatible avec les engagements internationaux comme les Objectifs Développement Durable (ODD) et l’Accord de Paris sur le climat. »

L’initiative Blue Tourism

A travers l’initiative Blue Tourism, un groupement d’organisations internationales de la société civile coordonné par l’association eco-union, le think-tank IDDRI et l’ONG Planète Mer, avec le soutien de l’ADEME et du Fond français pour l’environnement mondial (FFEM), vise à améliorer la durabilité environnementale et sociale du tourisme côtier et maritime grâce au développement de projets innovants sur le terrain comme des labels écologiques, des programmes de sciences participatives et des mécanismes de gouvernance autour de trois régions marines vulnérables: la Méditerranée, l’océan Indien occidental et les Caraïbes.

Source : Verdir le tourisme bleu : la nécessaire transition vers un tourisme côtier et maritime durable pour protéger nos océans et le climat

Philippe-Jean ARNOU, auditeur Green Globe

Photo de couverture : Hôtel Akoya – La Réunion

Green Globe est la première certification au monde, dédiée au développement durable du tourisme.

Green Globe est un SYSTÈME DE MANAGEMENT du développement durable conçu spécialement pour l’hôtellerie, le tourisme et les loisirs. Ce système offre un ensemble de solutions et d’outils pour vous accompagner dans votre démarche de développement durable et certifier votre performance environnementale et sociétale.

Aujourd’hui, des centaines d’organisations touristiques dans le monde ont choisi Green Globe pour structurer leur démarche de développement durable.

Les étapes

L'ACCOMPAGNEMENT

  • Diagnostic
  • Définition d'un plan d'action
  • Formation
  • Montage du dossier de candidature

Le processus

Madagascar Hôtel Consultant est membre du réseau d’experts internationaux, François Tourisme Consultants, leader international en matière de conseil et de formation pour l’hôtellerie et le tourisme dans le domaine de l’environnement et du développement durable, ET PARTENAIRE PRIVILÉGIÉ DE GREEN GLOBE depuis de nombreuses années.

C’est riche de cette expertise que nous vous accompagnerons en amont dans la mise en place interne de votre démarche.

L'AUDIT

  • Préparation de l'audit
  • Audit sur site
  • Analyse et rapport d'audit

Une fois la demande de certification effectuée, c’est un auditeur externe qui assure le suivi, une fois par an au travers d’un audit, il évalue la conformité du système de management ainsi que ses progrès d’années en années face au référentiel.

Afin de vous offrir un service optimal, nous nous engageons à garantir l’indépendance du consultant assurant l’accompagnement et celui de l’auditeur, Philippe-Jean Arnou.

Philippe-Jean ARNOU, auditeur GREEN GLOBE

Riche de plus 35 ans d’expertise dans l’hôtellerie, la restauration et le tourisme, Philippe-Jean a eu le plaisir de travailler pour les plus grands groupes hôteliers du monde et ce à différents endroits de la planète. 

Consultant en hôtellerie, restauration et tourisme durable à Madagascar depuis 2011, il est également auditeur accrédité Green Globe pour toute la partie francophone de l’Océan Indien et de l’Afrique Australe.

Il a entre autre effectué les audits de l’Eden Lodge et de l’Heure Bleue à Madagascar, mais également celui d’Akoya Hôtel à la Réunion.

Contactez-nous dès à présent pour plus d'informations, notre équipe est à votre service.

+261 33 68 481 14

Quatre têtes de réseau du tourisme durable auditionnées à l’Assemblée Nationale Française

Guillaume Cromer, président d’ATD (Acteur du Tourisme Durable), Lionel Habasque, représentant d’ATR (Agir pour un Tourisme Responsable), Caroline Mignon et Gilles Béville, respectivement directrice et président de l’ATES (Association pour le Tourisme Equitable et Solidaire), quatre têtes de réseau du tourisme durable depuis longtemps impliqués dans son déploiement, ont été convoquées par la Commission des Affaires Economiques de l’Assemblée Nationale le 2 mai dernier pour répondre aux différentes questions que se posent les députés afin de mettre en place, on l’espère, une stratégie plus lisible sur ces enjeux cruciaux.

Pourquoi une telle audition ?

Dans un premier temps, l’objectif affiché des parlementaires est de faire un cadrage général sur les données et les grands enjeux du tourisme durable. La demande, issue de la commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale portait sur une mission d’information relative au tourisme présidée par M. Vincent Rolland, député de Savoie, et dont les rapporteurs sont Mme Marguerite Deprez-Audebert, députée du Pas de Calais et M. Didier Martin, député de Côte d’Or étaient également présents.

Il est intéressant de noter que cette demande d’audition a permis de relier deux études actuellement en cours sur le même sujet qui n’était pas au fait l’une de l’autre, puisque l’ADEME vient de réunir, à la demande du comité interministériel du tourisme, un groupe de travail sur les préconisations stratégiques en matière de tourisme durable à intégrer pour la France, avec pour objectif d’en faire un rapport  qui sera remis à l’automne et présenté au comité prédié par le Premier Ministre. La convocation des têtes de réseaux bien informés d’ATD, de l’ATR et de l’ATES a donc permis d’informer et l’Assemblée Nationale et l’ADEME de leurs études respectives, comme quoi le lobbying pour le tourisme durable a aussi pour résultat de décloisonner le mille-feuille français qui multiplie les études et prospectives parallèles sans toujours trop regarder ce qui se fait chez le voisin…..

Comment a-t-elle été préparée ?

Deux semaines avant l’audition, la commission a envoyé une liste de 24 questions à ATD, l’ATES et ATR, qui se sont réunis pour faire un point et présenter un positionnement cohérent face aux enjeux du tourisme durable en France. Guillaume Cromer précise : « Quelques questions étaient assez orientées, par exemple les députés percevaient le tourisme durable comme un marché spécifique (quels atouts pour la France, quels concurrents, quelle taille du marché, etc.), il a alors été décidé de leur faire comprendre clairement que l’enjeu n’était pas là, mais bien de travailler à l’échelle d’une vraie stratégie de développement durable du tourisme en France et ainsi montrer que la destination France était pionnière dans le monde sur ce sujet. » Chaque réseau a également travaillé de son côté pour tenter de défendre ses sujets avec sa sensibilité propre. ATR qui représente les voyagistes, a ainsi proposé de mettre sur la table le sujet du tourisme émetteur (outgoing), l’enjeu climatique et l’importance de l’évaluation rigoureuse des pratiques. Guillaume Cromer s’est emparé des réseaux sociaux pour faire un appel à témoignage et expliquer le contexte en précisant les points cruciaux qu’ATD s’engageait à défendre (« décarboner » le tourisme, réorienter la pression fiscale sur les activités et produits ayant un impact sur la biodiversité, etc.) et le besoin d’objectifs sociaux et économiques à atteindre pour avoir une véritable stratégie écrite sur ce sujet. Il a notamment été choqué de ne pas voir apparaitre les mots « Climat, biodiversité et train ». L’ATES a établi un parallèle entre l’évolution de la grande consommation et les tendances observées dans le tourisme de rechercher plus de responsabilité et d’équitable dans les choix opérés.

Ce qui en ressort :

Le jour J, lors de l’audition, Guillaume Cromer (ATD), Lionel Habasque (ATR), Caroline Mignon et Gilles Béville (ATES) ont présenté l’historique des enjeux à l’échelle internationale, nationale et plus locale en appuyant sur quelques points importants (les enjeux face à l’urgence climatique, l’enjeu prioritaire de la mobilité intérieure en France, plus d’investissement dans le train, réduire le pouvoir donné au low cost, etc.). Bien que peu nombreux, les députés se sont montrés attentifs aux différentes problématiques exposées malgré des visions différentes liées leurs sensibilités politiques.  Il revient à présent à ATD, ATR et l’ATES de rédiger une note de synthèse pour préciser les positions exposées lors de l’audition sur les enjeux du tourisme durable en France et de les partager massivement dans la profession, au-delà de leurs membres respectifs. Cette synthèse permettra également d’engager les professionnels et de faire du bruit auprès des décideurs et sera validée en amont par des experts clés de la profession.

Un réel pas en avant pour le tourisme durable ?

Engagés depuis toujours pour le tourisme durable, Guillaume Cromer (ATD), Julien Buot, coordinateur ATR et Caroline Mignon (ATES), nous répondent :

Guillaume Cromer (ATD) : «  Pour l’instant, on ne peut pas dire qu’il en ressort des choses impactantes pour notre sujet. Il y a un intérêt et des questions sur le sujet de la part de l’Assemblée nationale, c’est plutôt positif dans ce sens. Après, je ne pense pas que les solutions passeront par là. Il faut former un vrai lobbying citoyen autour de ces sujets pour mettre la pression sur les décideurs à l’échelle nationale ou régionale afin que des décisions courageuses soient prises et fassent effet boule de neige… Les réactions aux publications sur le sujet sur Facebook, Twitter, LinkedIn sont positives car les gens sont bien d’accord qu’il faut opérer une vraie transition du tourisme et que la manière dont on développe aujourd’hui cette industrie nous envoie dans le mur. »

Julien Buot (ATR) : C’était bien que ce soit un opérateur qui échange avec les députés de la commission des affaires économiques. Lionel HABASQUE, membre du comité exécutif d’ATR, est Directeur Général délégué de Voyageurs du Monde. Il a pu témoigner des engagements d’une grande entreprise dans la lutte contre le changement climatique, et préciser que la France est l’une des principales destinations des clients de Voyageurs d Monde. Cette audition permet de nous mettre le pied à  l’étrier en perspective du groupe de travail animé par l’ADEME à la demande du Comité Interministériel du Tourisme. La note que nous allons produire dans ce cadre est aussi une occasion à saisir pour présenter l’écosystème du tourisme durable en France et la complémentarité des actions depuis de longues années par ATD, ATR, ATES, et les membres de plus en plus nombreux de ces trois réseaux. Si l’Etat français a pu être pionner à la fin des années 1990, il a désormais du retard à rattraper sur de nombreux pays. Il pourrait commencer par reconnaître et encourager l’action des acteurs privés et des collectivités locales et coordonner une stratégie nationale ambitieuse de développement durable du tourisme, des loisirs, et des voyages.

Caroline Mignon (ATES) : Réjouissons-nous que ce sujet intéresse nos députées et ministères mais ne crions pas victoire. Les décisions qu’il faudrait prendre peuvent entrer en contradiction avec certains intérêts économiques, aussi ne faut-il pas compter uniquement sur les décideurs politiques mais bien mener une sensibilisation des professionnels et des consommateurs à grande échelle pour favoriser une autre manière d’aborder les vacances et le voyage. En aucun cas, nous ne pourrons nous contenter de mesures à la marge ; nous avons besoin d’une stratégie nationale ambitieuse, en incoming (tourisme réceptif) comme en outgoing (tourisme émetteur), pour que, ici comme ailleurs, la France soit le porte-drapeau d’un tourisme respectueux des cultures, du vivant et du territoire, qui constitue un levier de développement local équilibré et pérenne. Le chemin est encore long !

Le portail voyageons-autrement.com qui, depuis plus de dix ans a également engagé une action de lobbying éditorial, s’engage également à suivre et à relayer la suite de cette audition à l’Assemblée nationale mais aussi les suites du groupe de travail animé par l’ADEME pour le comité interministériel du tourisme sur les préconisations stratégiques en matière de tourisme durable à intégrer pour la France dont le premier groupe de travail s’est réuni le 13 mai. A suivre donc…

Source : Quatre têtes de réseau du tourisme durable auditionnées à l’Assemblée Nationale