Tourisme durable, authenticité – 2020 : la révolution du voyage

Notre façon de voyager est en constante évolution. Ces dernières années, l’idée d’un tourisme plus respectueux de l’environnement, plus durable et plus authentique s’est développée autour d’un constat simple : de plus en plus de personnes voyagent. Et cet essor touristique est aussi, malheureusement, synonyme de dérives. On parle ici de sites réputés envahis par les hordes de touristes, de récifs coralliens abîmés, de populations locales désabusées… Alors pour pallier ces conséquences, certains voyageurs ont décidé de voyager autrement, de privilégier un tourisme durable et éco-responsable, plus respectueux non seulement de l’environnement, mais aussi des habitants de chaque destination…

Le développement du « slow travel »

Aujourd’hui, plus encore que la destination, c’est le chemin qui compte ! De plus en plus de voyageurs privilégient la qualité à la quantité, c’est à dire qu’ils préfèrent voir moins mais mieux. Cela se traduit souvent par des itinéraires plus lents, des étapes plus longues, davantage de trajets à pied ou à vélo et des visites plus immersives. Prendre son temps en voyage est devenu une philosophie à part entière, la clé pour vivre la destination plutôt que la visiter.

Le choix de destinations alternatives

Plutôt que de découvrir les sites les plus connus au monde en compagnie de milliers d’autres visiteurs, bon nombre de voyageurs font désormais le choix de sortir des sentiers battus. Éviter le tourisme de masse est même devenu une priorité pour beaucoup, qui préféreront bouder les incontournables pour se focaliser sur une expérience plus authentique. De nouvelles destinations voient ainsi le jour comme le Rwanda ou le Panama.

L’envie de rencontrer les locaux

Il y a quelques années, c’était les resorts et les hôtels de luxe qui avaient le vent en poupe. Aujourd’hui, le voyageur troque volontiers son confort pour vivre une expérience plus simple et authentique, davantage axée sur les rencontres. Les logements chez l’habitant rencontrent un succès grandissant et pour cause, ils offrent la possibilité de s’immerger chez une famille locale et de partager d’incroyables instants ensemble autour de moments simples comme la préparation des repas.

Le tourisme vert

Il est désormais impossible d’oublier sa conscience écologique en vacances ! Le voyageur d’aujourd’hui délaisse allègrement les activités polluantes pour préférer la randonnée, la découverte d’espaces naturels et les activités « vertes ». Même chose pour les hôtels puisque ceux labellisés pour un tourisme éco-responsable connaissent un succès grandissant. On remarque aussi que, pour moins polluer, les moyens de transport locaux sont privilégiés par rapport aux vols internes : une bonne nouvelle pour la planète !

Solidarité et équité

Projets humanitaires, tourisme collaboratif, séjours chez l’habitant… Les immerger chez une famille sont en plein boom avec l’éveil de la conscience collective. Aujourd’hui, voyager se fait en accord avec ses valeurs. On part à la rencontre des communautés, on privilégie les objets faits à la main plutôt que le « Made in China », on soutient les actions favorisant le développement des populations locales… Le voyage se fait désormais dans le respect des habitants et de leur culture.

La créativité en voyage

Plutôt que de simplement visiter des monuments et des sites naturels, le voyageur de 2020 préfère vivre des expériences inoubliables. L’immersion dans la culture locale est privilégiée à l’observation. On voit ainsi émerger des ateliers, des cours et autres stages permettant à chacun de développer sa créativité. Cours de cuisine lors d’un voyage en Thaïlande, initiation au tango en Colombie, stage de yoga ou de méditation en Inde… Aujourd’hui, le voyageur devient l’acteur principal de son aventure.

Source : Tourisme durable, authenticité – 2020 : la révolution du voyage

Tourisme durable : ce que les compagnies de croisières font déjà

Traçabilité des déchets, éducation des passagers… Les principales compagnies de croisières assurent travailler sérieusement sur la question de la préservation de l’environnement et tentent de mettre fin aux préjugés.

Après la prise de conscience, les actions. À l’occasion du dernier IFTM Top Resa, début octobre, quelques-unes des principales compagnies de croisières ont échangé autour de la question du tourisme durable. Un véritable enjeu pour l’ensemble des acteurs de ce secteur, souvent pointé du doigt au sujet de la pollution.

« Je crois que certains modes de croisière posent des problèmes environnementaux aujourd’hui, et le nier serait une erreur. La croisière est en danger mais il y a une vraie prise de conscience sur ce problème, d’ailleurs parois exagéré par les médias », a expliqué en préambule Lionel Rabiet, directeur de Croisières d’exception.

Un avis pas tout à fait partagé par Patrick Pourbaix, DG de MSC Croisières : « Cela ne fait pas très longtemps qu’existe le cruise bashing et nous n’avons pas réagi immédiatement. Nous avons été surpris de cette image erronée de notre impact sur l’environnement. La première fausse idée est de penser que les compagnies sont passées à côté de ces enjeux environnementaux ». Ce que constate aussi Costa Croisières France« La croisière est injustement montrée du doigt, elle est déjà très vertueuse sur les questions environnementales. L’environnement est au coeur de nos préoccupations depuis le début des années 2000 », rappelle son président, Georges Azouze.

Fuel léger et traçabilité des déchets

Passé ce constat, les professionnels du secteur ont en effet souhaité mettre en avant l’impact, plus mesuré qu’on ne le pense, de la croisière sur la planète. Sur 50 000 bateaux qui naviguent dans le monde pour des raisons commerciales, ce sont moins de 300 bateaux de croisières, petits et grands, qui sont dénombrés. Et les actions à bord de ces derniers se multiplient.

 « Nous avons trois axes de travail : l’utilisation à 100% de fuel léger – ce qui implique un véritable effort financier -, la traçabilité des déchets (avec aucun rejet en mer) et l’implication des populations locales dans la préparation des croisières », explique Wassin Daoud, responsable développement durable chez Ponant. Du côté de Costa Croisières, qui indique également utiliser un fuel léger pour les navires à quai, la préservation de l’environnement passe aussi par l’installation de nouveaux systèmes à bord des paquebots. « En cette fin d’année, l’ensemble de nos bateaux sont équipés de scrubbers. Il s’agit d’un système de lavage des fumées qui permet de réduire les émanations de 90 %. Costa est aussi très en avance sur la question du tri des déchets », ajoute Georges Azouze.

Même son de cloche chez MSC, qui a également mis en place une politique de traçabilité des déchets, avec l’élimination des plastiques jetables ou le recyclage. Sans oublier « l’éducation » des passagers, avec une communication sur ce qu’il faut faire ou ne pas faire : ne pas jeter de déchet par dessus bord, réutiliser ses serviettes, signer une charte de bonne conduite à terre… Parce que la pollution peut également se faire pendant les escales. Encore plus sur des destinations touchées par le surtourisme.

Mais que faire, alors, face au tourisme de masse ? Là aussi, quelques rappels s’imposent, selon MSC. « Pour Venise, on accuse les bateaux de croisières, alors que sur les 31 millions de touristes estimés pour 2019, seuls un peu plus d’un million sont des croisiéristes », précise Patrick Pourbaix. Un avis nuancé par Lionel Rabiet, selon lequel « la croisière a tout de même un impact sur les surtourisme. Les grands bateaux ont besoin d’être remplis et vont sur les marchés qui y sont consacrés. Il y a donc une concentration sur les mêmes villes, à l’instar de Marseille ».

Mener une initiative commune ?

Un problème qui viendrait également des voyageurs. « Nous ne demandons pas mieux que de changer nos itinéraires et nos escales, mais il y a un effet marketing. Le client attache ses envies à ses connaissances et au fait que, si tout le monde se rend sur une destination, c’est qu’elle est bien », surenchérit Patrick Pourbaix.

De son côté, Ponant assure être dans une démarche plus globale. « Nous faisons une étude d’impact global et social avant un débarquement sur une destination. C’est un travail fait plusieurs années en amont. Quand une croisière se fait aujourd’hui, elle a été préparée il y a déjà 4 ou 5 ans », explique Wassin Daoud.

S’il existe encore des défis à relever, tous restent cependant optimistes sur l’avenir. « C’est déjà un moment historique, car c’est la première fois que nous dévoilons toutes les initiatives que nous mettons en place pour la protection de l’environnement », s’enthousiasme le DG de MSC Croisières. « Et pourquoi ne pas mener une initiative commune avec les Entreprises du voyage ? », lance Lionel Rabiet, président de la section Ile-de-France du syndicat. Avant de conclure : « Il faut que le voyageur puisse être fière d’avoir été passager d’une croisière !».

Source : Tourisme durable : ce que les compagnies de croisières font déjà

Le Bhoutan est désigné comme la meilleure destination de voyages pour 2020 par le guide Lonely Planet

Le Bhoutan a été désigné comme la meilleure destination de voyages pour l’an 2020 par Lonely Planet, dans sa liste des destinations à visiter en 2020, nouvellement rendue publique.

Le Bhoutan se trouve à la tête de la liste des dix meilleures destinations pour 2020, sélectionnées parmi 195 pays et régions dans le monde. Cette désignation intervient un an après que le Bhoutan a été récompensé comme destination du tourisme durable.

La politique du tourisme durable, la richesse de la culture et des traditions, ainsi que l’environnement vierge du Bhoutan ont été des caractéristiques ayant permis au pays de décrocher le titre de meilleure destination de voyages.

Le petit pays himalayen pratique une politique de tourisme stricte consistant à faire payer aux visiteurs des tarifs quotidiens élevés en vue d’une meilleure rentabilité tout en ayant moins de répercussions sur l’environnement. Avec une couverture forestière de plus de 75%, le Bhoutan est l’unique pays à carbone négatif dans le monde.

Source : Le Bhoutan est désigné comme la meilleure destination de voyages pour 2020 par le guide Lonely Planet

Tourisme et durable : comment “verdir” son point de vente ?

Rendre son agence plus « responsable » est à la portée de tous. Loin des grands discours démagogiques, TourMaG.com a interrogé plusieurs acteurs, qui ont choisi de s’engager dans une démarche de RSE. Ils nous livrent conseils et tuyaux, dont certains sont facilement applicables.

a RSE* késako ? Il s’agit de l’ensemble des pratiques mises en place par les entreprises « en matière sociale, environnementale, éthique, de droits de l’homme et de consommateurs dans leurs activités commerciales et leur stratégie de base », comme la définit le ministère de l’Économie, des Finances, de l’Action et des Comptes publics.

Ok, mais peut-on l’appliquer à son propre point de vente ?

Et bien oui, à différents niveaux, tout le monde peut devenir plus responsable. « Il ne faut pas chercher à être parfait, mais cohérent dans sa démarche, explique Julien Buot, directeur d’Agir pour un Tourisme Responsable (ATR). L’important, c’est de commencer par faire quelque chose ».

Du recyclage à la gestion des énergies, en passant par la limitation du nombre d’impressions papier, de nombreuses options existent. « Nous avons instauré le tri sélectif pour toutes les poubelles du bureau et de la cuisine, cite en exemple Catherine Subileau, responsable de l’agence Les Ateliers du Voyage (groupe Kuoni) à Paris.

Nous avons aussi installé des réducteurs sur tous les robinets pour limiter la consommation d’eau et changé les ampoules pour des basse consommation, en alternant des jaunes et des blanches pour plus de confort.

De la même façon, nous faisons très attention à notre consommation d’électricité, en veillant à bien garder les portes fermées, à gérer au mieux la climatisation et à ce que les ordinateurs ne restent pas en veille la nuit », poursuit-elle.

Dans l’agence, des affichettes placardées dans les parties communes rappellent tous ces bons principes.

* Responsabilité Sociale des Entreprises

Du vert et du social

Chez Terres d’Aventure, qui dispose de 13 agences communes avec Voyageurs du Monde, on travaille depuis des années à la réduction de l’empreinte carbone – DR : Gwennaelle Wit
Chez Terres d’Aventure, qui dispose de 13 agences communes avec Voyageurs du Monde, on travaille depuis des années à la réduction de l’empreinte carbone.

Ses dirigeants ont par exemple opté pour un fournisseur d’électricité verte, Enercoop, générée à partir d’énergies solaire, éolienne et hydraulique. « Il n’y a rien de plus simple, il suffit de résilier son contrat EDF et de souscrire chez Enercoop, souligne Eric Balian, le directeur général.

Alors, c’est sûr que la facture est légèrement plus élevée, mais on sait comment est produite l’électricité ».

Pour le recyclage du papier, le groupe travaille avec l’entreprise Elise, qui emploie des collecteurs en situation de handicap ou en difficulté d’insertion, permettant d’engager ainsi une action sociale vis-à-vis de ces salariés.

Terres d’Aventure programme également des opérations de sensibilisation de ses salariés. « À l’automne 2018, nous avons lancé un “White Friday”, en opposition au “Black Friday”, ajoute Eric Balian.

Nous avons voulu inciter nos salariés à mieux consommer et à moins jeter, en bannissant par exemple toute la vaisselle plastique, que nous avons remplacé par de la vaisselle en inox et en verre achetée chez Emmaüs.

Des restaurateurs du quartier ont accepté de jouer le jeu, en faisant un petit geste commercial à ceux qui se présentaient avec leur panoplie zéro déchet ».

De la RSE pour les collaborateurs… et les clients !

Atelier de cuisine des invendus alimentaires avec Terres d’Aventure. Les clients ont pu fabriquer des soupes et des smoothies à l’aide de VéloMixeurs – DR : Léa Navidi, Biocycle
Mais le véritable cheval de bataille du groupe reste la compensation des émissions de carbone liées aux voyages.

Depuis le 1er janvier 2018, elle est systématiquement effectuée à 100% sur les émissions de CO2 générées par le transport aérien et terrestre de ses clients et de ses salariés.

Pour ce faire, Terres d’Aventure participe à divers projets de reforestation certifiés dans le monde. Il envoie d’ailleurs, une fois par an, des salariés pour participer à ces projets.

Toutefois le groupe n’oublie pas d’impliquer ses clients. Durant la Semaine européenne de la réduction des déchets 2018, il les a conviés à un atelier de cuisine des invendus dans les locaux de l’association Biocycle, qui lutte contre le gaspillage alimentaire. « Ils ont pu fabriquer des soupes et des smoothies, à l’aide de VéloMixeurs », poursuit Eric Balian.

« Il est important de sensibiliser les clients au tourisme responsable sans qu’ils aient à le demander, de leur parler du sujet, de le mettre à l’agenda », ajoute Julien Buot.

Pour cela, ATR a mis en place une charte éthique du voyageur, qui peut aussi apporter aux conseillers voyages des bons tuyaux, avant, pendant et après le voyage, à transmettre à leurs clients. « Nous conseillons par exemple aux agents d’informer les voyageurs sur les photos qu’ils risquent de prendre au contact des populations locales.

En aucun cas, il ne faut les culpabiliser, mais plutôt leur indiquer qu’initier un début de rencontre est bien plus souhaitable que de prendre des photos volées. Un message positif est possible ».

Dans le même esprit, dans le cadre de ses conférences, l’agence Les Ateliers du Voyage a organisé une rencontre avec ses clients sur le thème du tourisme responsable.

Étaient conviés ATR, mais aussi le fonds de dotation Merci, engagé aux côtés de l’association Abc Domino, à Madagascar, qui permet de scolariser des enfants, l’Office du tourisme d’Oman et les hôtels Six Senses, venus parler de leur politique environnementale. L’initiative a permis de réunir une cinquantaine de participants.

Retour d’expérience : Catherine Subileau (Les Ateliers du Voyage)

Les équipes des Ateliers du Voyage en week-end de survie en montagne – DR : Les Ateliers du Voyage
“Il y a 3 ans, lorsque nous avons décidé d’opter pour la labellisation ATR, j’ai organisé un week-end de survie en montagne pour mes équipes.

Nous sommes donc partis durant 48h, dans les Alpes, avec un guide, afin de mieux comprendre notre environnement, comment vivre avec moins, et surtout montrer que la nature est belle et qu’il faut la protéger.

Cette expérience nous a aussi appris l’entraide au sein d’une équipe, car chacun à tour de rôle était responsable de l’orientation du groupe. Il a fallu se faire mutuellement confiance.”

Les partenaires à la loupe

L’agence les Ateliers du Voyage augmente chaque année son niveau d’engagement.

Depuis 3 ans, elle est labellisée ATR, auditée par Ecocert France, et doit répondre à des exigences toujours plus élevées.

Cette certification demande à ce que ses partenaires travaillent également de manière responsable. « Nous veillons à ce qu’ils respectent un certain nombre d’aspects environnementaux : eau, énergies, gestion des déchets, sous peine de rompre le contrat si les normes locales et sociales ne sont pas respectées, indique Catherine Subileau.

En Asie, par exemple, les réceptifs distribuent des gourdes en inox aux clients, plutôt que des bouteilles en plastique et les guides les emmènent régulièrement sur des lieux où les remplir ».

Beaucoup de réceptifs, sensibilisés au durable, sont labellisés auprès de Travelife. « C’est un véritable engagement, qui prend du temps, mais qui se fait de façon progressive, témoigne Catherine Subileau.

Cette démarche est une expérience enrichissante pour tous les collaborateurs. Elle offre une vraie prise de conscience et leur permet d’adopter de nouveaux réflexes, qu’ils mettront également à profit chez eux ». Le tout, c’est de se lancer !

Source : Tourisme et durable : comment “verdir” son point de vente ?

QuotaTrip : construire son voyage responsable et sur mesure avec des agences locales

L’idée de la plateforme QuotaTrip est très simple : mettre directement les voyageurs en relation avec des agences de voyages locales afin qu’ils puissent construire leur voyage sur mesure. Créé en 2017 par les fondateurs du Petit Futé, le comparateur QuotaTrip a fait un beau bout de chemin en deux ans et couvre aujourd’hui plus de 100 destinations dans 80 pays, entretient des liens avec plus de 500 agences locales et gère des milliers de demandes de voyageurs tous les mois. Décryptage de cette nouvelle plateforme unique.

Répondre à une double demande

“L’origine du projet QuotaTrip vient de l’observation d’un double phénomène allant dans la même direction, commence Pierre Flourens, CEO de QuotaTrip, d’un côté, les lecteurs du Petit Futé demandaient depuis longtemps une mise en relation personnalisée avec des agences de voyage locales vraiment adaptées à leur profil”. Quant à ces dernières, “elles voulaient s’affranchir de leurs partenaires historiques et profiter de la révolution internet“, ajoute-t-il. Pour répondre à cette double demande et réunir ces deux volontés qui vont dans le même sens, les fondateurs du Petite Futé, Dominique Auzias et Jean-Paul Labourdette ont l’idée de lancer QuotaTrip, une plateforme de mise en relation visant à répondre aux demandes personnalisées des voyageurs et à faire vivre les agences locales.

QuotaTrip, mode d’emploi

Le futur voyageur s’inscrit gratuitement sur le comparateur QuotaTrip, remplit une fiche d’information sur la destination de ses rêves dans laquelle il précise son budget et ses envies. QuotaTrip l’examine, demande éventuellement des compléments d’information, puis oriente le voyageur vers les agences locales réceptives susceptibles de pouvoir répondre à sa demande.

“Il s’agit de rapprocher les voyageurs des agences de voyage locales qui leur conviennent dans le monde entier. Notre travail consiste à mettre en relation et uniquement mettre en relation voyageurs et agences“, insiste Pierre. Il poursuit : “Notre intervention s’articule autour de la sélection des dossiers sérieux et viables parmi les demandes de voyageurs pour les transmettre à notre groupe d’agences locales après un match”. Ensuite, la balle est dans le camp des agences qui ont la liberté de se positionner ou non sur l’offre. Le voyageur est alors contacté par quatre agences différentes. L’échange et la transaction se font ensuite directement entre les parties.

Des agences partenaires locales, francophones et engagées dans le tourisme durable

Le choix des agences partenaires se fait sur trois principaux critères. Pierre mentionne d’abord l’aspect géographique : “Sauf dans de rares cas, nous ne travaillons qu’avec des gens connaissant parfaitement leur région et y vivant à l’année. Il s’agit là d’un désir de nos voyageurs”. Puis vient le critère nécessaire de la francophonie car “il est important que la langue ne soit pas une barrière insurmontable pour que la conversation soit la plus fine et agréable possible”. La dernière condition est plus subjective et concerne la qualité des prestations des agences. QuotaTrip met en effet un point d’honneur à travailler avec des partenaires qui partagent les mêmes visions du voyage durable et mettent tout en oeuvre pour offrir la meilleure expérience au voyageur. D’ailleurs, Pierre Flourens en profite pour glisser que QuotaTrip attache beaucoup d’importance aux retours de voyageurs : “Nous n’hésitons pas à mettre un terme aux partenariats qui se passeraient mal pour un voyageur”, précise-t-il.

Un modèle économique original

Si le voyageur inscrit sur QuotaTrip bénéficie de ses services gratuitement, les agences de voyage locales, elles, doivent s’acquitter d’un abonnement mensuel pour utiliser la plateforme. “A chaque demande que nous leur envoyons, elles ont le choix d’accepter ou de refuser les dossiers de voyageurs. Pour les accepter, elles doivent dépenser un crédit QuotaTrip, dont le prix varie en fonction de la valeur intrinsèque du projet”, explique Pierre. Une fois que la demande du voyageur est acceptée par une agence, QuotaTrip transmet les coordonnées du voyageur pour qu’ensemble ils puissent organiser le séjour. “Nous leur laissons une totale indépendance dans l’organisation du voyage, ils sont les vrais spécialistes de leur destinations et nous ne voulons pas nous substituer à eux”, ajoute Pierre avant de conclure : “Chez QuotaTrip, nous estimons que le vrai tourisme responsable commence par une rémunération désintermédiée des prestataires finaux“.

Deux ans après le lancement de la plateforme, QuotaTrip a le vent en poupe ainsi que des projets d’extension. “A court terme, dès la rentrée 2019, l’idée est d’ouvrir notre service aux marchés émetteurs hispanophones et anglophones. Nous souhaitons servir les autres voyageurs du monde”, révèle Pierre Flourens. Améliorer la plateforme afin que les voyageurs puissent utiliser un réel outil de coopération avec leurs agences de voyage locales fait aussi des objectifs de QuotaTrip.

Source : QuotaTrip : construire son voyage responsable et sur mesure avec des agences locales

Le voyagiste Thomas Cook fait faillite

Toutes les réservations Thomas Cook sont désormais annulées. Une opération de rapatriement massive démarre. Environ 10 000 clients français seraient concernés.

Le plus ancien voyagiste du monde, le britannique Thomas Cook, s’est déclaré lundi en faillite après avoir échoué au cours du week-end à trouver des fonds nécessaires pour sa survie, déclenchant le rapatriement sans précédent de ses quelque 600.000 clients en vacances dans le monde.

Les autorités britanniques vont notamment devoir organiser le retour de 150 000 de leurs ressortissants, deux fois plus que lors de la faillite de la compagnie aérienne Monarch il y a deux ans. « Le gouvernement et l’Autorité de l’aviation lancent l’opération de rapatriement la plus importante pour des civils de l’histoire en temps de paix », a ainsi fait valoir le département britannique des Transports dans un communiqué.

Mise en liquidation avec effet immédiat

Le groupe a expliqué que « malgré des efforts considérables » au cours du week-end, « les discussions entre les différentes parties prenantes du groupe et de nouvelles sources de financements possibles n’ont pas débouché sur un accord. Le conseil d’administration a donc conclu qu’il n’avait d’autre choix que de prendre les mesures pour entrer en liquidation judiciaire avec effet immédiat ». En parallèle, l’Autorité britannique de l’aviation (CAA) a affirmé que Thomas Cook, « tour opérateur et compagnie d’aviation, a cessé ses activités avec effet immédiat. Toutes les réservations Thomas Cook, vols et séjours, sont désormais annulées ». Les cabinets AlixPartners et KPMG devraient être nommés administrateurs des différentes filiales du groupe.

Le destin du voyagiste s’est joué en quelques jours : des créanciers lui ont demandé la semaine dernière de trouver 200 millions de livres (227 millions d’euros) de financements supplémentaires pour qu’un plan de sauvetage déjà accepté de 900 millions de livres et mené par le chinois Fosun, premier actionnaire, soit validé. Des discussions marathon ont eu lieu tout le week-end, en vain.

« C’est un profond regret pour le conseil d’administration et moi de ne pas avoir réussi. Je tiens à m’excuser auprès de nos millions de clients, nos milliers d’employés, fournisseurs et partenaires qui nous soutiennent depuis des années », a souligné le patron du voyagiste, Peter Fankhauser, déplorant aussi un « jour profondément triste pour une entreprise pionnière du voyage organisé ».

Opération Matterhorn jusqu’au 6 octobre

Les autorités britanniques ont activé un plan d’urgence surnommé « Opération Matterhorn », du nom d’une campagne de bombardement américaine lors de la deuxième guerre mondiale.

« Les clients qui sont à l’étranger doivent consulter le site www.thomascook.caa.co.uk et ne se rendre à l’aéroport que lorsqu’ils ont un vol alternatif confirmé », enjoint la CAA qui précise les numéros des lignes téléphoniques spéciales ouvertes pour aider les voyageurs (0300 303 2800 en Grande-Bretagne et Irlande, +44 1753 330 330 depuis l’étranger). La CAA ajoute avoir sécurisé des avions spéciaux pour cette opération colossale qui devrait durer jusqu’au 6 octobre, même si certains touristes pourront rentrer par des vols commerciaux. Elle rappelle que les voyages organisés bénéficient de la garantie ATOL, qui découle d’une directive européenne. Cette législation s’applique aux autres membres de l’UE, notamment la France et l’Allemagne qui ont de gros contingents de clients de Thomas Cook, et ces derniers devraient bénéficier de fonds de garantie locaux. La CAA relève que les clients ayant acheté un séjour qu’ils n’ont pas encore utilisé auront droit à « un remboursement complet », et que ceux qui sont coincés à l’étranger pourront aussi recouvrer les frais encourus sur place si leur retour est retardé.

Quid de Jet tours et des agences françaises

Né en 1841, le tour-opérateur indépendant le plus vieux du monde, compte 22 000 employés dont 9 000 au Royaume-Uni qui vont pour beaucoup se retrouver au chômage dès lundi. Le voyagiste très lourdement endetté a vu son horizon s’assombrir ces dernières années à cause de la concurrence des sites internet de voyage à bas prix et de la frilosité de touristes inquiets du Brexit notamment.

Le groupe Thomas Cook, qui affiche un chiffre d’affaires de 10 milliards par an, coiffe en France le TO Jet tours et 430 agences de voyages dont 180 en propre. Parmi les 150 000 voyageurs à rapatrier eux figureraient 10 000 voyageurs français, selon les Entreprises du Voyage. Un nombre que la direction de la communication à Paris n’a pas pu nous confirmer hier.

Source : Le voyagiste Thomas Cook fait faillite

Environnement : “c’est un sujet qui va conditionner l’avenir de notre profession”, selon Michel Salaün

Le sur-tourisme, le transport aérien et maintenant la croisière sont montrés du doigt depuis quelques mois. En cause : leur impact sur l’environnement et leur implication dans le réchauffement climatique. Comment se positionnent les professionnels du tourisme et leur entreprise face à cette vague verte ? Nous leur avons posé la question. Aujourd’hui, la parole à Michel Salaün, PDG du Groupe Salaün.

TourMaG.com – Avec la montée en puissance de “l’avion bashing”, avez-vous honte de prendre l’avion cet été ?

Michel Salaün : Non je n’ai pas honte de prendre l’avion même si, concernant les déplacements en France, nous privilégions le train, quand cela est possible.

Il ne faut pas oublier que le transport aérien est absolument indispensable : à la bonne santé économique des territoires tout d’abord mais aussi indispensable à l’activité touristique. Or, le tourisme représente 12% en moyenne du PIB mondial, ce qui correspond à des millions d’emplois à travers le monde !

Ensuite, bien entendu, il est de la responsabilité de chacun, les professionnels du tourisme notamment, de prendre conscience de l’impact écologique généré par les vols et de trouver les solutions pour rendre les voyages neutres.

TourMaG.com – Sur-tourisme, pollution du transport aérien, des croisières… Le tourisme a été pointé du doigt cette année. Pensez-vous que 2019 est une année charnière en matière de prise de conscience du grand public et des professionnels ?

Michel Salaün : Il est clair qu’on sent aujourd’hui une sensibilité très accrue sur ces sujets et pas seulement dans le domaine du tourisme. Cette prise de conscience est une très bonne nouvelle pour la planète

Dans notre domaine, l’enjeu est surtout de bien informer les gens pour qu’ils voyagent en toute conscience, dans le respect de la planète et des populations. Je crois que les voyageurs sont de plus en plus attachés à cela : donner du sens à leur voyage.

TourMaG.com – En quoi le réchauffement climatique est-il un sujet majeur pour vous ?

Michel Salaün : C’est un sujet important car les solutions trouvées à cette menace conditionneront l’avenir de notre profession. Il est donc essentiel de mobiliser nos consciences et nos énergies dès à présent afin d’inverser ensemble le cours des choses.

TourMaG.com – Pensez-vous qu’il faille revoir la façon dont on consomme « le tourisme » ?

Michel Salaün : Certainement. La libéralisation sans limite du tourisme et l’émergence des nouveaux pays émetteurs de voyages ont provoqué des sur populations dans certaines régions et sur certains sites. Ce qui peut être catastrophique à long terme.

Pour notre part, nous travaillons sur ce sujet avec nos réceptifs et nos guides de manière à ce que, sur place, ils évitent les « pièges à touristes », qu’ils partagent avec nos voyageurs leur culture et leurs valeurs et qu’ils leur offrent une découverte plus originale et plus respectueuse.

Mais nous irons encore plus loin prochainement avec une nouvelle offre de circuits que nous avons déjà beaucoup de plaisir à imaginer et dans lesquels beaucoup de gens se retrouveront.

TourMaG.com – Et comment l’appliquez-vous ou qu’envisagez-vous pour votre entreprise ? 

Michel Salaün : Depuis longtemps déjà nous avons mis en place, dans plusieurs pays, des opérations solidaires permettant aux populations concernées de bénéficier et de maîtriser des projets culturels, écologiques ou économiques. Ces opérations sont visitées par nos voyageurs et très appréciées par eux car elles leur permettent une vraie rencontre avec la population.

Concernant notre empreinte carbone, nous avons commencé par réaliser en 2017 (sur la base de l’année 2016) un bilan carbone de Salaün Holidays pour faire le point sur nos émissions ; les émissions commerciales (générées par les vols principalement) représentant 97 % de nos émissions totales.

Nous envisageons d’absorber totalement nos émissions administratives d’ici fin 2020 et avons déjà commencé à le faire via des actions de reboisement en Bretagne avec Ecotree. Nous avons en effet déjà planté 2500 arbres dans notre région. C’est très bien mais encore insuffisant en terme d’absorption et nous devons donc aller plus loin !

Parallèlement, concernant nos émissions commerciales, nous avons entrepris un partenariat avec Air France concernant la plantation à Madagascar de 57 000 arbres. Une belle opération avec une compagnie qui nous est chère puisque la majorité de nos vols est assurée par Air France et que nous entretenons de très bonnes relations de partenariat.

Considérant que nous escomptons d’ici 2025, conformément aux exigences de notre label ATR , d’absorber la totalité des émissions commerciales de Salaün Holidays, nous envisageons de mener ensemble de nouvelles opérations de reforestation.

Source : Environnement : “c’est un sujet qui va conditionner l’avenir de notre profession”, selon Michel Salaün

Écotourisme : les hébergements écologiques gagnent en popularité

Booking.com a mené une étude, courant février 2019, pour connaître les préoccupations des voyageurs internationaux en matière de tourisme éco-responsable.

Les enseignements de l’étude

  • 55 % des répondants sont enclins à mettre en place des actions plus respectueuses de l’environnement pendant leur congé, mais ils manquent cruellement de connaissances et d’options intéressantes lorsqu’ils tentent d’agir selon leurs convictions.
  • 72 % des voyageurs considèrent qu’une action immédiate est indispensable, et que les populations devraient opter pour des alternatives touristiques durables, afin de sauver la planète pour les générations futures. Si les résultats obtenus sont relativement homogènes pour toutes les tranches d’âge, les participants âgés de 46 à 55 ans (74 %) et les Millennials (71 %) sont ceux pour qui le besoin d’agir est le plus urgent.
  • Écolo-gements : les hébergements écologiques gagnent en popularité : en 2019, 73 % des voyageurs internationaux ont l’intention de séjourner au moins une fois dans un hébergement éco-responsable.
  • 70 % des sondés affirment que la mention éco-responsable pourrait les encourager à réserver un hébergement, même s’il ne s’agit pas de l’un des critères les plus recherchés sur la plateforme.
  • 72 % des voyageurs internationaux affirment ignorer l’existence de labels spécifiques décernés aux hébergements respectueux de l’environnement.
  • En France, près de la moitié des Français assurent ne pas avoir les moyens de payer les frais supplémentaires associés aux voyages éco-responsables.
  • Les agences de voyage ont aussi leur part de responsabilité : pour 71 % des sondés, ces dernières devraient proposer plus d’options de voyages écologiques aux consommateurs.
  • 46 % des sondés seraient plus enclins à voyager de manière écologique si cela leur permettait de profiter d’avantages économiques – tels qu’une réduction d’impôts.
  • Pour 45 % des voyageurs, la tâche serait plus aisée si les sites de voyages en ligne proposaient un filtre pour identifier les hébergements éco-responsables.
Source : Écotourisme : les hébergements écologiques gagnent en popularité

Sourcin’ Voyage : Franc succès pour la première vague de la destination USA

Du 16 avril au 2 mai dernier,  des touristes malgaches âgés de 4 à 75 ans  ont eu l’occasion  de découvrir des grandes villes et des endroits mythiques aux Etats-Unis

Ils sont venus. Ils ont découvert. Ils sont satisfaits. Les 56 personnes qui ont fait la première vague de la destination Etats-Unis de Sourcin’ Voyage sont rentrées,  avant-hier, d’un voyage de rêve.

Agréable surprise

Un voyage inédit qui leur a notamment permis de visiter des Etats américains comme  New York, Washington, Los Angeles.  Ils ont également pu découvrir  des endroits mythiques comme l’Empire State Building, Times Square, Central Park, la Maison Blanche, le Grand Canyon, Hollywood Boulevard, Beverly Hills… Mais ce qui a surtout fait le plaisir de ces  visiteurs, c’est que Sourcin’ Voyage leur a réservé une agréable surprise en ajoutant d’autres Etats et sites touristiques dans le programme. Pour  ne citer entre autres que Baltimore, San Diégo et même la frontière mexicaine. En tout,  les passagers ont pu découvrir neuf Etats et onze grandes villes au Pays de l’Oncle Sam.  Une découverte cinq étoiles puisque Sourcin ‘Voyage leur a préparé une organisation quasiment sans faille  pour ce pack comprenant notamment  les procédures de visa, les billets d’avion, l’hébergement, le petit déjeuner buffet, les transferts et autres transports vers les sites touristiques.

Savoir-faire

Au retour, les 56 passagers ont également eu droit à un petit crochet à Dubaï et vivre  des moments heureux avec  un Dubaï City Tour, un dancing Foutain et un Désert Safari. Un séjour complet en somme, et qui témoigne du fait que, quand on leur offre les meilleures destinations et les meilleurs services, les Malgaches savent aussi prendre le plaisir de voyager à l’extérieur du pays.  Une fois de plus, Sourcin a démontré son savoir-faire dans ce domaine de plus en plus concurrentiel du voyage organisé. Au grand bonheur des voyageurs qui se bousculent pour cette destination de rêve que sont les Etats-Unis. La preuve, les places pour l’édition du mois de juin sont déjà toutes prises. Mais les potentiels voyageurs peuvent se rassurer car une autre vague est prévue pour le mois de juillet.  Et les détails de ces prochaines éditions sont disponibles dans l’encart publicitaire en page 48 de ce journal. Sur la page facebook de Sourcin Voyage et  le numéro  de téléphone  034 77 777 66.

Source : Sourcin’ Voyage : Franc succès pour la première vague de la destination USA

“Le tourisme, une industrie qui tue ce dont elle vit”

Que fait le tourisme aux territoires qu’il investit ? Du mal ! Le touriste ne cherche plus la diversité, mais le divertissement. Dans « Manuel de l’anti-tourisme », le sociologue Rodolphe Christin montre comment cette industrie mondiale met en productivité la planète entière.

Touristes partout ? Le 4e arrondissement de Paris perd des habitants, mais gagne des touristes ! À Barcelone, sur les Ramblas, des affiches les appellent « à rentrer chez eux ». À Lisbonne, les autochtones se rebiffent contre le tourisme de masse qui les chasse du centre-ville. Partout, le secteur transforme « la vie quotidienne des habitants en cirque », comme l’écrit le sociologue et voyageur Rodolphe Christin dans « Manuel de l’anti-tourisme ». Le chercheur indépendant poursuit sa critique de cette industrie, la première de la planète, qui a bénéficié pendant longtemps de l’assentiment général, une évidence. La « face heureuse » de la mondialisation qui devait permettre « paix et développement » se fracasse contre un tourisme qui uniformise la planète.

Que reprochez-vous au tourisme ?

Aujourd’hui, il tue ce dont il vit. L’industrie touristique modélise le monde pour qu’il réponde aux besoins des touristes. Mais à force, elle contribue à l’uniformiser et à détruire sa diversité. Et souvent au nom du divertissement !

Comment organise-t-elle le monde ?

Elle le quadrille par des itinéraires, des infrastructures de plus en plus standardisés. Elle le met au « bon format », le met en scène pour le plaisir du consommateur-spectateur. Les lieux touristiques organisés tendent à chasser « l’autochtone ». Les prix de l’immobilier y explosent, les pratiques touristiques de fêtes, d’ivresse et de dégradations empêchent les locaux d’y vivre normalement, sans compter les embouteillages, les déchets et la pression sur les ressources. Dans ce contexte, où est passée l’envie de découvrir l’autre ? Comme si l’habitant du lieu devenait un intrus. Pour réintégrer l’économie touristique, il doit devenir un prestataire au service du touriste, et non plus un sujet à part entière.

Quand a commencé cette déraison touristique ?

Il s’agit d’un long processus. Au départ, le tourisme, c’est quoi ? Au XVIIIe siècle, une pratique élitiste réservée à l’aristocratie. La bourgeoisie s’en empare, la pratique se diffuse et finit par faire rêver l’ensemble de la population. En France, en 1936, la création des congés payés fait du tourisme un vecteur d’éducation populaire. La demande se développe, progressivement ; le tourisme, d’abord promu par des associations et syndicats, devient un marché lucratif auquel les opérateurs privés vont s’intéresser. Jusqu’à devenir une véritable industrie. Comme toutes les industries, elle a en ligne de mire le profit. Selon l’Organisation mondiale du tourisme, la croissance du secteur n’est pas près de s’arrêter. En 1950, il y avait 25 millions de touristes, 279 millions en 1980 et un milliard en 2015, pour un chiffre d’affaires de 1 260 milliards de dollars.

Et pourtant, c’est encore une minorité qui part…

Oui, une faible proportion de personnes dans le monde dispose de suffisamment de ressources économiques pour jouir du monde sans entraves. Les populations du Nord partent le plus et, parmi les plus dépensières, on retrouve l’Allemagne, les États-Unis, l’Angleterre, le Japon… Les pays les plus visités se retrouvent aussi au Nord, ce sont donc eux qui en tirent le plus de profits.

Le tourisme est-il une promesse du capitalisme ?

C’en est un pur produit. Tous les secteurs y convergent : hôtellerie, restauration, bâtiment, travaux publics… Pendant longtemps, l’industrie touristique a bénéficié d’une sorte de consensus, y compris dans les milieux militants ou alternatifs. On pouvait critiquer toutes les industries de la planète, sauf celle-ci. On la parait de toutes les vertus : le développement, la fin de la pauvreté, la compréhension entre les cultures différentes. Elle est devenue un élément à part entière de cette mythologie qui fait de la production la clé du bonheur des nations. On se rend bien compte aujourd’hui qu’il n’en est rien.

Vous pensez donc qu’on se trompe en promouvant les départs en vacances comme vecteur d’éducation populaire ?

Partir est devenu une norme qui contribuerait au bien-être individuel. C’est un fait social total qu’on ne remet pas en cause, comme disait le sociologue Marcel Mauss. La norme n’est plus interrogée, c’est un point aveugle de la critique sociale. Mais renversons la perspective : si quitter son quotidien s’est imposé, n’est-ce pas parce qu’il est devenu invivable pour beaucoup ? Et alors comment le rend-on plus vivable ? Là, est la véritable question. Ce rapport à « l’ailleurs » doit nous ramener à une réflexion sur « l’ici ». La vraie vie n’est pas là-bas, elle est ici !

Mais il est encore perçu comme la « face heureuse » de la mondialisation.

Oui, pour les touristes, c’est-à-dire pour ceux qui ont les moyens de partir ! Partir en vacances est une expérience connotée positivement. Cette injonction à la mobilité opère pour le touriste, qui voyage pour le plaisir, comme pour le professionnel, ce cadre qui va de multinationale en multinationale. L’autre versant, moins heureux, de la mondialisation, c’est le migrant. N’est-il pas le dernier voyageur ? Quand l’écrivain Jack London part chercher de l’or en Alaska (en 1897 – NDLR), il veut améliorer son quotidien. Il est davantage dans une logique migratoire que touristique. Un vrai héros de l’aventure !

Vous différenciez tourisme et voyage. Pourquoi ?

L’homme a toujours voyagé. Et pas forcément pour le plaisir. Se déplacer dans l’espace, parmi des cultures différentes, engendre une expérience significative. Il y a toujours dans le voyage ce caractère initiatique qui me semble intéressant à cultiver. Il demeure une forme d’échappatoire, d’évasion. Il nous sort d’une routine, tout en permettant une vision plus transgressive de la connaissance, la découverte d’autres choses, d’autres réalités. Mais cette dimension devient de plus en plus compliquée. La consommation de la planète a pris le pas sur son exploration.

Pourtant, les récits de voyage, eux, sont omniprésents : livres, blogs…

Oui, ça finit même par être assez commun. Des voyageurs ont pu produire des livres magnifiques. Un Nicolas Bouvier (photographe et écrivain suisse mort en 1998 – NDLR) a voué sa vie au voyage. Il révèle dans ses ouvrages un mode de vie, de pensée. Aujourd’hui, chacun produit son récit, c’est un business comme un autre. Le voyage se met en scène. Chez ces « nouveaux aventuriers », il y a comme une surenchère. Celui qui ira le plus loin en utilisant les modes de locomotion les plus extravagants. En parapente dans l’Himalaya, ou bien en train de « faire » l’Équateur sur un fil, ou le pôle Nord à genoux…

Justement, cette expression « faire un pays », que dit-elle ?

C’est révélateur d’une forme de consommation du monde. Une boulimie géographique de la planète où on revendique : « Là, j’y suis allé ; là, aussi. »

Dans les guides de voyage, le mot « authentique » revient à toutes les pages. Au final, tout le monde finit par le rechercher ?

Il y a là une contradiction majeure : plus on est nombreux à rechercher le « typique », plus on contribue à transformer les réalités locales. Qu’est-ce que l’authenticité ? Est-ce voir un Indien d’Amazonie en pagne dans la jungle comme s’il n’avait jamais rencontré un Occidental ? Ou, au contraire, est-ce un Indien d’Amazonie en jean en périphérie d’une ville d’Amérique du Sud ? On ne peut pas enfermer les gens dans un cliché exotique en les empêchant de changer culturellement au risque de contredire l’image que le touriste se fait de lui.

Les réseaux sociaux participent à ce mouvement. Quiconque trouve un bon « spot » en publie les photos dans la seconde qui suit. Il y a une surenchère dans cette recherche. On a vite fait de rendre un lieu extraordinaire assez commun.

En quoi la facilité du déplacement a-t-elle contribué à cela ?

Avant l’invention du moteur, le déplacement était une épreuve psychologique – on s’isolait des siens –, mais aussi physique. En calèche, en bateau à voiles, le trajet prenait des journées, voire des mois. On s’exposait aux intempéries, on ne savait pas ce qui allait arriver. Il y avait une vulnérabilité. L’aventure était inhérente au déplacement. Étymologiquement, l’aventure vient de advenere, c’est-à-dire s’exposer à ce qui advient. Aujourd’hui, on peut partir à l’autre bout du monde, tout en restant connecté à ses amis.

Il devient de plus en plus difficile de sortir de ses repères. Le touriste le veut-il encore ? Un fait représentatif de la manière de découvrir le monde aujourd’hui : on se prend en photo, on se filme… et on tourne le dos au monde pour se regarder dans le miroir de son téléphone. Exit la dimension « sortir de soi et de sa culture ». C’est l’inverse qui se produit, on se projette soi-même, sur tous les lieux de la planète.

C’est le low cost, notamment dans l’aérien, qui permet de partir aussi souvent ?

Partir un week-end n’importe où tant que ce n’est pas cher est discutable. Les dernières tendances du tourisme reposent sur des destinations lointaines, avec des séjours de plus en plus courts, mais plus fréquents. Si l’avion est moins cher, c’est aussi parce que le kérosène n’est pas taxé ! Or, le tourisme contribue à hauteur de 8 % des émissions de gaz à effet de serre.

Peut-on échapper à l’industrie touristique ?

C’est très compliqué. Certains parlent de rendre le tourisme durable. Il ne représente qu’un très faible pourcentage dans l’industrie touristique. Si tous les flux de touristes devaient s’y convertir, il n’aurait plus rien de durable. Finalement, ce ne sont pas des alternatives, mais des segments commerciaux qui s’ajoutent au tourisme existant.

Vous insistez sur le fait de critiquer le tourisme, pas les touristes. Pourquoi cette distinction ?

Depuis quelques années, les populations se rebellent ! Une fronde anti-tourisme est en train de se lever. Il y a un danger que l’anti-tourisme se transforme en anti-touristes. Et que cette fronde ne devienne une forme de xénophobie. Le cœur du problème n’est pas le touriste, mais le système touristique local et mondial qui s’est mis en place. Car, finalement, nous sommes tous des touristes dès lors qu’on voyage pour le plaisir.

Rodolphe Christin
Source : “Le tourisme, une industrie qui tue ce dont elle vit”