Atout France part en quête de 20 millions d’euros

Le gouvernement lance une mission sur le financement de la destination France. L’objectif est de trouver, a minima, 20M€ supplémentaires afin de défendre les atours du pays à l’international.

Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d’Etat au tourisme, le martèle à chacun de ses déplacements. La France doit atteindre la barre symbolique des 100 millions de visiteurs étrangers en 2020, pour 50 milliards euros de recettes. La destination s’achemine vers 88 à 89 millions de touristes cette année (contre 82,5 millions en 2015), avec environ 40 milliards euros de revenus.

Passer de 70M€ à 100M€

Pour atteindre les objectifs fixés à la fin de la décennie, le gouvernement a clairement besoin de deniers supplémentaires. Lors du premier conseil de pilotage du tourisme, organisé mardi 10 octobre sous la présidence du ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, les pouvoirs publics ont à dessein entériné le lancement d’une mission de réflexion. Cette mission doit trouver des solutions pour accroître les moyens dont dispose Atout France, bras armé de l’Etat en matière de tourisme. Objectif : dégager collectivement un euro à la promotion par visiteur étranger, d’ici à 2022.

Atout France disposerait ainsi d’un budget de l’ordre de 88 millions d’euros à 100 millions d’euros. Actuellement, l’organisme dispose d’une dotation de l’Etat de 32 millions d’euros par an, auxquels s’ajoutent les sommes résultant de partenariats noués par l’agence avec des collectivités et des acteurs du tourisme. L’enveloppe globale atteint ainsi quelque 70 millions d’euros. Il manque donc 20 à 30 millions d’euros pour satisfaire les ambitions d’un gouvernement particulièrement impliqué dans le secteur.

Quid du projet de taxe Tourisme ?

Lors des Primaires du tourisme, Arnaud Leroy, représentant Emmanuel Macron et En Marche ! tout à la fois, avait évoqué la création d’une taxe Tourisme d’un montant de 60 millions d’euros, pour gonfler le budget promotion d’Atout France, collectée auprès des grands musées, des parcs d’attraction, des remontées mécaniques. Les ambitions semblent plus mesurées qu’avant les élections présidentielles.

Le principe, lui, de la taxe est-il toujours d’actualité ou écarté ? Nous avons posé la question à Germain Lelarge, créateur du site La France du Nord au Sud (revendu à Pierre & Vacances Center Parcs), qui compose la mission de réflexion avec le DG d’Atout France Christian Mantei, et le président du groupement de chaînes hôtelières GNC Jacques Barré. « Nous allons investiguer toutes les pistes pour augmenter le budget d’Atout France, a répondu Germain Lelarge. L’objectif est d’atteindre 100 millions d’euros en 2020, voire dès 2019, ce qui nous placerait à la hauteur de l’Allemagne. » « Nous allons maintenant rencontrer les hôteliers, les plates-formes collaboratives, les collectivités, les musées, les parcs d’attraction... », a ajouté Germain Lelarge. Et ce, dans les plus brefs délais.

Les conclusions seront a priori dévoilées lors du deuxième Conseil interministériel du tourisme, prévu le 19 janvier 2018 sous la houlette du Premier ministre. Le premier avait réuni, le 26 juillet dernier, 17 membres du gouvernement et des représentants du secteur, afin de présenter la feuille de route et le calendrier de la France au chapitre du tourisme.

Source : Atout France part en quête de 20 millions d’euros

San Francisco étrenne un musée totalement givré

Temple de la crème glacée, le Museum of Ice Cream vient d’ouvrir ses portes pour une durée de six mois. Et est déjà victime de son succès.

Un jardin de bonbons magiques, une piscine à glaces, des licornes et arc-en-ciel psychédéliques… On se croirait presque dans l’usine de Willy Wonka, le patron de la chocolaterie du roman de Charlie et la chocolaterie. Mais pas tout à fait. Ici, on ne parle pas chocolat, mais crème glacée.

Après Los Angeles et New York, c’est en effet au tour de San Francisco d’accueillir un musée qui lui est entièrement dédié. Cette nouvelle attraction qui se veut à la fois culturelle et culinaire a élu domicile dans les locaux d’une ancienne banque. Contraste assuré, le lieu décline une palette rose bonbon et entend offre aux visiteurs une expérience résolument immersive : il est même possible de plonger dans un piscine de vermicelles multicolore.

38 dollars l’entrée

Un parcours qui ne peut faire l’impasse sur une séance dégustation : petits et grands pourront goûter une grande variété de parfums, avec ou sans cornet.

Mais la gourmandise a un prix. Le ticket  d’entrée est à 38 dollars (environ 32 euros). L’accès est toutefois gratuit pour les enfants de moins de trois ans. Les billets sont en vente exclusivement en ligne (pas de possibilités d’achat sur place).

Pour l’heure, la totalité des billets a été écoulée, mais une prolongation pourrait être annoncée courant février. Avant que le musée ne mette le cap, peut-être, sur une autre ville.

Source  : San Francisco étrenne un musée totalement givré

McDonald’s propose, pour la première fois en France, un burger végétarien

À partir d’aujourd’hui, les restaurants McDonald’s vont proposer à leur carte un hamburger gourmand végétarien baptisé Le Grand Veggie. Dans un pain parsemé de graines de courge, de sésame et de pavot, le Grand Veggie comprend une galette panée préparée avec des légumes (salsifi, carotte, chou rouge et blanc), des céréales, de l’emmental et une sauce au pesto rouge. Des produits exclusivement cultivés en France.

McDonald’s en France

  • 38 années de présence
  • 1,8 millions de repas servis chaque jour
  • Plus de 70% des matières premières agricoles utilisées par l’enseigne pour ses 5 principales filières sont d’origine française
  • 1 419 restaurants répartis dans 1 057 communes françaises
  • Plus de 70 000 salariés sous enseigne
  • 4,7 milliards d’euros HT de ventes totales sous enseigne
Source : McDonald’s propose, pour la première fois en France, un burger végétarien

MGallery se penche sur les désirs des femmes en voyage

Avec son offre Inspired by Her, MGallery s’intéresse de près au comportement des femmes en voyages. En collaboration avec Ipsos, la collection de boutique-hôtels du groupe Accorhotels a lancé une étude portant sur les attentes spécifiques des femmes séjournant dans des hôtels haut de gamme auprès de 3 000 participants issus de quatre pays (France, Italie, Grande-Bretagne et Australie). Premier constat : les femmes (et la majorité des hommes interrogés) apprécient l’idée d’une offre hôtelière dédiée aux femmes. 86 % d’entre elles (et 80 % des hommes) sont favorables à un programme hôtelier qui leur serait dédié, avec 36 % estimant que cette approche féminine est un besoin qui est actuellement non-satisfait.

En France, l’étude révèle que 87 % des femmes sont à la recherche d’une offre hôtelière qui leur est dédiée. Voyageuses organisées et prévoyantes, elles prennent plaisir à faire leur valise (59 %). Malgré les précautions et l’anticipation, elles sont 21 % à oublier leur brosse à dents dans la précipitation du départ. Pour 81 % d’entre elles, une literie de qualité est un critère déterminant dans le choix de leur hôtel. Elles apprécient tout spécialement quelques services mis à leur disposition dans la chambre. Dans le trio de tête, on trouve la douche hydromassante (72 % apprécient ce petit plus), un peignoir ajusté (62 %) et un kit de beauté (50 %).

Source : www

En France, il faut réinventer la nuit

L’Umih a organisé le premier colloque’ La Nuit en France’ destiné à cerner les nouvelles tendances et mieux accompagner les professionnels.

La nuit est un secteur créateur de richesse, d’emplois et fait partie intégrante de l’offre touristique a répété avec force, Roland Héguy, président confédéral de l’Umih, en ouverture du premier colloque La nuit en France et devant le secrétaire d’Etat auprès du ministère de l’Europe et des Affaires Etrangères, Jean-Baptiste Lemoyne. Ce dernier a confirmé la nécessité d’une vie nocturne « pétillante » et « festive », à destination des français et des visiteurs étrangers. Et sa volonté d’accompagner les professionnels dans ce sens. Une bonne chose. Reste que la nuit est un univers à part, sujet à bien des vicissitudes. « Ces dernières années, souligne le chef de file de la rue d’Anjou, la nuit a beaucoup souffert et a aussi connu de nombreuses mutations avec de nouvelles habitudes de consommation ». Le rôle de l’Umih est aujourd’hui « d’accompagner ses adhérents dans l’offre adaptée qu’ils doivent apporter à cette clientèle qui demande de nouveaux formats et concepts», tout en travaillant sur les problématiques d’alcool et de sécurité. « Le monde de la nuit réfléchit sur la santé et prend ses responsabilités » a insisté Roland Héguy. Et cette rencontre organisée sur la péniche Concrète (l’After le plus connu de la Paris), établissement créé par Aurélien Dubois,  président de la CSCAD (Chambre syndicale des cabarets artistiques et discothèques), veut en être la preuve. Deux tables rondes au rendez-vous : l’une sur l’évolution des modes de consommation en France, l’autre sur le rôle des exploitants dans la prévention des risques addictifs. Et cet état des lieux : le nombre de discothèque a été divisé par deux entre 1980 et 2015. 60% des discothèques n’ouvrent plus que deux à trois jours par semaine (week-end et jeudi soir). Parallèlement toutefois, les Bam (bars à ambiance musicale) et Ram (restaurants à ambiance musicale) se sont développés ; autour de 4000 recensés. Ils répondent à une demande de la clientèle qui « entame la fête beaucoup plus tôt, dès 18 heures, avec des soirées type after-works, qui se poursuivent par étapes jusque tard dans la nuit : dîner, puis ambiance lougne, puis ambiance club »explique Laurent Lutse, président de la branche, café, brasseries, établissements de la nuit de l’Umih. Mais « les soirées privées, moins chères et sans contrôle réglementaire, entraînent une désaffection pour les lieux commerciaux ».  Réinventer la nuit s’impose désormais aux professionnels, mais ils ne peuvent pas le faire seuls. La collaboration avec les pouvoirs publics et l’Etat doit être « constructive ». Le secteur ne doit plus être considéré comme le vilain petit canard, mais comme un acteur reconnu et adulte, avec qui l’Etat doit travailler.

Les propositions de la profession pour « réinventer la nuit » :

-Mettre un terme au commerce illégal d’alcool et à la concurrence déloyale (vente d’alcool sans licence appropriée)

-Promotion du tourisme nocturne

-Donner aux exploitants les moyens d’agir avant que tombe les fermetures administratives

-Mieux aborder les politiques sonores (mise en place un diagnostic un Diagnostic Environnemental Commercial de l’acquisition d’un bien immobiliser et responsabiliser davantage les clients en les informant sur les risques qu’ils encourent en cas d’incivilité)

-Développer une offre de transports nocturnes

-Simplifier les contraintes administratives (dispositions de l’ancien Code des débits de boissons obsolètes et toujours en vigueur)

Généraliser le dispositif Réussir la fête expérimenté dans les Pyrénées-Atlantiques

Adapter la formation des agents de sécurité à la spécificité des établissements du secteur

Source : Sylvie Soubes – En France, il faut réinventer la nuit

Tours Duo-Paris : Philippe Starck aux commandes d’un projet hôtelier de luxe

Les Tours Duo, deux gratte-ciel en construction au sein de la capitale française, se voit enrichie d’un ambitieux projet hôtelier au sommet de la tour Duo 2 mené par Philippe Starck.

Débutés courant printemps 2017, les travaux du projet des tours Duo -qui s’inscrit dans l’opération d’aménagement Paris Rive Gauche devraient s’achever courant 2020. Un projet ambitieux, notamment depuis l’annonce d’un projet hôtelier de luxe qui devrait être créé au sein de ces tours. En effet, le groupement Valotel, GLT-Urban et le designer Philippe Starck ont signé un bail avec Ivanhoé Cambridge, filiale immobilière de la Caisse de dépôt et placement du Québec. Ils y installeront un complexe hôtelier au sommet de la tour Duo 2, haute de 122 mètres.

En plus des nombreux bureaux, vous pouvez donc passer un moment extraordinaire dans ces deux nouvelles tours inédites, au design moderne. Il est prévu de construire un hôtel de luxe, composé de 139 chambres réparties sur 8 étages de la Duo 2 (plus petite que la tour Duo 1, qui devrait atteindre 180 mètres de haut) mais aussi un restaurant / bar avec vue panoramique, entre le 17ème et le 24ème étage, qui sera exploité sous l’enseigne de luxe MGallery by Sofitel. Nul doute que les futurs clients de cet exceptionnel hôtel pourront bénéficier d’une vue sur Paris sans égale !

Les travaux de ce projet qui s’inscrit dans le « Grand Paris » ont été officiellement lancés, dans le 13ème arrondissement de Paris le 18 mai 2017 par l’architecte, Jean Nouvel, Prix Pritzker 2008 et Anne Hidalgo, maire de la capitale.

Source : Tours Duo-Paris : Philippe Starck aux commandes d’un projet hôtelier de luxe

Accorhotels et la SNCF s’unissent pour relancer la marque Orient Express

Accorhotels a annoncé, le 4 octobre, une prise de participation de 50 % au capital de la société Orient Express, jusqu’à présent propriété exclusive de la SNCF. L’objectif est de créer une nouvelle marque hôtelière internationale « mêlant luxe, exotisme et raffinement de l’Orient et l’Occident dans des lieux emblématiques », expliquent Accorhotels et la SNCF dans un communiqué commun.

« [C’est un] partenariat stratégique, concrétisation de l’alliance de deux grands acteurs français du monde du voyage pour une ambition commune, celle de redonner un nouveau souffle et un rayonnement international à une marque historique et reconnue à travers le monde »,a insisté Sébastien Bazin, p.-d.g. d’Accorhotels. Le groupe se renforce ainsi sur le segment de l’hôtellerie haut de gamme, dont il a fait l’un de ses axes de développement pour doper ses résultats à l’horizon 2020.

Source : Accorhotels et la SNCF s’unissent pour relancer la marque Orient Express

Les selfies avec les animaux sont très dangereux

De plus en plus de touristes se prennent en photo avec des animaux sauvages, une tendance qui met notamment en danger des espèces de la forêt amazonienne, alertent des militants écologistes.

Comportement inapproprié avec les animaux

Selon un rapport d’une ONG, on a observé une hausse de 292% du nombre de selfies avec des animaux sauvages publiés sur Instagram ces trois dernières années. Malheureusement déplore cette ONG, « plus de 40% de ces clichés montrent des personnes se comportant de façon inappropriée avec les animaux ».

Un responsable de l’Agence brésilienne de l’environnement  a rappelé à l’AFP que maintenir des animaux en captivité pour qu’ils puissent être pris en photo avec des touristes était illégal au Brésil. Il considère cependant que ce problème est « minime » par rapport au braconnage et au trafic d’animaux.

Et il n’y a pas que pour les animaux sauvages que le selfie est dangereux. Essayez donc d’en faire avec un mamba noir, une méduse-boîte, un frelon à pattes jaunes, une mouche tsé-tsé ou un schistosome !

Source : Les selfies avec les animaux sont très dangereux

Ils ont entre 24 et 30 ans et vont intégrer le 1er incubateur pour restaurateur

Cinq projets, sur 80 dossiers reçus, ont été retenus pour participer au 1er programme d’incubation pour restaurateurs. Ils ont été dévoilés lundi 25 septembre.

La Frégate, porté par le distributeur et grossiste alimentaire Transgourmet et le spécialiste de la caisse enregistreuse digitale, Tiller, est un incubateur pour préparer et réussir son projet en restauration. En août, un appel à projets a été lancé sur la toile. Il proposait de participer à la première cession. 80 candidatures ont été déposées ; des candidats au profil jeune, issus pour plus de la moitié d’écoles de commerce ou de la finance. Les dossiers ont été retenus sur la motivation, l’envie de réussir, la pertinence et la cohérence indique Yves Cebron de Lisle, directeur commercial, marketing et communication de Transgourmet France. Le programme, qui dure trois mois, va se dérouler dans un espace dédié de plus de 1 200 m2 dans le 10ème arrondissement de Paris, siège de Tiller ; il comprend des volets business plan, financement, pricing, management, gestion, marketing, communication mais aussi du mentoring. Des experts et chefs reconnus vont partager leurs compétences comme l’étoilé Thomas Boullault (L’Arôme 75008) ou Marc Galais, responsable du Pôle culinaire de Transgourmet. Le lieu et le matériel à disposition vont permettre de tester concept et produit en live. « Avec la Frégate, résume Dimitri Farber, co-fondateur de Tiller, les futurs restaurateurs apprendront à mieux définir leur positionnement, leurs prix, calculer leurs coûts, planifier leur production… autant de réflexes et techniques indispensables pour devenir un restaurateur à succès ». 

 
Candidats retenus

Augustin et Emilie Neukirch (Cantine_Populaire) veulent ouvrir un établissement à petit prix, proposant des plats simples et gourmands, issus des circuits courts. Le plat du jour ne devrait pas dépasser 8 euros.

Adrien Massot (Buns Paris) a ouvert sur 14m2 un restaurant dédié au hamburger américain classique. Il a été désigné parmi les dix meilleurs ‘burgers’ de  Paris. Il souhaite désormais passer à la vitesse supérieure, se développer et pense à la franchise.

Sophie Phe, Pauline Iamurri et Vincent Bechet (Pancake Factory) ont décidé de servir le pancake dans ses multiples versions, notamment asiatique. Pour commencer, le concept prendra la forme d’un Food-Truck.

Alice Lamoureux et Marion Eynius (Paris Salsifis) souhaitent créer un restaurant responsable dont 100% des végétaux servis seront issus de l’agriculture urbaine. Paris compte actuellement trois hectares d’agriculture urbaine…

Adrien Léonard, Cédric Levassor et Pierre Margueray (Levain Restaurant) dirigent un restaurant à Boulogne (92) sur le thème du pain, du vin et de la convivialité ouvert il y a 10 mois. Objectif : se structurer pour pouvoir en ouvrir un autre, faire son propre pain…

Source : Sylvie Soubes – Ils ont entre 24 et 30 ans et vont intégrer le 1er incubateur pour restaurateur

Sébastien Bras, 3 étoiles à Laguiole, demande au guide Michelin de ne pas figurer dans l’édition 2018

Cette demande inédite a surpris. Mais Sébastien Bras n’est pas dans la polémique, seulement en quête de sérénité.

« C’est une décision prise en famille et mûrement réfléchie, dit Sébastien Bras. Les 3 étoiles ont longtemps été un moteur. Quand elles deviennent un frein, il faut prendre une décision. Je ne change rien. Je vais faire le même travail pour le bonheur de mes clients, de mes équipes et de ma famille, mais sans pression ».
A 46 ans, Sébastian Bras a senti le besoin de « faire le point pour savoir où je voulais aller demain et dans quelles conditions ». Le fils de Michel Bras a toujours travaillé en famille. Dès 1992, il faisait partie de l’aventure auprès de son père qui avait décidé de créer un restaurant ultra contemporain dans l’Aubrac. «Dans une région où l’on compte 3 habitants au km2, il fallait un culot monstre et peut-être un peu d’inconscience pour s’installer ici. Mais nous avons toujours cru en notre bonne étoile et malgré quelques années difficiles, jamais nous n’avons regretté ce choix. Et en 1999, l’arrivée de la 3ème étoile, la récompense suprême pour les cuisiniers, fut une joie immense. Puis pendant 7 à 8 ans, mon père a continué à les défendre ».

Il y a 10 ans, un nouveau chapitre s’ouvre. Sébastien et son épouse Véronique relèvent le défi de la succession : « un sacré challenge d’arriver à me faire un prénom et à conserver les 3 étoiles. Une source de beaucoup de satisfactions avec les évolutions que nous avons apportées … oui, beaucoup de satisfaction, mais aussi d’une grande pression qu’occasionne inévitablement la distinction des 3 étoiles », reconnaît le chef.
« Pendant 10 ans avec Véronique, nous estimons avoir relevé et réussi le défi. Mais aujourd’hui, nous souhaitons avoir l’esprit libre, pour continuer sereinement, sans tension, à faire vivre notre Maison avec une cuisine, un accueil, un service qui sont l’expression de notre état d’esprit, de notre territoire. C’est la raison pour laquelle j’ai demandé au guide Michelin de ne plus figurer désormais dans la sélection du guide; ce dès 2018 ; et par la même, ne plus être honoré par la distinction d’étoiles ».

Sébastien Bras a annoncé sa décision aux équipes, expliquant qu’ »au quotidien, rien ne va changer. C’est dans ma tête que va s’opérer le changement, plus libre, et sûrement, ma cuisine s’en ressentir ». Applaudissements et larmes, l’émotion était palpable. « ça m’a fait chaud au coeur. Dans notre famille, nous assumons nos choix radicaux, nous restons fidèles à nos valeurs et notre territoire ». Les réactions des collègues ont été « quasi unanimes pour saluer cet acte fort car beaucoup partagent le même sentiment, souligne Sébastien Bras. Il faut se donner les moyens de son bonheur et être en adéquation avec ses aspirations. J’encourage mes collègues à faire les choix qui leur semblent nécessaires pour leur équilibre personnel ».

Les projets ?

« J’ai toujours vécu dans les travaux. La maison a toujours été dynamique, en rénovation permanente. On n’attend que les clients émettent des réserves. Nous avons investi 1,5 million d’euros il y a presque 3 ans dans le restaurant entièrement refait. Pour cet hiver, nous injecterons 1 million d’euros dans la rénovation des 13 chambres de l’hôtel, pour lesquelles le taux d’occupation annuelle s’élève à 97% ». Sébastien et Véronique Bras s’apprête aussi à ouvrir un petit gîte au village de Laguiole. Ils réfléchissent aussi à l’organisation de cueillettes et de balades dans le jardin de Michel Bras afin de répondre aux demandes des clients.

La famille Bras, Sébastien, son père Michel et son oncle André, ont toujours leurs activités communes comme le Capucin (concept autour d’une galette en forme de cône et garnie), dans l’espace Goûter L’Aubrac sur le viaduc de Millau. Au Musée Soulages de Rodez, le Café Bras (deux offres : restaurant + « restauration rapide » avec les Miwams) s’inscrit dans la durée. Cette partie-là, impliquant d’autres formes d’innovation, tient aussi à coeur à Sébastien Bras.

Source : Nadine Lemoine – Sébastien Bras, 3 étoiles à Laguiole, demande au guide Michelin de ne pas figurer dans l’édition 2018